vendredi 29 juin 2012

962 - Dieu d'amour

Le prêtre d’un air grave prononce quelque parole sacrée en latin qui pétrifie l’assistance de respect. L’église résonne de sentences pieuses, les ouailles compassées affichent des mines austères, même la statuaire a des airs lugubres. Le rite est immuable, rigide, glacé.

Le curé parle de joie, de lumière, d’amour : il est sinistre, ténébreux, tremblant de haine à l‘égard des “pécheurs” c’est à dire de l’humanité entière.

Le sexe l’obsède.

Avec les enfants de choeur il est généreux, doux , altruiste : torgnoles et maints sévices leur sont destinés, pour le salut de leur âme.

Et, afin de “refroidir les coupables ardeurs naissantes” de ces gamins de huit ans dont il a pris en charge l’éducation religieuse depuis le berceau, il les viole régulièrement dans la sacristie.

Ses victimes, terrorisées mais dociles, sont coupables d’éveiller en lui des désirs impurs.

En profanant ainsi leur innocence, autrement dit en devançant leurs vices latents, il s’assure de tuer le Mal dans leur coeur imparfait. Mais sur ces choses mystérieuses de la chair et subtilités de raisonnement, nul autre que le prêtre n’a droit de regard...

Le prêtre est souverain dans ses choix, pensées et actes.

Gloire au Dieu d’Amour, de tolérance et de droiture annoncé par le prêtre dix fois à chaque messe qu’il sert sept fois par semaine.

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