mardi 15 mai 2007

207 - Belle et triste dame

Madame,

Ma chère étoile, sachez que je suis votre invisible présence, votre ange à l’épée, votre feu de compagnie, votre cygne étincelant, votre inextinguible chandelle. Madame, votre misère est digne de ma flamme. Vous valez le sacrifice des jours de ma jeunesse. Ecoutez mes chants d’amour, ils sont sincères et violents, empressés et ingénus. Je suis chevalier et bohémien, guerrier et enfant, ange et loup. Vous êtes l’or de mes songes Madame : vous avez le prix des trésors sans nom.

Je sais que mon discours vous dérange, mais quels autres propos tenir à votre égard ? L’amour que je vous propose vous déplaît-il donc tant pour ne pas vouloir entendre ses plaintes ? Etes-vous si amère pour refuser un cadeau de si haut prix ? Vous ne m’aimez pas, soit. Mais peut-être m’aimez-vous quand même sans que je le sache ?

Madame, quand nous reverrons-nous ? Je suis damné, perdu pour mes semblables, mais sauvé, plein de gloire aux yeux des muses… Je suis un démon, ou alors un messie, ou les deux à la fois peut-être. Mais je sais en tout cas que je suis atteint d’un mal incurable, d’une maladie enviée par les princes eux-mêmes : je suis un incorrigible amant, un infatigable conquérant des cœurs, un éternel feu d’amour. Cet amour qui est mon credo, mon destin, ma nature, mon vice, mon enfer. Mon salut.

Mon salut Madame.

Je vous aime, il faut que je vous le dise, vous l’écrive, vous le chante. Je suis le dernier des chevaliers. Je suis le chant du cygne, le vent du ciel, le souffle des sommets. Je suis l’aile de Morphée, l’aimé des anges, l’allié des chimères. Je suis l’amant frénétique : je suis l’amant des pleureuses, l’amant des frivoles, je suis l’amant des barbelés, l’amant des dentelles, je suis l’amant de vous Madame.

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