lundi 6 janvier 2020

1549 - Rêve glacé

Sous la pluie de mars, à l'heure des giboulées, délicieuses et cruelles, j'aime à me figurer  les traits floraux de Farrah Fawcett.

La tristesse revigorante de cette mortelle saison, alliée à la lumière transfigurante de cette céleste cause, décuple mon trouble, alimente mon divin malaise, ajoute une  ivresse esthétique à mon vertige mélancolique.

Alors pour moi le ciel s'ouvre, la couche nuageuse prend à mes yeux des allures allégoriques et des images magnifiques chargées de tristesse apparaissent non pas dans les nues mais dans mon âme.

Je me nourris de cette langueur pour en faire des flammes, me délecte de la lourdeur de ces effets pour en faire surgir des fleurs.

Le spleen me pousse à la légèreté.

La désolation, le froid, la terre trempée, noire, sinistre me bercent tendrement de leur chant de mort.

Loin d'effacer ma funèbre allégresse, la présence dans mon esprit des traits vénusiaques  de Farrah Fawcett m'ouvre les portes d'une joie austère et glaciale.

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