jeudi 1 octobre 2026

2759 - Les femmes

Là où je demeure, il n'y a que des pierres et des ronces.
 
Ce qui n'empêche pas que, rarement, j'y croise des femmes.
 
Des roses, pas des vaches. Des libellules, non des coches. Des fines fleurs en un mot.
 
Je veux parler de celles qui passent et folâtrent, foulant les herbes folles avec toute l'insouciance de leurs pas peu pressés, loin des lourdeurs des marcheuses en prière.
 
Je me méfie des pieuses laideurs, des sages disgrâces, des vertueuses verrues : je les trouve suspectes, bien trop froides pour être honnêtes. Ces espèces de moniales ambulantes en route pour des ciels lointains ne m'inspirent que tristesse et ennui. Aucun de ces chardons dévotieux ne me fait ni rire, ni rêver, ni chaud au coeur.
 
Quand l'une de ces femelles flétries s'arrête sous mon toit en quête d'échange spirituel, de partage de pain, de noble amitié, je n'ai qu'une envie, c'est qu'elle reprenne le plus tôt possible son chemin de misère.
 
Ces sottes guenuches sont toujours assoiffées d'indigestes idéaux. Ai-je donc tant de temps à perdre à écouter leurs sornettes ?
 
Elles me prennent pour un vieux philosophe à visiter au fond des bois, alors qu'en réalité je suis là pour les dévorer. Sauf que n'étant point appétissantes, je les épargne.
 
Ces tristes pénitentes ont des physiques de crapaudes et des mentalités d'ânesses. Et pour mieux lustrer leur chasteté d'idiotes, elles se parent de voiles, de crucifix, d'allures dignes. Leurs mots mesurés et sans surprise m'endorment comme des chants monotones. Leurs propos d'enclumes sur pattes me pèsent autant que des livres de messe et leur parfum de fausseté empoisonne mon air. La venue de ces plâtres d'église dans mon ermitage ne m'a jamais enchanté.
 
Le laideron en marche se croit obligé de se sauver jusqu'à l'autre bout du monde. Tandis que l'incarnation de la beauté n'a nul besoin de parcourir autant de distance pour s'envoler : sa légèreté a des effets immédiats.
 
Ces promeneuses d'un jour, plus rayonnantes que les orties introverties, rôdent autour de mon antre et entrent dans mon trou. Que viennent-elles chercher dans cette ombre où je vis ? Je n'ai que ma flamme à leur offrir.

Ces esprits adorables non dénués de chair adorent se chauffer à mon feu.

mardi 29 septembre 2026

2758 - Mon ombre

Mon ombre est une aile dans mon dos.
 
Une tombe à la terre légère. Un air de déjà vu qui se manifeste à la moindre clarté. Un loup qui apparaît sous mes pas. Une forme étrange qui me ressemble.
 
Joyeuse, tressautante, espiègle, elle me fait penser à une flamme.
 
Je n'ai besoin que d'elle pour me tenir compagnie. Les mortels sont bavards, tandis que mon fantôme, lui, me laisse tranquille.
 
Je traîne ce double de moi-même avec bonheur, sans jamais me lasser de sa présence. Cette chimère ne me marche pas sur les pieds comme le font souvent les importuns de chair. Au contraire, elle m'offre partout toute la place disponible. Entre rêve et réalité, elle hante ma demeure, danse au milieu de mes quatre murs, se perche parfois sur les poutres lorsque je déplace ma bougie.
 
Ou bien se montre plus sage, une fois qu'elle se retrouve dehors.
 
Tantôt sous mon toit, tantôt sous le Soleil, proche et lointaine, elle trône à mes côtés. Et j'y accorde de l'importance. Cette fumée issue de ma silhouette garde mon foyer près de la chandelle et accompagne ma belle carcasse sous la Lune.
 
Ce singe au pelage de cendre ne m'effraie point. Il me divertit en m'imitant sans cesse, m'amuse de ses pitreries prévisibles.
 
Croyez-vous vraiment que je lui parle ? Évidemment que non. Certes, je vis une existence solitaire dans mon coin perdu, hors du siècle, exclus volontaire du monde et de ses déréglements.

Voilà précisément la raison pour laquelle je suis loin d'être fou.

dimanche 27 septembre 2026

2757 - Ma chandelle

Quand vient le soir, certains croient que je me morfonds au fond de mon antre. 
 
Et peut-être même que j'y péris à petit feu.
 
La taupe disparaît-elle dans son gouffre pour s'y éteindre ? S'enterre-t-elle pour cesser de respirer ? Quelle idée absurde !
 
Au contraire, une fois le Soleil couché, je plonge dans les marécages lumineux du repos.
 
J'assiste au théâtre de la nuit, avec ses grands voiles sombres et ses astres minuscules. Assis au bord de ma cheminée, entouré des ténèbres, je fais naître des étincelles. 
 
En agitant le foyer de mon tison, je ressemble à un roi qui de son sceptre commanderait aux étoiles de s'allumer.
 
Ma chandelle posée sur la table maintient le drap nocturne autour de moi et repousse les spectres dans les coins obscurs de la pièce. Je me retrouve au centre du monde, seul dans ce dôme de lumière, penché vers l'âtre.
 
Les murs de ma demeure sont noirs, je ne vois plus que la braise. Les heures coulent, ma bougie fond, l'ombre devient palpable.
 
Je suis loin. 
 
Je voyage entre le sol de terre battue et les poutres de ma maison. Je monte et vogue avec le filet de suie émanant de la cire qui se consume.
 
Et rejoins, le temps d'une fulgurance, le sommet de cet espace contenu dans le périmètre de mon logis.
 
Et tandis que l'humble flambeau continue de brûler, je pense aux hommes de ce siècle, aux fleurs, aux femmes, aux chardons, à de menus riens, à des bagatelles, à mon pain quotidien, à mes fagots, à la mort.
 
Et j'attends, avant d'aller dormir, que meure cette mince flamme qui me tient en éveil.

vendredi 25 septembre 2026

2756 - Flamme d'homme

Qui me verrait sous mes apparences misérables et jugerait mon existence malheureuse sans me connaître, se découvrirait bien médiocre en apprenant la vérité.
 
L'ombre qui m'habille et la poussière qui me recouvre font illusion : elles ne trompent que les âmes vulgaires. Seuls les gueux et les ascètes devinent mes marbres et mes éclats. Ils sont proches de mes pas, de mes jours, de mes brumes.
 
J'ai de l'estime pour les sangliers et les corbeaux, un peu de mépris envers mes frères bipèdes, pétrifiés dans les tiédeurs du siècle.
 
J'admire et respecte les aristocrates, les heureux fortunés, les belles gens, les hommes de rang, les curés tranchants et les demoiselles sulfureuses. Et vomis les esprits ayant sombré dans la moyenne, ces malpropres ni glacés ni brûlants, ni noirs ni blancs.
 
Ils me plaignent parce que je suis aux antipodes de leur paresse, de leur prudence, de leur ciel d'épiciers. Eux les indolents, moi le roc et la fleur. Ils prennent ma simplicité pour de la misère. Je me lave à la cendre et m'éclaire à la chandelle, me chauffe au bois et m'enivre des orages, me brûle les doigts dans la neige et m'éblouis de givre.
 
Ils ne comprennent pas que je suis un prince, l'enfant des pierres et de l'azur, eux les piètres moineaux au plumage incolore. Ils mangent à la table commune des concierges et ignorent la saveur des mets qui enchante les carnassiers.
 
Je dévore ces caniches de mon unique regard.
 
Mon cœur de loup a pitié de ces molles brochettes humaines. Certains de ces frileux volatiles, j'en suis sûr, m'auraient voulu pour ami, croyant avoir affaire à un indigent en mal de compagnie. Ils perçoivent mes haillons, non mes crocs. Ils se focalisent sur mon allure humble, ne se doutant guère que ma braise pourrait les dissoudre.
 
Ces animaux insipides, privés de griffes et de crête, brillent dans le monde.

Moi, je demeure une flamme loin d'eux, aussi glorieux et oublié qu'une pauvre étoile.

jeudi 24 septembre 2026

2755 - Repas solitaires

Je suis un mortel dénué de dentelle.
 
Un homme, un animal de la terre, un visage de ce siècle.
 
Un esprit qui mange.
 
Mes repas sont les mêmes que tous ceux des autres vivants : du pain, de la soupe et des fruits nourrissent mon corps et mes pensées. Et pour le dessert, il me reste parfois quelques rêves. Il m'arrive de boire du vin pour mieux faire face à la mort. Avec le Soleil pour unique convive, que ce soit dans l'herbe ou au bord de ma fenêtre.
 
Le soir, j'invite la flamme et la cendre sous mon toit. Je n'y attends personne. Je n'ai pour amie que la paix vespérale. Et pour seul adversaire, le sommeil. Lorsque mes veilles se prolongent loin dans les brumes de la nuit, je sombre.
 
C'est alors ma journée s'achève.
 
Je sais que j'engrange des ombres et des lumières au long de mon chemin. L'aube, en me réveillant, allume en moi des feux nouveaux.
 
Autour de ma demeure, des broussailles s'agitent sous le vent : je parle à des fantômes. Ils me tiennent compagnie jusqu'à mon prochain festin de loup.
 
Je suis un sauvage qui pense, un roseau qui fait peur. Je ressemble aux arbres, aux ronces, aux cailloux. Je vis en légèreté avec l'humus, les bois et les pierres. Et plonge, rempli de quiétude, dans les mystères du monde. La simplicité de l'eau, l'éclat des nuages, la blancheur du givre suffisent à combler mes heures d'éternité.

Quand vient midi, après avoir ramassé mes fagots, pour la millième fois mon heureuse solitude dresse la table.

dimanche 20 septembre 2026

2754 - L'esprit trouble

Lorsqu'il toqua à ma porte, j'étais en train de déjeuner.
 
Sur le moment je crus qu'il allait me demander un peu de pain. Je devinai bientôt sa pensée, je ne sus par quel prodige. Il voulait juste voir s'il rencontrerait un vivant ou un mort.
 
Après avoir posé son regard sur mon front, il demeura debout devant ma carcasse avec un air de cafard. Ou de rapace.
 
Je lisais dans ses yeux des secrets trop longtemps gardés, des mots qui ne peuvent être écrits, des mondes que je ne veux pas révéler, des histoires qui doivent rester cachées. Le visiteur venait de loin, rien que pour me déranger en plein repas. Il repartirait, je le savais, en une direction connue de son âme seule, emportant avec lui mon ombre. Ou le souvenir de mes os, peut-être.
 
Quel sens trouver à ce théâtre absurde ?
 
Il me sembla toutefois que ce mage, en réalité, se résumait à un plaisantin jouant avec le feu. Une sorte de mentaliste ayant pris la peine de venir jusque chez moi exercer son art. La tête de cet inconnu qui me disait quelque chose et ses allures minables me paraissaient suspectes.
 
À travers la page blanche de son silence, il me raconta d'un coup tout ce que je n'avais jamais entendu.
 
Devais-je le prendre au sérieux ?
 
Il ne passa point le seuil de ma demeure. À l'horizon, une voix l'appelait déjà. Il s'éclipsa et, sans se retourner, me jeta une pierre par-dessus son épaule. Elle tomba à mes pieds, et là je compris mon erreur. J'avais eu affaire à ma propre folie.
 
En vérité, cet homme venu frapper à mon huis, c'était moi-même.

vendredi 18 septembre 2026

2753 - Bête du matin

Assis à ma table dans la pièce unique où je vis, mon regard fixe la bougie qui se consume.
 
Il est tard et je veille.
 
Au-dessus de ma tête, la nuit. Le vide, l'absence, le néant.
 
Le toit de ma demeure, un abri étroit dénué de confort, supporte une montagne de ténèbres.
 
Tout semble m'écraser : les murs, le silence, la solitude, la tristesse.
 
En réalité, j'ai le cœur léger, l'âme claire, des pensées sereines. Loin des hommes, seul avec les meubles, l'âtre, la pierre, les fagots, face à moi-même, j'écoute le bruit de mes gestes.
 
La chandelle devant moi vacille. Dans la cheminée, il n'y a presque plus rien à brûler. Il est temps d'aller me coucher.
 
Dehors, il n'y a personne. Seulement les arbres agités par le vent, une faune muette composée de présences incertaines et de formes indéterminées. Et dans le noir, les rêves passagers de quelques bêtes endormies.
 
Dans mon lit, le froid m'attend.
 
Au lieu d'une femme belle, douce et charnelle qui se languirait de moi, un spectre sans visage me tend les bras. Je le rejoins, confiant, tout en m'enveloppant d'obscurité, déjà trop fatigué pour résister aux fumées de Morphée. Les draps sont lourds, rêches et humides. Ils ressemblent à un linceul. Je m'enfonce dans le brouillard de la léthargie. Le feu dans mon foyer vient de s'éteindre.
 
Je me réchaufferai à d'autres flammes.
 
Je repense à ma journée. Guère longtemps : je sens cette brume insidieuse qui m'étreint. Elle me trouble, me fige et puis m'emporte. Je sombre sur place. Et fais un voyage vers un grand ailleurs. À deux pas de mon corps pétrifié. Je reste étendu là comme un mort à traverser l'éternité de mon sommeil. Je dors dans cette maison isolée jusqu'à ce que l'aube me tire de ma tombe éphémère.
 
Le jour se lève, tout s'éclaire. J'ouvre les yeux sur un nouveau bonheur à gagner.
 
En posant le pied par terre, la lumière entre en moi. Le Soleil ne voit pas un simple humain qui s'éveille.

Mais un loup qui sort de l'ombre.

lundi 14 septembre 2026

2752 - Riche de rien

Ce sort que je lui imposais, j'en avais conscience, pouvait ressembler à une misère, une vie minable, malheureuse et indigne. Du moins selon les critères de la société.
 
Sauf que c'était le même monde consumériste qui engraissait les poubelles, créait des besoins futiles et proposait aux hommes des fleurs au prix de l'or. Les siècles avant moi avaient institutionnalisé des comportements aberrants, fait un commerce des nobles sentiments, vendu des oiseaux, des rêves et des nuages à des acheteurs fous, tandis que je prônais la jouissance dans la gratuité des dons de la nature.
 
Et l'on osait me qualifier d'esprit sordide, mesquin, tordu !
 
Je voulais éduquer Violette, peut-être de manière inconsidérée, aux valeurs que je défendais, tout en respectant sa liberté de céder aux tentations ambiantes. Après tout, si elle en avait et les moyens et les appétits, je lui laissais le droit de se ruiner, puisque c'était uniquement à ses frais.
 
Bref, le pain quotidien que je lui servais s'appelait "radinisme rassis" et le breuvage qui devait étancher sa soif de nouveautés portait le nom de "flotte d'avare".
 
Des richesses rudimentaires et cependant irremplaçables. Certes, en termes de séductions extérieures cela équivalait aux ternes attraits d'un pauvre tas de cailloux. Pour autant, avec ces modestes choses qu'en général bien peu de mortels estiment, on peut vivre cent ans.

En réalité, au-delà de ma pingrerie, je lui offrais une forme d'éternité terrestre. Une longue existence de saine simplicité dans la peau d'un rat avisé.

2751 - Ma chambre pour toit

Violette devait prendre conscience avec un fatalisme mêlé d'enchantement que désormais notre nid conjugal se limitait aux modestes murs de ma chambre. Avec la proximité parentale pour tout voisinage. Une sorte de huis clos familial centré sur ma chère personne.
 
Je voulais demeurer le rat en ma maison. Autrement dit le roi en mon royaume. Mon unique famille, celle du cœur, c'était les poubelles. Et ma passion, l'accumulation de pièces, de débris, de petits riens et de grandes choses.
 
Je lui offrais un enfer étriqué, plus exactement un paradis à la mesure de ma ladrerie. Si en ma compagnie elle ne rêvait point de diamants, au moins elle jouissait de la proximité, de la tangibilité, de la densité de ma vie quotidienne : bouts de bois, eau à profusion, tissus démodés, boîtes rouillées, violons brisés.
 
De l'authentique à l'état pur !
 
Un monde périmé, perdu, terne et poussiéreux, mais un monde sans inutiles achats. Non pas pour vivre plus heureux, mais pour se sentir plus léger, plus vrai, plus libre. Loin du confort déshumanisant, réfugié dans une sobriété chaleureuse.
 
Il fallait qu'elle comprenne bien qu'au fil des années, elle deviendrait la femme d'un ogre plein d'ombre et bourré d'or, d'un gosse éternel à l'âme d'un vieillard radoteur.
 
Elle savait que mon héritage, qui constituait une fortune, moisirait dans des coffres. Même si je faisais fructifier mon argent, fruits et capital en réalité s'anéantiraient dans le trou de mon avarice. Une pure perte, vue de l'extérieur.

Tel s'imposait le prix à payer pour m'avoir gagné en tant qu'époux.

samedi 12 septembre 2026

2750 - Épilogue

La suite de cette histoire n'appartient plus qu'à l'imaginaire du lecteur. Oubliez donc mon ombre en refermant cet ouvrage. Ou riez avec les incrédules.
 
De toute façon, qui prendra ces écrits au sérieux ?
 
J'incarne votre pire cauchemar, vous les briseurs de tirelires. Faites comme si tout cela n'était qu'une fiction.
 
Que vous y croyiez ou non, mon destin d'avare se poursuit, authentique, dense et heureux, loin du pittoresque, des effets et du lustre de la littérature.
 
Ce que vous venez de lire ne constitue en réalité que l'écume de ma vie : des bagatelles mêlées de quelques fils barbelés. Vous sourirez de ce que j'ai osé raconter en termes ciselés.
 
Dans les profondeurs de mon quotidien de radin, je demeure dénué d'artifices de langage. Ma vérité d'économe est beaucoup plus brutale que ces drôleries étalées page après page.
 
Mes jours de pingre n'ont rien à voir avec vos rêves ordinaires. Cet âpre royaume où je vis n'est pas votre affaire et mon ciel vous restera à jamais inaccessible. Vos richesses de dépensiers sont pour moi des lourdeurs. Et mes légèretés, à vos yeux, se résument à des misères.
 
Vous habitez sur la planète Terre et moi sur la Lune. Vous êtes soumis aux terrestres attractions tandis que l'éther de l'avarice me maintient au-dessus du sol. Vous trouvez votre bonheur dans la dépense, je forge le mien dans l'épargne. Peut-être nommez-vous "paradis" cet enfer doré dans lequel vous baignez depuis toujours. Et cette fosse à rats que vous prenez pour une disgrâce, je la perçois aussi éclatante qu'un sommet.
 
Je me prive pour mieux accumuler et mange mon malheur pour en jouir pleinement. Pendant que vous brûlez votre argent dans des achats sans lendemain, je gravis centime après centime une montagne d'or et de ténèbres.
 
Là où se croisent la clarté et l'obscurité, il n'y a plus qu'un long crépuscule. Dans cette brume qui vous effraie tant, j'ai découvert de la lumière.

jeudi 10 septembre 2026

2749 - Ascète et jouisseur

Chaque journée qui se présentait à moi avec son lot de dépenses, qu'elles fussent nécessaires ou facultatives, constituait à la fois une épreuve et une joie. Je devais affronter la vie économique avec une armure d'avarice et vaincre les loups affamés de lucre prompt à me délester de ma bourse, sous mille prétextes.
 
J'achetais le strict minimum vital, rien de plus. À part, rarement, de regrettables folies pour faire plaisir à ma jeune épouse Violette.
 
La plupart du temps je ne déboursais pas un centime durant une semaine entière, vivant sur mes réserves, l'eau claire et l'espoir d'épargner davantage.
 
Je n'avais pas plus faim que d'habitude d'ailleurs, puisque je mangeais mon pain noir et buvais mon breuvage magique, gratuit et abondant : le contenu inépuisable de mes verres. Ma table, toujours garnie, ne manquait guère de ma nourriture favorite : la moins chère.
 
Certes, il m'arrivait de lorgner avec désir sur des vitrines proposant des tas de gourmandises. Pour me couper toute envie, il me suffisait de lire les prix affichés et aussitôt un mouvement de recul me détournait salutairement de ces tentations.
 
Je poursuivais mon chemin, frustré mais heureux.
 
Je me consolais de ces privations en me disant qu'une bonne miche réglementaire m'attendait chez moi et que ces choses exquises aperçues dans les boutiques faisaient partie de ces artifices alimentaires dont je pouvais me passer. Je les mettais sur le compte des futilités de ce monde. N'avais-je pas de quoi me remplir l'estomac à moindre frais, nom d'un chien ?
 
Je rentrais dans ma chambre et me calais le ventre avec mon repas habituel. L'ordinaire me nourrissait tout aussi bien que n'importe quel mets festif.
 
Je n'appréciais en réalité que le luxe qui ne me coûtait pas un rond. Tout ce qui venait du ciel, je le prenais avec gratitude : dons divers, trouvailles, récoltes dans les arbres, dans les poubelles, dans les corbeilles, dans les fonds de poches oubliés, dans les paniers posés ici et là...
 
Je passais de l'économie sordide à l'opportunisme éclairé : j'acceptais l'opulence offerte autant que la sobriété imposée, toutes deux accessibles. Je me considérais comme un ripailleur impénitent lorsque l'occasion me le permettait.

Sinon, je demeurais un austère ascète, content de son sort.

mercredi 9 septembre 2026

2748 - Mon chemin de feu

Avec ma chambre pour seule assise tangible et mon avarice en guise d'image sociale, ma vie d'économe fortuné ne se présentait guère comme un sort enviable aux yeux du monde. Violette le savait et assumait son choix de vivre à mes côtés, même elle si se sentait de plus en plus engluée dans une piètre situation, tant maritale que matérielle.
 
Ce que la société percevait de sa personne était faussé. En vérité elle avait épousé la flamme, non la bougie. Sauf que l'essentiel ne se voyait pas nécessairement. On remarquait surtout le furoncle en moi, non l'étoile. Et on se focalisait sur mes poubelles peuplées de rats, pas sur mon ciel illuminé d'éclatantes vieilleries.
 
Violette évoluait dans l'ombre d'un chardon, la fleur mondaine était devenue l'épouse d'un radin : voilà tout ce que l'on retenait dans son entourage. Son existence de femme, vue depuis l'extérieur, se résumait uniquement à cela et à rien d'autre. Le reste demeurait flou, pour ne pas dire faux. On parlait même de folie.
 
Les gens du dehors la plaignaient, les spectres de ma piaule l'enviaient.
 
Violette m'avait offert sa beauté en échange d'un calvaire de prix : je lui ouvrais la porte d'un théâtre différent, d'un espace secret, d'un rivage fabuleux. Je l'emmenais jour après jour dans un royaume riche de misères non exploitées. À la découverte de paradis perdus, à la conquête de trésors. Là exactement sous nos semelles. Tout près de chez nous, juste au coin de la rue. Les lourdes bennes nous y attendaient. Elles nous tendaient les bras, nous invitant à l'envol. L'ordure se montrait prometteuse.
 
Sous le voile trompeur du cauchemar gisait le rêve.
 
Pour l'atteindre il fallait avoir le courage des guerriers. Ou des amoureux.
 
Elle me suivait, à petits pas au début puis avec de moins en moins de réticence, dans une réalité aux apparences minables faite pour des initiés de mon espèce. Une évasion tantôt effrayante, tantôt séduisante. Un voyage sur des chemins incertains, vers un horizon de brumes peut-être trop sombres, trop lointaines ou trop irréelles...
 
Un mélange de fonds marécageux et d'écume brillante.

J'espérais que Violette s'éloigne sans douleur des artifices de son passé pour trouver sa place dans le trouble de mon azur.

lundi 7 septembre 2026

2747 - Rêve de radin

Une nuit, je fis un rêve.
 
À moins que ce ne fût un cauchemar.
 
Je n'avais plus aucun désir ni de besoin vital, donc plus de raison d'acheter quoi que ce fût. Mes appétits se situaient au-dessus des nécessités matérielles. Comme si mon corps, transfiguré par une vie entière d'avarice et de privations, s'était allégé.
 
Devenu quasiment immatériel, je volais dans des sphères supérieures.
 
Dans cette nouvelle réalité, je ne pouvais plus toucher les pièces d'or. Mais leur lumière me pénétrait en profondeur.
 
J'accédais à un univers plus haut que la valeur de l'argent : je contemplais son éclat dénué de poids, sa beauté désincarnée, sa flamme seule.
 
Je me retrouvais dans un monde de pureté.
 
Mes sous ne pesaient plus rien. Ce qui alourdissait les coffres plus bas sur Terre équivalait à de l'air, à du vent, à du vide.
 
Ou alors juste à un peu d'espoir mal placé et à beaucoup de fol azur.
 
Autrement dit, j'avais tout perdu, sauf que je me sentais en paix.
 
À mesure que ma fortune disparaissait sous mon regard neuf, je montais davantage. Depuis mon sommet céleste, je considérais l'ampleur de mes biens amassés qui, aussitôt que j'en prenais conscience, se transformaient en néant.
 
Ou plutôt, en quelque chose d'autre de parfaitement intangible.
 
Parvenu au zénith de ce firmament onirique, je me réveillais. Sous mon oreiller je découvris plusieurs centimes égarés que je m'empressai de récupérer.

Je passai le reste de ma journée à chercher, peut-être en vain d'ailleurs, un sens réel à ce mirage nocturne. En somme, ce songe était-il plein d'intelligence ou bien totalement gratuit ?

2746 - Radin de rêve

Par-delà mes travers et outrances, et même si elle savait que j'allais lui offrir une vie matérielle au rabais, Violette brûlait pour moi d'une flamme authentique.
 
Plus sensible aux charmes du loup qu'au spectre fascinant des poubelles que j'explorais, le mystère des égouts et l'obscurité du ciel l'attiraient. À ses yeux, j'incarnais un crépuscule inédit. En échange de l'inconfort que je lui imposais, elle recevait tout l'or de mes rêves gris.
 
Ma chambre ressemblait à une cave avec un accès sur l'azur. Je menais une existence sobre, riche dans mon avarice. Ma liberté de radin ne s'apparentait guère à l'aliénation des dépensiers. Certes, il m'arrivait de souffrir de frustration, ayant moi aussi des envies de bête, des appétits consuméristes brutaux et primaires.
 
Cependant, au bout de mon chemin d'économe âpre et ennuyeux je trouvais la lumière.
 
Quoi de plus glorieux que de finir ma journée en beauté en constatant que je n'avais rien déboursé depuis le matin ? Dans ces moments, tout s'éclairait et tout s'apaisait.
 
J'étais vide, mais léger. J'avais faim parfois, mais me sentais épargné. Je n'avais pas gagné une miette de pain, mais je n'avais pas perdu une once d'eau non plus.
 
Et je planais sur mon nuage, en solitaire au-dessus du monde, loin des pesanteurs du siècle.
 
Alors devant Violette, je devenais un être aux ailes magistrales venu d'ailleurs. Un ange issu d'ombres radieuses. Ou un simple mortel bourré de sagesse, peut-être. Et je voyais dans son regard un mélange d'amour et d'incrédulité.

Selon les valeurs sociales, l'on me situait dans les derniers. Pour le restant de ses jours, Violette marcherait en compagnie de ce rat aux allures de roi.

dimanche 6 septembre 2026

2745 - Fruits de saison

J'avais pour habitude, à chaque automne, de récolter les primeurs superflus du voisinage tombant sur la voie publique.
 
Le Code civil m'y autorisait, pourquoi m'en priver ?
 
Cependant, pris dans mon élan d'enthousiasme à l'égard de cette manne, il m'arrivait de porter la main plus loin que permis. Non content de ramasser ce qui gisait au sol, plein de zèle, j'allais cueillir illicitement les plus belles pièces suspendues au-dessus de ma tête.
 
Si bien que j'emportais chez moi de magnifiques paniers de pommes, de poires, de prunes, etc.
 
Je continuais à adopter ce système accommodant à travers mes activités de récupération de biens abandonnés. J'arrachais quelques carottes quand il y en avait, soustrayais deux ou trois kilos de tomates en été, m'octroyais fraises en juin, navets et radis le reste de l'année... Sans les chercher ni besoin de me fatiguer, je trouvais ces trésors de la Création à ma portée : ils poussaient dans les jardins des alentours.
 
Pour me les approprier avec moralité, il me suffisait d'estimer de toute mon autorité que tel sillon ou telle plantation débordait opportunément en ma direction.
 
Je mangeais le plus possible aux frais des jardiniers imprudents ou négligents.
 
De mauvaises langues qualifiaient mes butins horticoles de "vol". Quel méchant gros mot à mes oreilles ! En guise de réponse, je leur tendais de lourdes poignées de mes menues trouvailles. Cela en faisait taire certains, tandis que les autres fuyaient d'indignation face à ma générosité.
 
Si je n'avais pas toujours le droit légal avec moi, le sort et l'opulence de la nature constituaient mes meilleurs alliés. Je préférais suivre la loi des fruits et des légumes plutôt que celle des hommes.

Ainsi je garnissais régulièrement ma table de ces bienfaits gratuits. L'on pouvait certes m'accuser de mille larcins. Pour ma défense, je me sentais la vaillance de brandir mon arme unique, à la fois flamme sacrée et excuse ultime : ma redoutable avarice.

2744 - Mes amis

J'essayais de faire le vide dans mes relations économiques. Du moins de me débarrasser de tout contact coûteux.
 
Pour autant vivais-je isolé dans mon coin, privé d'amis ?
 
À vrai dire, si je ne recevais nul mangeur chez moi. Je faisais plutôt partie des hôtes que l'on convie. L'on appréciait ma singularité. Une bienveillance de façade accompagnée de quelques railleries, certes. L'essentiel pour moi se résumait à la seule opportunité de manger chez les autres.
 
Je me doutais bien que j'amusais la galerie. Mais ce n'était jamais à mes dépens, puisqu'en échange je ripaillais aux frais des rieurs.
 
J'avais au moins cette utilité sociale et jouais parfaitement mon rôle de Polichinelle dans le théâtre du quotidien. Conscient de mon vice, lucide quant à l'image publique que j'offrais, j'assumais avec éclat le fait d'être perçu comme un homme à tête de rat.
 
Une simple curiosité pour les buveurs avides de drôleries, un fécond enseignement pour les esprits éclairés.
 
Mon avarice se présentait tel un cadeau à prendre ou à laisser. J'accordais à chacun la liberté de me faire asseoir à sa table. Même si pour ma part, chez moi je préférais demeurer sans personne devant mon assiette, à part Violette.
 
Mon sens de l'amitié se limitait à mes rares connaissances qui pouvaient assurer le couvert sans attendre la réciproque. Je me remplissais le ventre chez ces frères de fourchette, tandis que je les payais de l'honneur de ma présence.
 
Avec ces bons vivants, ma radinerie placée au centre du débat constituait un sujet d'hilarité. On riait et je festoyais. Je trônais à ma façon, à l'égal d'un roi. Parmi cette assemblée de dépensiers, je paraissais un sommet.

Ma pingrerie devenait brillante.

samedi 5 septembre 2026

2743 - Folle épargne

Avec ma fortune placée à la banque, Violette s'étonnait malgré tout de mes moeurs de ladre et me posa une question aussi congrue que déstabilisante :
 
— À quoi te sert-il d'être si avare avec tant de biens dans des coffres ?
 
Le problème qu'elle soulevait en termes si directs se présentait pour moi avec la même pertinence. La réponse demeurait un mystère. La raison n'intervenait pas dans cette affaire. L'irrationnel menait le jeu. Je me livrais à ma passion avec autant de flamme que d'obscurantisme, comme une imbécillité éclairée. Je cherchais à économiser à tout prix pas seulement pour ramasser un trésor mort mais également pour le plaisir tordu de ne pas sombrer dans la dépense inconsidérée.
 
Mon argent avait la couleur de mon sang. Je voulais vivre plus de cent ans en respirant l'air sec et salutaire des ascètes osseux.
 
— Violette, l'épargne constitue mon bonheur et je n'en connais pas les causes profondes. Cependant sache que sacrifier mon héritage pour acheter soit de l'or, soit de la pierre, ou n'importe quoi d'autre, me couperait le souffle. Pour palpiter, mon cœur a besoin de mettre des sous en cage. Laisser s'envoler ce capital m'ôterait ma joie de gratte-poubelles. Ce que je possède n'est pas destiné à être dépensé. C'est un château non habité plein d'éclats, voué à l'inutilité. Je sais que ce joyau inviolé existe au bout de mes doigts sans que je puisse le toucher, et cela me suffit !
 
Violette soupira : je venais de chasser en elle le moindre espoir de consacrer une part de mon gâteau bancaire à ses frivolités de mondaine éprise d'un pingre. La poupée s'étant mariée à un rat, elle devait s'attendre à des festins d'austérité. Promesse maritale impossible à trahir en ce qui me concerne. S’en trouvait-elle malheureuse ? À ma charge de l’initier aux agréments de l’économie et félicités de l'essentiel.

Ce que j'avais mis en sécurité sur mon compte équivalait à un investissement à fond perdu sur la folie gratuite.

vendredi 4 septembre 2026

2742 - Le mendiant

Je marchais dans la rue avec Violette lorsqu'un vagabond m'aborda.
 
Je sus aussitôt que j'allais être confronté à un de mes pires cauchemars : l'aumône forcée.
 
Pas question pourtant de céder au chantage de la pauvreté. Cet homme en haillons qui me réclamait quelques pièces de monnaie méritait en vérité de recevoir de ma part une bonne leçon d'authentique humanisme, au lieu de méchants centimes qui ne l'emmèneraient pas loin.
 
Gagner une miette de finance lui apporterait peu de bonheur et m'infligerait beaucoup de contrariété. Cette générosité ne serait guère égalitaire : l'un bénéficierait d'une goutte de la part de l'océan, l'autre de toute la douleur du monde.
 
Ce que ce mendiant ne pouvait pas comprendre, c'est qu'un avare qui donne souffre plus qu'un gueux qui se voit refuser la charité. La mince joie que récolterait cet indigent en allégeant ma bourse de trois sous n’égalerait jamais en intensité et immensité ma peine de perdre ce trio de précieux ronds.
 
Fort de mes positions, sûr de mon droit, rigoureusement enchaîné à mes principes de ladre de fer, je laissai à Violette le loisir d’agir à sa guise à l’égard du malheureux.
 
À côté de ce mendigot, toute pimpante et parfumée au prix de mes larmes, elle paraissait telle une princesse couverte de luxe et d'artifice. Aussi se crut-elle en devoir d'offrir un brin de son opulence à ce maître-chanteur.
 
Quel soulagement pour moi !
 
J'allais pouvoir me débarrasser aisément de cet importun aux frais de Violette. Elle lui accorda un petit billet qui me parut une montagne d'argent jeté par la fenêtre. Ce n'était pas le mien, j'en fus certes affligé mais pas meurtri. Je conservais mon escarcelle intègre. J’avais donc sauvé l’essentiel.
 
Pour le coup, le clochard repartit comblé avec ce gros apport. Alors qu’il n’aurait éprouvé que tiédeur si je lui avais octroyé ces trois fois rien qui me coûtaient tant !

Je continuai ma promenade aux bras de Violette, satisfait de son œuvre, heureux d'avoir croisé ce pauvre hère et contribué à l'enrichir sans que j'y sacrifie un seul bouton de ma chemise.

jeudi 3 septembre 2026

2741 - Le parfum

— Je veux un parfum !
 
Je me réveillai en sursaut sous la clameur. Violette voulait que je lui offrisse une fragrance de haut prix. Le genre d'achat, à la fois superficiel et fondateur, qui finit de sceller un couple et asseoit pour de bon l'autorité du payeur. Que se passa-t-il ce jour-là dans ma tête ?
 
Au lieu de négocier, d'argumenter, de résister, je fis tout le contraire. Sans réfléchir ni chercher à m'opposer à cette idée ruineuse, je lâchai un « Mais certainement, mon amour ! »
 
Violette fut la première surprise de ma réaction. Elle s'attendait à batailler âprement avant d'obtenir gain de cause. Ce matin-là, j'étais d'humeur papillonesque. Un sacré paradoxe de ma personnalité de rat d'égout !
 
J'allai jusqu'à mettre le museau dans une boutique de luxe pour lui ramener à midi l'essence qu'elle convoitait. Aussi agréablement étonnée qu'incrédule par ce si prompt cadeau, elle me sauta au cou.
 
C’est à ce moment-là que ma flamme d’avare se raviva.
 
Comme si je reprenais subitement mes esprits. En une seconde, je m'aperçus de l'ampleur du désastre : je venais de débourser une vraie petite fortune pour bien peu de choses.
 
Violette s'empressa d'ouvrir le flacon. Trop tard pour le rapporter chez le commerçant ! Et puis la transaction avait été effectuée dans les formes : plus d'autre choix que de jouir du nectar. Ou plutôt de l'économiser, de le laisser dormir dans sa fiole, de l'utiliser le moins possible.
 
Afin de limiter les dégâts, il me restait encore la possibilité de convaincre l'heureuse élue de faire durer toute sa vie le contenu de ce présent valant tout l'or du monde.
 
Quelle ironie ! Ce revirement de situation sembla rassurer Violette.
 
Peut-être avait-elle eu l'impression de me perdre à travers ce comportement inhabituel. Elle me retrouva sous mes véritables traits de radin. Et, je crois, en fut presque joyeuse. Évidemment, je regrettais cette dépense qui risquait de me coûter de nombreuses nuits d’insomnie à ruminer ce sacrifice financier.

J'espérais juste une piètre consolation : humer plus souvent l'odeur de mes poubelles que celle de ma poupée parfumée.

2740 - Le Soleil se lève

La nuit s'achève, le monde ôte ses voiles, tout s'éclaircit enfin.
 
Les loups sont retournés dans leurs tanières, les fantômes se sont évanouis, le noir a pris des couleurs.
 
Et les papillons nocturnes sont devenus des fleurs matinales.
 
Je sors des brumes en clignant des yeux. L'aube qui pointe fait fuir mes derniers cauchemars. La paix règne au-dessus de mon toit.
 
Tout est bien.
 
Le Soleil se lève, une nouvelle journée commence pour moi.
 
Je ne reste pas longtemps au lit et me retrouve bientôt dehors, heureux d'être là, debout.
 
Je ne suis pas tout à fait réveillé. L'astre m'éblouit et chauffe l'herbe de la pelouse où je titube.
 
J'ai vingt ans, je suis encore un peu bête pour mon âge et pas tellement beau. De la vie je ne connais pas grand-chose : seulement la pluie et le temps clair, l'insouciance des moineaux et la légèreté des enfants.
 
Je m'éveille aux moindres réalités, comme si je découvrais pour la première fois chaque détail de la Création. Les banalités qui m'entourent m'émerveillent. Je m'attarde un moment sur la verdure illuminée. Puis je redresse la tête : les rayons solaires frappent ma face.
 
Et je me sens briller.
 
Je ne suis plus anonyme sous le ciel.
 
Un mystère m'attend. J'ai rendez-vous avec l'immensité, l'indicible, l'inconnu : une cause plus grande que cette étoile qui me brûle le front. C'est une flamme redoutable. Mes doigts tremblent, mon coeur juvénile bat aussi fort qu'il le peut.
 
J'ai peur, j'hésite... Plein de confusion et de joie, j'ai hâte pourtant de rencontrer cette autre lumière.
 
Je me dépêche, elle s'appelle Natacha. Je sais qu'elle est trop belle pour moi mais cela n'a pas d'importance : l'amour a brouillé les règles du jeu.

Plus dangereuse que le Soleil, elle éclaire déjà mon âme.

mercredi 2 septembre 2026

2739 - Économie maritale

Tout en demeurant cet éternel gosse aux caprices de grigou, je jouissais du statut respectable de mari. Et même si j'imposais à Violette une existence au rabais, du moins selon ses critères de mondaine, elle aimait ce loup qu'elle avait épousé.
 
Je me focalisais sur l'essentiel, oubliant volontiers tout le reste.
 
Elle méritait non mes tiédeurs, mais mes ombres et mes travers. Elle acceptait le pire de moi : mes outrances sordides de pingre, mes moeurs de cafard, ma mentalité pétrifiée, mes idées crasseuses... Jusqu'au décor délabré de ma chambre.
 
En guise de toit conjugal, je la logeais dans cette pièce de la propriété parentale que depuis tant d'années je nommais "ma piaule". Par la force des choses, ce trou de choix constituait désormais mon refuge définitif. J'avais changé cette caverne en alcôve minuscule pour y abriter notre flamme.
 
Un lit est un lit : l’on s’y repose et l’on s’y ébat. Pourquoi y ajouter des dorures ? Cela n'altérait ni la qualité du sommeil ni l'ardeur de l'amour. Peu ou beaucoup d'espace autour de cette couche nuptiale, quelle importance ?
 
Violette devait se contenter du minimum chez moi. Autrement dit, du meilleur de ce que je souhaitais lui offrir : la base pure, dénuée de toute futilité.
 
Certes elle mangeait des aliments ordinaires, sauf qu'elle se calait le ventre vite et bien. Avait-elle soif ? Je lui laissais le loisir d'avaler autant d'eau que possible, sans jamais se priver. Quel affamé oserait se plaindre de ce régime réglementaire ajusté à ses besoins ? Elle ne manquait de pas une seule miette, de pas une once, de pas la moindre goutte de ce qu'un être vivant que l'on chérit serait en droit d'exiger : nourriture, sécurité, asile.
 
En outre, je la couvrais de mes tendresses en ne comptant ni mes baiser ni mes caresses. Comment dans ces conditions pouvait-elle ne pas se sentir comblée ? Se lamenter de ce sort aurait été une preuve d'ingratitude. Violette savait que je ne l'attendais pas dans les mollesses du coton.

Elle se préparait à devenir la femme d'un chardon.

mardi 1 septembre 2026

2738 - Lamentables poètes

Toi qui te dis "poète", sache que tu n'es qu'un producteur de néant.
 
Tu te prends pour un prince des nues, pour un élu des muses, pour un astre éclatant... Tu n'es qu'un oiseau prétentieux aux ailes minuscules.
 
Un volatile dénué d'envergure, en somme. Et tu nous assommes avec ta plume qui résonne comme une marmite à pot-au-feu !
 
On s'emmerde royalement dans ton ciel allégé. Il est peuplé de fades nuages et teinté d'indolore azur... Et même quand tu y ajoutes de l'orage en te figurant que cela vaudra de l'or, ça reste toujours un sommet de platitude.
 
Quel ennui prodigieux sous tes cieux !
 
Tu crois donc aux pauvres mots que tu ponds ? Quelle fatuité ! Tu nous pompes l'air en réalité. Tu nous les gonfles !
 
Comprends-tu bien ce que tous pensent de toi, poète de mes deux ?
 
Sais-tu au moins que tu bassines le monde entier avec tes rimes à la con ?
 
Et tu cherches un éditeur pour lustrer ton ego ? Quel gogo tu es ! Tu imagines que les hommes de la Terre, les femmes de tes rêves et les anges de la lumière vont vouloir dévorer tes pages bourrées de nouilles molles ?
 
Tu es persuadé d'être splendide : tu n'es qu'insipide.
 
Nul ne veut avaler tes vers, à la vérité. Tu nous fais tous chier avec tes interminables lombrics soporifiques.
 
Sous ta lyre indigeste qui me vole mon temps, qui s'étend et s'étire stérilement, décidément je ne trouve rien à lire.

lundi 31 août 2026

2737 - Joyeux anniversaire !

Le jour de ses vingt-deux ans, Violette estima indispensable de fêter avec pompe son anniversaire.
 
Je dus faire face à cette énième futilité avec toute la diplomatie dont je me pensais capable en pareil cas.
 
Je n'avais nullement envie de sacrifier plus d'une double dizaine de bougies, aussi minces fussent-elles, pour une cause à ce point insignifiante. Cependant, je devais feindre de croire qu'elle avait atteint un âge glorieux, digne d'être honoré avec faste. Histoire de la flatter tout en lui faisant oublier ces artifices inutiles et coûteux.
 
Puérilités toujours trop chères à mes yeux, qu'elle se croyait pourtant en devoir d'acquérir pour tenter d'illuminer au maximum cette date que personnellement je ne considérais pas particulièrement décisive.
 
Et encore, je ne comptais pas l'achat d'un gâteau qui, assurément, aurait été à ma charge...
 
Certes, j'aurais pu lui proposer de fournir ma propre pâtisserie gratuite, sauf que je me doutais bien qu'en cette occasion solennelle, Violette n'aurait guère apprécié un tel présent issu des poubelles.
 
Je voulais qu'elle se sente reine dans la pénombre de ma chambre en cette heure cruciale. Sans qu'elle s'attende pour autant à recevoir d'autres cadeaux et honneurs que ceux, délicieusement immatériels, que je lui destinais : acclamations, belles paroles, mots sincères de toutes sortes.
 
Sans omettre l'inévitable verre d'eau concluant tellement de choses sérieuses sous mon toit d'économe.
 
Je devais insister non sur la coupe de flotte, mais sur les clameurs appuyées censées célébrer hautement, c'est-à-dire à moindres frais, ce minuscule événement. Bref, ces multiples glorifications sonores pouvaient, selon mes rusés calculs, remplacer avantageusement l'absence de tant de chandelles ainsi que leur support pâtissier.
 
Ma stratégie se voulait aussi frontale qu'anguleuse. Il me fallait casser tout sec son idée de pesante bagatelle et lui présenter à la place la légèreté de mes vues. Mon but consistait à faire disparaître de ses pensées la vingtaine de mini cierges plantés sur l'onéreuse douceur sucrée, pour mieux éclairer sa petite cervelle de jolie porcelaine.
 
L'urgence était de faire le vide matériel autour de cette affaire afin de mettre en valeur prioritairement la lumière des cœurs en joie. Même si au début Violette bouda un peu, frustrée de ne pas pouvoir souffler sur les vaines flammes, finalement je réussis mon coup. L'héroïne de la fête se résigna.
 
Une nouvelle fois, je venais d'échapper à de frivoles dépenses.

Joyeux amusements, Violette !

dimanche 30 août 2026

2736 - Le chien

Violette souhaita que l'on adoptât un chien. Peut-être était-elle en mal d'enfant, me dis-je. Un ventre supplémentaire à combler, à fond perdu, donc. Un chat, cela aurait constitué un moindre mal. Mais un canidé, quelle idée !
 
Sans compter les éventuels aboiements qui ne tarderaient pas à me coûter cher en termes de quiétude brisée.
 
— Violette, ce n'est pas que je n'aime pas les cabots, je les déteste. Ils mangent, ils hurlent à la mort, ils sont bêtes et leur odeur m'incommode. Ne préférerais-tu pas enlacer une jolie poupée qui te ressemble ? Le montant de cette acquisition, ainsi que son entretien, serait dérisoire : juste la peine de la ramasser au coin de la rue dans quelques bennes et de la nettoyer. Nous ne la nourririons que de sentiments purs. Elle vivrait de la seule lumière gratuite issue de nos coeurs. Qu'en dis-tu ?
 
Je lus dans son regard une déception mêlée de résignation. Elle le savait, toute résistance inutile. L'avarice aurait le dernier mot, l'enjeu était trop grand.
 
— En ce cas, je choisis un baigneur aux boucles dorées, me répondit-elle !
 
Le jour même, je lui dénichai son joujou de rêve : une superbe tête de poupin, auréolée de cheveux d'or. Je n'avais pas trouvé de reste du corps. Elle réclama la carcasse manquante. Ne pouvant mettre la main dessus, je lui proposai d'utiliser une bouteille en guise de tronc : il ne lui resterait plus qu'à planter la décapitée sur le goulot pour reconstituer le bébé artificiel. Ce qu'elle fit.
 
Je vis bien que le résultat la laissait dubitative. Nous étions très loin à présent du toutou enrubanné qu'elle avait espéré étreindre. Pour mieux lui faire oublier l'animal à chérir, je conclus ce débat avec franchise :

— Tu sais, Violette, autour de mes poubelles, je ne manque guère de compagnie. Mes amis les rats n'ont nul besoin de ma générosité pour s'alimenter. Une excellente raison pour moi d'apprécier leur amitié désintéressée. Ils sont proches de moi et ne me quémandent rien. N'incarnent-ils pas, à travers cette sobriété amicale, la plus belle preuve d'amour entre l'homme et la bête ? Alors tu vois, ton Médor avec ses appétits quotidiens se remplirait surtout l'estomac à nos frais. En échange de quoi ? De quelques coups de langue répugnants ! Personnellement je n'accorderais aucune valeur à ses tendresses hors de prix. Ce fidèle mangeur de croquettes payantes n'arriverait de toute façon jamais à la cheville de mes adorables rongeurs.

samedi 29 août 2026

2735 - Sombre roi

Violette suivait assidûment la mode. Coquette et ancrée dans son siècle, elle n'était insensible ni aux idées ni aux vêtements en vogue. Elle en incarnait même le reflet le plus fidèle, aussi bien à travers ses pensées allégées que dans ses allures féminines. Tout chez elle reluisait de ces pacotilles passagères.
 
Avec un pied dans son monde de mondanités et un autre dans mon antre d'avare, elle se sentait tiraillée entre son univers rutilant et soyeux et les charmes terreux de ma piaule de pingre. Savait-elle où se trouvait véritablement la lumière à suivre ? Celle issue de mon trou austère, ou bien celle émanant des néons flatteurs des marchands de futilités ?
 
Elle avait manifestement conscience de la valeur du modèle extrême que je représentais. À ses yeux, je personnifiais un but âpre et estimable. Sous les dehors ignobles, sordides et mesquins de mon personnage, elle percevait un sommet.
 
Elle voyait en moi un idéal épineux, un amant dégageant une authentique saveur, plein d'une vraie odeur d'humanité. Loin de ces héros proprets et insipides que l'on croise dans la vie ordinaire. Ces derniers sentaient bon le parfum des salons feutrés, tandis que je puais le camembert fermenté et le jus de poubelle. Je roulais sur un vélo préhistorique et fréquentais la gent ratière. Je vivais sur les restes de la rue, tout en amassant une fortune à la banque.
 
Seules les orties, les caniveaux et les vieilles boîtes de sardines ouvertes pouvaient me comprendre, non ces humains guindés que je côtoyais chaque jour.
 
Depuis qu'elle me connaissait, Violette appartenait à deux planètes différentes : une bleue et une rugueuse.
 
Une qui brillait de ses mirages et une qui tournait au rythme des rats.
 
Dans quel théâtre, finalement, déciderait-elle de danser ?
 
Lorsqu'elle se blottissait contre moi, une ombre apaisante semblait l'envelopper. Elle ne disait mot et ne se posait plus de questions. Quelle sorte de rêve hantait alors son esprit ?
 
Dans ces moments, elle n'était sûre que d'une chose : elle aimait ce foutu radin qui doucement l'enlaçait.
 
Je l'étreignais amoureusement, en effet. Avec mon cœur assurément logé dans ma poitrine.

Mais surtout, avec un oeil sur mon argent dûment caché dans un coffre.

Liste des textes

2759 - Les femmes
2758 - Mon ombre
2757 - Ma chandelle
2756 - Flamme d’homme
2755 - Repas solitaires
2754 - L’esprit trouble
2753 - Bête du matin
2752 - Riche de rien
2751 - Ma chambre pour toit
2750 - Épilogue
2749 - Ascète et jouisseur
2748 - Mon chemin de feu
2747 - Rêve de radin
2746 - Radin de rêve
2745 - Fruits de saison
2744 - Mes amis
2743 - Folle épargne
2742 - Le mendiant
2741 - Le parfum
2740 - Le Soleil se lève
2739 - Économie maritale
2738 - Lamentables poètes
2737 - Joyeux anniversaire !
2736 - Le chien
2735 - Sombre roi
2734 - Achat d’une voiture ?
2733 - Repas aux chandelles
2732 - L’orage
2731 - La maison
2730 - Le mariage
2729 - Les sourires de Violette
2728 - À la mer
2727 - Les pierres
2726 - Les frilosités de Violette
2725 - Les sauces
2724 - Les pâtes
2723 - Sous les étoiles
2722 - Comme les moineaux
2721 - Le ventilateur
2720 - Bébé d’avare
2719 - L’éclipse
2718 - Mes airs de roi et mes amis les rats
2717 - Mon asile de loup
2716 - Fantômes des poubelles
2715 - Mon pesant d’ordures
2714 - Aveu de feu
2713 - La norme masculine
2712 - Dans ma bergerie
2711 - Mes fringues de pingre
2710 - Voyage de noce
2709 - Pot de fleur
2708 - Après moi, la relève
2707 - Je suis un bon à rien
2706 - L’enjeu de la sobriété
2705 - Le sac à main
2704 - Mes habits de gueux
2703 - Mes mots en or
2702 - Les joies de la gratuité
2701 - Les cadeaux
2700 - Générosité de rat
2699 - Les profondeurs de ma chambre
2698 - Mireille Mathieu, quatre-vingt ans
2697 - Rat céleste
2696 - Gérer ma fortune
2695 - La fortune
2694 - La bague
2693 - Ce qui ne s’achète pas
2692 - L’amour qui compte
2691 - Crépuscule
2690 - Le combat pour l’économie
2689 - Le repas payé
2688 - Un vrai restaurant
2687 - Le restaurant gratuit
2686 - Radin, un métier
2685 - Le poids des pièces
2684 - Les lumières de ma piaule
2683 - Rapports sains
2682 - Les dangers de l’amour
2681 - Le prix d’une fleur
2680 - Le prix de l’eau
2679 - Ma fortune de ragondin
2678 - La chair ou l’argent
2677 - Les coiffeurs
2676 - Les lacets
2675 - Ces petits riens de grand prix
2674 - Veiller sur mon argent
2673 - Les rustines
2672 - Ciel d’avare
2671 - Argent de poche
2670 - Construire avec peu
2669 - Seul c’est moins cher
2668 - Vol de rat
2667 - Drague de radin
2666 - Aux fêtes foraines
2665 - Mes jours de rat
2664 - Temps épargné
2663 - En quête de trésors perdus
2662 - Avariseul
2661 - Bosse finale
2660 - Le feu dans le ciel
2659 - L’amour bête et beau
2658 - Cause suprême
2657 - Seuls avec eux-mêmes
2656 - Priorité d’avare
2655 - Vue sur la bosse
2654 - Premier contact
2653 - Deux pour toujours
2652 - Jeunesse au rabais
2651 - Engendrer un enfant normal
2650 - Naissance de l’avarice
2649 - L’antre de Pierre
2648 - Simplicité de l’amour
2647 - Choc public
2646 - La bosse comme une flèche
2645 - L’envol de Pierre
2644 - Carrière de bossu
2643 - Fort, fragile et lucide
2642 - Amant idéal
2641 - En dehors du monde
2640 - La lente montée des larmes
2639 - La chair qui complète l’esprit
2638 - Un petit qui devient grand
2637 - Pierre dans un nuage
2636 - La bosse et le phallus
2635 - La pierre et le ciel
2634 - La chair
2633 - Pensées du lendemain
2632 - Retrouvailles sulfureuses
2631 - Faux espoirs ?
2630 - L’infirmière
2629 - Les anges
2628 - Dérive verticale
2627 - Bêtise ou grandeur ?
2626 - Une flamme en plein jour
2625 - Fracassantes platitudes
2624 - Entre abysse et ciel
2623 - La soupe pour baume
2622 - L’épouvantail vainqueur
2621 - La bosse de la discorde
2620 - Point sensible
2619 - La rose et la pierre
2618 - La minute de vérité
2617 - Passeport pour l’amour
2616 - La gloire du polichinelle
2615 - Question de point de vue
2614 - Entre sol et ciel
2613 - Feux prudents
2612 - Deux astres
2611 - Choc en plein champ
2610 - Pierre "présente" l'apparition à ses parents
2609 - Elle parlait à un épouvantail
2608 - Bête et bossu ?
2607 - Campagne triste
2606 - Une chance sur mille
2605 - S’écraser ou s’envoler
2604 - Retour sur Terre
2603 - Loin
2602 - Le choc de la chute
2601 - L’amour loin du sol
2600 - Fantômes d’azur
2599 - Les rêves de Pierre
2598 - La hauteur du ciel
2597 - Le stage
2596 - Libération
2595 - La chair et l’esprit
2594 - Beauté de bossu
2593 - Dos de gnome et tête de rat
2592 - Un rêve d’amour
2591 - La femme de ménage
2590 - L’ascension de la bosse
2589 - Marcher pour s’envoler
2588 - Le trou pour gagner le ciel
2587 - Le prix du vrai
2586 - La punition
2585 - Au sommet du trou
2584 - Asile de bossu
2583 - Retraite éducative
2582 - Fuir la honte
2581 - La raclée
2580 - Bulle de verre
2579 - Deux étincelles
2578 - Etreinte
2577 - Des flammes et des ombres
2576 - La bosse au centre du débat
2575 - Choc des contraires
2574 - L’union de la discorde
2573 - La tare et la star
2572 - Première conquête
2571 - L’éclat de sa bêtise
2570 - Dur réveil
2569 - Première épreuve
2568 - Juvénile bêtise
2567 - Entrée fracassante ans l’adolescence
2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet