dimanche 20 mai 2007

632 - Les abattoirs industriels

Imaginez une usine où des humains anonymes aux corps calibrés seraient égorgés puis démembrés méthodiquement par une machine implacable réglée pour tourner à plein régime... Impeccablement alignés, les corps dépecés en diverses parties sortiraient dans des barquettes sous cellophane à destination de la grande distribution. C'est le sort de millions d'animaux de boucherie. Vous me direz, les animaux de boucherie ne sont pas des humains et la comparaison est par conséquent exagérée, déplacée, saugrenue. On ne peut donc pas comparer humains et animaux de boucherie, penserez-vous.

Justement si. Et moi je compare.

A la place des animaux d'élevage, je mets délibérément des humains dans mon exemple, et ce pour mieux faire ressortir l'ignominie d'une chose que l'habitude nous a rendue banale. L'horreur des abattoirs, pourtant bien réelle, ne nous apparaît pas spontanément. Depuis toujours nous avons vu nos parents, grands-parents, maîtres d'école, voisins, amis se régaler des produits carnés issus des abattoirs. Enfants, on nous déposait même avec amour des tranches de jambon sur notre pain...

Tant et si bien que par la magie du couvert, dans les esprits affectueusement conditionnés ou simplement sous les palais sensibles aux causes gastronomiques, la tranche de jambon a toujours été -ou est devenue au fil des habitudes- un objet intrinsèque séparé de la sinistre réalité à laquelle il est tragiquement rattaché. Comme si cette chose rose et parfumée qui a toujours la même forme poussait sur des arbres en toute innocence...

Du cadavre rendu joli grâce à un emballage soigné, des tranches de mort préparées avec professionnalisme par des bouchers fiers de leur travail, de leur corporation, des pièces de honte que certifient des logos officiels garantissant leur qualité, des morceaux d'authentiques agonies, des côtelettes de souffrances, de la chair engraissée à la rentabilité, des êtres doués de sensibilité que l'on a traité de la naissance à la mort comme de la marchandise, des animaux transformés en produits standard, voilà ce que nous mangeons !

La viande, c'est ça.

Il y a en outre un mythe très vulgaire tournant autour des mets carnés justifiant les appétits "ogresques" des plus primaires d'entre nous : la viande rendrait fort, beau, intelligent.

2 commentaires:

filledemnemosyne a dit…

Bien entendu tout à fait anti- abattoir industriel (et abattoir tout court ! j'aime pas ce mot !)

Je consomme peu de chair fraiche, préférant me baigner la bouche au cresson des fontaines, mordre à même l'arbre la cerise charnue, parer ma gorge d'amour croquant de choux en fleurettes.

Ni vamp devant la hampe
Ni rogneuse de rognons
ni croqueuse de souris, je boude le boudin, préfère me tailler une bavette au téléphone, danser la gigue ou encore me fendre la poire.

J' extrapole un peu, je ne suis pas végétarienne mais je saurai tout à fait me passer de viande. Par contre je ne pourrai me passer de fruits, de pain, de fromage, de café ou d'une petite blonde pour y tremper ma tartine de temps à autre .

Mais il n'y a pas que dans les abattoirs industriels à conspuer !

J'ai vu, dans la campagne environnante des éleveurs laitiers se garder un veau pour leur consommation personnelle.
Lui faire de gros bisous sur le naseau, lui donner un prénom et pour qu'il soit du type élevé sous la mère, le tenir tout au long de sa courte existence maintenu par une longe bien courte, elle aussi afin qu'il engraisse avec le lait et ne se muscle pas trop en bougeant si j'ai bien tout compris.

En tout cas, j'ai résisté, sans me priver d'ailleurs et n'ai pas goûté aux côtes offertes dans un esprit de courtoisie après abattage par un boucher traditionnel local.

Mais c'est vrai...je suis une fille de la ville ! une vraie chochotte quoi! ! !

filledemnemosyne a dit…

Sus à la bidoche !
Et mon régime hyper protéiné?
Au ch...les protéines ! Vive les sucreries libres !