lundi 27 janvier 2020

1559 - Une présence céleste

Je rêvais de neige, de gelées, de cailloux et d'austères paysages.

Prisonnier d'un été idiot plein de soleil, saturé d'azur, dénué de nuages, stupide saison peuplée d'imbéciles en quête d'amusements stériles, je cherchais un lieu où fuir cette vulgarité, un ciel dense dans lequel m'échapper, un horizon d'évasion, crépusculaire, âpre, chargé.

Autour de moi, rien que des bipèdes immatures, laids et superficiels vêtus de shorts, animés de puériles intentions, avides de néant estival.

J'avais des envies supérieures, des désirs d'empereur, des appétits cosmiques. En moi brûlaient des flammes pures. Ou plutôt s'élevaient des montagnes de glaces limpides.

Partir, m'envoler, m'alléger, m'éloigner de ces poisseuses lourdeurs du siècle, tels étaient mes feux les plus urgents du moment.

Je me réfugiai dans l'ombre et la fraîcheur d'une église. Je me croyais seul mais je m'aperçus bientôt d'une discrète présence : silencieuse, immobile, une femme assise priait dans la pénombre.

Je m'approchai, hésitant, intrigué. La silhouette me paraissait issue d'un autre monde, venue d'une réalité inconnue, comme sortie de nulle part de tangible.

Je découvris ses traits : ils étaient radieux, profonds, marmoréens comme une Vierge de Michel-Ange.

Dehors les touristes et leur hideur n'existaient plus pour moi.

L'inconnue qui priait m'attendait, je le devinais, et son visage lumineux ressemblait terriblement au visage de Farrah Fawcett.

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