J'allais avoir vingt-trois ans et une pluie d'or se déversa sur moi.
Du jour au lendemain je me retrouvai à la tête d'un héritage providentiel. Je reçus ce cadeau immérité du ciel avec incrédulité et reconnaissance. Je n'avais rien entrepris de sérieux de ma vie et venais de gagner une fortune d'un seul coup, sans bouger le moindre doigt.
Ce qu'il faut pour subvenir à mes besoins et à ceux de Violette pour un siècle.
Je passai subitement du statut de vautour se vautrant dans les poubelles à celui d'aigle planant au-dessus des nuages.
Vivant encore chez mes parents, je ne représentais plus un motif de soucis pour ces derniers mais une bonne raison de ne jamais désespérer des causes que l'on croit perdues...
Le choc de cette richesse soudaine fut immense.
Je ne changeai cependant pas mon existence. Je demeurai dans ma chambre déclassée et continuai mon train-train d'économe avisé.
Je peux même dire que tout s'empira : mon avarice, loin de s'effacer face à cette immensité de ressources, se renforça à la hauteur de mon compte en banque. J'avais là non pas de quoi me débarrasser de ma pingrerie mais au contraire le meilleur argument au monde pour accentuer mon vice : cette montagne d'argent engrangée sans effort matérialisait l'énormité de mon problème : je restais un radin d'envergure fabuleuse. J'entrai dans la légende de roi des rats.
Cette manne judicieusement placée faisait des petits sans que je n'entame le capital d'un centime. Mon patrimoine financier me rapportait des bénéfices mensuellement que je redéposais au fur et à mesure. Un roulement incessant qui me poussait à ne pas toucher à la poule aux oeufs de si grand prix.
Un placement de ladre sordide.
Certes j'avais à ma disposition un impressionnant tas de cocos tous chauds qui augmentait régulièrement, sauf que je me refusais de me mettre à table. Moins je mangeais mon bien et plus celui-ci prenait du poids.
Je maigrissais mais mon trésor grossissait. L'un s'allégeait, l'autre s'alourdissait. Sachant qu'un vin accroît sa valeur si on ne le boit pas, je m'interdisais d'ouvrir mes précieuses bouteilles.
Mon système absurde m'emportait dans des fonds vertigineux.
Du jour au lendemain je me retrouvai à la tête d'un héritage providentiel. Je reçus ce cadeau immérité du ciel avec incrédulité et reconnaissance. Je n'avais rien entrepris de sérieux de ma vie et venais de gagner une fortune d'un seul coup, sans bouger le moindre doigt.
Ce qu'il faut pour subvenir à mes besoins et à ceux de Violette pour un siècle.
Je passai subitement du statut de vautour se vautrant dans les poubelles à celui d'aigle planant au-dessus des nuages.
Vivant encore chez mes parents, je ne représentais plus un motif de soucis pour ces derniers mais une bonne raison de ne jamais désespérer des causes que l'on croit perdues...
Le choc de cette richesse soudaine fut immense.
Je ne changeai cependant pas mon existence. Je demeurai dans ma chambre déclassée et continuai mon train-train d'économe avisé.
Je peux même dire que tout s'empira : mon avarice, loin de s'effacer face à cette immensité de ressources, se renforça à la hauteur de mon compte en banque. J'avais là non pas de quoi me débarrasser de ma pingrerie mais au contraire le meilleur argument au monde pour accentuer mon vice : cette montagne d'argent engrangée sans effort matérialisait l'énormité de mon problème : je restais un radin d'envergure fabuleuse. J'entrai dans la légende de roi des rats.
Cette manne judicieusement placée faisait des petits sans que je n'entame le capital d'un centime. Mon patrimoine financier me rapportait des bénéfices mensuellement que je redéposais au fur et à mesure. Un roulement incessant qui me poussait à ne pas toucher à la poule aux oeufs de si grand prix.
Un placement de ladre sordide.
Certes j'avais à ma disposition un impressionnant tas de cocos tous chauds qui augmentait régulièrement, sauf que je me refusais de me mettre à table. Moins je mangeais mon bien et plus celui-ci prenait du poids.
Je maigrissais mais mon trésor grossissait. L'un s'allégeait, l'autre s'alourdissait. Sachant qu'un vin accroît sa valeur si on ne le boit pas, je m'interdisais d'ouvrir mes précieuses bouteilles.
Mon système absurde m'emportait dans des fonds vertigineux.