mercredi 16 mai 2007

304 - Oiseau d'envergure

Les déshérités, les infirmes de l'âme, les sots qui jouent aux poètes ne valent pas un regard de ma part. Moi je suis un aigle, je ne côtoie que les princes, déchirant entre mes serres les vils rongeurs qui se traînent dans la poussière en compagnie de la vermine. Les herbivores à la plume modeste sont mes victimes. Je broie, j'ensanglante, je tue avec de savantes cruautés la gent trotte-menue.

L'insignifiance est chose méprisable pour un seigneur de mon envergure. Seule la gloire des couronnés importe à mon coeur d'airain. Mes ailes de carnassier passent comme une ombre terrible au-dessus de vos petites têtes baissées.

Vous courbez le dos, vous ployez le front jusque ras terre, vous gémissez, vous les tendres, vous les perdants, vous les humbles.

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