La brume tombe sur la forêt et le clair de lune blanchit ma peau entre les
feuillages.
Les étoiles sont pâles et les premiers oiseaux de nuit hantent les airs.
Mon âme pleine de langueur ne sait pas s'il faut que je rêve ou que je pleure.
Ce crépuscule ressemble à une fête triste sous des lampions mourants.
Les heures à venir sont chargées de promesses sombres et mélancoliques.
L'ennui se mêle à la légèreté et l'humidité alourdit les cailloux. Je m'éveille
dans ce théâtre comme un mort qui sortirait de sa tombe.
Des spectres à plumes volent au-dessus de ma tête. Ce soir d'octobre fait
frissonner les hérissons, chanter l'humus, briller les crapauds. Et je suis le
seul clown à contempler ce cirque de chouettes et de broussailles, de
chauves-souris et de chandelles célestes, d'hôtes nocturnes et de flammes
oniriques.
Je ressens un certain bonheur en ce lieu, même s'il a le visage du spleen
et qu'il m'adresse un regard funèbre. Ce fantôme glacial fait battre mon cœur au
milieu des arbres.
La sylve noire m'ensevelit.