Je lève mon verre à ces oiseaux de malheur posés sur un cercueil imaginaire
orné de mes quatre initiales. Je bois l'absinthe de ma gloire, m'enivrant à la
coupe dorée de mon art, dédaigneux, hautain, superbe et immoral, frondeur et
princier.
Votre fiel stérile n'a point la vigueur de mon fer vengeur, et vos chants
criards pleins de haine ne valent pas le son mélodieux de mon aile dans l'azur.
Vos plumes ténébreuses sont trempées dans une encre de misère, et vous décrivez
dans le bleu du ciel des cercles lugubres, et vous écrivez dans le couchant
embrasé des sentences infernales : vous êtes incapables de faire naître la
beauté, salissant tout ce qui est sain, gracieux, noble...
Votre vol est noir et votre quête est sombre : l'ordure est votre
nourriture, la mort votre but. Pour vous la nue n'est qu'un gouffre. Vous ne
valez que le vide, vous les vautours.
Mais aucun de vos forfaits ne saurait m'atteindre : je suis l'intouchable
albatros de la légende.
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