Les hommes sont des silhouettes qui traversent les siècles, des rêves animés sous l'immuable ciel de la Création.
Les humains avec leurs destinées individuelles, qu'elles soient ternes ou éclatantes, deviennent de toute façon des êtres quelconques quand on les observe depuis leur propre hauteur.
Les humains avec leurs destinées individuelles, qu'elles soient ternes ou éclatantes, deviennent de toute façon des êtres quelconques quand on les observe depuis leur propre hauteur.
Ainsi François Dupont, parisien quinquagénaire inconnu de l'âge des dernières chandelles découvre la magie de l'électricité. Avec ses humbles drames et ses petites gloires, ses verres de vins dominicaux et ses pot-au-feu du mardi, il n'est pour nous plus qu'un fantôme parmi les milliards d'autres enfouis sous la terre, recouverts par le temps, perdus, oubliés des vivants. Ce François Dupont est le quidam sans visage, la personne commune aperçue au milieu d'une foule ordinaire sur des films tournés juste avant le XXième siècle.
Sur ces pellicules anciennes datant des années 1890 où surgissent des scènes de rues, les passants aux traits indistincts apparaissent tous identiques sur la toile de fond. Vainement je tente de les identifier, de leur donner un nom, d'imaginer leurs histoires, leurs joies et leurs malheurs... Et je me rends compte que ces formes uniformes, ces têtes d'une époque révolue reproduites sur le même modèle, ces milliers de moustaches sur ces faces toutes semblables, c'est moi, c'est vous, c'est nous.
Nous nous croyons "mieux" (c'est-à-dire plus individualisés) que ces anonymes issus de ces vieilles bandes usées de cinéma et dont les tombes, pour la plupart, ne sont plus que pierres effondrées aux épitaphes érodées dans les recoins de nos vieux cimetières, et pourtant nous aussi nous sommes des brumes invisibles, nous aussi nous sommes les insignifiants mortels des observateurs de demain en dépit de nos vanités de "gavés de technologie", de nos certitudes clinquantes et imbéciles d'internautes moyens. Éblouis par nos écrans, nous nous pensons à l'abri de l'Ombre...
Nous incarnons tous ce François Dupont.
Tous des esquisses furtives dans le grand, inaltérable, immémorial théâtre cosmique.
Sur ces pellicules anciennes datant des années 1890 où surgissent des scènes de rues, les passants aux traits indistincts apparaissent tous identiques sur la toile de fond. Vainement je tente de les identifier, de leur donner un nom, d'imaginer leurs histoires, leurs joies et leurs malheurs... Et je me rends compte que ces formes uniformes, ces têtes d'une époque révolue reproduites sur le même modèle, ces milliers de moustaches sur ces faces toutes semblables, c'est moi, c'est vous, c'est nous.
Nous nous croyons "mieux" (c'est-à-dire plus individualisés) que ces anonymes issus de ces vieilles bandes usées de cinéma et dont les tombes, pour la plupart, ne sont plus que pierres effondrées aux épitaphes érodées dans les recoins de nos vieux cimetières, et pourtant nous aussi nous sommes des brumes invisibles, nous aussi nous sommes les insignifiants mortels des observateurs de demain en dépit de nos vanités de "gavés de technologie", de nos certitudes clinquantes et imbéciles d'internautes moyens. Éblouis par nos écrans, nous nous pensons à l'abri de l'Ombre...
Nous incarnons tous ce François Dupont.
Tous des esquisses furtives dans le grand, inaltérable, immémorial théâtre cosmique.