lundi 5 août 2019

1512 - Fièvre d'esthète

J'erre mollement sous la flamme lunaire éclairant la morte campagne tel un cierge au-dessus d'un cimetière.

Le monde en sommeil est hanté par l'énigmatique lueur.

J'entends les murmures plaintifs de la tête nocturne, puis ses pleurs dans mon dos.

La Lune s'ennuie dans la nuit, seule là-haut.

Elle ne sait pas, pauvre pierre froide, malheureuse défunte, triste chose loin de tout, que je l'aime de mon coeur de misanthrope, de mon âme de solitaire, de mon être de glace.

Je sens son regard inquiet, ses pensées pesantes et profondes, ses rêves étranges et incompréhensibles, et je chemine plus léger que jamais en songeant qu'elle est ma seule amie.

Sa lumière sur la peau des hommes les fait ressembler à des cadavres : c'est la compagne idéale qu'il me faut, elle le spectre, moi la tombe.

Mais elle ignore qui je suis. Elle me prend pour un mortel pareil aux autres : indifférent.

Et mon ombre s'allonge sous le front résigné de Séléné au fil de sa chute vers l'horizon.

Alors elle disparaît et, sans le savoir, emporte avec elle mon éternel amour.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/Cvytk-mBoiY

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