jeudi 8 février 2018

1245 - Quentin ROUCHET

Quentin ROUCHET est une tomate mûre.

C’est à dire bien verte, dure, pleine de compote de silex à l’intérieur. Avec des morceaux de vérités anguleuses douces comme des oranges amères, aussi drôles que des stèles mortuaires.

Bref, Quentin ROUCHET est un coq à part, un être de plume et d’ailes, un oiseau aux grands airs en somme...

Ce bec fin à la patte sûre vole au-dessus des clochers, entre les lignes, hors des apparences.

Il est habillé comme un voleur, sont front est ceint par le bonnet du pauvre, ses semelles sont grossières mais il marche avec l’assurance des vrais esprits.

Autrement dit il plane.

Il fait aussi plein d‘autres choses rares et remarquables :

- Il fume, son cerveau je veux dire.

- Il boit, l’eau de la pluie je précise.

- Il joue en travaillant, sur et avec les mots, sachez-le.

J’oubliais : il est jeune et même si ça ne durera pas, il sera plein de sève demain car ses racines puisent dans le VRAI, c’est à dire l’âpre, le clair, le beau.

Ce qui ne l’empêche nullement de faire du houblon son autre source de rêves de bois. C’est un roseau avec des réflexions de chêne.

Un volatile perché sur la dernière branche. Une histoire racontée par les légendes. Un astre isolé dans le ciel.

Il aime le vrai, le vin, le vent, la vie...

Et la vertu.

La vertu, cette verrue selon ce siècle qui l'a vu naître... Il chérit ce que sa génération maudit : les mythes, le roc, les hauteurs.

Aux vogues qui passent, il choisit la vérité qui demeure. Ce qui fait de lui l’ennemi, le moqué, l’oublié.

Corps étranger de son époque, il chemine en solitaire, indifférent aux vagues. Il va, droit devant lui. Sans illusion, sans indulgence pour le toc, sans un regard pour le faux.

Il est seul. Seul et fou. Dans le froid, les nuages, l’infini. Il voit si loin que le monde le perd de vue.

C’est un aigle givré voltigeant dans les cimes.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://www.youtube.com/watch?v=ifZiGA03GbI&feature=youtu.be

https://www.youtube.com/watch?v=2TbK0cOEZT8&t=2s

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