samedi 19 mai 2007

557 - Retour sur Terre

Rimbaud, le Christ, James Dean, le Che : destins fulgurants ! Et trompeurs quant à leur réalité intime...

Illustres pantins dont à notre insu nous tirons nous-mêmes les ficelles, illusionnés que nous sommes par leur prestige historique, politique, littéraire ou spirituel, ces êtres banals ou exceptionnels que nous sculptons dans le roc plein d'artifices de notre pauvre imaginaire nous en apprennent long sur notre sotte propension à faire porter toges, capes et lauriers à des mortels fondamentalement aussi triviaux que n'importe quel anonyme.

Ces personnages que nous percevons de loin - de trop loin - ne se sont jamais ridiculisés en prenant dans leur vie quotidienne des postures de statues. Encore moins dans les instants les plus solennels de leur existence. Le Christ ne se promenait pas à longueur de temps les bras levés au ciel, l'air inspiré, Rimbaud déféquait comme tout le monde sans se sentir obligé d'avoir vingt-quatre heures sur vingt-quatre le regard plongé dans le lointain, James Dean n'était pas plus tourmenté que le plus ordinaire des comptables, le Che dans ses plus glorieuses actions n'avait pas des allures particulièrement glorieuses.

La réalité est plus simple, plus belle et surtout beaucoup moins compassée que ce que nous fait croire notre imagination contaminée par le mensonge des apparences : le théâtre n'existe pas dans la vie naturelle, la vérité ne s'affuble pas d'habits d'apparats, le réel n'imite pas les livres.

Redescendons sur Terre. Rimbaud puait des pieds, le Christ était parfois constipé, James Dean rêvait de pot-au-feu, le Che avait des poux dans ses cheveux longs.

Pour résumer l'inconcevable, disons que le patois picard ou sarthois peuvent véhiculer les mêmes vérités que celles déclamées en latin ou en grec.

Le reste, tout le reste, n'est que creuses légendes et vraies tromperies.

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1 commentaire:

gicerilla a dit…

J'aime la conclusion bien sûr parce qu'elle me dit que moi aussi j'aurais pu être peut-être le Christ, Baudelaire ou James Dean mais au fond, au-delà de l'aspect rassurant qu'elle m'offre, cette conclusion est évidemment biaisée. Cela s'appelle je crois de la mauvaise foi !