mardi 15 mai 2007

145 - La dentelle et l'épée

Madame,

Comme vous avez tort de conspuer ce beau spécimen que je suis !

Vous ai-je donc autant convaincue que j'étais vexant vis-à-vis de la belle gent ? Bien au contraire, je rends hommage à celles qui par leur charme, leur beauté ou même leur touchante laideur savent si bien faire de moi cet amant fou qui vous déplaît tant aujourd'hui. Prendrait-on mes éloges pour des offenses ?

Ce sont toujours les idéalistes de l'amour qui s'en prennent à ma quiétude et font de moi un Casanova de la plume. Ma séduction ne tient guère que dans ma plume d'ailleurs. Mais abandonnerai-je donc ici mon habituel panache pour oser avec vous l'aventure de l'amour sans arme ? Je doute que l'expérience vous plaise davantage. Vous faites partie, j'en suis persuadé, de ces amantes qui dans le jeu fiévreux de la séduction réclament plutôt maints détours de plume, jolis coups d'épée, inextricables intrigues épistolaires et tortueux discours donjuanesques.

Le romanesque vous plaît, c'est évident. Les émois livresques ne font qu'augmenter la soif inextinguible de votre coeur de femme, et le fiel de l'amour, pourvu qu'il soit enrobé de dentelles soyeuse et de plume virile, ne vous est pas chose si désagréable.

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