vendredi 18 octobre 2013

1016 - Lettre à mon voisin Pierre

Mon voisin du dessous m'intrigue. 

C'est un mystère silencieux, une ombre délicieuse, un rêve sous mon plancher, une mince silhouette sous les réverbères du Vieux-Mans, une vague pierre à plume certaine, un vagabond des pavés nocturnes, un chat perché dans son appartement qui monte et descend les escaliers, juste sous ma fenêtre.  

Après l'avoir de multiples façons espionné -fouille scrupuleuse de ses poubelles, stéthoscope paternel (mon père était médecin) collé au mur séparant ma demeure de la sienne pour tenter de percevoir (en vain) quelqu'indiscret écho venant de chez lui, enquêtes sur la toile- il a bien fallu que je me rende à l'évidence : mon voisin est un gros morceau. 

Pas simple à cerner. 

Sur cette pierre devenue montagne, je veux régner, mais en voulant l'escalader de jour en jour, je me suis aperçu que mon voisin était tout simplement... 

Un fantôme. 

Impénétrable, voilé, furtif, je ne le vois quasiment jamais. Je sais qu'il est là, juste en-dessous de mes pieds, j'entends ses indéchiffrables murmures, sa porte s'ouvrir et se fermer le soir et le matin. 

Il m'ignore, je le cherche. On se croise, rien ne filtre. 

Ha ! il est fort mon voisin ! Peut-être pense-t-il que je l'admire... Peut-être suis-je trop curieux... Peut-être que... 

Mon voisin est un lettré. Et moi je suis timbré pour le coller ainsi ! 

La vérité, la vérité c'est que même si certains s'imaginent que je l'admire; moi ce que je veux, ce que je veux, ce que je veux mon voisin, je vais te le dire toi qui hantes mes nuits, mon voisin, et c'est ma prière sur cette pierre que tu es, ce que je veux c'est que toi, toi mon voisin, et je te jure que j'en crève, que toi TU M'ADMIRES !

VOIR LA VIDEO :

http://www.dailymotion.com/video/x164l7r_lettre-a-mon-voisin-pierre-raphael-zacharie-de-izarra_news

3 commentaires:

Liliana Dumitru a dit…

Pierre, beaucoup mieux conçu que Marcel...

Liliana Dumitru a dit…

Lettre à mon voisin Pierre - Raphaël Zacharie de IZARRA:

http://www.dailymotion.com/video/x164l7r_lettre-a-mon-voisin-pierre-raphael-zacharie-de-izarra_news

Charlie a dit…

Mon voisin est dépressif. Je l'ai appris hier.

C'est un homme de 32 ans, le regard fuyant, avec des sneakers bleus Adidas qu'il rachete de modèle en modèle. Il salue disctinctement lorsqu'il croise d'autres voisins, en particulier un homme qui habite à deux maisons de la sienne. Il fait souvent mine de ne pas voir la voisine d'en face, fille blonde à la réputation acérée. Il m'a laissé entrer une fois à l'intérieur de chez lui, pour une histoire de connexion internet (problème in fine résolu un autre jour par un employé de son fournisseur en télécom). Son logis est composé de 3 pièces, un salon, une cuisine et d'une chambre à coucher avec le poster d'un groupe 'métallique' du plus mauvais gout, puisque certainement affiché par affection. Les murs sont blancs mais les meubles sont noirs. Il m'a proposé un verre que j'ai préféré refuser. Il m'a montré son routeur qui d'un simple coup d'oeil avait l'air de parfaitement fonctionner. Les fils étaient raccordés, mais l'icone sur son bureau affichait desespérement 'Accès Réseau Interrompu'. Sa politesse m'a agacé lorsqu'il ma demandé pour la 2ème fois si je ne voulais pas boire quelque chose. Non, j'ai déjà bu chez moi, merci. Mon refus catégorique et excusable a eu l'air de le chagriner. Ses yeux se sont remplis d'une incompréhension toute abattue qui aurait pu mettre n'importe qui dans un état de compassion avoisinant la stupidité la plus béate. Mais moi pas. Cela me laissait de marbre. Ou plutot, je sentais poindre en moi une irritation des plus furieuse devant ce boeuf indolent. Car c'est bien ce regard bovin et cette allure déconfite qui réveillait en moi une animosité des plus insoupçonnée, des plus diabolique. Ma vue devint très vite trouble, je secouais la tête tentant de me retenir à quelque meuble avoisinant mais très vite je ne vis plus rien. Il me fit m'asseoir dans un fautueil en face de son écran plasma Samsung. J'aurais certaintement refusé si je n'étais hébété de vertige... Et là, comble du satanisme le plus taré,, il a osé ! Il m'a demandé si je ne voulais pas BOIRE UN VERRE D'EAU ! C'en était trop : je me suis levé d'un bond, et irrémédiablement furieux, me suis dirigé vers la porte que j'ai claqué derrière moi en jurant de ne plus jamais mettre les pieds chez LE DIABLE EN PERSONNE !