jeudi 17 mai 2007

457 - Rêverie

Mademoiselle,

Je vous ai vue dans mon imagination amoureuse jouant entre des marbres républicains (à moins qu'ils ne fussent royaux ?), sous de grands arbres augustes. Jeune femme espiègle qui s'amusait entre des pierres érigées... Je vous ai associée à une allée bordée d'artifices. Image fulgurante. Où était-ce ? Versailles, peut-être.

Versailles, j'en suis sûr !

La vision est assez floue mais je vois de hautes grilles de fer forgé, des espaces pavés, une avenue, un parc, des sommets ciselés. L'asile de Mélancolie.

Dans ce décor idéal qui sied aux évocations les plus chères de l'Amour, je vous ai vue charmer des statues. Des coeurs de pierre battaient autour de vous, des têtes pétrifiées se penchaient à votre passage : vous étiez oiseau de jardin batifolant sous l'escorte figée de silhouettes majestueuses. Deux ailes au soleil, une jupe brève, avec des bruits de souliers fins résonnant dans l'air.

Vous étiez l'image de la Nostalgie, la femme intemporelle des photos jaunies, l'hôte inaltérable des réminiscences amoureuses, la mémoire universelle d'un peuple d'amants.

Je vous ai vue mademoiselle comme un souvenir devenu regret, lointain mais intact. J'ai entendu vos rires ingénus dans ces lieux intimes et solennels. Pour tout dire, je rêvais avec nonchalance à ce décor printanier, dominical, anachronique qui m'est si cher. Quand vous êtes apparue.

Vous traversiez mon rêve, vêtue d'un costume marin sous le soleil blanc d'un dimanche vernal.

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/x1s9sa5_reverie-raphael-zacharie-de-izarra_webcam

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