Vains poètes et faux prophètes du verbe qui par milliers nous assommez avec vos productions provinciales, laissez là vos rimes ridicules et chants désaccordés de bardes barbants !
La terre, la mer et les airs avec leurs créatures aux apparences étonnantes, répugnantes ou adorables valent mieux que vos chimères sans saveur. Les vivantes conceptions et multiples images animées du monde sont plus enchanteresses à mon coeur que vos rimailleries pétrifiées dans l'imbécile et insipide banalité de votre piètre imagination !
Que vous êtes bêtes, vous qui prétendez ainsi rivaliser avec les monstres et les merveilles de la Création ! Le réel dépasse en beauté, ingéniosité et magnificences vos vers poussifs de mirlitons de sous-préfecture en mal de reconnaissance locale.
Sachez que la lyre se concerte avec l'araignée, que sa voix légère sort du bec du corbeau, que son éclat sépulcral est logé dans la plume du vautour, enfin que sa flamme suprême éclaire les tombeaux... Elle n'est pas qu'un diamant qui brille sous le Soleil, non. Elle est également un ciel qui se cache au fond du terrier pour mieux se dévoiler aux incrédules qui la découvrent par inadvertance.
Elle se terre dans les abysses océaniques, s'exhibe en plein jour au bord des trottoirs de vos villes, s'engouffre dans les caniveaux, remonte lentement à la surface, se répand sur vos toits, fait chanter vos gouttières, s'élance au crépuscule vers la nue étoilée et retombe le matin sous forme de rosée juste au niveau de vos semelles.
Cette reine cosmique est la gloire et le miracle incarnée et, alors qu'elle trône dans les hauteurs vertigineuses de l'Univers, elle ne saurait être contenue de manière aussi mesquine dans les lignes sèches des pages fades issues de vos cervelles molles !
La Poésie en réalité est partout sous vos pieds et au-dessus de votre tête.
Mais vous les troubadours du dimanche, fort sottement vous ne la voyez pas ailleurs qu'au sommet de votre nombril.
2 commentaires:
C'est pas faux!
Mais...puisque c'est en nous qu' Il se cache. Lui, à l'origine de toute création.
Ne pensez vous pas qu'en rimaillant,plus ou moins bien, je l'admet, mais là n'est pas le sujet, on ne fait qu'exprimer Sa présence.
Qu'on ne fasse que le faire jaillir en un acte de communion ?
filledemnemosyne,
Certes, mais à condition que le poète sache chanter au lieu de nous barber.
Raphaël Zacharie de IZARRA
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