mardi 15 mai 2007

68 - Mon identité poétique

Sous les scintillements du firmament, je caracole sur ma cavale. La neige tourbillonne entre les sabots de l'animal, danse dans son sillage, entraînée par le vent. Ces étincelles de glace m'enveloppent, forment tout autour de moi des myriades d'éclats argentés et semblent se confondre avec les poussières célestes qui luisent au-dessus de la sainte et éternelle Russie.

Je suis le fils de la toundra, l'enfant des frimas, l'héritier des plaines glacées, le chantre des pays d'hiver, le passager des terres pétrifiées. Je n'ai pas vraiment de nom.

Je suis l'originel Cosaque.

Depuis des siècles je sillonne les étendues lunaires d'un monde d'écume et de solitude, ainsi qu'un immortel cavalier. Je suis le reflet des impérissables légendes, l’hôte des blancs espaces, le baladin des étoiles, et c'est pourquoi je ne puis mourir.

Heureux, j'erre à n'en plus finir dans cet univers immaculé, franchissant lacs gelés, traversant forêts, parcourant steppes à la poursuite de l'horizon, toujours en quête de chevauchées fantastiques, ivre de liberté, de constellations, d’infini.

Chaque nuit ma monture m'emporte vers des lieux lointains inconnus des hommes. Je n'ai pas d'autre but, d'autre joie, d'autre destin que de chevaucher dans les immensités silencieuses couvertes de cristaux.

Astre fabuleux des paysages givrés, onde pure, flamme bleue, particule vive, âme filante, je ne mange pas, ne bois pas, ne dors jamais et suis plus vivant qu'un prince.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

La neige épaisse , figée par le gel couvrait le jardin jusqu'au milieu des fenêtres du parterre du manoir de la vieille comtesse Leontieva. La robe de Léna, assise tout proche de la fenêtre, était d'un bleu claire couvert de guirlandes abondantes de narcisses blanches ainsi que le blanc tout puissant dans son royaume dehors, presque piquant pour les yeux, semblait envahir l’intérieur de la chambre. Katia et Léna se taisaient depuis une demi-heure dans le salon . Katia se réchauffait les mains sur la tasse de thé chaud tandis que Léna était occupée a arranger chaque replis de sa jupe comme pour compenser sa manque de beauté physique. Katia savait écouter sa meilleure amie, c’était précisément pourquoi elle lui avait rendu cette visite. Dans la poitrine couverte de dentelles de Katia couvait un feu sacre dont les flammes pouvaient illuminer tous ses amis. En cet instant elle écoutait le silence de Léna qui ramassait ses mots du fond d'une douleur inavouable, les yeux fixes sur les plis presque trop correctes de sa robe presque blanche.

Anonyme a dit…

"Tu sais," dit, finalement Léna" l’année passée Madame Antipova, avait loue une chambre de sa maison a un étrange couple d'italiens. Elle nous avait laisses entendre que les deux étrangers dormaient dans des lits séparés quoi qu'ils partageaient la même chambre . Ils portaient le même patronyme, certes, mais ils pouvaient être des frères, des cousins, pas nécessairement des époux. La femme sortait peu, lui, je l’apercevais passer seul devant notre manoir, en rentrant de la ville, le soir. La neige lui offrait un manteau de mystère qui me faisait rêver. Je ne sais pas pourquoi je suis tombée amoureuse de lui, malgré mon raisonnement, malgré ma vertu et mes craintes de vieille-fille, mais je le suis. J'ai commence a aimer cette personne d'un amour fou et mystérieux, en cherchant a tâtons le chemin vers son âme, essayant de lui parler dans ses rêves et dans les miens. Dans mes veilles de nuit, surtout..surtout. La nuit approche, sous son rayon coupant elle approche les âmes. Pour la première fois je sentais mon âme mieux que je sentais mes seins ardents sous mes doigts le soir, avant de me coucher. Je sentais son âme, pure, belle, fine, radieuse. Un jour, j'ai glisse sur le verglas dans le parc: un bras puissant m'a soutenue: c’était lui. Je lui ai remercie, il m'a salue poliment, mais , Katia, mon amie, je te jure qu'au fond de ses yeux j'ai vu toutes les lueurs du Paradis. Dans ses yeux j’étais a l'abris comme dans une église. Il serrait mon image sous les paupières et ça me semblait la plus tendre des caresses. Il ne pouvait pas exister du meilleur pour moi au moins ici bas, sur cette terre.

Ensuite, un jour il est parti avec sa compagne. J'en ai pleure comme une folle,. moi qui aimais tant le regarder passer dans la rue. Mais, après deux semaines de souffrance j'ai commence a recevoir des lettres anonymes. Des lettres pour moi, Léna Leontieva: des lettres qui m’appelaient "mon AMOUR", qui me parlaient des étoiles et du ciel... des lettres de feu et de vie: de lumière. cependant mon trouble grandissait toujours: S'il m’écrivait de telles lettre, vu la pureté de son âme, il ne pourrait pas être son compagne ou mari, la femme étant décidément sa sœur, oui, sa sœur... d'autres fois, je m'imaginais que la femme était son épouse et qu'il m’écrivait les lettres en la caressant et la tenant dans ses bras; pire: devant sa femme qui en pleurait. L'enfer et le paradis se disputaient sur le théâtre de guerre que mon âme était devenue.... A présent, ma Katia, je suis encore plus troublée, car hier fur un an de son départ: hier, Katia, en regardant dans le jardin, dans ce jardin blanc, je l'ai vu! Depuis hier matin, il n'a pas bougé, il est la, au bout de l’allée , qui m'attend dans le froid et moi, Katia, moi, je n'ose sortir lui parler, lui dire comment je l'aime !"
...Silence... Léna fondue dans ses larmes, Katia regarda curieuse par la fenêtre, pour voir l’étranger attendant Léna dehors.
Il n'y avait personne au bout de l’allée.