vendredi 31 mai 2019

1485 - France

Sur le plancher des vaches en Normandie, au ras des pâquerettes dans la prairie, haut dans l’azur et même plus bas encore, partout où vole ma plume je chante la France.

Autour de ces terres sacrées, sur le sol de nos ancêtres, au sommet des tours ou bien dans l’horizon où paissent les troupeaux et naissent les vagues, je n’émets que louanges car j’aime ce qui est beau, grand, éternel.

A la ville comme à la mer, rien de vil ni d’amer. Dans les campagnes, sous les ponts et dans les ports, par les monts et par les plaines, je ne vois que merveilles.

Avec des milliers d’histoires et autant de mots avec des grandes lettres, tout ce qui porte majuscule se reflète dans le monde entier : l’hexagone est un paradis sur le globe.

Le Soleil se lève sur Versailles, brille sur les jardins et se couche sur les plages.

Depuis Paris jusque Trifouillis-les-Oies, on est heureux de naître, vivre et aimer si proche des meilleurs sillons de la planète.

Chez nous fromage rime avec hommage, le vin est divin et le pain jamais mauvais.

De la Creuse à la Somme il y a de l’azur et de la craie.

De Bordeaux à Reims, des rêves et des bulles.

D’Arles à Orange des herbes de Provence mêlées de proverbes.

De l’Ain au Lot, pour les uns et les autres, du bonheur sans fin et des jours sans ombre.

Et, dans la cité des citrons, ne mentons pas, aucun potiron : on les laisse aux Anglais.

Et puis de l’Aisne au Gard, pour le bon air vous aurez plein d’égards.

Enfin j’exagère un peu...

En vérité ici on meurt comme ailleurs. On est aussi touché par le malheur qu’en Equateur. Comme tous les humains, on est contrarié aussi bien pour un oui que pour un rien. La souffrance y est pareille qu’au Pôle Nord ou qu’en Papouasie.

Sauf qu’on est dans notre royaume.

Ce qui fait toute la différence, c’est qu'on est en France.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/StcoQVPD91g

1484 - Boris Le Lay

Le Lay est beau.

Son verbe également a de l’éclat.

Sous ses airs de Petit Prince émerge un seigneur des brumes aux grandes ailes sombres.

L’âme damnée de la Bretagne. Le paria du pays. Le prophète du malheur.

C’est à dire, en réalité, le colporteur de vérités.

Avec ses dons oratoires, l’oiseau de proie déchiquète sec et vole haut : il a le bec féroce et la plume vive, le mot perçant et les pensées qui déplaisent.

Aussi séduisant qu’infréquentable, il défend ses idées claires dans ce siècle trouble.

Non sans l’adresse et l’élégance carnassières des vrais rapaces.

De haute race.

Il a l’envergure des aristocrates nés pour la liberté de haïr. Acerbe, tranchant, sulfureux.

Délicieusement intolérable. Divinement misanthrope. Franchement raciste.

Mais c’est là le prix du vrai. La rançon de la lucidité. La sanction du courage.

La lumière brûlante du vitriol. Le feu du réel. La flamme de la véracité.

Bref, il incarne la force des tempêtes : pas les tièdes, les fausses, les mensongères des livres ou des médias mais celles de la vie. Avec du sel, des bris, du sang.

Le Lay est dur comme le granit. Aussi droit qu’une falaise. Il rayonne avec la violence du Soleil.

Ni plus ni moins.

Intègre, pur, franc, il est à l’image des pluies et nuées qui, là-bas dans le Finistère, se fracassent sans retenue sur le dos des frileux, glaciales, insolentes, pleines d’écume et d’âpreté, vertigineuses, cinglantes et belles.

C’est ce qu’on lui reproche.

Les vagues qu’il produit, précisément parce qu’elles sont saines, brisent les ventres mous des larves mais fortifient les tempéraments vaillants.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/IZfEPdtYiVg

mercredi 22 mai 2019

1483 - Tel que je suis

Dans ce monde criminellement standardisé, tristement lissé, inhumainement édulcoré, lamentablement dénaturé, frileux, épilé, châtré, faible, appauvri, j’apparais comme une monstrueuse singularité, un OVNI d’authenticité, une outrance de pensée brute, un furoncle de personne réelle.

L’incarnation de ce qu’il ne faut surtout pas être : normal.

Un humain grandeur nature qui pense, conçoit, avance, agit de façon sensée, libre, indépendante.

Sans les artifices imbéciles et autres délires de cette société malade soucieuse de niveler les individus, les idées, les sentiments selon ses critères morbides.

Société désaxée tombée d’un côté dans la folie de la transgression, de l’autre coté dans l’hystérie de l’auto-censure.

Tourner systématiquement en dérision les saines valeurs tout en réprouvant les “aspérités” de langage des “arriérés”.

Telle est la norme en vogue.

Ce monde en toc peuplé de caniches annelés et de poulettes déplumées -interchangeables- a peur du vrai. La justesse des mots effraie les adeptes du faux. C’est pourquoi sont proscrits certains termes hier banals, aujourd’hui brûlants de subversion...

Aussi, lorsque je laisse parler mon coeur, faisant abstraction des concerts de bêlements abâtardis de tous ces émasculés qui m’entourent, chacun de ses battements est un coup de massue dans leur face de carton.

Chaque réflexion sortant de mon esprit intègre est une tomate pourrie jetée en pleine poire de ces d’efféminés. Une torgnole galactique, un tonnerre de vérités sans masque ni ornement qui terrifie les suffragettes.

Et leurs alliés soumis, ces toutous féminisés faisant office de mâles, de conjoints, de maris. Ces porteurs de frisettes se croient des hommes mais même quand ils sont musclés, poilus, tatoués, burnés, leur mentalité est efféminée : ils parlent comme parlent  leurs femmes gauchisées...

Eux les êtres raisonnables, moi l’ogre insane ?

En réalité je ne suis nullement carabiné. Pas plus gratiné. Ni cinglant ni brutal. Encore moins fabuleux ou horrible.

Je suis simplement entier.

Ordinaire.

C’est eux qui sont des loques, des larves, des avachis, des mollassons, des handicapés de leur humanité, des infirmes de la véritable fierté, des amputés de leur dignité.

C’est eux qui sont morts, moi qui suis en vie !

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/Rlph_BWrDZE

mardi 14 mai 2019

1482 - Mai

Voici mai qui s’installe.

Les feuillus renouvelés jettent de grandes ombres matinales tandis que l’astre monte et rayonne dans un ciel immense, clair, frais.

Le mois sera dur, humide, argenté.

De la colère et de la grêle dans l’air, du vent insolent et des nuages éclatants, des oiseaux noirs dans le ciel et des festins gelés sur l’herbe : telle sera la saison de fête !

Et c’est cela que j’aime.

Tout en contrastes tranchants et dorés, douloureux et brillants.

Des jours qui débordent d’onde et d’éclairs, de caresses froides et de gifles nuancées, de souffles rêches et de lumière franche.

Des gouffres délicieux au bas des pentes et des spectres vertigineux dans les nues.

Avec les sols inondés de larmes fécondes et les fleurs grelottant dans leur beauté rentrée.

Un printemps inespéré, plein de troubles et de regrets acerbes, d’eaux vagabondes et de flots inattendus, de hauts faits et de vagues effets comme des artifices sans feux...

Et, pour couronner l’arrivée de l’été la veille de juin, des bourrasques d’automne brisant quelques branches d’arbres et tout espoir de soleil.

De bonnes rafales moqueuses qui oppriment les coeurs superficiels et éclairent les visages heureux des authentiques esthètes.

VOIR LA VIDEO :

https://youtu.be/R1laOH90F-Y

Liste des textes

1328 - Je suis apolitique