Ne suis-je pas de ceux qui peuvent sans complexe se permettre de faire leur
propre éloge tant ils sont ivres de leurs légitimes hauteurs ? Lumineux est mon
front, éclatants sont mes lauriers, éblouissante est ma flamme. Les moineaux à
qui je m'adresse ne peuvent se permettre semblable luxe : ils n'ont pas de si
vastes ailes.
Mes détracteurs humbles, timorés, dénués de moyens à force de sotte
frilosité, et surtout si chèrement attachés à leur petitesse n'ont pas assez de
fierté pour égaler Raphaël Zacharie de IZARRA dans ses splendeurs
aristocratiques, phallocrates, égotistes. Leur quête de platitudes est trop
insignifiante pour une si estimable entreprise. Si je suis si peu modeste, c'est
que je n'ai pas les moyens de l'être. Ils visent les murs, j'aspire aux
sommets.
Comme tous les courbés, ils ont besoin de maîtres, de soufflets pour leur
rabaisser le caquet et finalement sentir qu'ils sont peu de chose. Ils se disent
volontiers qu'au nom du fait qu'ils souhaitent se montrer si prudemment
grégaires, ils ne peuvent se targuer d'être autre chose de mieux, de plus
flatteur, de plus grand. Avec leur retenue ils sont dérisoires, avec mon épée je
suis immense.
Nous sommes tous rois de nous-mêmes, empereurs de ce qui nous chante.
Encore faut-il s'en donner les suprêmes libertés. Celui qui se vante à ce point
de son humilité de larve ne trônera jamais si insolemment dans l'empyrée ni ne
planera haut dans les jours de sa vie tel un aigle radieux dans l'azur.
Rares sont les gens qui osent briller : la peur de heurter leur siècle
retient la plupart d'entre eux. Moi je ne crains nullement de m'afficher dans ma
vérité : homophobe, anti-avortement, machiste, royaliste... Quitte à déplaire
aux poules mouillées, à contrarier les sans-crinière, à chagriner les mous, les
lâches, les tièdes de tout poil.
C'est bien pour cette raison que mon statut d'astre brûlant est enviable et
a une si céleste valeur. Si ce n'est selon les volatiles aux brèves plumes, du
moins à mes yeux perçants, moi le royal explorateur des plus hautes nues.
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