mercredi 15 mai 2013

RÉCESSION, UN MAL IMAGINAIRE

Moins 0,2 pour 100 de récession en France, cela suffit pour faire pleurer ce pays faisant partie des cinq plus opulents au monde.

La France qui se croit dans la misère pleure, se lamente, crie au secours aujourd’hui parce qu’elle est moins riche de 0,2 pour 100 par rapport à l’année précédente.

Dans ce contexte “dramatique”, les acheteurs se tournent vers des magasins de “crise” pour acquérir des produits moins chers que dans les centres d‘achat traditionnels.

Sauf que ces produits de “crise” proposés à moindre coût sont en réalité des futilités : jupes, objets de décoration (de mauvais goût qui plus est), accessoires de divertissements, sodas, chocolats...

Cette notion de récession n'a pas de sens, elle est même perverse puisqu'il s'agit de 0,2 pour 100 non pas de pauvreté en plus mais de richesse en moins. La distinction est essentielle  car dans ce cas la France demeure  à ses traditionnels hauts niveaux de confort, de qualité de vie, d'excès, toujours aussi prospère, puissante, solide, enviée, en dépit de cette brume tout à fait relative et même franchement artificielle.

Tant d’indécence, d’obscénité, d’ingratitude face au sort de la part de ces éternels repus que sont mes compatriotes me donne envie de vomir.

Nos poubelles dégueulent de richesses gaspillées, nos chiens et chats sont gras, ont leurs cliniques vétérinaires attitrées, nos SDF vivent comme des pachas, nos infrastructures atteignent des sommets de perfection dans leur  conception, usage et entretien, notre système d’hyper bien-être, d’aisance et de prospérité universelle à même inventé le concept de “vacances pour chômeurs”, et dans cette débauche de luxe, d’artifices et d’abondance la population obèse verse des larmes noires, s’inquiète pour son pouvoir d’achat, voire se désespère pour ses enfants, et tout cela pour quelques miettes de récession...

Je n’ai plus de mot pour qualifier cette nation de veaux geignards engraissés de superflus, décidément peu enclins à voir la magnifique réalité de leur vie malheureusement dissimulée par des montagnes d’adiposité morale.

Raphaël Zacharie de IZARRA

5 commentaires:

Denis de Dieuleveult a dit…

Votre analyse serait exact si nous n'étions pas sous le régime inique du système de création de monnaie à réserves fractionnaires.

En effet, étant donné que les banques créent littéralement de l'argent (par décret) à partir de la dette et qu'elles en exigent des intérêts, la somme d'argent disponible sur la Terre n'est pas suffisante pour rembourser la somme des crédits contractés avec leurs intérêts, ce qui exige une croissance perpétuelle sous peine de se retrouver en pénurie de liquidités.

La récession nous dit simplement que l’État aura des revenus plus maigre cette année que l'année dernière car moins de richesse aura été créé. C'est-à-dire que notre dette aura un poids encore plus important sur notre budget.

C'est ainsi que le premier budget de l’État en 2013 est le remboursement des intérêts de la dette avec cinquante milliards par an et qui augmente de manière exponentielle alors que le revenu de l’État stagne ou baisse.
A ce rythme, il y aura forcément un jour où la totalité du revenu de l’État devra aller au remboursement des intérêts - que restera-t-il pour payer les retraites, les fonctionnaires, les chômeurs, les routes ?!?

Dette au compteur : 1800 milliards d'euros

Cela dit, je comprends le sens de votre prose sur ce sujet, mais vous en prendre à ce chiffre m'apparaît maladroit.

Ce qui serait intéressant par contre, ce serait de s'attaquer à la philosophie de l'usure et au supposé droit moral qu'on a de rembourser une dette en y adjoignant des intérêts à partir du moment où l'objet prêté ne subit pas d'usure (ce qui est le cas de l'argent).

Je suis sûr que votre prose assassine saurait attaquer ce problème sous un biais original - je vous mets au défi tiens -

Cdlt,

Denis de Dieuleveult

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Denis de Dieuleveult ,

Magistrale précision ! En effet le problème vu sous cet angle rend l'affaire encore plus complexe.

Vous me mettez au défi d'aborder le sujet sous ce point de vue économique plus austère... Sauf que je ne suis guère compétent pour parler de la chose en question sous cet aspect...

Moi je ne suis qu'une plume, pas un économiste.

Votre défi est plutôt flatteur pour moi mais je ne pourrai pas le relever : là je risquerais de me mêler de ce qui ne me concerne pas.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Denis de Dieuleveult a dit…

Cher Raphaël,

Pour le cas de l'usure, il ne s'agit pas d'économie mais d'un paradigme qui se résume à cette interrogation :

"Dans le cas où l'on prête un objet qui ne s'use pas, est-il juste de demander un salaire pour son usage ?"

Voici un exemple intéressant pour poser le problème :

http://www.devoir-de-philosophie.com/commentaire-saint-thomas-aquin-usure-argent-2636.html

Anonyme a dit…

Mon cher Monsieur de Izarra, voici un texte brillant auquel j'adhère sans restriction. Quoi de mieux que l'ascèse, que les bienfaits d'un jeûne purificateur et la modération en toute chose pour élever son esprit au dessus des Mc Donald's gavant les masses et des Smartphones couinant à nos oreilles?
Votre plus fidèle lecteur.
Lorenzo de Vicari

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Lorenzo de Vicari,

En effet. C'est l'évidence-même.

Evidence qui passe pour folie aux yeux des profanes déjà trop corrompus, conditionnés par le système qui les engraisse, avachis dans leur écoeurant matérialisme primaire.

Raphaël Zacharie de IZARRA