vendredi 27 juillet 2007

755 - Le discours autour de l'art

Le discours sur l'Art est en grande partie composé d'approximations oiseuses. De prétendues références historiques. De considérations générales ou au contraire extrêmement pointues. Bref, un ramdam érudit parfaitement arbitraire mais authentiquement verbeux plus ou moins consciemment fait pour impressionner le profane et suggérer une initiation au vaniteux.

Moi-même je me suis essayé à maintes reprises aux discours traitant de l'art. Textes aux apparences sérieuses faits de doctes allusions, construits sur de savantes fumées, tissés de phrases creuses tonnant comme des mirages pleins d'autorité conventionnelle, voire avant-gardiste... On l'aura compris, ce genre n'est qu'imposture. Le plus fort, c'est que ça marche !

Nul ne comprend rien ou presque, tous acquiescent. Personne au fond de lui-même n'est d'accord avec le critique d'art, et pourtant même l'esprit le plus indépendant adhère. C'est que dans le domaine de l'Art officiel le poids de l'autorité des "initiés" est si grand, l'impact psychologique de l'artifice verbal si puissant qu'ils annihilent tout esprit critique.

On a applaudi à mes textes sur l'Art, ce n'était pourtant que de purs exercices de style à la "Christie's". Il suffit de lire les brochures distribuées dans les galeries d'Art pour se rendre compte de la grande farce académique que constitue la critique d'Art. Personne n'ose contredire ces solennelles âneries écrites autour de la plupart des oeuvres d'art. Il y a beaucoup de vent dans la critique d'Art, peu de propos réellement pertinents, et c'est d'ailleurs ainsi que le système fonctionne : une bonne dose d'imposture (faite d'hypocrisie culturelle, d'effets linguistiques brillants et d'artifices phraséologiques recherchés) est nécessaire à l'élaboration du mythe des oeuvres d'art.

Certaines oeuvres d'art parmi les plus vides doivent d'ailleurs leur célébrité à tous les discours creux inventés pour leur servir de projecteurs. Discours longs, denses, difficiles d'accès émis par d'éminents clowns diplômés des grandes écoles des Beaux-Arts. Le vent est la composante la plus importante dans le domaine de l'Art. L'on s'extasie sur des pots de chambre, sur des toiles couvertes d'un blanc uniforme, sur des tableaux peints avec de l'excrément, sur des sculptures prétendument abstraites et qui en fait représentent le vide difforme et monstrueusement boursouflé de leurs auteurs...

7 commentaires:

Naturellementvotre a dit…

Rires vous n'aimez pas l'art à en croire votre texte... Moi personnellement je serais plus à même de penser que l'art est une représentation de son soi profond... une porte d'entrée vers son imagination aussi inventive soit-il. Etre artiste n'est pas une facétie mais plutôt une sensibilité plus accrue et une cherche plus dense du désir de fantasme. Une originalité que j'aime bien exprimer est le dessin. Même si je pense aussi que certaines admirations vestimentaires sont tout à fait exagéré voir du registre de l'absurde, je maintiens le fait que nous sommes des êtres qui recherchons la beauté intérieure par l'apport d'outils extérieurs et l'art en fait partis. :)

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

Détrompez-vous, j'aime l'art, mon texte n'a aucun rapport avec cela. C'est justement parce que j'aime l'art que je dénonce le discours hautain fait autour de l'art. Je parle de la manière prétentieuse et hermétique de parler de l'art. L'imposture est là. Je ne raille pas l'oeuvre d'art, mais le baratin mondain fait autour de l'art. Les plus grands critiques d'art font souvent un fromage d'un tableau blanc ou d'un pot de chambre. L'oeuvre en elle-même devrait suffire à déclencher l'admiration ou la répulsion sans qu'il y ait besoin d'ajouter des commentaires oiseux. Si un pot de chambre présenté comme une oeuvre d'art parvient à me toucher, alors l'artiste a réussi. Mais si le pot de chambre a besoin d'un critique d'art à la langue incompréhensible pour exister en tant qu'oeuvre d'art, alors on peut estimer que l'oeuvre de l'artiste qui a créé le pot de chambre est faible.

Raphaël Zacharie de Izarra

Naturellementvotre a dit…

Au temps pour moi! :)

Rodolphe a dit…

De rien pour Luc Arbogast...
Rodolphe
http://www.mercureliquide.com/
http://www.myspace.com/rodolphebessey

Anonyme a dit…

A l'heure où la porte est grande ouverte à l'amateurisme (pour ne pas dire à la médiocrité) n'importe qui faisant n'importe quoi peut se prédendre " Artiste " en faisant des taches et du barbouillage " les propos de Raphaël Zacharie de Izarra sur le discours de l'art, sont délectables et me réconfortent.
Merci très chèr Raphaël.
Aldéhy-
www.artabus.com/aldehy

MY Arts a dit…

Vos propos sur l'art semblent d'un intérêt certain et votre point de vue , bien tranchant. Toutefois, ce serait intéressant de vous lire davantage!

Au plaisir et longue vie à ce blog!
MYArts

filledemnemosyne a dit…

L'art est un message.
Poétique, tragique, comique, ironique...
Le corps de ce message, le génie de l'artiste trempé dans l'encre de sa sensibilité, arrive vers nous à l'état brut.

Notre regard, notre perception va travailler encore l'œuvre. Nous allons, selon nos propres émotions, recevoir ce message, le boire, le digérer, le jeter sans le moindre regard ou le vomir.

La critique est intime. Elle est ,puisqu'elle fait partie de nos sens, mais elle est propre à soi.

Elle est aussi intime que le but de l'artiste.
Si le corps de l'œuvre est public, la critique est aussi intime que l'est l'âme du message.