jeudi 27 février 2020

1571 - Voyage autour de mars

Les giboulées claquent contre les fenêtres et font des étincelles de glace sur le sol.

Le spectacle de cette eau d'artifice afflige mon âme déjà bien en peine et, paradoxalement, y verse également un peu de joie glacée.

Tout le charme de la grêle de mars est là : dans l'ambiguïté des morceaux de givre se mêlant aux rayons de lumière.

Tristesse des nues entrant dans une danse frénétique, sombre et quasi-nivéenne : un orage de mélancolie aqueuse qui produit sur les hommes une douce ivresse... Une sorte de spleen résultant de la rencontre entre le nuage et le caillou, l'azur et la boue, l'averse et le labour.

Bref, le baiser entre le ciel et la terre.

L'humide saison m'inspire des sentiments troubles. Quand elle assombrit le monde de ses bourrasques et fait chanter les vitres, mon coeur s'éclaire de pensées en semi-clartés.

Et je trouve belle cette pluie pleine de douleur et de confusion, passant de la déprime à l'arc-en-ciel, des pleurs à la sérénité, de la gifle froide au soleil en un instant...

Les deux extrêmes se croisent, se nuancent, se combinent pour offrir des tableaux changeants, brefs et intenses : tantôt le jour, tantôt l'ombre apparaît comme dans un rêve.

Une errance qui durera une journée, une heure ou quelques minutes.

Le temps pour moi de voyager très loin, très haut, très mystérieusement dans mes brumes intérieures.

VOIR LES DEUX VIDEOS :

https://youtu.be/KEDG40HInUI

https://youtu.be/onSt1xWxqNg

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