vendredi 18 mai 2007

481 - Les humains du cirque

Ils s'exhibent comme des petits singes surdoués, les gens du cirque. Galipettes savantes et acrobaties recherchées sont sensées faire de ces pantins salariés des êtres à part. Fiers de leurs numéros, ils gonflent torses et muscles sous les acclamations... A-t-on déjà vu semblables puérilités ? Accoutrés avec recherche jusque dans le ridicule, ils font leur petit tour sur la piste et puis s'en vont, les gens du cirque. Artistes grotesques !

Le clown qui ne m'a jamais fait rire, pitoyablement fait les mêmes pitreries archi-usées. On sent sous son grimage approximatif le comédien raté, de son vrai métier conducteur de camion ou vague préposé à l'entretien du chapiteau, reconverti sur le tard dans la clownerie. Pauvre fantoche qui se met en quatre pour déclencher les rires les plus gras ! Aucun don particulier chez le clown qui semble dans le meilleur des cas n'être qu'un pauvre hère jeté sur la piste par hasard. Dans le pire des cas, il me fait songer à un personnage douteux qui, au fil des échecs successifs d'une vie itinérante que je soupçonne vouée à l'alcool, a fait naufrage dans une troupe de cirque.

Les dompteurs, rois de la nullité donnée en spectacle, m'ont toujours profondément ennuyé. Vêtus comme des gladiateurs d'opérette, c'est qu'il en imposent ! Aux mémés séniles et bedeaux attardés de province...

La musique jouée en ces lieux est à elle seule une merveille de monstruosité sonore ! Propre à rendre complètement dingues fauves, éléphants et autres quadrupèdes peut-être atteints de surdité aiguë... Pauvre ménagerie soumise aux lois du spectacle le plus piteux, abrutie chaque soir de représentation par une troupe de crétins à deux pattes !

Les trapézistes quant à eux sont de courageux inconscients qui ne craignent pas de voltiger en collants serrés. Et s'ils atteignent certains sommets, pour moi ce seront surtout ceux du mauvais goût. Ainsi déguisés en sauveurs du monde tels des "Superman" des pires productions hollywoodiennes des années soixante, j'aime les voir tomber systématiquement dans le ridicule. Véritables grenouilles des airs, ces artistes-là au moins déclenchent chez moi une réelle hilarité, contrairement aux clowns.

La façon que tous ces gens ont de saluer leur public est en soi le clou du spectacle. Quelle simiesque indigence ! Quel mimétisme dans la balourdise ! Quel comique involontaire ! Pour qualifier ces travailleurs du cirque, je n'ai pas trouvé de terme plus juste, plus adéquat (bien que familier) que le terme "ringards".

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