mercredi 3 septembre 2008

800 - Olivier, cette âme

J'ai rencontré Olivier sur la Toile il y a deux ans. Il passait d'improbables annonces pour trouver l'âme jumelle, qu'il ne trouva jamais. Sa maladresse, sa grossièreté, son outrance m'avaient touché. Tout en me liant d'amitié avec cet oiseau tombé du nid, je l'étudiais. Et plus je l'étudiais, plus je m'étudiais MOI. Et à travers moi, d'une manière plus générale, les rouages secrets de l'âme humaine...

Explications et extraits de textes postés à son sujet sur un groupe de discutions littéraire (forumlitteraire@yahoogroupes.fr) :

En suivant Olivier jusque sur un site d'annonces de rencontres amoureuses, voici comment je me suis présenté :

OLIVIER, UN PASSIONNANT SUJET D'ETUDE

Je m'appelle RAPHAËL ZACHARIE DE IZARRA, je suis venu m'inscrire sur ce site de rencontres spécialement pour pouvoir suivre de près les pérégrinations informatiques de ce personnage improbable (et pourtant bien réel !) nommé OLIVIER. Je le connais depuis quelques mois (je l'avais rencontré par hasard sur la toile). Ses annonces m'avaient fait tellement rire que je me suis décidé à étudier sérieusement cette personne. Aujourd'hui nous sommes devenus amis, plus ou moins. Je l'aide à rédiger des annonces plus conformes, à parler aux femmes, à les séduire un tant soit peu... Son extrême maladresse en ce domaine le rend réellement touchant. Je suis un observateur, ce personnage me fascine par sa naïveté, sa brutalité, son ignorance, sa désinvolture et son immaturité. A la fois monstre de foire et profondément humain, ce Olivier est un cas. J'ai ri avec les autres de ses maladresses, mais je ne me suis pas contenté de rire, j'ai dans un second temps souhaité l'aider. Il est en effet trop facile de se moquer des gens et de les laisser ensuite dériver dans leur illusions... Je tente de lui apprendre à parler aux femmes, même si l'entreprise est encore loin, très loin d'aboutir. J'ai ri férocement de son annonce au début, comme la plupart d'entre vous, mais pensez-vous que l'hilarité stérile puisse aider un tel égaré à progresser dans la vie ? OLIVIER est une âme candide et grossière, un coeur sans nuance, un garçon taillé dans le roc sexuel et la guimauve amoureuse, une sorte d'exclus du monde des sentiments policés, parfaitement étranger aux intrigues des jeux amoureux. Ce garçon en détresse cherche une femme comme un enfant chercherait un gros gâteau : sans contrepartie, immédiatement, impérieusement, gratuitement et à sens unique. Il est fort bête, inutile de se le cacher, ce qui ajoute à la difficulté de l'entreprise d'éveil de sa conscience. Tenter de faire mûrir un fruit aussi vert est une affaire de longue haleine, fastidieuse qui demande patience, altruisme, ouverture d'esprit. Ce que je m'emploie à faire.  Ce Olivier est mon rat de laboratoire en quelque sorte. Avec lui j'expérimente l'aventure humaine appliquée aux relations amoureuses.

++++++

Certes Olivier n'est pas un interlocuteur facile.

Sombre, mauvais, gentil aussi -mais dans certaines limites-, borné, colérique, grossier et même parfois franchement abject, pour la plupart d'entre nous -pour ne pas dire pour nous tous- Olivier est l'incarnation même du Mal, de la Bêtise, ou de l'insignifiance, dans le meilleur des cas.

Bref, Olivier est un de ces hères informels et sans visage aux antipodes de nos belles et bourgeoises conceptions sur l'humain. L'exemple par excellence de ce que nous appelons avec tant d'orgueil une "piètre compagnie". Pathétique oiseau de son propre et morne monde fait de jours gris et de solitude, triste ombre apparue sur ce globe pour mieux s'y égarer dans d'insolubles brumes, Olivier est un citoyen invisible, un semblable qui n'existe pour personne, un être sans hauteur et sans défense, une voix qui n'a pas droit au chapitre.

A son sujet tout le monde est d'accord pour se moquer de lui, le mépriser, l'exclure. Sous des formes plus ou moins policées, plus ou moins aimables, plus ou moins hautaines, plus ou mois insidieuses... Et sous les prétextes les plus nobles : amour de l'intelligence, haine de la bêtise, mépris de la médiocrité, fuite vers les hauteurs, préférence pour la lumière...

Les mêmes se prétendent solidaires, fraternels, altruistes... Pas un ne prend la peine de se pencher sur lui !

Toutes les excuses étant bonnes pour le rejeter, le bannir, le traiter comme un "problème secondaire", lui Olivier, cet être humain, ce semblable, ce frère, ce mortel né sous le même soleil qui nous éclaire, qui se désagrègera sous la même terre qui nous ensevelira nous aussi, toutes les excuses étant bonnes, disais-je, pour faire de cet humain une sorte d'objet encombrant, il ne reste plus personne pour mettre en pratique les généreux idéaux que sont la fraternité, la solidarité, l'altruisme... Si bien défendus en théorie, si peu partagés dans la pratique !

Sa misère, personne ne l'appelle misère. Non, ce serait un mot trop beau pour Olivier, pensons-nous... L'indigence de Olivier, nous préférons l'appeler "sottise", "inintelligence", "saleté". C'est tellement plus confortable, plus rassurant, plus expéditif, et donc plus lâche, de voir de la simple bêtise là où il y a en réalité un océan de détresse, de vraie, d'authentique, de concrète, terrible, profonde détresse humaine.

Qui s'est penché sur le berceau de Olivier ?

Personne.

Absolument personne. Raciste, haineux, violent, bête : tels sont les reproches qu'on luit fait. Facile.

Trop facile. Je répète : qui s'est penché sur le berceau de Olivier ? Qui a daigné lui tendre la main, l'écouter non pas avec cordiale, froide, distante attention mais avec chaleur ? Qui lui a prodigué tendresse, amour, humanité, amitié, enfin toutes ces flammes chères à l'homme et qui le rendent meilleur, qui adoucissent les coeurs grossiers, affinent les âmes les plus épaisses ?

Que celui qui une fois, une seule fois, après avoir ri de ses travers et maladresses lui a ensuite tendu la main avec sincérité, avec coeur, avec humanité, sans hypocrisie, que celui-là, et que celui-là seulement se permette de lui reprocher ses noirceurs.

Olivier, je ne te jetterai pas la pierre, moi dont le coeur s'est tourné vers toi avec simplicité, sans fard ni vanité aucune. Olivier je te le dis en vérité, le royaume de l'Intelligence appartient aux êtres fraternels. Olivier, je te rétablirai dans ta dignité. Sous mon aile tu deviendras un astre.

Et sous ma lumière tu seras un homme.

Un homme, Olivier.

=======

PRECISION :

A ceux qui seraient tentés de me reprocher de faire la "promotion humoristique" de Olivier D.

Certes je me moque gentiment de ce léger malade mental. Je ne m'en cache pas. Mais il faut savoir que cette collaboration "imbécilo-esthétique" va plus loin que les simples apparences.

Car enfin il n'en demeure pas moins vrai que je suis la première personne qui s'est sincèrement intéressée à lui. Rejeté par tous, Olivier D souffre depuis toujours d'exclusion, accentuée par sa surdité.

A la "charitable" indifférence de ceux qui le rejettent d'emblée sans chercher à le connaître, pensant avec fatuité tout savoir de lui au premier abord, j'oppose un authentique sentiment, non seulement de curiosité, mais aussi d'amitié pour ce pauvre diable sur qui nul n'a jamais pris la peine de se pencher avec pitié et fraternité. Olivier D est le révélateur de nos manques, de nos faiblesses, de nos petites lâcheté humaines. Par sa simple existence il met à l'épreuve nos belles théories sur la fraternité, sur la compassion envers les plus faibles, les malchanceux...

Sur mon chemin, jusqu'ici lorsque j'ai voulu présenter dans sa vérité Olivier D, je n'ai trouvé que de nobles âmes pour le mépriser, le juger, voire le haïr. Face au concret, bizarrement tous les beaux sentiments chrétiens, humanistes, socialistes, communistes et même républicains s'écroulent !

C'est vrai que je joue férocement avec sa candeur. N'importe ! J'ai trouvé ce moyen pour communiquer intensément avec cet esseulé.

Je suis devenu son seul ami. Le seul. Le premier.

Une révolution affective pour lui.

A tous ceux qui me condamnent sous prétexte que sur le mode sarcastique je sors cet indigent de son mortel anonymat de pauvre diable qui n'a rien pour lui, que font-ils, eux ?

Rien.

Ils critiquent mes moqueries à l'endroit de Olivier D, disent unanimement que je suis cruel, odieux avec lui... Tandis qu'eux, en adoptant une parfaite indifférence à l'égard de ce Olivier, sont persuadés d'être meilleurs que moi ! Or il n'y a pire arme psychologique que l'indifférence...

Je me moque de Olivier D c'est vrai, en attendant moi je suis sa chaleur, son réconfort, son écoute. Son ami. Et je suis sincère. J'éprouve une réelle amitié pour ce crucifié de notre société que personne n'écoute, ne tente de comprendre, d'apprivoiser.

Toutes ces belles âmes prêtes à s'investir pour sauver des affamés à 10 000 kilomètres de là se défilent étrangement dès qu'il faut prêter un peu de temps aux plus humbles de notre société... Ces moralisateurs me répondront qu'ils n'ont pas le temps à perdre avec des imbéciles comme Olivier D... Quel orgueil ! Quel mépris des faibles !

Hé bien moi j'ai du temps à consacrer à cette âme en ruine. Moi j'ai du temps à perdre avec ce miséreux. Moi j'ai du temps à consacrer aux plus petits, aux humbles, aux exclus.

Et j'ai même l'ambition de donner des ailes à ce lourdaud. Que dure notre collaboration humoristico-humaniste !

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Et moi j'ai moi je moi j'ai... moi j'aide un infirme pour m'en glorifier et l'afficher aux yeux de tous sur la toile, bingo !

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

Bonjour anonyme,

En effet, je me glorifie publiquement d'aider cet infirme et ne m'en cache nullement. Je tiens à ce que cela se sache (sinon je n'exposerais pas mes prouesses humanisto-izarriennes en ces lieux), tout simplement parce que cela mérite d'être su.

D'une pierre je fais deux coups : je rends un immense service à Olivier que je tire de sa désespérante solitude tout en me rendant à moi-même un non moins immense service à travers l'exposition notoire de ma grande noblesse de coeur.

Ce qui est vertueux, élevé, beau, lumineux doit être su, exposé, exhibé.

Je dois par conséquent montrer l'exemple de l'authentique humanisme et non cacher stérilement les trésors de mon âme comme le font les hypocrites.

Si je ne montre que mes noirceurs tout en cherchant à cacher mon éclat, comment voulez-vous que je donne l'exemple de la beauté, de la justice, de l'altruisme ?

Olivier est mon faire-valoir, je suis son sauveur. Il est surtout l'instrument de la vérité, l'outil qui permet de dénoncer les inconséquents, les égoïstes, les faux-humanistes de votre espèce.

Raphaël Zacharie de Izarra

Anonyme a dit…

Anonyme,

D'après ton commentaire, il me semble que tu n'as pas compris le message de l'auteur. C'est Raphaël qui a besoin qu'on s'intéresse à ses infirmités.Il se sent si seul, si délaissé, si incompris dans ce monde déshumanisé.
Un soupçon de compassion pour lui serait le bienvenue. Allez ! fais un effort. Montre ta bienveillance et ton intelligence si toutefois tu en possèdes.

A ma zone

Ciel a dit…

Bonjour,
Eh bien, que le petit village n'est autant pas de coeur ... et arrive au point de l'Hair.. ou le mépriser ou l'ignorer on comprend bien le niveau en france... Vous avez bien dénoncé les juifs... Enfin pas tous les francais...

Même ici, mes parents connaissant tres bien le millieu... ce sont des gens tres tres intelligent, et avec un coeur d'or.. point final..

Et vous que de simple piplette de village.

Et personellement, non jamais je n'ignore ces gens... je l'est aime et meme mon frere, qui a un ami, dont le pere est sqizofrene et l'un, dans ma famille, le cousin a mon pere est sqizofrene mais est à l'université en recherche en biologie.

La génie frole souvent la folie dit t-on

Un jour enfant, mon pere nous a ammené à un endroit, une commune thérapeutique, ou son ami psychiatre guérissait les patients à sa manière... mais ils sont tous d'une très grande intelligence, et enfin beaucoup plus intéréssant pour ceux qui sont capable de voir au delà de l'apparence... enfin etre entouré d'abrutis cela n'aide pas pour ce pauvre Olivier... il doit s'ennuyer car vous ne parlez que d'ânerie.. comment ne pas devenir ennuyé.. il est juste trop supérieure pour vous...

Et bien, par respect pour cette homme... vous pourriez effacé ce message et surtout cette hideuse video...

Aurevoir.

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

1 - En dépit de sa légère faiblesse mentale je considère Olivier comme un citoyen au même titre qu'un autre et par conséquent adulte et responsable. C'est en toute liberté qu'il a accepté mon amitié et les articles qui en découlent. La frilosité de certaines personnes à cet égard ne doit pas être une excuse pour justifier la fuite de Olivier face à ses responsabilités. Olivier a un statut de citoyen libre, responsable, qu'il assume donc ce statut comme j'assume le mien. Nul n'a le droit de limiter ou d'interdire la liberté d'expression d'autrui au nom de petites lâchetés personnelles.

Ce n'est pas en traitant Olivier d'enfant comme vous le faites que vous l'aiderez à se responsabiliser, à assumer les fruits de ses amitiés. Olivier m'a choisi pour ami, je l'ai traité en adulte en lui tenant un discours honnête, viril, responsable. Retirer ce texte à son sujet reviendrait à traiter Olivier comme un citoyen de second plan. Or je le considère comme un adulte responsable et en tant que tel il doit accepter le "risque" qu'on lui consacre un article, qu'elle qu'en soit la nature. Personnellement j'ai eu droit sur INTERNET à maints articles désobligeants à mon sujet. Je les accepte au même titre que les articles élogieux que l'on m'adresse.

Je n'ai jamais insulté Olivier à travers mes articles, contrairement à lui qui s'est permis à maintes reprises des propos ouvertement assumés et parfaitement ignobles à l'égard de certaines catégories de la population française et étrangère...

Seule la vérité, aussi tranchante fût-elle, a été le ciment de cette amitié entre lui et moi. C'est peut-être aussi cela qui dérange tant de gens...

Jamais je n'ai fait preuve d'hypocrisie à l'égard de Olivier. Bien au contraire. Je l'ai pris tel qu'il est, avec ses outrances, ses travers et sa naïveté, mais aussi avec ses bons côtés. Contrairement à bien des gens qui prétendent le respecter, j'ai eu avec Olivier un dialogue sans fard, totalement transparent.

Ensuite qu'il m'ait écouté ou non, qu'il ait tiré profit de cette chance offerte dans sa vie d'avoir en face de lui un précepteur, un pédagogue pour ami net non un stérile railleur, c'est son affaire.

Je respecte Olivier beaucoup plus que vous ne croyez, c'est d'ailleurs parce que je le respecte que je lui ai consacré tant de temps et d'énergie. Olivier est un cas qui m'a vivement intéressé. Rejeté par tout le monde, j'ai souhaité entretenir avec lui des rapports constructifs. Au lieu de m'opposer à lui comme le faisaient les autres, j'ai voulu le comprendre, pénétrer sa psychologie. A travers l'humour et l'amitié sincère -bien que cinglante, je l'admets- j'ai pu gagner sa confiance. (SUITE)

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

2 - J'ai écrit à son sujet ces fameux articles qui vous heurtent... Ces articles sont le prix à payer à cette amitié.

Personnellement je serais réellement flatté que l'on me consacre un tel article. Pour être très franc et contrairement à ce que vous dites, dans les mêmes circonstances j'aimerais que m'on me fasse ce que j'ai fait à Olivier. C'est la meilleure chose qui pourrait m'arriver si j'étais à sa place, quoi que vous en pensiez.

Si Olivier ne sait pas apprécier à sa juste valeur les cadeaux qu'on lui destine, c'est bien dommage pour lui. Cela dit, même si son ingratitude envers moi est immense, je lui pardonne.

Je ne me prétends nullement écrivain. Bien au contraire, si vous m'aviez bien lu vous sauriez quelle est ma position sur cette question. Mais ceci est un détail.

Je comprends que vous fassiez preuve d'une telle mauvaise foi dans cette affaire, c'est humain. Mais puisque vous prétendez qu'Olivier est fort intelligent, qu'il m'en apporte la preuve supplémentaire en riant avec moi de la situation au lieu de s'en chagriner ! L'auto dérision étant une autre grande preuve d'authentique intelligence...

Vous affirmez qu'Olivier s'ennui avec moi. Bien au contraire grâce à moi Olivier a pu ouvrir ses oeillères, connaître des gens et qu'il n'aurait jamais connu sans moi. Je l'ai même aidé avec succès dans ses recherches sentimentales en lui écrivant des annonces efficaces.

A un moment donné il m'appelait sans cesse tous les jours pour me raconter des plaisanteries ou me réclamer de lui faire vidéos à sa gloire... Sur le mode humoristique. Je comprends qu'Olivier tienne avec certaines personnes un discours radicalement opposé. Qu'il n'assume pas les fruits de son parcours est bien dommage, mais cela le regarde. Ma position ne bougera pas : je souhaite continuer à exercer ma liberté d'expression sans entrave, à dire les choses telles qu'elles sont et non telles qu'elles ne sont pas.

Par respect pour Olivier je laisse donc le texte en ligne. Ce texte est un sincère témoignage d'humanisme véritable, dénué de toute hypocrisie, aux antipodes de ce faux humanisme contemporain consistant à se voiler la face et, sous prétexte de respect de l'autre, de ne pas appeler par leur nom les choses et les êtres.

Quant à la vidéo j'accepte de l'effacer car les vidéos à son sujet sont de grosses plaisanteries (contrairement au texte) et je peux comprendre qu'elles lui soient déplaisantes.

Cordialement.

Raphaël Zacharie de IZARRA