J'erre entre ciel et poussière dans la solitude et le silence, le regard
perdu dans les étoiles, la face mélancolique, l'allure astrale. J'allonge le pas
sous une nuit éternelle, sur un rivage sans fin : mon pied est léger, mon coeur
est lourd, et mes larmes s'évaporent comme de l'éther dans l'espace. Mon chagrin
a le prix des choses inconsistantes : je pleure pour rien du tout.
J'ai l'âme dans les brumes et je vogue dans un océan de spleen. Tel un
oiseau de sombre augure, je m'enlise dans des flots de grisaille, les ailes
indolentes, les pensées pleines de crépuscule.
Mon vol est funèbre, lent, navré, et cependant beau.
Mortel et lumineux.
Je voyage au-delà de la Terre pour un royaume lointain.
Je vais en haut, là-bas, ailleurs. Vers d'autres horizons. De vagues en
vagues.
J'ai tout mon temps pour m'enivrer d'agonie. Je navigue dans mes
profondeurs, vers un but imprécis. Et m'égare, de soupirs en sanglots.
Sans répit.
Et dans mon trouble, plongé dans ces fumées d'un autre monde, noyé dans ces
ondes mystérieuses, je ne sais plus si je flotte ou si je plane.
Je suis affligé, inconsolable, aussi accablé qu'un fantôme. Condamné à
rêver dans le vide sidéral. Je n'ai plus de joie, et mon infinie tristesse est
néanmoins ma raison de vivre.
La blonde veilleuse est mon asile : je suis PIERROT LUNAIRE.
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