vendredi 10 janvier 2020

1551 - Une journée bien remplie

Le ciel était était lumineux, mon coeur était sombre, et la journée ne faisait que commencer.

Une mélancolie inconnue m'envahissait.

J'avais des désirs de nuages éclatants. De flots aériens épais et brillants. Mais l'azur demeurait désespérément bleu, vide, uniforme.

J'éprouvais l'impérieux besoin de voir la nue peuplée de joyeux fantômes de fumées, comme pour combler mon âme d'une présence magistrale. En proie à cette mystérieuse tristesse, je ne savais où diriger le regard, vers quoi trouver refuge, où aller...

De partout, la poussière de la déprime me tombait sur la tête, voilant ma vue, me montrant le monde comme une immense et invariable grisaille.

Vers midi, au hasard de mes pas et de mon spleen, je croisai le visage de Farrah Fawcett.

Et soudain l'Univers se remplit d’éclairs, de neige et de gloire.

La vie, l'allégresse, les saveurs de la Création revenaient en moi. Le goût des choses simples et vraies de l'existence se réveillait en mon esprit mis en appétit par la féerique apparition.

Oiseaux multicolores et rats ténébreux, choux-fleurs et étoiles, cafards et montagnes : les insignifiances tout comme les causes essentielles étaient à présent pleines de sel et de sens à mes yeux.

Puis vers le soir le temps se couvrit, la pluie arriva et la ville fut froide et trempée.

Alors pour les gens de la cité tout devint morose et léthargique.

Et dans ce décor sinistre, sous cet air maussade, en cette heure mortelle, moi je trouvais assez de place pour y loger mon bonheur.

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