Toi qui te dis "poète", sache que tu n'es qu'un producteur de néant.
Tu te prends pour un prince des nues, pour un élu des muses, pour un astre
éclatant... Tu n'es qu'un oiseau prétentieux aux ailes minuscules.
Un volatile dénué d'envergure, en somme. Et tu nous assommes avec ta plume
qui résonne comme une marmite à pot-au-feu !
On s'emmerde royalement dans ton ciel allégé. Il est peuplé de fades nuages
et teinté d'indolore azur... Et même quand tu y ajoutes de l'orage en te
figurant que cela vaudra de l'or, ça reste toujours un sommet de
platitude.
Quel ennui prodigieux sous tes cieux !
Tu crois donc aux pauvres mots que tu ponds ? Quelle fatuité ! Tu nous
pompes l'air en réalité. Tu nous les gonfles !
Comprends-tu bien ce que tous pensent de toi, poète de mes deux ?
Sais-tu au moins que tu bassines le monde entier avec tes rimes à la con
?
Et tu cherches un éditeur pour lustrer ton ego ? Quel gogo tu es ! Tu
imagines que les hommes de la Terre, les femmes de tes rêves et les anges de la
lumière vont vouloir dévorer tes pages bourrées de nouilles molles ?
Tu es persuadé d'être splendide : tu n'es qu'insipide.
Nul ne veut avaler tes vers, à la vérité. Tu nous fais tous chier avec tes
interminables lombrics soporifiques.
Sous ta lyre indigeste qui me vole mon temps, qui s'étend et s'étire
stérilement, décidément je ne trouve rien à lire.