lundi 21 novembre 2016

1205 - Je suis un surdoué du bonheur !

C’est plus fort que moi, je n‘arrive pas à me plaindre.

Qu’il pleuve ou que la forêt brûle, qu’il fasse clair ou qu’il fasse sombre, que le fisc frappe à ma porte pour quelques ronds ou pour un rien, que ma fenêtre soit ouverte ou fermée été comme hiver, que la terre tremble sous mes pieds ou que le ciel me tombe sur le coin de la tronche, que je perde au casino ou que je gagne aux poubelles, que je monte ou que je descende, que j’aille à droite ou à gauche, que l’Amérique s‘écroule ou que la Chine émerge, que mon chat crève ou que mon voisin croule sous les dettes, que je m’abreuve de vin ou que je m’enivre d’eau, que le soleil brille sur mon jardin ou que le gel entre dans ma chambre, ce n’est pas de ma faute, je ne parviens pas à n’être pas heureux.

Quoi qu’il arrive, quoi que je fasse, quoi que vous pensiez, je prends tout comme une grâce, souriant même au malheur qui vient comme un enfant rieur sur la plage face à la vague qui va s’abattre sur lui dans un fracas joyeux d’écume et de bulles d’artifices... Tout en légèreté et frissons délicieux.

Chaque jour le sort me sert ses mets. Qu’ils soient sucrés ou salés, amers et même encore meilleurs, je les trouve tous savoureux, étonnants, bénéfiques. Et quand le plat de la vie est trop acide, trop âcre, très cru ou trop dur à croquer, je trouve encore ça rigolo !

Pour moi tout est chance, joie, fruit et bénéfice.

Chaudes ou froides, noires ou blanches, dures ou douces, les nourritures de mon existence sont des expériences uniques à ne pas rater !

Bien des événements, qui plomberaient n’importe qui d’autre que moi, me donnent des ailes.

Certains se suicident parce qu’ils n’ont pas de travail : moi je n’ai jamais travaillé et je remercie le destin de m’avoir fait sortir du lot en m’épargnant cette fatalité ! Des mécontents maudissent la valse des éléments : moi je bénis la pluie en août et loue le verglas en janvier ! Quand les insatisfaits grelotent sous le gel en regrettant la saison chaude, moi je chante la beauté du givre. Les geignards partent aux Caraïbes et reviennent épuisés, déçus, malades et à sec : moi je sais apprécier mon sol natal, admirer les beautés qui m’entourent et contempler les étoiles sans quitter mon foyer ni débourser un seul centime. D’autres rêvent de grosses voitures et sont frustrés de n’avoir que des petits modèles : je leur montre l’exemple du bonheur en roulant dans un tacot déglingué. Et le pire du pire, autrement dit le meilleur du meilleur : je fais partie de ceux qui sur le plan matériel sont considérés comme vivant sous le seuil de la pauvreté et me paie le luxe indécent de m’en réjouir !

En effet, ne manquant de rien et jouissant même de biens que j’estime largement superflus, je me sais en réalité privilégié.

Ces gens “malheureux” autour de moi sont des infirmes spirituels incapables de recevoir les faveurs du Ciel à force d’être repus d’inepties et blasés de tout.

Bref à travers ma félicité qui leur est inaccessible, à leur yeux j’incarne l’échec.

Eux les spécialistes en ténèbres, moi l’expert en lumière !

VOIR LA VIDEO :

https://www.youtube.com/watch?v=c4LUKO_-LvE

http://www.dailymotion.com/video/x53273u_je-suis-un-surdoue-du-bonheur-raphael-zacharie-de-izarra_travel

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