samedi 19 mai 2007

547 - Le poison de la passion

Je méprise et fuis toute passion. La passion est délétère, funeste, vénéneuse, elle rabaisse au lieu d'élever. La passion est pure animalité. Je n'aspire qu'à la sérénité des hauteurs désincarnées. De ma vie je n'ai jamais éprouvé aucune passion et souhaite à tout prix éviter cet écueil stérile qui empêche toute progression en général, et particulièrement en direction de mes chères étoiles.

Passion est perte de temps, d'énergie, du sens de la marche. Égarement terrestre, la passion est un chemin semé de bûches de Noël... Qui mène droit au gouffre !

La passion est la raison des fous. Sage, avisé, plein de bon sens, d'esprit, je chemine loin de ces sentiers que vous empruntez, vous les marcheurs aux semelles embrasées. Je me moque de vos "passions", des railleries qui s'y mêlent, de vos ailes qui bourdonnent comme des flammes, infernales. Ce qui me porte est bleu et non rouge.

Vous vous croyez pleins de braise sacrée parce que vous êtes habités par des passions, alors qu'en vérité vous êtes aussi vides que des coques de noix brisées. Le ver ronge le fruit du dedans et laisse l'écorce. Vous brûlez certes, comme brûle la coquille une fois la pulpe extirpée... La passion ridiculise.

Vous brûlez votre huile, tandis que je conserve mon essence.

Pendant que vous faites de longues glissades en formes de cercles sur vos espaces vicieux, poussés par vos artifices endiablés, portés par vos spores miasmatiques et hallucinogènes, enivrés par vos sports acrobatiques, aveuglés par vos feux multicolores, vous les passionnés, moi je monte.

Je monte, simplement escorté par ce vent raisonnable que vous haïssez tant et qui n'est autre que le souffle pur de l'esprit.

3 commentaires:

filledemnemosyne a dit…
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filledemnemosyne a dit…

La passion est un pont surgit de nulle part dont la première pile repose sur la rive de l'un peu, du beaucoup.
Non, pas un pont !
Plutôt la voie rouge d'un l'arc en ciel !
Le bon sens voudrait qu'on la contourne parce qu'une fois dessus, impossible de faire marche arrière.
A la rigueur, dans les premiers pas, on peut encore faire le saut de l'ange vers des voies plus froides. Mais plus on avance, plus on s'éloigne du raisonnable, plus ce saut est risqué.

Bien habile celui qui ne se retrouve pas le cul dans l'eau glacée. Chaud et froid souvent fatal.

Parfois, le bon sens, qui ne dort ni ne rêve, crie très fort et arrive à disperser les particules du prisme. Chute il y a. Mais elle se fait de manière plus douce. Plus tiède. Le baigneur se retrouve dans la rivière de l'habitude. Insipide.

Pour qui atteint l'autre côté du pont, le passionnément conduit à la folie. A l'amour fou. Saveur exquise et incomparable.
Pour certains se sera la mort de la liberté. Et à plus ou moins longue échéance, la conduite au drame. Inévitablement.
A moins que, compléments circonstanciels, les marcheurs vieillis de la longueur du pont, y retrouvent le Verbe auquel ils se rapportent.

Oui, je t'entends “bon sens”. J'en mesure le risque. Mais vois-tu, c'est une question de choix. C'est une question de voies . Et j'ai choisi a mienne.

filledemnemosyne a dit…

Pour qui j'ai envie;ça ne vous regarde pas !