mardi 27 août 2019

1518 - Ailleurs

Un jour des yeux bohèmes croiseront mes yeux en désir et je répondrai à leur appel, ému et languissant.

Ce visage ami me fera face et voudra me délivrer de mon sort, et le sourire que je lui adresserai signifiera « oui ».

Ce sera alors un sourire neuf sorti du fond de mon être prisonnier : j’ouvrirai enfin les mains à la suite de mon coeur.

Et pour de bon je partirai.

Sans un mot de trop je comprendrai tout, saurai tout de ce semblable, de cet être à la semelle usée et aux cheveux poussiéreux. Je l’aimerai parce que je trouverai une poésie, une pureté dans son regard, tout au fond de son âme, jusqu’au bout de ses pas.

J’irai, heureux, dans son sillage. Je serai enfin libéré d’un poids qui m’enchaîne aujourd’hui au néant.

J’irai rejoindre en sa compagnie des horizons qui ne me sont pas vains, un ciel qui existe, des étoiles qui brillent.

Sous la légèreté des jours ma peau se tannera comme la sienne, mon âme s’ouvrira également, et mon regard s’approfondira, semblable à son coeur.

Dans la beauté des jours je suivrai ce guide.

Et je serai loin d’ici : proche de vous.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/rT0ajfb0snI

1517 - Le mime Marceau

Il parle avec le silence, chante avec les mains, hurle la bouche fermée.

Et aussitôt c’est le vent qu’on sent, la pluie qu’on reçoit, le Soleil qu’on attend, les hommes qu’on voit, le monde entier qu’on entend.

Et La Lune qu’on devine, surtout la Lune...

C’est elle qui se laisse voir dans l’invisible, elle qui luit sur sa face pâle, puis monte et brille dans notre imagination.

Comme si sa bille, je veux dire sa bouille, devenait boule, puis balle, et enfin bulle.

Il écrit des histoires dans l’air, fait des romans avec de savantes singeries, raconte des fables avec du sable.

Il a l’art de faire naître des idées légères à partir d’enclumes et de donner du poids à la plume.

Mine de rien, ce mime est un pantin sans fil qui fait l’humain. Un épouvantail grimé de lumière, un oiseau dans le noir, un songe blanc.

Ses pensées sont des gestes, ses gestes des mots, ses mots des poèmes.

Ou des tomates pourries.

De vraies images sortent de cette figurine vivante. Mieux : des choses palpables s’échappent de ses doigts nus.

Aussi réelles que nature et plus éloquentes encore.

Ces réalités qu’il nous montre, ce sont des rêves.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/0oG0vcoPpJM

lundi 19 août 2019

1516 - Lune noire

Sous sa face morbide et son regard louche, je file sans mot dire, le pas furtif, les pensées vives, le coeur plein d'interrogations, à la fois inquiet et fasciné par sa présence spectrale dans la nuit.

Je fixe son visage de fantôme, elle m'écrase de son air mou et poisseux, me suit comme une ombre avec ses allures lourdes et glauques, et même me juge du haut de son piédestal cauchemardesque.

Elle est loin, elle est froide, elle est là-bas et elle est là telle une intruse dans mon âme.

Elle est triste comme une tombe avec sa lumière cadavérique.

Mais qu'elle est belle, la morte !

J'aime follement ce crâne errant qui brille, ce macchabée céleste, cet astre follet...

Elle n'est pas si nulle, la Lune. Elle est une plume qui plane : elle a le poids des choses qui comptent là-haut.

Dans le ciel nocturne elle écrit des histoires d'enclumes à dormir couché.

Elle est l'amie des oiseaux, des nuages et des cailloux.

Dés qu'elle apparaît, je sors en secret et vole vers ses lèvres de misère pour y déposer mes baisers de marbre.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/vOSLuOKrqJg

samedi 17 août 2019

1515 - Lettre au maire de Saint-Malo

Mardi 21 août 2007

Monsieur le maire,

J’attire votre attention sur la gestion touristique abusive pratiquée actuellement dans la ville de Saint-Malo. Après être passé dans votre commune récemment j’en suis reparti presque immédiatement, excédé par cette forme insidieuse de harcèlement économique exercée envers le visiteur bien intentionné.

Le procédé commercial intensif de la mairie de Saint-Malo consistant à faire payer systématiquement le stationnement des automobiles (non seulement en plein mois d’août mais également aux heures dites « creuses » de la journée, le cynisme allant de pair avec l’esprit de lucre le plus opportuniste…) me semble parfaitement arbitraire, voire franchement inique.

Et même illégal, pénalement répréhensible dans la mesure où le voyageur motorisé se retrouve pris en otage, quadrillé par un vaste système d’imposition automatique particulièrement oppressant et déshumanisant (j’insiste sur ce dernier terme) où il ne lui est pas possible de poser le pied à terre sans y laisser une somme non négligeable dans quelque horodateur « hautain », si je puis me permettre ce qualificatif (1 euro cinquante pour une heure de stationnement)... Et sous quel prétexte ? C’est la question que je vous pose, Monsieur le maire.

Cette exploitation quasi commerciale -à l’échelle de la ville entière- des citoyens et des étrangers en visite n’est pas digne de la république française que j’imaginais plus respectueuse des individus, qu’ils soient estivants ou non. Je ne m’oppose nullement au système de stationnement à péage en soi. Seulement l’application outrancière, mercenaire, exagérément cupide de la loi sur le stationnement des automobiles dans votre agglomération, qui plus est odieusement déguisée sous la forme d’un dû républicain respectable, me paraît injuste et contribue à donner une image détestable de votre ville visiblement prostituée à la cause touristique la plus vulgaire, définitivement vouée à faire progresser verticalement la courbe de ses gains et profits au lieu d’assurer le bien-être, le digne et démocratique accueil de ses hôtes, ce qui devrait être me semble-t-il le premier de ses soucis.

Je vous rappelle monsieur le maire que ce sont les visiteurs et vacanciers qui font prospérer votre ville. Les assaillir de la sorte avec une forêt d’horodateurs, en faire fuir certains par une pratique excessive, agressive, éhontée de la loi sur le stationnement des véhicules, c’est fatalement en lasser un petit pourcentage, faire naître des actes d’incivilité dans le pire des cas, dans le meilleur des cas s’exposer à des réactions courtoises mais courroucées comme je le fais ici. Citoyen lucide, sensible à la dérive de certaines mairies, je me fais un devoir de m’élever contre cet état de fait.

Apprenez monsieur le maire qu’en tant que citoyen au volant de mon véhicule je ne me suis pas senti respecté par la mairie de Saint-Malo dès le seuil de la commune franchi. Juste considéré comme un payeur -non pas potentiel mais obligé- d’un minimum de 1 euro cinquante.

Le principe m’a exaspéré.

En outre, et cela ne relève pas de la responsabilité directe de la mairie je vous le concède, un certain nombre de restaurateurs exerçant dans la vieille ville ont des compétences assez limitées dans le domaine gastronomique, ce qui ajoute au ternissement de l’image de Saint-Malo qui a tendance à ressembler de plus en plus à un authentique « piège à touristes » (expression triviale mais claire, éloquente quant à la réalité des faits) plutôt qu’à l’agréable station balnéaire qu’elle fût jadis. Je n’évoque même pas la présence infâme des marchands de glaces non artisanales ni l’industrie grotesque des vendeurs de souvenirs idiots gâchant le paysage urbain de l’antique cité…

Mon propos pourra certes vous paraître virulent, voire injuste : il est fondé et est simplement à la hauteur de mon irritation face à tant de déceptions lors de mon très bref séjour dans votre ville. J’aimerais que mon avis, même s’il paraîtra déplaisant à son destinataire, ce que je peux comprendre, puisse toutefois contribuer à l’amélioration des choses dans le domaine que j’ai évoqué, et ce pour le bien public.

En attendant, je ne remettrai plus les pieds à Saint-Malo.

Je reste à votre disposition pour éventuellement parler de ce problème et vous prie de croire, monsieur le maire, à ma parfaite considération.

Raphaël Zacharie de Izarra

PS :

Pour information j’envoie également cette lettre au maire de Cancale qui pratique la même politique du « tout horodateur » sur sa commune. Je la publie parallèlement sur Internet dans des sites dédiés au civisme.

Réponse du maire de Saint-Malo à ma lettre :

J'ai bien reçu votre mail du 21 août dernier par lequel vous me faîtes part de votre mécontentement au regard des règles du plan de stationnement en ville.

Tout d'abord, il me semble utile de vous indiquer que le plan de stationnement en ville a été élaboré dans la concertation avec les représentants constitués de la société civile locale, et qu'il s'agit d'un plan d'ensemble qui, naturellement, ne se résume pas à sa seule dimension économique.

La Municipalité a la volonté de préserver la qualité de vie et la tranquillité de ses résidants et visiteurs. Pour ce faire, plusieurs dispositifs se complétant ont été mis en oeuvre. Du parking d'accueil avec navette gratuite jusqu'au stationnement dans la vieille ville, en passant par des parkings de proximité en périphérie, chacun a le choix de sa propre démarche touristique, sachant que naturellement, plus on est proche du coeur de l'intra-muros, plus la pression est forte, et le stationnement puis la rotation des véhicules doivent alors répondre à des mesures de police qui passent nécessairement, comme c'est le cas dans des villes comparables, par des incitations financières.

C'est mal connaître la situation que d'imaginer qu'il était possible de laisser les choses en l'état, et c'est d'ailleurs pour répondre à l'attente si souvent exprimée que la ville va réaliser un parking souterrain de 500 places, sous la place Saint-Vincent, à proximité immédiate de l'intra-muros, et étendre à l'avenir les parkings d'accueil.

Il est également faux de penser que durant la saison, du 15 juin au 15 septembre, il puisse y avoir des heures creuses en journée. Les relevés horaires de fréquentation des parkings, comme des transports en commun, montrent au contraire une pression permanente justifiant d'ailleurs les mesures prises.

A l'avenir, une navette en site propre devrait compléter le système en place pour assurer une meilleure desserte des parkings d'accueil.

Je souhaitais simplement vous informer de notre démarche, de façon à ce que vous ayez une approche plus globale de ce que représente la gestion dynamique des flux de circulation, en tenant compte d'intérêts divers et parfois opposés.

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

François BEE, Directeur Général des Services.

mardi 13 août 2019

1514 - Nos pauvres criminels

Aujourd’hui dans notre pays comme dans bien d‘autres, jamais le crime n’a fait l’objet de tant d’attentions caressantes.

De benêts idéalistes pétris de niaiseries gauchisantes, de creux humanistes farcis d’artifices idéologiques et autres flasques cervelles à la pensée escargotique bavant de doctes imbécillités en vogue cherchent à “comprendre” les auteurs des pires délits...

Au lieu de vouloir les condamner.

Dans leur esprit devenu amorphe, aseptisé, totalement dévirilisé, déconnecté non seulement de la réalité mais également du sacré, ils évacuent de plus en plus l’idée de châtiment, ridiculisant même la notion de “péché”.

Pour eux les plus infâmes crapules ne sont que les malheureuses victimes du sort. Mieux encore : les produits ataviques d’une injustice structurelle dont la société serait la seule responsable !

Plus prompts à s’émouvoir des larmichettes des loups coupables que du sang de leurs proies innocences, ils se démènent pour soulager les bobos des bourreaux. 

En effet, pour ces justiciers éclairés volant prioritairement au secours des méchants, les pleurs des volés, les séquelles des blessés, les plaies des meurtris faussent nécessairement la balance des tribunaux.

Par leurs caractères victimaires et partis pris émotionnels, donc irrationnels.

Injustes.

C’est que, à entendre ces progressistes, le plaignant porte fatalement les oeillères de la partialité... C’est même un despote, un dictateur, un affreux accusateur !

Pour ces belles âmes éprises de justice se sentant investies d’une si noble mission humanitaire, il convient avant tout de défendre l’honneur de la racaille, de réhabiliter l’image injustement méprisée de la canaille, de dénoncer la tyrannie des juges contre les accusés. Bref de lustrer la face des rats de nos égouts au lieu de la ternir négativement.

Les plaintes des honnêtes gens contribueraient même, selon ces zélés redresseurs de torts, à cet “inique et systématique acharnement” de la communauté vertueuse à l’égard des criminels.

Les gredins, fripouilles, larrons, malfrats et autres vauriens ne sont à leurs yeux que les simples jouets des vents contraires du destin.

D’après ces philanthropes patentés, les malfaiteurs ne seraient ni plus ni moins que les boucs-émissaires de la Justice. Les cibles abusives de l’ordre établi. Les souffre-douleurs discriminés de la loi oppressante.

En somme, les têtes de turc d’un insupportable état de droit qui piétine celui dont leurs protégés devraient jouir de manière inaliénable : le droit des nuisibles.

Autrement dit, la chose essentielle à prendre en considération.

Pour ces chevaliers du relativisme, ce qui compte n’est pas de punir les mauvais mais de culpabiliser les bons qui ne doivent leur bonté qu'au fait d'avoir marché sur la tête des mauvais, c'est à dire marché droit !

jeudi 8 août 2019

1513 - Migrants de France

C'est parce que nous avons des millions de chômeurs français dans notre pays que nous avons besoin, pour notre plus grande chance, davantage de migrants issus du continent africain.

Sans diplômes, sans ressources, sans bagage culturel européen mais pleins d'avenir dans l'assistanat social conjugué avec la légendaire, ingénieuse et fructueuse "débrouille africaine" qu'on admire tous...

Ce qui justifie de manière éclatante la raison d'être de nos structures dédiées à cette merveilleuse idéologie de générosité, d'ouverture aux autres débouchant sur l'enrichissement de notre société par l'instauration du très attrayant, très réjouissant, très salvateur multiculturalisme !

Certes de mauvaises langues assimilent ce reluisant modèle de l'astuce et du savoir-faire allogène à de la "délinquance" pure et simple...

Mauvais choix de style linguistique de la part de ces arriérés introvertis. Nous savons bien que le repli identitaire de nos concitoyens est une authentique régression civilisationnelle, et c'est bien pour cette raison que nous accordons prioritairement à ces populations nouvelles toute légitimité pour la défense et la promotion au sein de la société française de LEURS particularismes natals, sociologiques, ethniques...

Ce qui motive cette si éclairée, si opportune, si appropriée politique migratoire intensive, c'est précisément notre grande ouverture d'esprit à l'égard des autres modes de pensées, des moeurs exotiques, des différentes traditions étrangères qui ne sont pas les nôtres et que nous souhaitons ardemment adopter au nom de notre conception lumineuse du progrès.

Bref, nous n'avons pas encore assez d'Africains, d'Arabes et autres réfugiés apatrides de tous pays non européens avides de s'imprégner dans le texte des pensées de Montaigne et du théâtre de Molière. Des modèles du genre dans l'assimilation de nos grands auteurs, cela est aujourd'hui incontestablement admis.

Pas assez de diversités bruyantes, colorées et à la mode de chez eux, c'est à dire de leur brousse natale, visibles dans nos rues !

Pas encore assez de ces enrichissants invités-sans-papiers illégaux (mais qui deviennent automatiquement légaux quand même à la fin) accueillis dans nos centres d'hébergement d'urgence, présents dans nos institutions séculaires, bénéficiaires de tous les droits de nos CAFS, de notre Sécurité Sociale, de nos allocations...

Des populations bien insérées, francisées jusqu'à la moelle, tellement éloquentes avec l'importation enchanteresse sur la voie publique de leurs sabirs maternels...

Avec leurs djellabas de pure origine, leurs boubous "comme au pays", leurs voiles faciaux adaptés à notre esprit progressiste (c'est à dire presque intégral mais pas totalement intégral), ces minorités-majoritaires intégrées sont l'avenir de la France, c'est certain.

Et que dire de leurs boutiques raciales (épiceries, coiffures afros et autres magasins halal) apportant au paysage urbain de notre France éternelle cette touche fleurie qui lui a toujours manquée ?

C'est parce que nous avons besoin d'encore et toujours plus de cet atout d'outres frontières que nous devons encore et toujours plus ouvrir nos coeurs, nos portes, nos mentalités à ce providentiel apport de talents, de forces vives, de sang neuf que constitue le repeuplement de notre territoire national par ces arrivants arrivistes pleins d'ambitions, pleins d'enfants, pleins de gratitude.

lundi 5 août 2019

1512 - Fièvre d'esthète

J'erre mollement sous la flamme lunaire éclairant la morte campagne tel un cierge au-dessus d'un cimetière.

Le monde en sommeil est hanté par l'énigmatique lueur.

J'entends les murmures plaintifs de la tête nocturne, puis ses pleurs dans mon dos.

La Lune s'ennuie dans la nuit, seule là-haut.

Elle ne sait pas, pauvre pierre froide, malheureuse défunte, triste chose loin de tout, que je l'aime de mon coeur de misanthrope, de mon âme de solitaire, de mon être de glace.

Je sens son regard inquiet, ses pensées pesantes et profondes, ses rêves étranges et incompréhensibles, et je chemine plus léger que jamais en songeant qu'elle est ma seule amie.

Sa lumière sur la peau des hommes les fait ressembler à des cadavres : c'est la compagne idéale qu'il me faut, elle le spectre, moi la tombe.

Mais elle ignore qui je suis. Elle me prend pour un mortel pareil aux autres : indifférent.

Et mon ombre s'allonge sous le front résigné de Séléné au fil de sa chute vers l'horizon.

Alors elle disparaît et, sans le savoir, emporte avec elle mon éternel amour.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/Cvytk-mBoiY

1511 - L'air de terre

En ce mois d’août je vais vous parler d’endives, d’hiver, de grêle et plus particulièrement du mois de février car là sont mes ailes, là vole mon âme, là s’ouvrent et vos oreilles pour m’entendre pleuvoir, et vos coeurs asséchés par l’été pour me lire avec fruit...

Oui, je rêve invariablement de chicons couverts de givre, d’averses de glace cinglante, mais aussi de la lumière bleue, froide, argentée, aiguë des jours de février.

Ma nature est ainsi faite que je ne vibre véritablement qu’à la saison des giboulées, ne prends racine que dans la neige fondue, ne m’allume que sous le grésil, ne brûle de vie, d’amour et de joie que les pieds pataugeant dans l’onde molle et glacée des temps de dégels...

Vous qui buvez avec délices ces mots suprêmes et vous qui avalez de force ces glaçons tranchants, apprenez que je me chauffe de froidures où brille ma conscience, me réjouis du verglas où se reflète mon esprit, m’enchante de l’eau glaciale qui enflamme mon être...

Je suis un frisson esthétique né pour étinceler entre janvier et mars, un feu blanc d’âpre pureté fait pour se fondre dans les flots et déluges des froideurs brumales se changeant en coulées germinales.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/tRPgvcvjOoo

samedi 3 août 2019

1510 - Turquie

C’est à Istanbul que le monde se lève.

C’est là qu’il commence, brille et s’éternise.

Et se répand dans tout le reste du pays à travers ses fleuves, ses mythes, ses chants, ses plaines et ses sommets.

Dans des fracas de lumière et des odeurs de soleil.

Mêlés de fumées mystérieuses et de saveurs rances d’épiceries oubliées, comme perdues au fin fond de l’Univers.

La Turquie est une friche immémoriale, un éden âpre, rude, rugueux, un vieux jardin plein d’oiseaux rêches, une rocaille féconde cachant des amoureuses aux complaintes gutturales et révélant des abricotiers éclatants.

Une terre antique où les hommes cheminent dans notre siècle avec des têtes d’antan, utilisent des toilettes bibliques, voient leur avenir à l’image de leur passé : sur les rivages immuables du Bosphore, au bord de l’immensité terrestre, entre Europe et Asie, c’est à dire entre monts et merveilles.

C’est à Istanbul que l’aube paraît en premier lieu, avant de se diffuser partout ailleurs.

Et c’est également là que la nuit la ville sans âge qui étincelle devient pareille au firmament.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/oF3VXbuguAU

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique