jeudi 17 mai 2007

395 - Charles-Théodore

Charles-Théodore, définitivement rétif aux us plébéiens, avait un faible pour l'oisiveté aristocratique : sa principale occupation consistait en un interminable désoeuvrement mondain. Autour de lui l'effervescence citadine l'incitait à la plus extrême rigueur dans l'exercice de son art.

Tant et si bien qu'il finit par s'attirer les foudres de ses semblables, scandalisés. Se sentant incompris, il rédigea un essai fort docte sur les vertus du dandysme, à l'adresse des travailleurs qui le raillaient.

Son ouvrage instructif, plaisant et plein d'esprit obtint un succès retentissant parmi ces derniers, ce qui lui permit de s'enrichir davantage et de s'adonner souverainement à son activité favorite.

Des travailleurs il fit des lecteurs. Ou plutôt ses détracteurs devinrent ses acheteurs... Ce qui légitima son sort autant que le leur, et finalement sauva la morale de cette histoire.

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