lundi 31 août 2026

2737 - Joyeux anniversaire !

Le jour de ses vingt-deux ans, Violette estima indispensable de fêter avec pompe son anniversaire.
 
Je dus faire face à cette énième futilité avec toute la diplomatie dont je me pensais capable en pareil cas.
 
Je n'avais nullement envie de sacrifier plus d'une double dizaine de bougies, aussi minces fussent-elles, pour une cause à ce point insignifiante. Cependant, je devais feindre de croire qu'elle avait atteint un âge glorieux, digne d'être honoré avec faste. Histoire de la flatter tout en lui faisant oublier ces artifices inutiles et coûteux.
 
Puérilités toujours trop chères à mes yeux, qu'elle se croyait pourtant en devoir d'acquérir pour tenter d'illuminer au maximum cette date que personnellement je ne considérais pas particulièrement décisive.
 
Et encore, je ne comptais pas l'achat d'un gâteau qui, assurément, aurait été à ma charge...
 
Certes, j'aurais pu lui proposer de fournir ma propre pâtisserie gratuite, sauf que je me doutais bien qu'en cette occasion solennelle, Violette n'aurait guère apprécié un tel présent issu des poubelles.
 
Je voulais qu'elle se sente reine dans la pénombre de ma chambre en cette heure cruciale. Sans qu'elle s'attende pour autant à recevoir d'autres cadeaux et honneurs que ceux, délicieusement immatériels, que je lui destinais : acclamations, belles paroles, mots sincères de toutes sortes.
 
Sans omettre l'inévitable verre d'eau concluant tellement de choses sérieuses sous mon toit d'économe.
 
Je devais insister non sur la coupe de flotte, mais sur les clameurs appuyées censées célébrer hautement, c'est-à-dire à moindres frais, ce minuscule événement. Bref, ces multiples glorifications sonores pouvaient, selon mes rusés calculs, remplacer avantageusement l'absence de tant de chandelles ainsi que leur support pâtissier.
 
Ma stratégie se voulait aussi frontale qu'anguleuse. Il me fallait casser tout sec son idée de pesante bagatelle et lui présenter à la place la légèreté de mes vues. Mon but consistait à faire disparaître de ses pensées la vingtaine de mini cierges plantés sur l'onéreuse douceur sucrée, pour mieux éclairer sa petite cervelle de jolie porcelaine.
 
L'urgence était de faire le vide matériel autour de cette affaire afin de mettre en valeur prioritairement la lumière des cœurs en joie. Même si au début Violette bouda un peu, frustrée de ne pas pouvoir souffler sur les vaines flammes, finalement je réussis mon coup. L'héroïne de la fête se résigna.
 
Une nouvelle fois, je venais d'échapper à de frivoles dépenses.

Joyeux amusements, Violette !

dimanche 30 août 2026

2736 - Le chien

Violette souhaita que l'on adoptât un chien. Peut-être était-elle en mal d'enfant, me dis-je. Un ventre supplémentaire à combler, à fond perdu, donc. Un chat, cela aurait constitué un moindre mal. Mais un canidé, quelle idée !
 
Sans compter les éventuels aboiements qui ne tarderaient pas à me coûter cher en termes de quiétude brisée.
 
— Violette, ce n'est pas que je n'aime pas les cabots, je les déteste. Ils mangent, ils hurlent à la mort, ils sont bêtes et leur odeur m'incommode. Ne préférerais-tu pas enlacer une jolie poupée qui te ressemble ? Le montant de cette acquisition, ainsi que son entretien, serait dérisoire : juste la peine de la ramasser au coin de la rue dans quelques bennes et de la nettoyer. Nous ne la nourririons que de sentiments purs. Elle vivrait de la seule lumière gratuite issue de nos coeurs. Qu'en dis-tu ?
 
Je lus dans son regard une déception mêlée de résignation. Elle le savait, toute résistance inutile. L'avarice aurait le dernier mot, l'enjeu était trop grand.
 
— En ce cas, je choisis un baigneur aux boucles dorées, me répondit-elle !
 
Le jour même, je lui dénichai son joujou de rêve : une superbe tête de poupin, auréolée de cheveux d'or. Je n'avais pas trouvé de reste du corps. Elle réclama la carcasse manquante. Ne pouvant mettre la main dessus, je lui proposai d'utiliser une bouteille en guise de tronc : il ne lui resterait plus qu'à planter la décapitée sur le goulot pour reconstituer le bébé artificiel. Ce qu'elle fit.
 
Je vis bien que le résultat la laissait dubitative. Nous étions très loin à présent du toutou enrubanné qu'elle avait espéré étreindre. Pour mieux lui faire oublier l'animal à chérir, je conclus ce débat avec franchise :

— Tu sais, Violette, autour de mes poubelles, je ne manque guère de compagnie. Mes amis les rats n'ont nul besoin de ma générosité pour s'alimenter. Une excellente raison pour moi d'apprécier leur amitié désintéressée. Ils sont proches de moi et ne me quémandent rien. N'incarnent-ils pas, à travers cette sobriété amicale, la plus belle preuve d'amour entre l'homme et la bête ? Alors tu vois, ton Médor avec ses appétits quotidiens se remplirait surtout l'estomac à nos frais. En échange de quoi ? De quelques coups de langue répugnants ! Personnellement je n'accorderais aucune valeur à ses tendresses hors de prix. Ce fidèle mangeur de croquettes payantes n'arriverait de toute façon jamais à la cheville de mes adorables rongeurs.

samedi 29 août 2026

2735 - Sombre roi

Violette suivait assidûment la mode. Coquette et ancrée dans son siècle, elle n'était insensible ni aux idées ni aux vêtements en vogue. Elle en incarnait même le reflet le plus fidèle, aussi bien à travers ses pensées allégées que dans ses allures féminines. Tout chez elle reluisait de ces pacotilles passagères.
 
Avec un pied dans son monde de mondanités et un autre dans mon antre d'avare, elle se sentait tiraillée entre son univers rutilant et soyeux et les charmes terreux de ma piaule de pingre. Savait-elle où se trouvait véritablement la lumière à suivre ? Celle issue de mon trou austère, ou bien celle émanant des néons flatteurs des marchands de futilités ?
 
Elle avait manifestement conscience de la valeur du modèle extrême que je représentais. À ses yeux, je personnifiais un but âpre et estimable. Sous les dehors ignobles, sordides et mesquins de mon personnage, elle percevait un sommet.
 
Elle voyait en moi un idéal épineux, un amant dégageant une authentique saveur, plein d'une vraie odeur d'humanité. Loin de ces héros proprets et insipides que l'on croise dans la vie ordinaire. Ces derniers sentaient bon le parfum des salons feutrés, tandis que je puais le camembert fermenté et le jus de poubelle. Je roulais sur un vélo préhistorique et fréquentais la gent ratière. Je vivais sur les restes de la rue, tout en amassant une fortune à la banque.
 
Seules les orties, les caniveaux et les vieilles boîtes de sardines ouvertes pouvaient me comprendre, non ces humains guindés que je côtoyais chaque jour.
 
Depuis qu'elle me connaissait, Violette appartenait à deux planètes différentes : une bleue et une rugueuse.
 
Une qui brillait de ses mirages et une qui tournait au rythme des rats.
 
Dans quel théâtre, finalement, déciderait-elle de danser ?
 
Lorsqu'elle se blottissait contre moi, une ombre apaisante semblait l'envelopper. Elle ne disait mot et ne se posait plus de questions. Quelle sorte de rêve hantait alors son esprit ?
 
Dans ces moments, elle n'était sûre que d'une chose : elle aimait ce foutu radin qui doucement l'enlaçait.
 
Je l'étreignais amoureusement, en effet. Avec mon cœur assurément logé dans ma poitrine.

Mais surtout, avec un oeil sur mon argent dûment caché dans un coffre.

vendredi 28 août 2026

2734 - Achat d'une voiture ?

Comme toutes les femmes, dépensières et avides de biens domestiques en tout genre, et particulièrement de moyens de transport utilitaires servant également d'assise sociale, Violette émit l'ardent désir d'acquérir un véhicule motorisé. Juste pour que nous puissions nous promener agréablement le dimanche, tout en affichant une certaine aisance financière autour de nous. À ce souhait, certes légitime aux yeux de ce siècle, mais parfaitement superflu selon mes critères, j'opposai des arguments allant dans le sens de mes intérêts d'économie autant que de celui de ma santé.
 
Je lui expliquai les énormes avantages d'adopter la mécanique simple et salutaire de ma vieille bicyclette, au lieu de faire appel à un engin à moteur qui sous-entendait de dépendre d'infrastructures complexes et onéreuses.
 
Il fallut que je lui fasse comprendre que je n'avais jamais été pressé d'avaler des kilomètres au prix fort. Avec mon vélo rouillé, j'avançais gratuitement sur toutes les routes, tout en me maintenant en forme.
 
Réfractaire à la seule pensée de carburer à l'essence, je pédalais joyeusement en respirant de l'air pur.
 
Et puisqu'elle me semblait peu encline à se mouvoir elle aussi à la force des mollets, je lui proposai de voyager à califourchon sur le porte-bagages de mon deux roues. Je préférais encore mieux redoubler d'efforts, quitte à traîner un poids mort derrière moi, plutôt que de débourser des sommes astronomiques au nom d'un supposé bien-être qui, en réalité, n'est qu'une source intarissable de dépenses inconsidérées.
 
Je lui parlais en outre d'écologie, de verdure, de préservation de la nature, enfin de toutes ces idées en vogue, cherchant à la culpabiliser de vouloir contribuer à polluer le ciel bleu. Évidemment, je ne croyais pas un mot de ce discours que je lui servais dans ma fuite d'avare.
 
Elle protesta. J'insistai.
 
Je l'invitai sur-le-champ, en guise d'initiation, à faire un tour en ma compagnie, confortablement juchée sur ma bécane, lui prouvant ainsi la validité du concept que je défendais si audacieusement. Finalement, elle fut convaincue et se résigna à mes vues.
 
Je venais de lui faire parcourir une distance tangible, en plein vent et sous le clair azur, sans qu'elle n'en paye le moindre souffle. Je prenais tout sur moi. En lui faisant renoncer à cet achat inutile, j'avais gagné une grande bataille. Je sentais cependant quelque secret regret en elle.

J'allais par conséquent devoir décupler mes forces à balader sa jolie carcasse sur le cul de mon bicycle.

2733 - Repas aux chandelles

J'avais préparé une surprise pour Violette : un dîner en amoureux. 

Dans l'ambiance feutrée de ma chambre.
 
Avec les moyens du bord bien entendu, afin d'ajouter une touche d'originalité et une pointe de fantaisie à cette petite fête intime. C'est-à-dire, un repas certes au rabais sur le plan économique mais hautement enchanteur poétiquement parlant : une noce confectionnée avec beaucoup de simplicité forcée et encore plus de sentiments sincères.
 
Une soirée d'exception donc, réalisée grâce à ma capacité innée à fournir peu de finances et à faire le moins de cadeaux matériels possibles pour offrir, à la place, énormément de coeur à mon invitée.
 
Libre à cette dernière, par ailleurs, de ramener pour son propre compte de quelques amuses-gueules et autres bagatelles alimentaires, voire des mets supplémentaires de bonne consistance et d'opportuns desserts, le tout accompagné de breuvages de son choix. Et ce, dans le but d'agrémenter à son goût personnel ce festin nuptial. 

À partager avec moi si elle le souhaitait. C'est ce qu'elle fit.

Si cela lui chantait, elle pouvait même m'apporter des présents de prix : j'étais là moi aussi pour faire honneur à la table et aux circonstances autant que Violette.

En ce qui me concernait, j'assurais de manière certaine le pain, l'eau et les chandelles.

De fait, elle vint chargée de divers plats chauds et copieux. Elle avait jugé plus judicieux de personnaliser et d'enrichir cette veillée confidentielle en y joignant ses saveurs favorites. 

À ses frais. 

N'ayant rien contre son idée, je la laissai disposer les couverts et y déposer la nourriture fumante qu'elle avait pris soin de transporter dans des boîtes adéquates.

Nous nous régalâmes d'un banquet de roi ! Une fois repus de ces assiettées fines, je posai à Violette une question qui me taraudait depuis le début :

— Après avoir égayé si généreusement cette réunion conjugale de toutes ces merveilles que tu as daigné acheter pour l'occasion (remarque que tu n'y étais nullement obligée), m'aurais-tu réservé une faveur valant son pesant d'or, par hasard ?

— Non pas du tout, seulement ce menu. Ce qui n'est déjà pas mal, ne trouves-tu pas ?

Je fus légèrement déçu, mais heureux tout de même de n'avoir pas déboursé plus que prévu.

— Tu sais que j'avais envisagé de rompre cette miche avec toi. Mais tu n'en as pas voulu. Et moi non plus puisque j'ai préférentiellement avalé les denrées que tu m'as présentées. Je te remercie Violette d'avoir préservé ma bourse. Je mangerai cette boule plus tard, avant qu'elle ne soit totalement rassise.

Quelle belle preuve d'amour Violette me donna ce jour-là ! Elle avait songé prioritairement à mon avarice. 

J'estimai, en effet, raisonnable le bilan de ces réjouissances : ma dépense se résuma finalement à à peine quinze grammes de bougie.

mercredi 26 août 2026

2732 - L'orage

Un orage se préparait.
 
Après une journée de chaleur, d'inertie et de lourdeur, nous espérions la légèreté d'une soirée pleine de flots et de fracas, attendant de recevoir enfin la gifle rafraîchissante d'un ciel noir de saine colère.
 
Je jubilais sous la tourmente qui s'annonçait, tandis que Violette redoutait un peu tout ce bruit au-dessus de sa tête. Si j'aimais à ce point entendre gronder les nues, c'était pour l'excellente raison que ce temps se résumait à un déversoir de toutes les richesses gratuites du monde.
 
J'assistais à un débordement des éléments en furie, à un don général de la nature qui ne se contient plus, au spectacle de la générosité de la création envers les hommes. Quelle fête ! Pour moi c'était l'eau et le feu offerts sans compter à la terre et aux êtres qui la peuplent.
 
J'admirais cette distribution universelle et égalitaire du trésor céleste, éternellement renouvelé, issu de la banque divine.
 
Encore fallait-il savoir apprécier chaque goutte ruisselant sur sa peau, la plus petite gorgée d'onde vivifiante coulant entre ses lèvres, les moindres caresses glacées de l'averse prodigue. Et que dire de l'arrosage des plantes et arbres fruitiers qui nous apportent l'opulence ?
 
La pluie ne réclame jamais rien en échange des miracles qu'elle produit. Elle fait tout reverdir, abreuve les sillons sans distinction, garnit les greniers de toutes sortes de récoltes. Qui lui rend grâce pour ses bienfaits ?
 
Rares sont les mortels de mon espèce qui, remplis de gratitude, tendent leurs coupes vers les nuages en chantant leur joie d'être mouillés !

A mes yeux d'avare, leurs larmes fertiles valaient aussi cher que le nectar des dieux.

mardi 25 août 2026

2731 - La maison

Au lendemain de ce mariage, dans la tête de Violette germa l'idée aussi formelle qu'attendue d'acquérir un lieu d'habitation à part entière.
 
Autrement dit, elle souhaitait que nous achetions une maison.
 
Avec toute ma fortune, j'en avais certes les moyens. Elle habitait encore chez ses parents et moi également. Nous avions par conséquent chacun un toit. Pourquoi dépenser de folles sommes pour un nouveau logement alors que nous pouvions nous contenter du refuge ultime que constituaient les quatre murs de ma piaule ?
 
Pour abriter une vie de couple, c'était largement suffisant. En outre, je n'aurais ni impôt foncier ni charges supplémentaires à acquitter en demeurant avec elle sur la propriété parentale. Je ne voyais nul inconvénient à mener une existence ordinaire dans ma chambre de toujours, en sa compagnie, pourvu que le bonheur conjugal fût au rendez-vous.
 
Une conjointe, mon lit, des poubelles : il ne m'en fallait pas beaucoup pour être heureux.
 
Par ailleurs, je devais m'efforcer d'initier Violette à ce quotidien simple et sain, même si je savais que de son côté elle se permettait, avec son propre argent, de jouir d'onéreux artifices. N'y avait-il pas la place nécessaire dans cette pièce pour y loger deux cœurs qui s'aimaient ?
 
De plus, les hôtes inanimés qui nous entouraient apportaient un charme crépusculaire à cet espace intime. Tous ces trucs rouillés, ces présences métalliques, ces formes fantomatiques ajoutaient une ambiance de mystère à mon antre. Ma caverne palpitait de ces ombres et de ces flammes. Délicieusement hanté par ce peuple immobile de babioles et de menues bagatelles, mon asile me semblait irremplaçable.
 
Le ciel de mon royaume rayonnait comme un doux cauchemar. Aux antipodes des tiédeurs aseptisées d'une alcôve neuve où je n'aurais jamais vécu, mangé, dormi et économisé auparavant, et donc dépourvue de marques personnelles.
 
Pas question de quitter ma modeste tour d'ivoire ! Même pour un château qui,  de toute façon, m'aurait paru trop propret, parfaitement anonyme, pas assez rance. Chez moi, j'avais mes repères de fouineur de trésors perdus, mes habitudes d'explorateur de bennes, mes mœurs mesquines et rassurantes de campagnol des ordures.

Je voulais rester le roi des rats sur ma terre d'avare.

lundi 24 août 2026

2730 - Le mariage

Avec gravité, nous songions à nous marier, Violette et moi. Il fallait officialiser cette union. Si notre couple pouvait sembler improbable à bien des égards, il n'en méritait pas moins d'être sacralisé en haut lieu.
 
J'allais donc devenir un mari avare et Violette une épouse de radin.
 
J'annonçai la nouvelle à mes parents, qui ne la prirent nullement au sérieux. À leurs yeux, je demeurais un fouille-poubelles immature et dépourvu d'avenir. En dehors de ma chambre d'éternel attardé, je représentais peu de choses selon eux. Peut-être n'avaient-ils pas totalement tort d'ailleurs.
 
En effet, je n'incarnais dans cette société moderne que l'archaïsme, l'arriérisme, tout le contraire de ceux qui vont de l'avant. J'étais même une sorte de parasite. À l'image des rats, je vivais des déchets de la rue sans rien produire pour la communauté humaine.
 
Dans ce contexte, un mariage prendrait fatalement des allures de farce. À part ma fortune héritée, je n'avais aucune situation. Plutôt le statut d'un foutu cafard et l'apparence d'un vil chiffonnier.
 
Me placer face à un curé en costume-cravate ferait rire -ou pleurer- toute personne convenable issue de ce siècle.
 
N'importe ! Je souhaitais m'unir devant le ciel avec Violette.
 
L'essentiel pour moi était la sincérité de l'acte et le nombre restreint d'invités. Je voulais un minimum de convives pour un maximum d'économie.
 
Je trouvai rapidement les deux témoins règlementaires. Nous nous retrouvâmes cinq à l'église : moi, Violette, le duo protocolaire et le prêtre. Pas de photo, pas de repas, pas de fête stupide. Juste la cérémonie. Aucun chichi.
 
Les festivités bruyantes, interminables et coûteuses ne faisaient pas partie de ma culture de pingre éclairé. Nul n'est tenu de succomber à ces artifices le jour du port de l'alliance. Je restai sobre et digne au cours de cet événement intime.
 
En outre, je n'ignorais pas que lors de ces occasions, la plupart des gens venaient pour festoyer à l'œil, indifférents au bonheur des conjoints. Il n'y a guère que les naïfs pour croire que les vingt, cinquante ou cent hôtes de leur table sont animés par des sentiments altruistes. Ces époux entourés de leurs amis s'imaginent être le centre du monde mais ne sont en réalité que les pigeons égocentriques qui payent un repas somptueux à des opportunistes.
 
Bref, nos épousailles furent aussi promptes que discrètes. Le lendemain, j'étais changé en "Monsieur et Madame Rapiat".

Avec un chapeau d'homme désormais marié pour me donner encore plus de crédibilité.

dimanche 23 août 2026

2729 - Les sourires de Violette

Quand Violette me souriait, c'était comme si je gagnais une faveur de haut prix.
 
J'avais l'impression de recevoir un colis gratuit par la poste, un billet de banque en échange de rien d'autre que ma gratitude, un cadeau offert par le soleil.
 
Je me trouvais devant une machine à sous où je ne perdais jamais.
 
J'expérimentais une sorte de système ouvert ne distribuant que des avantages. Un sourire sincère ne coûtant pas un centime à produire, le fait d'en être le destinataire me donnait le sentiment de bénéficier d'un cercle vertueux.
 
Tout cela fonctionnait bien entendu hors du monde bancaire, sur des bases différentes que celles des interactions purement économiques, exactement à l'image d'une graine que l'on plante : elle germe toute seule pour présenter une fleur à l'univers.
 
Certes l'on peut toujours monnayer la rose qui sort de terre, l'empaqueter, l'emballer sous du cellophane, l'étiqueter et la déposer sur un étal dans une boutique. Mais ces artifices à but mercantile n'ôtent ni le charme ni le caractère miraculeux du bourgeon issu du terreau.
 
De même l'on pourrait faire payer aux hommes le spectacle naturel du clair de lune, une promenade sous la pluie ou une soirée en solitaire à la chandelle. Ce serait absurde et cependant envisageable : il existe bien des lois qui interdisent à quiconque de chanter une chanson publiquement s'il n'en possède pas les droits d'auteur. À moins que l'oiseau chanteur n'achète cette permission, le tribunal lui coupera le sifflet.

Fort de ces considérations, je voyais les choses de manière gratifiante. 

Les regards lumineux que m'adressait Violette équivalaient potentiellement, à mes yeux en tout cas, à autant de pièces d'or tombées du ciel sur ma tête.

samedi 22 août 2026

2728 - À la mer

Un jour Violette voulut se promener au bord de la mer. L'idée en soi ne me paraissait nullement haïssable, bien au contraire, puisqu'en ce genre de lieu les baignades y ont toujours été totalement gratuites, ainsi que les vagues, le sable et le vent. Le seul problème dans cette affaire, c'était le transport, la côte se trouvant fort loin de chez moi. Dans un premier temps je lui proposai d'y aller à vélo. Sauf que la simple perspective de devoir pédaler pendant des heures pour se rendre jusque là-bas lui déplaisait manifestement.
 
En fait je venais de tenter, en vain, de la dissuader d'entreprendre ce voyage.
 
Ma ruse ayant échoué, j'essayai de lui faire miroiter les charmes d'une mare à grenouilles toute proche. La capricieuse persistait cependant à préférer les séductions maritimes aux chants des hôtes de la barbotière. Elle inventait mille bonnes raisons pour que je l'emmenasse embrasser l'écume sur le rivage sans fin situé à plus de cent kilomètres de ma chambre... Et sortait autant d'excuses pour bouder les mystères de la flaque de boue qui lui ouvrait les bras à proximité.
 
Impossible d'y échapper, me dis-je. Puisque je ne voyais nulle solution à cet ennui, il faudrait donc me résoudre à payer le train aller-retour pour deux personnes, juste pour effectuer une trempette dans ces flots lointains... Ce qui faisait cher le doigt de pied dans l'eau salée !
 
Comment éviter un tel gâchis d'argent ?
 
Je l'entretins doctement des dangers cachés de ces vastes étendues liquides. L'avertis solennellement des périls qu'elle encourait à s'aventurer de la sorte à titiller le large. Et même, plus simplement, j'évoquai avec gravité les possibles accidents du rail. Sans parler, en admettant que nous parvenions à bon port, des pinces des crabes, du venin des méduses, des morsures de créatures inconnues.... Enfin, je finis par aborder le délicat sujet des attaques de requins.
 
Finalement une grève ferroviaire, qui devait durer assez longtemps pour lui ôter toute autre pensée balnéaire de la tête, me sauva de ce petit désastre financier.
 
Trop heureux de ce coup de pouce du sort, j'invitai Violette à venir visiter les batraciens du coin.

Contre toute attente, elle fut ravie de découvrir tant d'êtres et de choses en si peu d'espace.

jeudi 20 août 2026

2727 - Les pierres

Dans la légèreté de mes heures choisies, c'est-à-dire dans les jours d'ennui, de vide et de fécond crépuscule, je comptais les cailloux.
 
En effet, lorsque je sentais que le temps avait du poids, du prix, et semblait peut-être même aussi trouble que l'incertitude d'un rêve, il ne me restait plus qu'à ramasser des pierres pour en faire un tas.
 
Ce terne amas de rocailles déposé devant ma chambre n'avait nulle utilité réellement pratique. À travers son évidente présence, il reflétait avec force ma fortune cachée à la banque. Cette preuve de ma richesse qui pesait sur le sol comme une montagne de sous me rassurait, tout en peuplant mes journées pleines d'oisiveté d'ombres éclatantes, de formes opportunes et de roc tangible.
 
Je meublais ainsi mon existence d'avare en créant de la valeur imaginaire avec bien peu de choses.
 
Cette activité absurde et stérile, du moins perçue depuis l'extérieur, m'apportait un sentiment de consistance. Je donnais de l'importance à une œuvre qui ne coûtait rien : je me maintenais dans ma logique ultime de radin. J'avais réuni au pied de ma piaule une tonne de matière minérale.
 
Ce n'était ni beau ni laid, simplement lourd et sombre, ostensible et durable.
 
À la différence de tout ce que l'on exposait dans les magasins, cette magistrale vacuité n'était pas à vendre. Elle gisait là, gratuitement. Ce monticule demeurait chez moi sans autre fonction que de s'y éterniser. Je le destinais juste à incarner le meilleur de moi-même, selon mes critères. Autrement dit, le pire et le plus fou de mon être, du point de vue des dépensiers qui ne comprenaient pas les raisons profondes d'une telle attitude.

Mon bonheur consistait en cette fantaisie consistante. J'avais progressivement érigé une sorte de songe aux allures de réalité aussi dure et certaine que le trésor qui dormait sur mon compte bancaire. Toute cette affaire, bien entendu, rendait Violette dubitative.

mercredi 19 août 2026

2726 - Les frilosités de Violette

Je considérais Violette comme une jeune femme étrange par le simple fait qu'elle aimait ce cafard que j'incarnais, séduite non par mes artifices inexistants, mais par ma vérité crue, tranchante et même assez inconvenable pour ce siècle.
 
Était-elle inconsciente, héroïque ou perverse ?
 
Rêveuse, je crois.
 
Sauf que sa fantaisie prenait sa source dans des eaux troubles. Je percevais en elle un mélange de naïveté et de témérité, un goût pour l'exotisme amer. Elle adorait se faire peur, approcher du gouffre, apprivoiser le loup.
 
Tel un papillon posé sur une bombe, elle jouait avec le feu, protégée par sa légèreté.
 
Elle pouvait se permettre de passer de son univers mondain à mon antre d'avare. Elle représentait le lien entre le monde de la lumière payante et celui de l'ombre gratuite, du confort onéreux à celui de l'inconfort offert, des facilités coûteuses à celui des opportunités périmées.
 
Lorsqu'elle allait de l'un à l'autre, elle avait l'impression de traverser un océan, de voyager entre son quotidien lustré et l'ailleurs austère de mon trou de radin.
 
La florale créature ne paraissait pas mécontente d'avoir le privilège de goûter à cette aventure rare de mes jours ordinaires. Lorsque l'on m'observait depuis l'extérieur, de loin surtout, on estimait que je me vautrais dans mes bas-fonds. Alors qu'en réalité je planais dans mes sommets.
 
Tandis que mes pieds s'enfonçaient dans la fange des poubelles, mon âme de pingre, elle, était aux anges.
 
Dans ces moments où Violette m'accompagnait jusque dans "mes paradis de clodo", je sentais qu'elle avait honte de moi. Elle n'avait pas encore suffisamment ni de force ni d'assurance pour s'afficher publiquement sur mon lieu de prédilection, dans mon élément naturel. Comment le lui reprocher du reste ? Moi-même, je ne me trouvais guère à l'aise au sein de cette société qui regardait ma soif de l'épargne d'un œil si moqueur.

Violette buvait le vin des communs dépensiers et moi l'onde fraîche du roi des économes.

mardi 18 août 2026

2725 - Les sauces

J'avais ramené de mes explorations dans les poubelles des sachets de sauce individuels.
 
Chaque dose de condiment pouvait avantageusement assaisonner une assiettée de riz. De quoi transformer un repas fade et basique en mets de roi.
 
Je brandis d'un air triomphal ma trouvaille devant Violette, qui visiblement n'en percevait guère la valeur.
 
Je lui expliquai qu'avec ces menues choses, j'allais nous préparer un mémorable événement : un festin pas cher.
 
À travers son regard peu convaincu, je devinais qu'elle n'apprécierait pas spécialement ce déjeuner de choix. Elle fut contrariante :
 
— Tu penses me faire plaisir en me proposant cette cuisine de sous-cantine ? Emmène-moi dans un établissement gastronomique, et là, je sauterai de joie !
 
— Violette, je ne cherche nullement à te surprendre, seulement à te nourrir agréablement avec trois fois rien. Mon but est de te caler le ventre à moindre coût. Réjouis-toi de pouvoir manger aux frais de la providence.
 
En vérité, je me trouvais à bout d'arguments. Je devais la noyer sous mes paroles, la désorienter, la mener ailleurs ou nulle part, peu importe. Mais l'éloigner des points de restauration où elle passerait certes un bon moment, au prix funeste de la perte de mes plumes.
 
Je poussai loin mon audace d'avaricieux : j'eus l'idée saugrenue de lui prodiguer un massage avant de passer à table, sous prétexte de la détendre. Elle succomba à ma proposition et pendant trente longues minutes je lui caressai le cou et les omoplates.
 
Un moyen parmi mille qui venait de me traverser la tête, afin de la retenir là où la nourriture était la moins onéreuse.
 
Tandis qu'elle se pâmait, elle ne songeait plus du tout à m'inciter à débourser mon argent chez un restaurateur. Je savais que j'allais devoir inventer maintes diversions et je ne savais combien de subterfuges pour l'empêcher de m'entraîner dans des restaurants.

Finalement, grâce à ces échantillons gratuits, nous nous régalâmes de notre plâtrée à la saveur de liberté.

lundi 17 août 2026

2724 - Les pâtes

Jour de fête : plat de pâtes pour tous !
 
Que ce fût Noël ou anniversaire, réveillon de l'an neuf ou commémoration quelconque, chez moi les heures de gloire ou les héros de la vie avaient droit d'être dignement honorés. Je rendais hommage aux hommes et aux dieux en consacrant une fournée de spaghettis en leur nom.
 
Pour un mets si fameux et si bon marché, il y avait toujours du rab, s'il vous plaît. Ah ! pour le coup, on ne prétendra pas que je faisais dans la sobriété !
 
Bourre-ventre pour toute la tablée ! 
 
Avec, pour faire passer tant d'opulence, autant de verres d'eau fraîche qu'on en désire. Je n'ai rien trouvé de mieux au cours de ma carrière d'économe que les nouilles pour festoyer à haut plaisir et à bas prix.
 
Le repas de blé dur constitue la meilleure opportunité alimentaire qui soit. Cette assiette du pauvre est également celle du riche : le misérable comme le fortuné apprécient cette humble gastronomie. Cette cuisine qui contente l'Humanité entière remplace bénéfiquement n'importe quelle nourriture sophistiquée et onéreuse.
 
Simple, non carnée, chaste et universellement accessible, cette alimentation est la félicité des gueux, des sans-le-sou et des avares. Une véritable manne pour les gens de mon espèce, heureux de manger autant qu'un roi à moindre coût.
 
Je n'aurai jamais assez de mots pour louanger ce miracle culinaire qui cale les estomacs de radin sans trop engager de frais. Cette céréale préparée aisément représente le salut ultime des pingres, l'or des rats, le trésor des miséreux.
 
Et puisqu'il fallait que j'offrisse un bijou à Violette, quoi de plus judicieux que de lui faire une surprise avec peu et beaucoup à la fois, du moins symboliquement ?

Aussi lui proposai-je un magnifique collier de coquillettes.

samedi 15 août 2026

2723 - Sous les étoiles

Avec les étoiles, au moins je ne risquais pas de passer à la caisse : le spectacle était offert par le Ciel !
 
Je pouvais inviter Violette à la fête nocturne en toutes occasions sans crainte de me ruiner. Ces étincelles sidérales, lointaines, mystérieuses, inextinguibles, brillaient comme des écus dans la nuit d'un coffre-fort. Elles me rappelaient ma fortune placée en sécurité dans le secret de la banque.
 
Dans le velours du soir, je voyais les astres brûler dans l'infini. Chacune de ces pointes d'or éparpillée dans le firmament représentait également, selon moi, chaque centime composant mon trésor. Par leur nombre et leur lustre, ces corps célestes étaient les reflets idéalisés de mes sous. Et je savais qu'il y en avait des millions et des millions qui luisaient ainsi au-dessus de ma tête. Je conservais autant de pièces de monnaie dans ma vaste bourse.
 
J'avais l'impression de posséder l'équivalent du Cosmos sur mon compte bancaire. Il me semblait avoir acheté la Voie Lactée et être riche de tous ces soleils qui, de si loin, ressemblaient finalement à de la poussière.
 
Ces feux stellaires avaient-ils réellement quelque chose de commun avec mes biens consciencieusement comptés, pesés, stockés ?
 
Tout en serrant la main de Violette, je contemplais les innombrables particules de lumière constituant  la toile de notre galaxie. Je m'interrogeais sur le sens de mon argent épargné. Mes économies étaient-elles un poids ou une légèreté ? Mon patrimoine planqué se résumait-il à du plomb ou à de la fumée ? Mon héritage enterré chez le banquier méritait-il d'être dépensé ?
 
Mes questions n'attendaient pas vraiment de réponses. Et ces problèmes m'importaient peu, en vérité.

L'essentiel est que je me sentais à ma place là où je me trouvais, aussi vivant qu'un avare.

vendredi 14 août 2026

2722 - Comme les moineaux

Je devais acheter ma liberté d'avare, non pas avec les moyens qu'utilisent les dépensiers, mais avec la monnaie des moineaux.
 
Ils piaillent en pillant tout sous leurs pattes, certains que Dieu s'occupe de leur repas. Ils ramassent opportunément ce que leur jette le ciel, picorent et chipent tout ce qui leur tombe sous le bec. Sans jamais faire les difficiles.
 
Tout comme eux, il m'était fort avantageux de préférer le contenu gratuit des poubelles à la récompense d'un salaire obtenu au prix d'efforts que je considérais disproportionnés. À mes yeux, les travailleurs représentaient surtout une masse énorme de dilapidateurs d'argent : ils ne faisaient que brûler ce qu'ils gagnaient, motivés par la seule dépense. Ils ne pensaient qu'à remplir leur bourse mensuellement pour pouvoir la vider ensuite. Une pure aberration selon mes critères de radin.
 
Certes, je ne souhaitais pas suer au turbin. D'un autre côté, je refusais de gaspiller les ressources que je récupérais. Je ne produisais pas grand-chose, il est vrai. Je ne sacrifiais pas non plus mes modestes biens sur l'autel des modes.
 
Je bourrais mes poches de tout ce que je trouvais, même ce qui était usé, brisé, périmé. Ma devise : ne rien débourser ni perdre de miettes, tout accepter, tout prendre, tout garder.
 
Aucune graine n'était épargnée par ma faim insatiable. Chacune avait assez de valeur pour que je l'avale, pour peu qu'elle fût offerte par le sort.
 
Ainsi que les menus oiseaux que l'on croise dans la rue, nourris par la main divine, je tendais le gosier vers les uniques sources de vie à ma portée : les dépotoirs et vide-ordures. Là m'attendaient mes rétributions de non-travailleur. Je voulais payer le moins possible mes aliments et profiter de multiples bénéfices en nature.
 
Mon bonheur de vivre tel un rat légitimait ma démarche, mon statut, ma façon d'être. Bien des salariés n'avaient pas l'air heureux sur Terre. Au moins, mon allégresse de fouineur de déchets faisait honneur à mon Créateur.

Violette semblait loin de ces vues de haute volée. Elle se contentait de ne voir en moi qu'un loup séduisant. Ou qu'une flamme singulière brillant au milieu des détritus.

jeudi 13 août 2026

2721 - Le ventilateur

Un jour d'été, une chaleur étouffante régna dans ma chambre.
 
Aussi Violette suggéra-t-elle que j'achetasse un appareil de ventilation. Je ne lui laissai pas le temps d'insister.
 
Je me proposai de faire moi-même le ventilateur.
 
Et, joignant le geste utilitaire juste après la belle parole, je me mis à agiter frénétiquement un carton devant son visage.
 
L'air en mouvement la rafraîchit immédiatement. Elle ne songeait plus à son idée aux conséquences si onéreuses.
 
Je lui expliquai, tout en continuant à la soulager de la touffeur, que ce qu'elle ressentait contre sa peau à ce moment ne différerait nullement de ce qu'elle ressentirait si une machine électrique faisait tourner des pales en face d'elle. Le vent que je créais naissait gratuitement de mes mains, au contraire du souffle issu d'un moteur.
 
Certes, en réalité, l'énergie manuelle résultait de ce que je mangeais. Sauf que je ne payais pas tout ce que j'ingérais, puisque la plupart de mon alimentation provenait des poubelles, c'est-à-dire de la providence.
 
Bien décidé à chasser de son esprit la pensée saugrenue d'une "hélice rafraîchissante", je lui fis la promesse de la ventiler à chaque fois qu'elle aurait follement envie de s'abreuver de flots éoliens. Je lui présentai également une alternative tout aussi avantageuse sur le plan économique : sortir à l'ombre pour s'offrir aux caresses de la brise.

Une aération céleste et grandeur nature accessible sans rien débourser, en somme. Et en ne fournissant aucun effort pour ma part. Je l'invitai à profiter des opportunités de la Création au lieu de succomber aux tentations chères, encombrantes et bruyantes du confort dûment monnayé.

2720 - Bébé d'avare

Violette désirait un bébé.
 
Je n'avais rien contre, sauf que les choses ne pressaient guère pour moi. Je souhaitais gagner du temps, autrement dit de l'argent. Plus tard l'enfant naîtrait, moins je perdrais une partie de ma fortune dans des engagements financiers commencés trop tôt à mon goût. Je vivrais ainsi autant de jours sans payer le prix d'une coûteuse paternité.
 
C'était toujours cela d'économisé.
 
Je n'ignorais point qu'un nouveau-né, ça ressemble à l'intrusion d'un éléphant dans un couple. Une bouche à combler, un ventre insatiable, un braillard qu'il faut emmener chez des médecins pour un vagissement ou pour une bouse, chez des spécialistes en tout genre pour n'importe quoi... Des docteurs et des charlatans de toutes sortes qui réclament des honoraires exorbitants et recommandent aux parents d'acheter des tonnes de futilités pour le bien-être prétendu du petit, etc.
 
Un bambin représente une source d'ennuis et de dépenses incompatible avec une existence d'avare telle que la mienne. J'acceptais de faire des sacrifices cependant, mais le plus tardivement possible.
 
En attendant de l'engrosser, je lui proposai d'adopter une poupée. Ça ne dépose pas ses besoins comme un chat et ça ne mange pas de pain. D'ailleurs il m'était aisé de lui en trouver une gratuite, sortie directement des poubelles. L'idée lui déplut. Aussi me contentai-je de me taire et de continuer à compter mes économies en silence.
 
Pendant que je m'adonnais à mes incessants calculs, elle rêvait de poupins, la tête dans son monde de landaus étincelants. Je la laissais se bercer dans ses nuages. Avant qu'elle ne devînt une mère, je voulais déjà en faire une ménagère économe, même si je n'étais pas sûr du résultat. Tenter l'impossible ne me coûtait qu'un élan dérisoire. Tout ce qui pouvait m'épargner un peu de sous valait la peine que je fisse des efforts.

Je décidai que le cadeau du ciel lui tomberait dans le flanc aux calendes grecques.

2719 - L'éclipse

Nous étions à la veille d'assister à une éclipse totale de soleil. Violette avait acheté des lunettes protectrices jetables, afin d'observer le phénomène en toute sécurité, ainsi que l'avait fait le reste de l'Humanité. Je pensais alors qu'elle venait d'être une énième victime consentante de la folie dépensière. Même les fabuleux spectacles cosmiques faisaient l'objet de profits mercantiles. Tout cela me désolait. 

— Violette, tu pourrais aussi bien admirer la danse des astres sans devoir te sentir obligée d'acquérir à frais perdus cet artifice qui ne servira qu'une fois et que tu destineras au néant ensuite. Il te suffit de m'imiter. Je me passe avantageusement de ce morceau de carton vendu à prix indécent pour un usage si éphémère. Je me contente de contempler l'ombre qui s'abat sur le monde, puis la lumière qui réapparaît, plutôt que de me focaliser sur un point lointain du ciel qui, pour moi comme pour tous les autres, demeure finalement abstrait et sommaire. Le véritable théâtre se déroule ici sur Terre. La beauté n'est pas contenue exclusivement dans le jeu des sphères célestes, elle se répand également sur le plancher des vaches, et surtout elle est garantie gratuite à cent pour cent. Nul ne te force à concentrer ton attention sur la chorégraphie stellaire moyennant finance. Il est possible de n'en faire qu'à ta tête et de choisir la légèreté au lieu de céder aux bêtises en vogue. 

Elle me répondit de manière prévisible : 

— Cet ustensile ne m'a coûté que quelques pièces. Tu pourras toi aussi en profiter. Je ne suis pas à cela près. 

— Violette, je ne veux pas singer les multitudes asservies aux dépenses futiles qui ont consacré des fortunes entières pour si peu de choses ! Ces babioles, une fois la clarté solaire revenue, partiront immédiatement en fumée. Ces millions d'acheteurs sont autant de gaspilleurs. Après le retour du feu zénithal, ils voueront cette bagatelle aux poubelles. Ces gens auraient pu me payer un château avec l'équivalent des sommes astronomiques balancées par les fenêtres. Des tonnes de sous disparues si vite pour une minute de nuit, quel gâchis ! 

Et puis vint l'heure du grand numéro sidéral.

L'instant qui suivit l'obscurité générale (que tous attendaient depuis si longtemps), ce fut de nouveau le jour. Les spectateurs, sortis pour l'occasion dans les rues, repartirent chez eux, éblouis par l'illusion d'un bonheur formaté à leur vision restreinte. Ces innombrables observateurs étaient allégés d'une parcelle de leur bourse. Imperceptiblement mais réellement : mis bout à bout, ces centimes formaient une montagne d'or à l'échelle du pays.

N'ayant pas succombé à la sottise de "l'achat du siècle", je rayonnais de satisfaction. Le show terminé, je tenais Violette d'une main, tandis que de l'autre je tâtais la poche invariablement alourdie de mon vieux pantalon me servant de coffre-fort ambulant.

mardi 11 août 2026

2718 - Mes airs de roi et mes amis les rats

Devant l'incrédulité mi-amusée, mi-étonnée de Violette, je dus apporter de cruelles précisions afin que ma fabuleuse avarice soit prise plus au sérieux. Je ne parlais ni de bagatelles ni de caprices ici, mais d'azur ou d'abysse, de papillons ou d'enclumes, d'horizons clairs ou de trous sombres. La vie pour moi, donc la joie, s'orientait fatalement vers l'ouverture des poubelles s'accompagnant de pures jubilations. Une porte qui donnait vers tous les infinis, tous les possibles, tous les rêves. Je devais bien faire comprendre à Violette que ma route de radin, âpre et belle, passait nécessairement par des sacrifices.

— Violette, une cause majeure retient mon cœur dans le ventre des bennes à ordures. Le ciel de la découverte me brûle et m'enflamme. Partir explorer les déchets est un acte aussi exaltant que la chasse ou la guerre. Je me sens glorieux et invincible quand je me retrouve les pieds dans des tas de détritus. Et je crois resplendir comme si j'étais un roi vêtu d'or ou de paille parmi des étoiles. Les rats des bas-fonds deviennent mes amis. Je partage avec eux mes festins de gratuité. Nous devenons frères d'opportunité. Je leur laisse des pelures et ils m'accordent le bénéfice d'autres butins. C'est une sorte de jeu entre ces fureteurs et moi : là où ils traînent leurs queues, je trouve toujours l'opulence. Entre un vieux gâteau et une chemise usée, je peux tomber sur de multiples merveilles inattendues. Lorsque je plonge dans ces minuscules océans de rebuts, j'en ressors systématiquement gagnant. Certes puant, sale, pitoyable, mais irrémédiablement riche. De n'importe quoi. De ceci ou de cela. Voire de trois fois rien. Ne me demande pas d'abandonner ces menus bonheurs formant mon royaume de gueux, pour tes cheveux, tes yeux et tes lèvres de petite princesse. Mon Éden quotidien m'attend à chaque coin de rue.

dimanche 9 août 2026

2717 - Mon asile de loup

Je vis dans un refuge de montagne.
 
Ma demeure austère, sèche, dure, est faite de pierre et de bois, d'ombre et de rigueur. Je partage mes jours de solitude avec mes vieux rêves de loup dans le silence des sommets.
 
Chez moi, pas de chichi : je pisse dans la cendre et mange dans mon humble gamelle.
 
Mon pain est noir, mon verre déborde de l'eau qui coule au bord de ma maison. Le crépuscule s'engouffre dans ma cheminée et les étoiles du soir brillent au-dessus de mon chapeau. Je parle à la nuit et bois la clarté de l'aube.
 
Parfois, le vent vient toquer à ma porte et la peur hante mes soirées. Alors je ranime mon foyer et la flamme me rassure. J'allume également ma chandelle et ma veillée se peuple de papillons nocturnes. Je ne suis plus seul dans la pénombre, je reste près de l'âtre qui me chauffe.
 
Dehors, il y a des sons indistincts, des présences incertaines, des choses qui bougent.
 
Des bruits ou des murmures.
 
Par la fenêtre, j'entrevois le clair de lune entre de sinistres nuages. L'astre prend le visage de mon amie morte depuis des lustres. Je reconnais son front, son regard, son air plein de reproches. Je me blottis de plus belle au coin du feu.
 
Derrière les murs qui me protègent des fantômes de l'extérieur, je sens la main des ténèbres qui caressent mon toit de tuiles. Que me veut donc la sorgue ? L'obscurité règne sur l'immensité des cimes qui m'entourent. Tout m'écrase et cependant mon âme se remplit de légèreté.
 
Je ne suis qu'un fétu de conscience assis au pied de la braise.
 
Perdu dans ces âpres hauteurs, loin des hommes et de la ville, oublié du siècle, isolé dans mon asile si proche de l'azur, il est vrai que je tremble et me lamente.

Sauf qu'en vérité, je ressens le bonheur de ceux qui ont des ailes.

2716 - Fantômes des poubelles

Violette, en réalité, paraissait effrayée par le mobilier de ma chambre servant d'alcôve à notre couple.
 
Tous ces meubles lépreux, récupérés, rafistolés, destinaient leurs grimaces aux murs de la pièce comme à ses hôtes. Ils ressemblaient à des spectres de broc et de bois, véritables épouvantails fixant les choses et les êtres de leur regard glauque.
 
Cela donnait l'impression que nous logions dans l'antre d'un ogre. Nous étions dans le trou d'un radin plus précisément, un refuge que l'on aurait pu qualifier de sordide et laid, peut-être bien. Dans cet asile de l'amour, je vivais cependant le meilleur de ma vie d'avare.
 
À force de passer des années dans cet environnement de radinisme extrême et de dépouillement pouilleux, ce quotidien de hideur me semblait normal. Ma priorité n'était pas l'esthétique mais l'économie. Je trouvais de toute façon beau tout ce que je ramassais pouvant m'être utile ou agréable, c'est-à-dire quasiment n'importe quoi. Ce qui me tombait dans la main était systématiquement béni, accepté, adopté, utilisé, digéré.
 
Je remplissais ma vieille piaule de ces menus débris auxquels j'accordais du prix par le seul fait que je les avais choisis parmi d'autres dans les bennes à ordures. Mon lieu de repos était devenu au fil et à mesure un endroit de cauchemar, au moins aux yeux de Violette. Mon lit s'apparentait à une couche mortuaire, entourée d'objets aux formes étranges. J'aimais à surnommer mes trouvailles ainsi exposées mes "poupées de poubelle".
 
Lorsque nous dormions, des ombres suspectes se dressaient autour de nous, de vagues visages nous adressaient des silences inquiétants.

Et finalement, ce théâtre de fantômes brisés et rouillés, peuplant mon univers, enchantait diablement Violette.

samedi 8 août 2026

2715 - Mon pesant d'ordures

La coquette entendit ma déclaration avec un mélange d'incrédulité et de lassitude. Non pas qu'elle ignorât la réalité crue de mon avarice... Elle ne pensait simplement pas que je portasse mon idole à une telle hauteur.
 
J'admirais l'économie au moins autant que j'aimais Violette.
 
Croyait-elle que je plaisantais, que je cherchais bêtement à l'impressionner avec ma singularité ? Se rendait-elle réellement compte de l'ardeur de ma flamme de rat ?
 
Certes, j'étais différent des autres garçons, et c'est ce qui l'avait séduite. Au premier jour, elle avait posé sur mes guenilles un regard émerveillé. J'incarnais l'exotisme local à ses yeux.
 
Mais avec le temps, ce juvénile personnage qui l'avait tant charmée n'était-il pas devenu une sorte de monstre plus difficile à cerner ?
 
Mon univers de déchets et de vieilleries, au début lui semblait un pur enchantement. Mon royaume d'aliments périmés et de piécettes de peu de valeur, que je considérais aussi précieux que de l'or, lui paraissait féerique. Je représentais pour elle le prince des ordures. Je brillais comme un sapin de Noël surchargé. J'étincelais, débordant de pelures d'oranges remontées des abysses des bennes, plein d'éclatantes babioles dépassant de mes poches.
 
Elle devait peut-être m'assimiler à un clochard à présent.

Remettait-elle en cause notre relation ? Violette la fleur s'était unie à une affreuse ronce de mon espèce. Prioritairement éprise de raclures de fonds de poubelles.

vendredi 7 août 2026

2714 - Aveu de feu

Je voulus confier à Violette le doux enfer de ma folie d'avare. Je m'adressai à elle en termes de fer et de feu.

— Violette, ma passion de l'épargne constitue la forteresse de mon âme et la flamme de ma vie. Ma plus chère femme se nomme "économie", et je l'aime de toute ma bourse. Ma fureur à l'égard de cet infernal amour a commencé dès mes premières pièces de monnaie mises de côté. J'avais douze ans quand je fus pris de cette fièvre. Je me suis progressivement uni à la sobriété pour une fabuleuse carrière dans le monde des vraies valeurs et authentiques richesses : celles que l'on ne paye pas. Un mariage de déraison avec une autre compagne que toi, vêtue de haillons. Belle pourtant, tellement attirante avec ses appas sans pareil. Je ne puis résister à ses séductions cadavériques aux odeurs de pourriture. Elle est parée d'épluchures de fruits et de légumes et brille comme une perle sous le soleil des radins. Cette reine en robe d'occasion portant le titre flatteur de "benne à ordures" trône sur les poubelles des rues que je convoite ardemment. Sache que cette rivale que tu regardes de travers, non seulement ne me coûte rien, mais me rapporte maints trésors en nature, injustement méprisés par les dépensiers se considérant trop propres, trop éduqués pour se permettre d'en jouir aussi bien publiquement qu'en privé. Moi, je ne me cache nullement lorsque je me retrouve en sa grasse compagnie, vautré à ses pieds non sans avidité. Sa devise est également la mienne : gratuité, récupération, gain. Je sors avec elle et dors dans ses bras depuis que j'ai ouvert les yeux sur la réalité économique des choses, bien avant que je ne te connaisse. Je partage passionnément mes heures choisies, mes rêves et mes nuits avec cette amante qui ne fait pas de manière. Je plonge chaque jour mes mains dans ses profondeurs. Et elle me remercie de l'intérêt que je lui porte en m'offrant le meilleur de ce qui gît en elle. Elle me fait vivre et me rend heureux. Peux-tu te vanter d'être à sa hauteur, Violette ?

Liste des textes

2777 - L’attaque
2776 - La marche des arbres
2775 - La parisienne
2774 - Les grands jours
2773 - Une sorcière
2772 - Matins glorieux
2771 - Des yeux dans la nuit
2770 - Sous la pluie
2769 - Ceux à qui je fais peur
2768 - Pour venir chez moi
2767 - Le chêne
2766 - La Lune à ma porte
2765 - Le saule pleureur
2764 - Les rails enfouis
2763 - Le pont
2762 - Les ténèbres
2761 - La chute d’eau
2760 - Le chant des oiseaux
2759 - Les femmes sur mon chemin
2758 - Mon ombre
2757 - Ma chandelle
2756 - Flamme d’homme
2755 - Repas solitaires
2754 - L’esprit trouble
2753 - Bête du matin
2752 - Riche de rien
2751 - Ma chambre pour toit
2750 - Épilogue
2749 - Ascète et jouisseur
2748 - Mon chemin de feu
2747 - Rêve de radin
2746 - Radin de rêve
2745 - Fruits de saison
2744 - Mes amis
2743 - Folle épargne
2742 - Le mendiant
2741 - Le parfum
2740 - Le Soleil se lève
2739 - Économie maritale
2738 - Lamentables poètes
2737 - Joyeux anniversaire !
2736 - Le chien
2735 - Sombre roi
2734 - Achat d’une voiture ?
2733 - Repas aux chandelles
2732 - L’orage
2731 - La maison
2730 - Le mariage
2729 - Les sourires de Violette
2728 - À la mer
2727 - Les pierres
2726 - Les frilosités de Violette
2725 - Les sauces
2724 - Les pâtes
2723 - Sous les étoiles
2722 - Comme les moineaux
2721 - Le ventilateur
2720 - Bébé d’avare
2719 - L’éclipse
2718 - Mes airs de roi et mes amis les rats
2717 - Mon asile de loup
2716 - Fantômes des poubelles
2715 - Mon pesant d’ordures
2714 - Aveu de feu
2713 - La norme masculine
2712 - Dans ma bergerie
2711 - Mes fringues de pingre
2710 - Voyage de noce
2709 - Pot de fleur
2708 - Après moi, la relève
2707 - Je suis un bon à rien
2706 - L’enjeu de la sobriété
2705 - Le sac à main
2704 - Mes habits de gueux
2703 - Mes mots en or
2702 - Les joies de la gratuité
2701 - Les cadeaux
2700 - Générosité de rat
2699 - Les profondeurs de ma chambre
2698 - Mireille Mathieu, quatre-vingt ans
2697 - Rat céleste
2696 - Gérer ma fortune
2695 - La fortune
2694 - La bague
2693 - Ce qui ne s’achète pas
2692 - L’amour qui compte
2691 - Crépuscule
2690 - Le combat pour l’économie
2689 - Le repas payé
2688 - Un vrai restaurant
2687 - Le restaurant gratuit
2686 - Radin, un métier
2685 - Le poids des pièces
2684 - Les lumières de ma piaule
2683 - Rapports sains
2682 - Les dangers de l’amour
2681 - Le prix d’une fleur
2680 - Le prix de l’eau
2679 - Ma fortune de ragondin
2678 - La chair ou l’argent
2677 - Les coiffeurs
2676 - Les lacets
2675 - Ces petits riens de grand prix
2674 - Veiller sur mon argent
2673 - Les rustines
2672 - Ciel d’avare
2671 - Argent de poche
2670 - Construire avec peu
2669 - Seul c’est moins cher
2668 - Vol de rat
2667 - Drague de radin
2666 - Aux fêtes foraines
2665 - Mes jours de rat
2664 - Temps épargné
2663 - En quête de trésors perdus
2662 - Avariseul
2661 - Bosse finale
2660 - Le feu dans le ciel
2659 - L’amour bête et beau
2658 - Cause suprême
2657 - Seuls avec eux-mêmes
2656 - Priorité d’avare
2655 - Vue sur la bosse
2654 - Premier contact
2653 - Deux pour toujours
2652 - Jeunesse au rabais
2651 - Engendrer un enfant normal
2650 - Naissance de l’avarice
2649 - L’antre de Pierre
2648 - Simplicité de l’amour
2647 - Choc public
2646 - La bosse comme une flèche
2645 - L’envol de Pierre
2644 - Carrière de bossu
2643 - Fort, fragile et lucide
2642 - Amant idéal
2641 - En dehors du monde
2640 - La lente montée des larmes
2639 - La chair qui complète l’esprit
2638 - Un petit qui devient grand
2637 - Pierre dans un nuage
2636 - La bosse et le phallus
2635 - La pierre et le ciel
2634 - La chair
2633 - Pensées du lendemain
2632 - Retrouvailles sulfureuses
2631 - Faux espoirs ?
2630 - L’infirmière
2629 - Les anges
2628 - Dérive verticale
2627 - Bêtise ou grandeur ?
2626 - Une flamme en plein jour
2625 - Fracassantes platitudes
2624 - Entre abysse et ciel
2623 - La soupe pour baume
2622 - L’épouvantail vainqueur
2621 - La bosse de la discorde
2620 - Point sensible
2619 - La rose et la pierre
2618 - La minute de vérité
2617 - Passeport pour l’amour
2616 - La gloire du polichinelle
2615 - Question de point de vue
2614 - Entre sol et ciel
2613 - Feux prudents
2612 - Deux astres
2611 - Choc en plein champ
2610 - Pierre "présente" l'apparition à ses parents
2609 - Elle parlait à un épouvantail
2608 - Bête et bossu ?
2607 - Campagne triste
2606 - Une chance sur mille
2605 - S’écraser ou s’envoler
2604 - Retour sur Terre
2603 - Loin
2602 - Le choc de la chute
2601 - L’amour loin du sol
2600 - Fantômes d’azur
2599 - Les rêves de Pierre
2598 - La hauteur du ciel
2597 - Le stage
2596 - Libération
2595 - La chair et l’esprit
2594 - Beauté de bossu
2593 - Dos de gnome et tête de rat
2592 - Un rêve d’amour
2591 - La femme de ménage
2590 - L’ascension de la bosse
2589 - Marcher pour s’envoler
2588 - Le trou pour gagner le ciel
2587 - Le prix du vrai
2586 - La punition
2585 - Au sommet du trou
2584 - Asile de bossu
2583 - Retraite éducative
2582 - Fuir la honte
2581 - La raclée
2580 - Bulle de verre
2579 - Deux étincelles
2578 - Etreinte
2577 - Des flammes et des ombres
2576 - La bosse au centre du débat
2575 - Choc des contraires
2574 - L’union de la discorde
2573 - La tare et la star
2572 - Première conquête
2571 - L’éclat de sa bêtise
2570 - Dur réveil
2569 - Première épreuve
2568 - Juvénile bêtise
2567 - Entrée fracassante ans l’adolescence
2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet