vendredi 21 février 2014

BHL, BOUC-ÉMISSAIRE DES PETITS DUPONTS

On reproche à BHL son omni-présence sur les lieux d’incendies politiques, hier en Syrie, aujourd’hui en Ukraine.

De toutes parts on s’interroge, le critique, le vilipende sur sa légitimité.

Bien des observateurs s’étonnent de la facilité avec laquelle cet espèce de “révolutionnaire de salon” au col amidonné est pris au sérieux par nos présidents attentifs à ses conseils... Tous se demandent comment BHL, pur intellectuel sans pouvoir politique légal, peut être capable de contribuer à faire lever une armée comme ce fut le cas pour la Syrie.

Cet “intellectuel-saltimbanque”, aux yeux de ses détracteurs, ne devrait pas se mêler ainsi d’aussi graves affaires politiques et martiales.

On peut lui reprocher bien des choses à BHL, moi le premier, cependant je ne comprends pas ces systématiques et unanimes attaques à son encontre sous prétexte qu’il se mêle de ce qui, selon les si avisés redresseurs de torts, ne devrait pas le regarder...

Que lui reproche-t-on ? De s’appeler monsieur Levy ? D’être un intellectuel décrié, un mauvais cinéaste ? D’être fortuné ? Trop médiatique ? Opportuniste ? De gauche ?

Il faut être honnête, si il y a une chose qu’on ne peut pas reprocher BHL c’est bien justement de sortir de son rôle d’intellectuel passif.

Et précisément, c’est de son culot pour ne pas dire de son courage, de son autorité auto décrétée, de ses compétences quasi auto proclamées, de son engagement spontané qu’il tient toute sa légitimité, que cela plaise ou non.

Son droit de parole international et même de conseiller auprès des chefs d’état, il l’a gagné. Ses galons il les a tout simplement obtenus en avançant un premier puis un second pas. Elle est là sa légitimité.

Aux actifs on destine les critiques certes, mais avant tout les honneurs !

Peu importe qu’il tire ou non avantages personnels de ces controversées prises de positions politiques pour vendre des livres ou occuper la scène médiatique. Va-t-on reprocher à un artiste, à un politicien, à un chef d’entreprise, bref à un gagnant, à un champion de chercher et d’obtenir le succès ? La moindre des choses à laquelle on doit s’attendre en voyant un homme à la barre d’un navire, c’est qu’il le mène à bon port. Peu importe le contexte, un battant aux commandes de sa barque est toujours dans son rôle et a donc toujours raison.

Il est parfaitement cohérent que celui qui s’engage dans une action cherche à décrocher les palmes. BHL ne fait pas exception à la règle. A-t-on déjà vu un entrepreneur chercher l’échec ? Un coureur espérer arriver dernier ? Un politicien refuser des voix ? De là, je ne vois rien de contradictoire ni d’infamant à ce qu’éventuellement BHL cherche à accumuler les succès, tant d’un côté que de l’autre. Le combat idéologique n’est en rien incompatible avec la gloire littéraire, voire avec la quête d’argent.

Quand d’autres le critiquent si vaillamment tout en demeurant courageusement inactifs, bien confortablement assis sur leur immobile séant, lui, seul contre tous, se jette dans l’arène, va au-devant de l’orage chemise ouverte, front olympien, regard marmoréen.

Qu’il se trompe, soit maladroit, injuste ou imbécile, c’est une tout autre question.

BHL est un intellectuel qui s’engage sur le terrain, même si ses points de chutes stratégiques sont des hôtels de luxe, quelle importance ? Au nom de la crédibilité tenant plus du cliché grossier que de la subtile réalité on ne va pas exiger d’un activiste qu’il se vêt d’un treillis et se couvre de boue pour faire plus télgénique...

Les adversaires de BHL me semblent bien mesquins. S’ils estiment que ce philosophe n’est qu’un guignol -et chacun a parfaitement le droit de penser cela de BHL- qu’ils prennent donc sa place face aux caméras, dans le concret et non dans leur fauteuil, qu’ils sortent de leur rassurant quotidien et viennent exposer leurs griefs avec autant d’audace, d’héroïsme et de prises de risques !

Moi je veux bien que l’on s’oppose à BHL, je ne suis évidement pas contre la guerre des idées, l’opposition doctrinale, le désaccord intellectuel, mais s’opposer pour s’opposer, c’est stérile.

Je ne vois rien de probant dans les critiques que j’ai lues jusqu’à maintenant quant à la présence de BHL en Ukraine, sinon de la pure et gratuite médisance de la part d’inactifs poltrons au coeur plein de fiel et à la tête vide.

Je regrette de décevoir certaines personnes ne m’attendant pas sur ce terrain, mais mon indépendance d’esprit -ou peut-être incompétence politique- m’oblige à refuser de prendre parti contre BHL dans cette affaire, par rejet de ce qui serait de ma part pur comportement stéréotypé, mimétisme populaire et complaisance à l'égard d'une certaine pensée en vogue.

Raphaël Zacharie de IZARRA

VOIR LA VIDEO :


http://www.youtube.com/watch?v=18ltcLjX5Zg&feature=youtu.be

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Sers toi des bières et intellectualise toi avec les autres pocherons du "scarron" ou du" bar au maître"

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Anonyme,

Fort agréablement.

Raphaël Zacharie de IZARRA