La bêtise est le privilège de ceux qui ne sont pas habités par la vaine et
méprisable intelligence.
La matière grise, ce vernis de l'esprit... Cet habit d'apparat hautain et
superficiel, cet artifice cérébral indigne de l'homme de la rue, cette pollution
mentale qui dénature si bien ses idées toutes faites et met plein de mollesse
dans son cerveau à la manière des substances nocives que l'on nomme héroïne,
cocaïne, Marie-Jeanne...
Pour le commun des mortels naturellement sujet au vertige, plus accoutumé
aux platitudes qui demeurent à son niveau qu'aux sommets qui le dépassent, le
génie est un poison dangereux et la crétinerie est son naturel antidote.
Les fruits éclatants de la tête empêchent l'action, ils freinent l'instinct
et la saine perception primaire qui l'accompagne. La faculté cognitive oblige
les gens à comprendre de plus en plus les choses et donc à faire des études, à
se lancer dans la recherche. Elle excite la curiosité et génère maintes
questions aussi difficiles qu'inutiles.
En un mot la clairvoyance pousse à la réflexion et par conséquent empêche
de vivre. Il est tellement plus agréable, plus facile de ne songer à rien et de
se laisser guider par la clarté d'un bon vin, la limpidité de l'ignorance ou par
l'incontestable autorité ecclésiastique, politique, syndicale...
Obéir sans penser, n'est-ce pas l'assurance de ne jamais commettre d'erreur
par soi-même ? Aucun remords avec l'idiotie, puisqu'elle excuse à peu près tout.
Alors que la raison est au contraire un facteur de responsabilités pénales,
morale, professionnelle. Plein d'ennuis en perspective avec la lumière à tous
les étages...
La nigauderie heureusement empêche le développement de la pensée : c'est le
confort de la cervelle par excellence. La balourdise est l'apanage des
authentiques esthètes soucieux de leur qualité de vie.
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