lundi 2 mars 2020

1574 - Rom à face de rat

Au marché des Jacobins, trois fois par semaine je vois ce sempiternel mendiant rom exercer avec zèle sa vile activité.

L’air étrangement narquois, l’oeil affuté, la sébile leste, le pas alerte, il vole de passant en passant en les sollicitant avec insistance. Rares sont les importunés qui laissent une piécette à ce rat du pavé pour s’en débarrasser... La plupart l’ignorent purement et simplement ou lui adressent un refus catégorique appuyé d’un regard plein de mépris.

En effet, avec ses allures douteuses, sa mine de rongeur, son attitude de parasite affairé, il ressemble à un ignoble ragondin tournant autour d’une assemblée de cygnes.

En observant son manège et en scrutant son faciès malhonnête, je sens chez lui cette fièvre pour le gain illicite. J’ai l’impression que tout en tentant de soutirer quelques centimes à ses proies, il attend la moindre occasion pour les dépouiller à leur insu, d’une manière ou d’une autre.

Et toujours ce rictus sardonique sur son museau de fureteur d’ordures...

Et je me demande alors en le voyant si misérable, si immonde, si détestable, s’il se respecte encore... S’il est encore accessible aux sentiments élevés qui caractérisent les êtres de notre race.

Je m’interroge sur la capacité de ce répugnant rampant, de ce puant quadrupède à redevenir un homme.

Et moi avec ma touchante candeur et mon comique idéalisme, malgré tout je cherche en lui sa part de lumière. Je tente de percevoir chez cette bête indigne un peu d’humanité. Je m’évertue à découvrir une âme claire sous ces haillons moraux et ces apparences de fouineur des égouts...

Alors, maudissant mes préjugés de nanti embourgeoisé et tout en demandant pardon au Ciel pour mes pensées médisantes à l’égard de ce pauvre diable, dans un fol élan d’authentique altruisme je vais vers ce Rom pour me présenter à lui sans malice.

Et lui parler avec sincérité, engager avec lui un dialogue sain, franc, généreux, le coeur ouvert, la foi inébranlable, parce que finalement je crois en ce Rom, je crois en Dieu, je crois au progrès des civilisations, des peuples, des individus, de moi-même...

Dans ce moment de vérité j’aimerais qu’il me voie, lui aussi, de manière désintéressée et qu’il me salue non comme un portefeuille ambulant à alléger mais comme un ami, un frère humain, un égal compatissant, un semblable à l’écoute, une aile bienveillante.

Mais je ne trouve devant moi qu’un indécrassable nuisible incapable de fraternité, hermétique aux pensées nobles et nullement soucieux des causes supérieures !

Il semble ne rien comprendre à ma démarche ou alors il fait semblant !

Soit stupide, soit pervers, soit les deux à la fois, toujours est-il qu’avec sa trogne caustique il continue sa mauvaise comédie, la main tendue, les yeux suppliants, le coeur plein d’ordures.

Sa plus impérieuse aspiration se résumant, de toute évidence, non pas à vivre proprement, non pas à faire partie de l’Humanité glorieuse mais à extorquer quelques miettes d’euros à son prochain par tous les moyens, quel qu’en soit le prix. En y sacrifiant même son dernier honneur, sans aucun remords.

Et cela, pour mieux alimenter sa bassesse, entretenir sa souillure, se vautrer dans ses péchés...

Pitoyable rat du marché des Jacobins que je croise désormais avec plus de dégoût que jamais !

Je n’ai qu’un rêve, qu’un souhait, qu’un espoir, radical mais rédempteur, pour cette incarnation du vice et de la saleté qui fait honte aux bipèdes congrus que nous sommes : réhabiliter les châtiments corporels et l’humiliation publique, seuls moyens de lutte efficace contre cette infection sociale. 

Bref, je brûle de le voir expier sur la place du marché, fouetté comme il le mérite et exposé aux moqueries tel un quasimodo au rabais, et ce afin de remettre de gré ou de force cette abjection dans le chemin des élus à face humaine.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est toi qui est vil et mesquin... C'est une personne sans ressources qui perd déjà sa dignité à se mettre à terre. Tu ne connais rien de son histoire. De qui il est. Tu ne t’intéresse qu'à toi en venant l'importuné dans son unique point de ressources. Renseigne toi un peu sur l'histoire de cette population... Apprend à les connaitre au lieu de raconter de la merde en poésie ignoble pour gonfler ton égo de chiotte.

Raphaël Zacharie de IZARRA a dit…

Vous faites partie des naïfs gauchistes qui se laissent pigeonner par ces rats professionnels ! En réagissant de la sorte vous alimentez les mafias de mendiants et rien que pour cela vous devriez être châtié ! Par votre bêtise et votre sotte crédulité vous faites le jeu des réseaux mafieux qui prostituent des femmes et mettent les enfants sur les trottoirs.

Vous êtes un ennemi de l'Humanité en croyant faire preuve de bonté. En réalité vous êtes d'une stupidité sans nom. Les gens comme vous sont des adversaires du vrai progrès, ce sont des criminels qui entretiennent la misère humaine !

Quelle imbécillité !

Raphaël Zacharie de IZARRA

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique