vendredi 22 avril 2011

SINGERIES HOLLYWOODIENNES

Au cinéma américain les héros tuent leurs semblables avec flegme, ils font même de l'humour tout en massacrant à la mitraillette une douzaine de féroces voyous, font de l'esprit alors qu'ils sont à deux doigts de mourir, qu'ils soient suspendus par une cordelette qui s'effiloche à vue d'oeil à trois-cent mètres de hauteur ou solidement ligotés sous les canons de cinq méchants grimaçant de rage et prêts à appuyer sur leur gâchette...

Quand le cow-boy, parfaitement impassible (vêtu en permanence de plusieurs couches de protections de laines en plus de sa grande et épaisse cape noire, le tout sous un soleil de plomb) trucide au simple révolver quatre hommes en un éclair, aussitôt il retourne tranquillement dans sa chambre d'hôtel, l'arme encore fumante, sous le regard imperturbable du shérif qui ne bronche décidément pas face aux quatre cadavres étalés sur la voie publique.

Les cadavres au cinéma sont d'ailleurs toujours étonnement souples même trois jours après le décès. On les transporte aisément avec leurs bras ballants et leurs jambes qui se plient sans difficulté plusieurs jours après la mort... Hollywood semble ne pas connaître le processus biologique à propos de la rigidité cadavérique, complète seulement deux ou trois heures après le décès.

Quant aux rampes, portes, fenêtres, tables et chaises que l'on voit dans les westerns, c'est fou comme les menuisiers yankees du XIXème siècle étaient d'une incroyable incompétence ! Les structures des saloons ainsi que leur mobilier volent en éclat à la moindre chute du héros aux prises avec des crapules recevant -et distribuant tout à la fois- des coups de poings magistraux en pleines faces, si sonores qu'ils claquent comme de véritables pétards !

Les crapules sont d'ailleurs bien crapuleuses dans l'Ouest américain vu par les cinéastes... Irascibles, impulsifs, d'une susceptibilité à fleur de peau, ils n'hésitent pas à tuer pour un mot, un regard de travers, une légère bousculade ni même à exterminer une armée entière -et avec le sourire !- pour faire main basse sur un trésor. 

Ils n'ont aucune morale, pas de remords, ignorent le sens du mot scrupule. 
  
D'une fourberie inconcevable, obsédés par l'or, capables de faire preuve du plus sordide égoïsme, incapables de montrer la moindre parcelle d'altruisme, prêts à trahir sans nulle hésitation leurs alliés pour garder le butin en leur logeant une balle dans le dos dès que celui-ci sera enfin trouvé, ces desesperados fumant cigarillos du matin au soir et ne s'abreuvant que de whisky sous 45 degrés Celsius à l'ombre semblent être en perpétuelle quête d'hommes à descendre et de lingots d'or à déterrer.

Ils font la loi eux-mêmes et celle-ci se résume à ces deux choses que je viens d'évoquer : tuer des gens et s'emparer d'un fabuleux mais introuvable trésor.

Bref, je ris beaucoup en regardant certains films américains que d'autres regardent avec une comique gravité.

Raphaël Zacharie de IZARRA

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