mercredi 16 mai 2007

246 - Lorsque je déplais aux gens du beau sexe

Mademoiselle l'impudente,

Souffrez, arrogante, que la froideur que vous affichez en ma direction m'offense, m'offusque, me pique au vif. Comment osez-vous me faire un tel affront ici ? Nul jusqu'à maintenant n'avait eu l'audace de bafouer de la sorte mon nom (et surtout ma chère particule), l'audace d'espérer museler ma plume à travers son INDIFFERENCE !

On me raillait, on se gaussait de mes vues, on se targuait de pouvoir avec moi croiser le fer et de me faire succomber sous quelque coup de maître imaginaire, mais on ne me méprisait pas de semblable façon au point de vouloir me jeter dans les épines infâmes de l'oubli, de la négligence, de l'inattention... Votre dédain est une insulte. Quoi ! Mes discours vous ennuient ? Mon beau nom à rallonge n'a pas l'heur de vous plaire ? Mon jugement personnel ne trouve pas grâce à vos yeux ? Ma pensée et mes paroles ne siéent point à votre particulière sensibilité ? Mais à quelle espèce appartenez-vous donc, Mademoiselle ?

A la plèbe, assurément.

A quel étrange sort abandonnez-vous votre coeur de vierge si les mots les plus vrais de l'amour ne retentissent pas en celui-ci autrement que par ces méchantes allures d'indifférence ? D'ailleurs votre indifférence à l'endroit de ma personne ressemble fort à de l'indolence amoureuse ou à une espèce de semblable et détestable objet de misère. Et puis de nos jours les simples bergères sont fières devant les princes, dédaignant les plus élémentaires politesses... Elles font de la cérémonie, elles revendiquent, elles exigent ! Nul égard pour le noble sang. Point de respect pour la belle espèce. Aucune considération pour l'homme de bien. Pas plus de déférence que ça pour la particule. Avez-vous au moins une once d'estime pour le beau et interminable nom qui me désigne, Mademoiselle ?

Servez donc aujourd'hui les causes qui vous semblent valables. Mais n'appelez pas "amour" tous vos communs objets d'attention féminine, vos petites passions qui ne me concernent pas, vos ordinaires sujets de curiosité... Et oubliez-moi de crainte que vous ne me rendiez pas conventionnellement, convenablement et saintement hommage.

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