dimanche 29 septembre 2019

1523 - Une route vers l'infini

J’étais loin de mon foyer, parti pour un ailleurs fait de rêves et d'artifices, mais c’étaient les nuages et le réel que j’avais trouvés dans l’Est de la France.

Les cailloux reflétaient le ciel et le ciel était pareil à mon âme : plein de lumière et de mystère.


Bercé par une ambiance surnaturelle due à je ne sais quels phénomène, prodige ou soudaine subtilité du monde, des merveilles m’apparurent.


En empruntant une route nationale en direction de Paris, c’était comme si je venais d’accéder à une voie secrète menant vers une éternité insoupçonnable.


Je roulais sur la chaussée mais mon esprit volait vers les cumulus. Le crépuscule s’annonçait radieux.


J’avais vingt-six ans et je sus en ce jour crucial que l’infini m’attendait derrière la couche nuageuses, au-delà des apparences physiques.


La ville de Sens sur mon chemin prenait une signification singulière, avec une portée nouvelle. Elle devenait un signe. Comme un clin d'oeil. Une clé entre la Terre et l'immensité des nues. Mon voyage, parce qu'il s'orientait à cet instant précis à la verticale, je le sentais, commençait enfin à avoir un vrai sens.


Tandis que j'étais confortablement installé à l'intérieur du véhicule et que le paysage défilait sous mes yeux, une main invisible -ou une aile d'ange, un souffle sacré- m'emmena hors de ce monde terrestre pour me montrer des sommets entourés de splendeurs.


Là, je vis l'indicible, la beauté supérieure, la véritable profondeur des choses, l'éclat sans fin des grandes et petites causes de l'Univers, la poésie de chaque goutte d'eau, la gloire des moindres particules de ce qui est créé, la hauteur de tout ce qui semble inerte...


Lors de cette étape routière jadis, à l'heure du couchant, entre les lueurs du Soleil déclinant et l'ombre du soir ma conscience s'est divinement élargie et je me suis envolé jusqu'au flamboiement de la Création.


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https://youtu.be/yzJD61GN37g

mercredi 25 septembre 2019

1522 - Un enfant pas comme les autres

On le dit anormal, différent des autres. Voire triste, mal dans sa peau, déprimé.

Certains éducateurs pensent qu’il doit être victime d’une secrète injustice du sort tant il ne ressemble pas aux autres enfants de son époque, tant il ne colle pas avec son siècle, comme s’il venait d’une autre planète.

Le petit Jules est un cas particulier qui ne se comporte pas comme ses camarades.

Ses centres d’intérêts s’avèrent en total décalage avec son environnement socio-culturel. 

Insensible à toutes ces choses conçues pour les jeunes gens de son âge, sourd aux attraits des oeuvres communes à sa génération, ne répondant pas aux stimulus les plus ordinaires de son environnement, il préfère regarder ailleurs.

Ce qui inquiète beaucoup les psychologues.

Il s’investit dans des affaires qui ne sont pas celles de ce monde, régresse à travers des agitations d’un autre temps.

Bref il s’enferme dans des sphères ludiques, spatiales et cognitives stériles, périmées, incompréhensibles pour lesquelles il ne ménage ni ses ardeurs ni ses efforts...

Jules semble souffrir d’une forme grave et inhabituelle d’autisme. Les divertissements, jeux et autres activités d’éveil qui fédèrent tous les adolescents conformes de notre civilisation lui sont parfaitement étrangers.

Lui, s’amuse à sauter dans les flaques de pluie, court en chantant dans la forêt, clame des poèmes à l’adresse des oiseaux, grimpe sur les lampadaires, joue dans les arbres, contemple les étoiles, boit l’eau des ruisseaux, se salit en se roulant dans l’herbe, mime le vol des papillons...

Il n’a pas de téléphone portable, nul smartphone, ne surfe pas sur INTERNET.

De toute sa vie, jamais il n’a été en contact avec un écran.

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https://youtu.be/t0oLaXEn-6o

dimanche 22 septembre 2019

1521 - Banane absolue

La vue d’une banane me rappelle invariablement la silhouette et le visage de Farrah Fawcett, sa personne entière ayant bien des similitudes avec le fruit pâle à pelure jaune avec lequel je la compare ici en termes suaves autant qu’oniriques.

Et non pas ironiques.

J’associe la baie blonde de forme oblongue à l’image de cette femme qui fut une longue et étincelante femelle aux éclats certainement solaires mais surtout lunaires.

Ave sa peau de pêche couleur de lait, son corps frêle et la lumière de sa face, la texane à la glorieuse beauté ressemblait mystérieusement à cette pomme innocemment phallique venue du bout du monde.

Son sourire aux effets enchanteurs avait la même saveur que ce croissant doré issu des sillons de notre Terre. Et qui, paradoxalement, semble être une véritable oeuvre de la Lune...

Ainsi, les soirs de longues rêveries méditatives il m’arrive de confondre la sélène présence luisant dans le ciel avec le comestible courbé que je tiens à la main, en mémoire de la fée effacée.

Et en levant les yeux vers l’astre phosphorescent, comme si j’étreignais un rêve mûri sur le sol sélénien, j’ai l’impression de tenir l’infini entre mes doigts.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/xbRtnrvABZ8

mercredi 18 septembre 2019

1520 - Une flamme blanche

C’est elle que j’aime car elle est de mon monde, elle que j’honore pour ses vertus, elle qui brille autour de moi.

C’est une flamme de vérité, une image sans fard, une femme méritée.

Un être pur qui me parle de choses âpres, élevées, belles, difficiles... Mais vraies.

Elle est une neige et je suis un sommet, elle descend du ciel et vient se poser sur mon immensité.

Elle chante haut, pense juste, marche droit, murmure ses rêves et hurle l’amour.

Elle l’oiseau, moi la plume. Elle l’azur, moi le marbre. Elle le blanc, moi le bleu.

Elle est tendre, forte, incorruptible : elle aime les pierres, les lions et les fleurs.

Jamais vous ne la verrez adopter vos modes, se complaire dans l’ombre, aduler le faux. 

Elle, elle se bat âme nue, poings fermés, coeur ouvert.

C’est un astre unique une peau de lait, une grande blonde, une amoureuse...

Un Soleil, une lumière, une Eve.

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https://youtu.be/aRp_HrY569g

mercredi 4 septembre 2019

1519 - Interview

Raphaël Zacharie de IZARRA, vous étonnez sans cesse votre lectorat avec vos folles aptitudes à produire des étoiles par la magie de votre plume. C’est même là votre secret le mieux gardé. Nous dévoilerez-vous enfin les arcanes de votre intarissable inspiration ? Nous nous doutons bien que vous vous abreuvez des merveilleux nuages de votre âme pour écrire vos textes aériens... Quels sont vos rêves les plus récurrents ?

Je rêve de spaghettis au beurre agrémentés de gruyère (mon mets favori), mais aussi de caramel fondu au sel de Guérande. Sans oublier les gâteaux. Mes préférés sont le mille-feuilles et le bourdon aux pommes.

Ha ! Votre légendaire sens humoristique ! Plus sérieusement, de quoi se nourrit votre flamme poétique monsieur IZARRA ? Quels sont les sommets que vous cherchez à atteindre du bout de votre fine épée ?

Ha mais je ne plaisante nullement. Je rêve réellement de ces trésors alimentaires qui ont l’immense avantage d’être à ma portée. Je suis une personne très simple et j’apprécie les plaisirs rustiques de la vie. Je n’ai pas besoin de désirer des chimères pour faire de moi un chrétien heureux : un croûton de pain me suffit. Et lorsqu’en plus il y a des miettes de ceci ou de cela, alors je suis aux anges ! La gastronomie me comble de satisfaction, je ne suis pas différent de mes semblables sur ce point essentiel, vous savez. Allons, ne soyez pas hypocrite : allez-vous me faire croire que vous détestez festoyer de petits ou grands plats ? Après avoir rédigé un bon papier, je suis heureux de passer à table.

Nous vous imaginions plus sophistiqué que cela dites-moi Raphaël Zacharie de IZARRA...

Parce que vous pensez que les menus agréments de l’existence, ces délicieuses nécessités du sort issues de la bonté Divine, sont des bagatelles ? Vous considérez que cet aspect de la Création est dérisoire ? Ce serait faire injure au génie divin que de négliger ces cadeaux de l’incarnation ! Moi je sais faire honneur aux fruits de la Terre qui nous sont offerts et rendre hommage à ce Créateur de merveilles à chaque fois que l’occasion se présente. C’est à dire à l’heure des repas. Là est mon paradis terrestre. Ecrire et manger, mais surtout manger, ainsi se résument mes joies temporelles.

Et à quelle autre ivresse aspirez-vous entre la rédaction de vos superbes textes et l’ingestion de vos plus chers aliments ?

J’aime la soupe. Mais aussi la chair, ces fleurs sucrées, généreuses, juteuses de cet Eden qu’est le monde. Je suis un jouisseur total et ne me prive d’aucun enchantement, du plus épais au plus raffiné, tant que cela est permis par l’ordre du Cosmos. La pluie est faite pour arroser les vivants, la glaise pour être pétrie et façonnée à notre guise. Vivre c’est exulter d’allégresse.

Et Farrah Fawcett, Raphaël Zacharie de IZARRA ? Vous la savourer à tous les parfums et même très précisément à cent sauces différentes car vous avez la formelle intention d’écrire cent articles sur celle qui semble être votre muse la plus féconde. Et vous l’avez déjà fait soixante-seize fois à ce jour...  Vous en direz-nous beaucoup plus à ce sujet ?

Farrah Fawcett, c’est une paillette d’or.

Parlons nourritures de l’esprit. Vous enrichissez-vous plus volontiers d’oeuvres purement littéraires que philosophiques ? D’ouvrages à vocation sociale plutôt que des manuels pragmatiques ? Ou d’autres richesses intellectuelles dont nul parmi vos lecteurs ne soupçonne ?

Que des patates ! Ou des nouilles. Et des chaussons aux pommes au dessert. Rien d’autre. Je nourris mon esprit avec du féculent et du sucre.

Que voulez-vous dire Raphaël Zacharie de IZARRA ? Vous ne mettez pas les fastes et splendeurs du pur intellect au centre de votre panthéon izarrien ?

Lire ? Qui plus est des vieux trucs sans intérêt ? Vous n’y pensez pas ! C’est que j’aime vraiment la lumière moi ! Me coltiner des pavés de philosophie ? Quel ennui ! Je suis parfaitement étranger à ces austères amusements de désincarnés, à ces passe-temps de porteurs de chapeaux poussiéreux ! Je me tiens rigoureusement loin de ces sévères distractions. Je ne fréquente pas du tout les gros livres assommants, ne mets les pieds dans aucune bibliothèque (sauf pour me mêler discrètement à des cocktails et avaler des petits fours à l’oeil), ne vais jamais dans les centre culturels. Je n’entre que dans les pâtisseries, les épiceries fines... Dans les bars également, pour me rafraichir avec de bonnes bières. Bref, je ne vais que là où je peux trouver de savoureux gâteaux, d’excellents chocolats, ou simplement du bon pain et du houblon de qualité.

Vous ne vous intéressez donc pas aux oeuvres des autres auteurs ?

Bien sûr que si ! Les oeuvres de mon boulanger-pâtissier me passionnent et chaque jour je me tiens scrupuleusement au courant de ses créations.

Raphaël Zacharie de IZARRA, êtes-vous bien sérieux ? Tant d’outrances pousse à croire à de l’ironie de votre part...

Est-ce que j’ai l’air de plaisanter ? Il s’agit ici du bonheur de vivre, une chose sacrée. Surtout pour l’esthète que je suis. Pourquoi donc pensez-vous que je me moque de vous ? Pourquoi ironiserais-je d’ailleurs ? Ce serait bien stérile de ma part. Au contraire j’ai tout avantage à montrer mon vrai visage et à inciter les autres à faire de même.

Mais enfin Raphaël Zacharie de IZARRA, si vous ne lisez pas, ne vous penchez pas sur les écrits des autres, comment faites-vous pour créer à votre tour ? Cela n’est pas possible !

Je mange des gâteaux.

Vous mangez des gâteaux ? Et vous ne lisez rien du tout ? Vous passez vos journées à bouffer et vous dites que vous faites de la littérature comme ça rien qu’en bâfrant ? Non ce n’est décidément pas possible Raphaël Zacharie de IZARRA ! Dites-nous que vous vous foutez du monde, que c’est une blague !

La preuve que c‘est possible de produire des lettres en mangeant de la pâte feuilletée puisque je le fais. Je vis. J’observe les êtres, la nature, la ville... Je fais du vélo. J’attend l’heure du dîner. Etc.

Vous ne cessez de nous parler de denrées alimentaires, jamais de considérations plus éthéréennes. Mais alors si vous prétendez faire briller l’Univers et élever les consciences de vos contemporains rien qu’en adoptant ce modèle de vie pour le moins primaire, que ne nous raconteriez-vous pas si vous étiez au pays des merveilles dans une maison de pain d’épices bordée de ruisseaux de caramel comme dans “Ansel et Gretel” !

Alors là je serais au Ciel !

VOIR LA  VIDEO :

https://youtu.be/DjGH1S8JBLk

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique