La vie ressemble à une humeur qui naît de l'air, à de l'or qui n'a l'air de rien, à une heure qui n'est pas leurre.
Miracle qui ne se nie, ni ne meurt, point qui demeure, aussi léger qu'un mirage et pourtant plus grand que tout, tel s'impose le feu qui nous anime. Indéfinissable dans le dictionnaire.
La sève qui coule en nous évoque une racine qui plonge dans la lumière. Elle s'abreuve d'infini, se nourrit de peu de choses, se contente de l'Univers entier et davantage encore. Ces jours pleins de souffle où nous palpitons n'exigent que l'impossible, laissant les miettes aux rêveurs.
Le temps qui passe dans nos veines s'apparente à un songe quotidien, à une vérité dure comme un sommeil, à un soleil imbibé de pluie, une pierre qui s'évapore, une neige sans fond, une flamme qui sort du lot. Notre âme, cet éclair sacré, reflète bien des réalités et s'amuse à prendre de multiples formes : celles d'un crâne qui rit, de l'amour qui pleure, de l'eau qui réfléchit ou du ciel en suspens... Mais surtout, elle incarne un mystère à notre porte : l'éther sur terre, la matière qui déborde d'idées.
La divine étincelle frappe l'esprit, caresse la peau, cogne les fesses. Et ne cesse d'étourdir les têtes...
Ce sang qui nous réchauffe, ça fait également être, ça fait naître et ça fait paître. Nous avons tous droit à cette essence totalement gratuite. Mais celle-ci ayant de toute façon le même prix que tout et n'importe quoi en ce monde, elle vaut la moindre goutte de flotte puisqu'elle reste toujours égale à la poussière, aux astres, aux vers et au vent... C'est dire combien cette grâce semble d'autant plus nécessaire qu'elle ne sert aucun intérêt matériel.
Et plus on s'en sert, plus on en a envie. Et plus on la veut, moins elle est utile.
Et moins elle est obligatoire, plus on l'aime, la vie.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire