mardi 15 mai 2007

98 - Lettre envoyée aux PDG de radios généralistes (RMC, RTL, Europe 1)

Monsieur,

Croyez-vous, Monsieur, faire honneur à l’esprit, au bon goût, à la civilisation, en faisant diffuser, outre des émissions bas de gamme, de la réclame de la plus grande vulgarité ?

Réclame pour véhicule, réclame pour cosmétique, réclame pour chaîne de grands magasins… Vulgarité, obscénité, indignité. Inaudible, en ce qui me concerne. Il faut dire que je ne me prends pas pour un veau, Monsieur. Vous qui en êtes peut-être un, vous prenez sans doute les gens qui écoutent votre radio pour un troupeau de bovins, et pourquoi pas de porcins... J’ai le courage de dire, Monsieur, que si vous n’êtes pas personnellement convaincu de la valeur de cette radio, alors vous êtes un dévoyé, un proxénète de la culture qui vend aux autres ce qu'il ne consomme pas lui-même. Mais si vous êtes sincèrement convaincu d'être le PDG d'une bonne radio, alors permettez-moi de vous dire que vous n’êtes qu’un veau de plus. Un veau à la tête d’une radio nationale sans doute, mais un pauvre et minable veau pas plus digne que le restant du troupeau.

Il faut être un veau Monsieur, pour écouter sans broncher le contenu des émissions de cette radio généraliste. Le pire, c’est la réclame. Pour être convaincu par ces boniments bien vulgaires, bien obscènes, bien populaires, bien outranciers, il faut faire partie de la RACAILLE. Qu’est-ce que la racaille ? Le peuple, tout simplement. Et qu’est-ce que le peuple ? Ca n’est rien du tout, ou si peu. Je suis très méprisant, hautain, impitoyable lorsque je songe que des êtres humains, mes semblables, peuvent adhérer à tant de bassesse. Je n’ai nulle indulgence pour ce peuple français qui tourne un bouton pour se vautrer dans l’ineptie.

La misère de l’esprit pourrait en cette fin de siècle être toute résumée à travers les radios généralistes. Le ton, le contenu, la forme et le fond, les aspirations et les racines, tout transpire l’aspect minable, misérable, insignifiant et vulgaire des esprits impliqués : animateurs, journalistes, annonceurs et auditeurs.

Je m’interroge aujourd’hui sur les fondements, les valeurs et les certitudes humaines et sociales. En fait on peut fort bien être à la tête d’une radio nationale, être reconnu par l’ensemble de la population, inviter des personnalités politiques, et n’être rien du tout. N’en êtes-vous point la première preuve vivante, et votre radio n’en est-elle pas, elle, l'autre preuve beuglante ? Vous n’avez pas mon estime, Monsieur. Et à moins que vous ne soyez définitivement un veau vous aussi, je sais bien qu’au fond, s’il vous reste une once d’intelligence, de dignité, d’esprit critique, vous me donnez raison.

Espoir ultime du triomphe de l’esprit sur la bêtise radiophonique.

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