À trois heures du matin, le silence vient de me réveiller.
Dehors, il y a les ténèbres, le froid, l'inertie.
Mais je devine également un souffle, je ne sais où exactement. Une flamme
quelque part. Une lumière invisible.
Je sors vérifier qui est là.
Je ne vois personne à l'extérieur. Nulle âme, pas un
seul animal, aucune silhouette. Et pourtant, impossible d'ignorer que des
yeux sont grands ouverts. Ils observent. Ils me regardent. Ils me percent.
Une conscience tourne autour de mon logis.
Une présence hante les lieux et se fixe en ma direction. Je n'entends
absolument rien. Je sens juste un regard, un visage qui me scrute. Il n'y a pas
le moindre bruit.
Qui donc provoque ce boucan en pleine nuit ?
Tout demeure figé dans le noir et le calme. Qui se tient si près de ma
maison au coeur de l'obscurité ? Un homme ? Une bête ? Une ombre ? Comment
puis-je appeler cet être ? Il reste là, immobile, tout proche de moi.
M'attend-il ?
Il m'examine, écoute ma respiration, lit même dans mes pensées, j'en suis
sûr. Je n'éprouve pas de peur, seulement de l'étonnement. Je m'interroge sur ce
phénomène nocturne, sans parvenir à trouver une réponse.
Cette réalité inexplicable pénètre jusque sous mon toit. Et je n'ai plus qu'à refermer la porte. Une fois entré à l'intérieur de mon foyer, il semble s'être installé au pied de mon feu mourant. Je choisis de laisser les choses ainsi et de ne plus me poser de question.
Je pars me recoucher.
Ce mystère sera-t-il encore là demain, planant au bord de ma cheminée ? Peut-être bien. Avec, pour unique témoin, la cendre.