samedi 19 mai 2007

548 - Echanges entre un bambin et ses parents

Charles-Théodore de la Fraissière est un adorable bambin d'à peine quatre ans. Prêtons une oreille indiscrète à des échanges entre le jeune Charles-Théodore et sa vieille tante. La scène se passe dans le salon d'une auguste demeure, quelque part dans les faubourgs d'une ville populaire de la banlieue parisienne. Contrairement aux gens de son âge, le petit héros de cette histoire que vous allez lire sait se tenir...

- Ma tante, Ô ma chère aïeule, consentez promptement à mes désirs ! Je réclame sur le champ bonbons mentholés et autres délices caramélisées. Je ne puis plus supporter cette privation inique que vous m'imposez !

- Charles-Théodore, taisez-vous ! Vous irez à la grand-messe plutôt ! Un chapelet et non des gâteries, voilà ce qu'il vous faut.

- Grand Dieu ! ma tante, vous me contrariez. Je conçois envers vous de vifs émois qui n'honorent point votre rang. Amertume et affliction, voilà ce que m'inspire votre âpre décision. Je le dirai à mère, et elle sera très mécontente de vous.

- Charles-Théodore, vous êtes un impie ! Pour la Noël vous aurez 25 coups de martinet et pas de joujoux !

- Ma tante vous me fâchez grandement. D'abord vous avez 98 ans et vous êtes bien proche de la mort. Vous méritez mon mépris. Je vous chasse de ma mémoire. Adieu Madame.

UN PEU PLUS TARD, CHARLES THEODORE S'ENTRETIENT AVEC SA MERE...

- Mère, notre vieille tante a assombri ma juvénile humeur, tantôt.

- Quelle en fut la cause mon petit Charles-Théodore ?

- Mère, cette vieillarde odieuse m'a refusé les douceurs que les gens de mon âge sont en droit de réclamer, même en dehors des jours de fête telles que la Noël ou la Pâques. N'est-ce point insolent de sa part, Ô mère ?

- Mon petit, sachez qu'il faut respecter vos aïeux. Leurs décisions, fantaisies et pensées, pour iniques et cruelles qu'elles puissent vous paraître n'en sont pas moins justifiées par le rang où l'âge les a placés. En ce monde le grand âge, l'expérience, la situation donnent tous les droits mon enfant. Votre tante est une ancêtre auguste, respectez sa volonté.

- Certes mère. Cependant cette parente fit preuve d'une révoltante intransigeance face à mon courroux.

- Que vous a-t-elle répondu ?

- Mère, la méchante femme m'a dit qu'au lieu des joujoux annuels qui devaient m'échoir à l'occasion de la fête chrétienne du 25 décembre, je recevrai 25 coups de martinet !

- Hé bien mon petit Charles-Théodore, cette année pour la Noël vous recevrez donc 25 coups de martinet. A presque quatre ans il vous faudrait peut-être commencer à songer à des choses plus sérieuses, ne croyez-vous pas ? Vous êtes bien trop frivole mon enfant ! Disposez à présent, votre proximité autant que votre puérilité m'incommodent.

- Oui mère.

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