Texte d'après un tableau du peintre Aldéhy
Elle dirige son regard vers des clartés célestes. Il n'y a nulle hésitation
dans son coeur, ce sont les hauteurs qui l'intéressent.
Ou pour le dire en deux mots inexorables, le ciel des anges.
Ne soyez pas sarcastiques vous les incrédules, les impies et les moqueurs
de tous bords : elle ne veut pas accéder à l'équivalent de ces naïfs plafonds
blancs des églises de sous-préfecture où évoluent de fades têtes ailées issues
des légendes sulpiciennes, non... Vous seriez bien bêtes de le croire, ânes
jouisseurs que vous êtes !
Ces nuages de carton-pâte ne sont pas pour son âme de fer.
Elle n'aspire nullement à ces tiédeurs, platitudes et mollesses faites pour
plaire aux médiocres, mais aux sommets inhumains, aux flammes rédemptrices et à
leurs fracassants éclats !
Son chemin héroïque consiste en une vraie élévation. Elle souhaite la
vertigineuse ascension, c'est-à-dire la dure, la difficile, l'austère, celle
qui, entourée d'épines et de quolibets, débouche sur la joie pure.
C'est que, lassée des lourdeurs de la Terre, repue des saletés du siècle,
écoeurée par les corruptions en vogue, elle a décidé d'abandonner les facilités
du mensonge, le confort du faux, les égarements de l'impiété.
Cette femme cherche une lumière qui la dépasse. L'argent, les vanités,
l'artifice n'ont plus de saveur pour elle, ils ne valent plus rien à ses yeux.
Elle vise l'azur, les nues, les étoiles et plus loin encore...
Si loin que, perdant de vue l'essentiel depuis votre sol de certitudes
matérialistes, vous appelez fort sottement "vide" cet infini se reflétant dans
ses prunelles.
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