mardi 15 mai 2007

116 - Autopsie de l'imbécillité

Mon but n'est nullement de dénoncer quoi que ce soit. Cela n'est pas mon rôle de dénoncer les marées noires, pas plus que de jouer les Mère Thérésa ou de défendre la forêt amazonienne... Je laisse ces combats médiatiques aux faux héros de notre époque, je veux parler de ces citoyens moyens, français moyens, consciences moyennes qui se croient investis d'une mission écologico-humanitaire, parce que c'est à la mode, comme il fut à la mode à une autre époque de faire la charité, d'avoir pitié des déshérités ou de plaindre les orphelins (de nos jours la pitié est perçue comme une offense, un sentiment dégradant par l'indigent, alors qu'elle était une vertu jusqu'au XIXème siècle).

Ces chevaliers des petites causes sont victimes d'un conditionnement télévisuel stupide : la télévision leur demande de courir dix kilomètres pour aider des enfants victimes de maladies génétiques, et ces imbéciles courent sans peur du ridicule avec leurs accoutrements sportifs grotesques sous l'oeil mielleux des caméras... Quelle impudeur, quelle manque de conscience ! Comme si le fait de s'agiter avec hilarité et optimisme devant les caméras pouvait aider ces enfants à guérir. Quel cynisme ! Et personne pour dénoncer ces inepties puériles indignes de gens responsables !

La télévision débite ses saintes vérités à des millions d'abrutis prêts à endosser la première armure qu'on leur désignera, et par milliers ils sauteront d'un pont avec un élastique aux pieds pour soutenir telle cause formatée selon les critères les plus télévisuels ou bien s'engageront dans la quête de Graal sirupeux, fabriqués de toutes pièces par des médias adeptes d'une sensiblerie aux vertus toutes mercantiles.

De nos jours se battre pour sauver la forêt amazonienne est devenu un gage de grande qualité morale... Se donner corps et âme pour le salut de ces parcelles de lointaines terres perdues, fangeuses, inhospitalières et il faut bien l'avouer sans intérêt pour des gens civilisés qui se respectent, est très valorisant pour les coeurs médiocres. De même, se battre pour que des pots de yaourt ou des paquets de lessive portent les "armoiries" de cette "philosophie verte" prouve la déchéance de l'homme occidental contemporain. Il y en a qui seraient prêts à risquer leur vie ou même à s'entretuer pour un arbre, pour quelques moustiques, pour un panda. Voilà : c'est la mode, il faut avoir l'esprit écologique, il faut soutenir José Bové, il faut être adepte de cette religion nouvelle. Il faut aspirer à une pseudo propreté physique, alimentaire, et accessoirement, faire le procès des bourgeois, pour être dans le courant de pensée majoritaire. C'est le nouveau culte, ça s'appelle l'écologie, ça s'appelle l'adhésion au téléthon, ça s'appelle le José-bovéisme.

Il faut également admirer les sauvages de la forêt amazonienne, comme si ces va-nu-pieds, ces porteurs de sarbacanes, ces mangeurs d'hommes parfois, ces dégénérés, ces drogués des bois avaient des leçons de civilisation à nous donner ! Il y a des prêtres de ces causes à la mode, très télégéniques, comme par exemple monsieur Nicolas Hulot, pour débiter ce genre d'inepties. Et par millions les hommes que l'on dit pourtant intelligents, civilisés, éduqués, adhèrent de manière irréfléchie à cette nouvelle religion des bois répandue par la "sainte télévision"... Et on les voit débarquer par milliers dans la forêt amazonienne l'été suivant, gourdes et sacs banane à la ceinture. Dieu ! Qu'ils sont laids avec leurs accoutrements bariolés ! Tous victimes du syndrome de "L'IMBECILLITE CHRONIQUE". C'est la dernière maladie de l'homme contemporain.

Mais où sont les vrais chevaliers dignes de ce nom ?

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