mardi 15 mai 2007

237 - L'ombre d'une flamme

Mademoiselle,

Avec les feuilles mortes que froisse ma semelle, me reviennent les souvenirs de Chartres. J'aime cette cité comme j'aimerais un ange éploré. Et c'est vous que j'aime Mademoiselle, parce que je vois la cathédrale, l'Amour et l'éternité lorsque je lis votre nom. Vous incarnez la mélancolie des pierres croisées entre ciel et Beauce, de pics à parvis.

Vous êtes l'amour amer et doux, celle par qui la brume arrive. Vous êtes l'ombre de la ville et le vent de la plaine, la paix du crépuscule et la plainte de la Beauce, le bleu de l'horizon et les soupirs de la morne saison.

J'ai aimé la légitime amante là-bas à Chartres, au sommet de la cathédrale. Mais vous je vous aime loin des rues chartraines. Je vous aime au pied de murs en ruine, sur des pavés désolés, sous des jours de pluie, ailleurs qu'en ces lieux bénis faits de toits verdâtres, de flèches en pierre et de vitres pleines d'azur.

Je veux vous revoir. Encore une fois pouvoir toucher votre âme, effleurer votre visage, caresser votre ombre, révéler votre lumière, approcher votre mystère. Je vous embrasse chère fille. Je baise votre front de verre, votre main sans arme, votre coeur sans défense.

Votre âme est en moi. Et je porte le poids d'une étoile, d'une cathédrale, d'un cierge, d'une flamme.

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