lundi 3 mars 2014

1044 - Mélancolie des vespasiennes

Rescapées urbaines d’un siècle poussiéreux aux relents de petits vins blancs et d’encaustique, arabesques d’émail et de métal forgé d’un autre âge où la lenteur était vertu et le chapeau de circonstance, les vespasiennes hantent parfois encore les rues de nos villes de leur élégance anachronique.

Fantômes charmants imprégnés de nostalgie, spectres citadins pleins de souvenirs perdus, vétustes témoignages des moeurs honnêtes et précieuses de nos aïeux, naufragées des rives vieillottes du joli temps, les pissotières ancestrales sont les âmes immobiles de nos cités modernes.

Les ombres figées des chaussées anciennes.

Ces vieux urinoirs à l’abandon sont la dentelle désuète de nos agglomérations de béton et de verre fumé.

Moi je regarde toujours ces espèces de “kiosques d’aisance” totalement démodés avec mélancolie, respire de toute mon âme l’éther suranné se dégageant de ces latrines antiques et me laisse emporter par ce “formol littéraire” pour me retrouver plus de cent ans en arrière.

Face à ce mobilier public périmé, muettement se révèle alors à moi un passé paisible et gracieux. Et je sens le roulement doux et mesuré d’un monde au pas peu pressé, la marche légère d’une société peuplée de gens modestes aux allures familières, entre réserve et délicatesses. Je perçois la proximité d’une époque calme et prodigieuse où à la vapeur étaient associées puissance et poésie.

1 commentaire:

photocosmos.centerblog.net a dit…

merci cher ami
ce texte est superbe bravo donc a votre talent
et c'est vrai que les vespasiennes nous manquent du moins les plus propres bien que sales elles avaient aussi leur charme mais ??
TRES BIEN ECRITS !!

AMICALEMENT
MICHEL

photocosmos.centerblog.net