Les jours de tempête, le ciel ressemble à une vaste trompette sous mon chapeau
de paille. Alors, l'auguste spectacle des airs commence pour moi.
J'assiste au théâtre des cumulus qui s'agitent dans leur bleue immensité. Ces géants aux pieds de coton entrent en scène dans l'arène aérienne.
C'est le ballet des plumes aux allures d'enclumes, véritables monstres de brume voguant au gré de la tourmente...
Un opéra océanique et champêtre joué en robes vaporeuses. Une danse éthérée aux dimensions stratosphériques, pleine de majesté.
Je suis prêt pour mon voyage vertical. Gonflé à bloc dans mes pompes de vagabond.
Il ne me reste plus qu'à lever les yeux vers les nuages pour m'envoler aux
côtés des oiseaux. Les flots et les ondes pénètrent dans ma tête en fête et je m'élève
aussitôt, l'âme en feu, au-dessus des pâturages.
Et je marche dans les nues. Et je vole loin de la terre. Et je plane très haut en compagnie des moutons célestes. Le vent dans mes oreilles beugle aussi
fort que possible, pareille à une vache de l'azur.
Quand Éole s'emporte comme un fou et monte sur ses grands chevaux, même les
grosses et lourdes Marguerite ont subitement des ailes !
Les flammes qui m'entourent sont blanches, mes bottes deviennent légères telles des bulles, mon manteau claque entre verdure et sommets.
Je me retrouve à divine distance des bouses.
Le souffle de la poésie m'a soulevé du sol des sillons pour me déposer sur les neiges de l'horizon.
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