mardi 15 mai 2007

236 - Une dépouille ambiguë

Ca y est, je suis mort.

Etendu dans mon linceul, drapé d'ombre et de mystère, de grandeur et de misère, je suis pâle comme un prince, fier comme un pendu, beau comme un Judas. On se penche avec curiosité et dégoût sur ce spectre au rictus figé. Mes bras sont des ailes noires, mes lèvres des écailles bleues, et mon front est un mur d'insolence. On va ensevelir en vertes pompes ce diable d'ange.

On me trouve une mine superbe. Enfin, celle des jours ordinaires : une morgue tout aristocratique. Un je-ne-sais-quoi de repoussant et de charmant. On cracherait presque sur ce trépassé odieux, avec son air de vivant. C'est que je n'ai guère changé, avec mes allures de châtelain sans château, de gallinacé trop fier d'être coq, d'équidé heureux de n'être pas âne.

Mort ou vif, on me trouve plein d'esprit, insupportable, irrésistible, arrogant. On me déteste et on me vénère.

Même là, j'ai l'impression de faire des jaloux et des émules. La froide dépouille que je suis devenu est très persuasive dans son attitude d'indifférence mondaine et laisse un sérieux doute parmi ses hôtes.

Une dernière fois, on se demande si je ne me moque pas du monde.

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Qui est Raphaël Zacharie de IZARRA ?

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Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l’auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j’ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d’un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres. Est-ce une grâce de me lire, pensez-vous? Osons le croire.