dimanche 14 juin 2026

2656 - Priorité d'avare

Maladivement ancré dans ma position d'économe acharné, je chérissais immodérément cette existence de privations. Même si je souffrais de cette sobriété extrême, je dois admettre que le rat de l'avarice gisant en moi s'épanouissait totalement dans ce rôle d'épargnant radical.
 
Rien ne me rendait plus satisfait que de mettre mes sous de côté et de les laisser croupir dans un trou. Constituer de telles réserves de blé parfaitement stériles me comblait d'un bonheur qui n'est pas celui du monde. Mon ciel à moi consistait en l'espace restreint d'un coffre-fort. Je n'avais besoin que d"une cachette en fer avec des ronds dedans pour être heureux.
 
Mon paradis, c'était la rétention d'argent. Et mon enfer, la dépense.
 
À quinze ans, j'aimais la vie, les filles, les découvertes et la liberté. Cependant je ne brûlais que pour une cause majeure : placer ma bourse sous clé.
 
Je n'avais absolument aucune répugnance à manger des pommes, allumer des chandelles, boire ce qui est bon, pourvu que ces plaisirs fussent gratuits. Je me délectais sans retenue de ces menus trésors trouvés ou offerts, mais jamais achetés, ou alors par d'autres que moi, avec leurs finances.
 
Après mon premier échec amoureux dû à ma fuite devant la perspective d'offrir un verre à un flirt, je décidai de n'envisager désormais que des rencontres sûres, loin de tout point d'achat. Et surtout d'aller aux rendez-vous les poches systématiquement vides, afin de réduire les risques au maximum. Je me devais également de ne pas provoquer de tentation chez les demoiselles en leur faisant bien comprendre qu'elles avaient affaire avec moi à un garçon insolvable. Leur ôter tout espoir de me voir sortir de la monnaie. Elles devraient oublier en ma compagnie toute idée d'apercevoir ne serait-ce que l'ombre d'un billet de banque.
 
Bien que j'eusse voulu embrasser ces jolies jouvencelles, mon cœur était de toute façon déjà pris, je le savais, par la laide déesse de la ladrerie. Et c'est finalement cette dernière que je préférais au fond de moi-même. Je n'aurais pas eu le moindre courage d'avouer cette vérité sordide à ces pimpantes poupées que je convoitais.
 
Je désirais leurs lèvres de fées tout en adorant les doigts crochus de la sorcière nommée "Pingrerie".

2655 - Vue sur la bosse

Un certain temps passa ainsi sous la clarté rassurante de leur routine conjugale. Le loup et sa belle, tout en poursuivant leur train-train de jours lumineux et de nuits enflammées, apprirent à se connaître encore un peu mieux.

Tout paraissait idéal et prometteur.
 
Sauf que, fait inattendu, la bosse de Pierre commençait à être inconfortable pour Marie. L'habitude de la laideur ne fonctionnant pas aussi bien que celle de la beauté, il lui fallait surmonter la première contrariété de cette relation idyllique et cauchemardesque la menant dans une drôle d'aventure. 
 
À présent elle percevait sa difformité autrement. La réalité divergeait du rêve : auprès de Pierre l'air s'avérait lourd à respirer au quotidien et ces hauteurs espérées se révélaient décevantes.
 
Ce dos simiesque lui apparaissait beaucoup moins "flatteusement atypique" qu'au début. Il n'était plus seulement le pendant visible -et supposé- de la virilité cachée de son amant, mais une ombre sinistre qui grossissait dans son coeur de femme. Ce qui lui semblait délicieusement rugueux et avantageusement authentique devenait noir et funeste.

Une fois atténués les vertiges de l'amour naissant, elle voyait davantage cette malformation comme une grimace incarnée qui lui était adressée : une sorte d'outrage gratuit. Un don empoisonné, que cela lui plût ou non. À prendre ou à laisser.
 
Un "cadeau" qu'elle devait fatalement accepter en échange de son hymen.

Comment faire abstraction de l'immonde rocher osseux de son conjoint ? Impossible de faire marche arrière ! Déjà engagée avec le bossu dans sa nouvelle vie amoureuse, elle avait parcouru avec lui trop de chemin pour renoncer de le poursuivre jusqu'à la mort. Elle se projetait en sa compagnie pour toujours. Pierre lui avait durablement retourné l'âme autant que les flancs, et sans le savoir l'avait probablement mise enceinte. Pas d'autre issue pour l'infirmière que de supporter ce calvaire anatomique, à moins de contourner le problème.

Entre les épaules de Pierre, se tenait sa future prison pour le restant de son existence. Un bagne à perpétuité en forme de corps grotesque.

L'horizon qui se levait devant elle ressemblait à un bloc de chair dorsale pareille à du granit.

Elle décida donc de regarder plus loin que les apparences, c'est-à-dire de fermer définitivement les yeux sur la foutue échine de son chéri !

samedi 13 juin 2026

2654 - Premier contact

Furieusement campé sur mes positions, j'avais cependant des vues sur une donzelle de mon âge. Elle brillait beaucoup à travers les nombreux bijoux qu'elle portait, signe que j'avais affaire à une fille soit vénale, soit portée sur la dépense.
 
L'approche s'annonçait difficile. Ma priorité absolue consistait à ne surtout pas débourser un centime pour la séduire. Je ne devais faire aucune allusion à une potentielle invitation à boire un verre.
 
Et ne jamais lui laisser le temps d'y songer elle-même.
 
Ma hantise était moins de me faire éconduire que de me voir proposer de passer à la caisse.
 
Par-dessus tout, je préférais encore essuyer un refus humiliant plutôt que de me séparer d'un seul sou.
 
De toute façon, que me coûtait de tenter le coup ? Rien, Dieu merci.
 
J'y allai donc le cœur battant, les doigts refermés sur ma bourse. La jolie ne me repoussa point. Nous parlâmes. Je commençai à lui plaire, je crois, jusqu'au moment où elle crut bon d'évoquer la possibilité d'une sortie en ville, c'est-à-dire de lui payer un breuvage dans un bar.
 
Je perdis aussitôt mes moyens, bafouillai quelques mots embrouillés et la quittai sur-le-champ. Ou plus exactement, la fuis sans demander mon reste, comme si la peste venait de déchirer mon précieux portefeuille.
 
Je retournai à ma solitude et à ma frustration, trop heureux d'avoir su préserver le peu de monnaie que je possédais. Ce n'est pas l'amour qui m'effrayait, mais les frais et faux frais.
 
Je me rendis compte de l'extrême difficulté à laquelle j'allais être confronté dans cette entreprise de conquête amoureuse. Les femmes, particulièrement les plus avenantes, semblaient n'être à mes yeux que des machines à jeter l'argent par les fenêtres, des objets de valeur conçus pour casser les tirelires. Alors que moi je cherchais désespérément des compagnes gratuites.
 
À quinze ans, j'entrais dans la vie avec des principes de vieux grigou. Je demeurais follement amoureux.

De mon épargne.

2653 - Deux pour toujours

Ils s'aimaient tout à la fois à leur manière et comme tout le monde. Fort banalement, et également selon leurs normes. Avec une bosse en plus pour Pierre et des lourdeurs en moins pour Marie.
 
Et surtout, des vues plus lointaines que les gens ordinaires : les pieds frôlant la terre, la tête au-dessus des pesanteurs.
 
Pierre avait voulu faire de son dos un sommet, il en fit finalement un refuge.
 
Une position sociale en équilibre entre le haut et le bas, un espace crucial où tout pouvait soit s'effondrer, soit s'ériger. Une croisée de tous les chemins, la pierre angulaire de sa chute ou de son envol.
 
Il ne souhaitait ni nier son infirmité ni la brandir en étendard. La seule façon de l'évoquer avec justesse et mesure était de l'afficher telle qu'elle se présentait : hideuse, anormale, à contre-courant des conformités universelles, indécente et cependant inévitable. Outrancièrement visible, il devait l'assumer pour la simple raison qu'il l'avait méritait de par sa naissance. Né avec, et donc impossible à renier, elle s'imposait à lui. Il la portait sans pouvoir la cacher.
 
Autant la laisser là où elle était.
 
La meilleure attitude dans son cas consistait à mettre en avant ce qui en valait la peine : ce qui se dissimulait aux regards. Sa virilité contrebalançait avantageusement sa disgrâce.
 
Ses ailes ultimes, en forme de consolation à sa laideur, résidaient là. Le salut par le phallus.
 
Il s'accrochait à cette réalité brute, même si celle-ci lui apparaissait obscène, saugrenue, drôle et pitoyable. Il savait que sa richesse véritable se situait non pas entre ses épaules ainsi que le prétendaient les sots idéalistes, nombreux hypocrites et faux humanistes de son siècle sans épaisseur, mais entre ses cuisses.
 
Il acceptait l'incroyable caprice du sort, acquiesçant avec zèle à ce cadeau céleste et remerciant chaudement la mauvaise fée de son berceau d'avoir ajouté cette légèreté à son enclume dorsale. Pierre le bossu tenait son rôle jusqu'au bout. Et cela lui allait d'ailleurs à merveille.
 
Marie la future mère de leur enfant ne cessait de réclamer cette chair féconde en ses flancs.

Elle désirait un petit Pierre.

Mais dénué d'excroissance.

vendredi 12 juin 2026

2652 - Jeunesse au rabais

En plein âge des amours et des découvertes, je lorgnais les éclats et nouveautés des filles et garçons de ma génération, frustré par les privations que je m'imposais, envieux de ceux qui vivaient sans compter leur argent.
 
Et heureux malgré tout de restreindre mes dépenses.
 
Mon bonheur morbide consistait à ne lâcher aucun rond, sous nul prétexte. Et surtout pas au nom de l'hymen d'une demoiselle.
 
J'estimais que l'accès à ces trésors de la Terre devait être gratuit.
 
Sur ce point, je savais pertinemment que le Ciel me donnait raison. Pas besoin d'écus pour toucher l'or secret des femmes. Dieu avait conçu les mâles et les femelles pour qu'ils s'aiment dans un don total et universel. Ces vérités théologiques que soutenaient les faits purement biologiques m'arrangeaient bien. Je ne me souciais point de l'aspect social et économique de l'approche amoureuse : puisque la chair avait été créée pour les êtres libres, qu'ils fussent fortunés ou désargentés, j'avais droit à mon dû.
 
Mais sans jamais rien débourser.
 
Je voulais gagner le coeur d'une vierge sans devoir me vider les poches. Je regardais avec consternation ces pauvres amants qui, avant de pouvoir s'embrasser, croyaient nécessaire de laisser quelques pièces au bar pour un premier café, voire de s'inviter au restaurant à grands frais.

Oui, j'étais assoiffé de rencontres intimes, moi aussi. Sauf qu'une cause majeure m'interdisait de passer certaines étapes que l'on dit obligées : l'avarice. L'obligation de la finance stoppait tous mes projets. 
 
J'en étais là de mes réflexions sur les rapports avec la gent féminine. La folie de l'épargne retenait mes pensées, mes gestes et toute ma sève virile dans ma progression sur le chemin de la vie. La simple idée d'avoir à ouvrir mon portefeuille pour lutiner une conquête m'arrêtait net dans le jeu de la séduction.
 
Je brûlais de désir et en même temps j'aurais préféré me couper la main plutôt que de sortir un seul billet.

2651 - Engendrer un enfant normal

Au fil de semaines leurs folles flammes se changèrent en habitudes amoureuses plus structurées. Peu à peu des pensées sages et des rêves raisonnables naquirent dans leur tête. Aux fulgurances charnelles et envolées des âmes succédèrent des projets de stabilité.
 
Ils commençaient tous deux à reconsidérer leur situation : ces légèretés initiales devaient déboucher sur une affaire plus sérieuse.
 
Il leur fallait construire un foyer.
 
Établir des bases solides entre l'hymen et la bosse. Ancrer leur amour dans une réalité certes pragmatique mais surtout durable. Autrement dit, réunir le ciel et la terre, les nuages et la poussière, l'azur et les cailloux.
 
Faire un mariage entre la chair et la poésie.
 
Et tout consolider au quotidien à travers une routine lumineuse.
 
Pierre envisagea donc de mettre Marie enceinte afin de lui offrir une version améliorée de lui-même : un enfant sain, droit, beau, valide.
 
Un bébé normal.
 
C'était exactement ce qu'elle voulait : ajouter au monde une part de beauté. Et non de laideur. Apporter sa contribution maternelle à l'embellissement de l'Humanité et l'amélioration du Cosmos. Autant que possible, enrichir la société d'un Apollon ou d'une Vénus et non l'appauvrir d'un bossu supplémentaire. Telles étaient ses positions sur la question. L'enfantement dans un esprit de verticalité. L'un et l'autre ne divergeaient nullement sur ce point. De leur union baroque devait naître, préférentiellement, l'excellence.
 
Pierre le crapaud allait ainsi féconder Marie l'étoile.
 
Un pari assez risqué qui en valait la peine, selon lui. A ses yeux l'infirmière, par son éclat simple et sûr, bien faite et plutôt vigoureuse, s'annonçait comme une mère prometteuse. Apte à engendrer un fruit digne de sa belle constitution et de sa salutaire génétique. Sa progéniture, pensait-il, aurait de fortes chances de plaire au Soleil.
 
Et si par malheur un infirme sortait finalement de sa matrice, alors l'infortuné aurait droit au meilleur de la vie également.

Avec, cependant, une plus grande dose de douleur pour y accéder.

jeudi 11 juin 2026

2650 - Naissance de l'avarice

Je naquis sous des étoiles suspectes. Un lundi férié, c'est-à-dire un jour maigre, un lendemain de mort. Pour un futur radin c'était un signe.
 
Je grandis normalement, ainsi que tous les enfants de la Terre : avec des tas de sottises dans la tête, des trucs en toc dans les mains et rien dans les poches, sinon une ou deux pièces de monnaie de piètre valeur, vouées à d'improbables et puérils achats, juste de quoi produire d'éphémères illusions de richesse.
 
Je passai une enfance heureuse à l'abri des folies d'adultes.
 
C'est à l'adolescence que mon existence économique commença à se compliquer. Pour respirer l'air de la liberté et entreprendre le premier voyage d'amour, il s'agissait alors d'acquérir une certaine crédibilité financière : il fallait acheter le cœur des filles. L'affaire devenait donc sérieuse.
 
J'avais besoin d'argent.
 
Le problème, c'est que lorsque j'en avais, je me découvrais viscéralement rétif à la moindre dépense, qu'elle fût superflue ou même vitale. De toute évidence, une étrange maladie me rongeait, qui m'empêchait de vivre : l'avarice.
 
Tout jeune encore, je souffrais de ce mal de vieux, de ce vice de moribond, de cette plaie d'un autre siècle. J'étais un lépreux, un ladre, un gueux ! L'égal d'un mendigot, d'un va-nu-pieds, d'un loqueteux, de par ma mentalité naissante d'économe enragé.
 
J'offrais l'apparence d'un adolescent normal, sauf qu'une âme de rat d'égout refroidissait mon être. Mes gestes s'apparentaient à ceux d'un rapiat. Mes amitiés, calculées, étaient mesquinement sélectionnées selon les bénéfices que je pouvais en tirer ou l'épargne que cela me procurerait en termes de centimes, de babioles ou de peu de choses, ces misères qui malgré tout m'étaient chères : des gains de pouilleux, des fortunes de bouts de ficelle, des trésors de crevard.
 
J'entrais progressivement dans mon système sordide comme on descend un cadavre dans son caveau pour qu'il s'y anéantisse. À la différence près, que j'affichais ma décrépitude et ma puanteur de pingre invétéré aux yeux du monde.

Je n'avais pas quinze ans que je débutais ma longue carrière de macchabée.

2649 - L'antre de Pierre

Il fut enfin temps pour Pierre de présenter son étoile à ses parents.
 
Tandis que ces derniers s'attendaient à voir une femme aux éclats perçants, à l'image des précédentes conquêtes de leur fils, ils furent éblouis par ce pâle soleil au rayonnement doux et discret. Le père lui adressa la parole le premier.
 
— Voilà une bien jolie béquille pour notre enfant, saine et d'allure correcte. Preuve que l'on peut être soi-même tordu et choisir d'emprunter de droits chemins.
 
L'infirmière ne sut s'il fallait acquiescer poliment ou sourire avec complicité. Elle répondit :
 
— Je vous rassure, Pierre ne représente nullement un poids pour moi. Je ne pense pas qu'il ait besoin d'être soutenu, simplement accompagné, et avec légèreté encore ! En espérant que je sois à la hauteur de ses vues.
 
La mère répliqua :
 
— Pierre, avec son dos de travers, vise surtout des horizons qui le dépassent. Il a le goût des défis un peu trop grands pour lui.
 
L'amante, étonnée par cet accueil teinté d'humour sarcastique, crut judicieux d'adhérer au jeu de ses hôtes. Elle devina qu'elle avait affaire à des gens de bel esprit, aux antipodes de ce qui se faisait habituellement en termes de médiocrité.
 
Le handicap de leur progéniture ne leur semblait pas constituer un prétexte à psychodrame. Ils ne s'en servaient pas comme un chiffon rouge à brandir, tel un étendard familial victimaire et revendicatif. À leurs yeux, sa bosse faisait partie des nombreuses contrariétés qui pouvaient résulter du cadeau infini qu'est la vie.
 
Pierre intervint :
 
— Marie est la meilleure opportunité que j'ai rencontrée. Elle s'est appréciée à sa juste valeur, ce que je peux lui offrir, et en redemande même, tant mes vertus essentielles la comblent. Elle sait ce qui est bon pour elle et en profite sans retenue, ce qui me satisfait moi aussi.
 
Le message était passé en douceur et avec pudeur. Il n'y avait plus qu'à s'installer autour du repas pour parler des plats et de l'avenir du jeune couple, ce qui fut fait. Après s'être étendu sur ces banalités, les deux amoureux sortirent de table pour aller dans la chambre de Pierre. Marie découvrit l'antre du bossu avec émotion. Cette pièce sombre dégageait un mélange de mélancolie et de vigueur, une sorte de brume paisible mêlée à une force vive. Toute l'âme de Pierre était contenue entre ces quatre murs : un vaste crépuscule en attente de clair azur ou de brûlants orages.

Ils s'étreignirent longuement dans le lit. Et leur chair s'enflamma, sans faire de bruit.

mercredi 10 juin 2026

2648 - Simplicité de l'amour

Selon tous ces témoins de la rue, il semblait qu'un amour trouble unît ces deux êtres à part. Une affaire inavouable, basse et sale. En vérité, pour ces regards extérieurs, il était impossible de définir exactement ce lien mystérieux qui avait fait s'enlacer la fleur et la ronce... Ce qui n'empêchait pas les spéculations les plus fantaisistes.
 
Certains d'entre eux se demandaient si une étrange flamme morbide ne les animait pas depuis le fond de leur âme tordue... Une forme de perversité crasse, sous des dehors honorables de conjugalité, en somme. Après tout, puisqu'à leurs yeux la monstruosité physique existait, l'anomalie morale demeurait également fort possible...
 
Rien de faux dans ce raisonnement, d'ailleurs. Mais pas fatalement vrai pour autant.
 
Ou alors ils imaginaient qu'une ombre intérieure un peu magique hantait leur coeur... Ou, pourquoi pas, qu'une entité féérique les habitait ? S'apparentait-elle à une fée lumineuse et lui à un sombre lutin ? Peut-être aussi croyaient-ils qu'à travers cette infirmière et ce bossu s'était ironiquement nouée une relation inédite ? Autrement dit, un curieux mariage entre la pathologie et la poésie.
 
Visiblement et quoi qu'on en pensât, cette femme et ce jeune homme sortant de l'ordinaire chacun à sa manière paraissaient s'être trouvés. Quelle improbable aventure du quotidien ! Vivaient-ils dans un monde ésotérique fait de ciel crépusculaire et de rêveries ténébreuses, de merveilles occultes et de cauchemars fabuleux ? Les observateurs ne manquaient pas de s'interroger sur la question, souvent stérilement. Beaucoup se convainquaient de ces stupidités. Peu parmi eux obtenaient de réponses réalistes.
 
Assurément, de doctes penseurs de bistrot et autres théoriciens du vide adhérèrent sottement à ces hypothèses finalement bien légères.
 
De quoi s'agissait-il au juste ? Que faisaient donc la blouse blanche et la bosse ensemble ?
 
En réalité des intérêts très libidineux avaient prioritairement formé ce couple. Complétés, dans une bonne mesure, de sentiments amoureux parfaitement classiques. Il ne fallait pas faire preuve d'esprit trop romanesque pour se rendre compte de ces évidences.

Le scandale de leur union consistait en peu de chose : il cherchait la beauté, elle était attirée par la nouveauté, voilà tout.

mardi 9 juin 2026

2647 - Choc public

Pierre commençait à rejoindre directement son amante à la sortie de son lieu de travail. Il l'attendait devant l'établissement médical et, évidemment, sa présence se remarquait comme une verrue au milieu d'un visage. Sa bosse y rayonnait de toute sa misère : impossible d'ignorer cet énorme furoncle dans la rue. Le bossu patientait jusqu'à ce que la jeune femme vienne à sa rencontre. Et là, des passants surprenaient avec effarement et incrédulité l'infirmière en train d'enlacer l'affreux infirme. La scène, particulièrement gênante, paraissait surréaliste.
 
Visiblement éprise du polichinelle, Marie semblait assez indifférente aux regards, même si on sentait qu'elle ne cherchait pas à s'afficher ostensiblement. C'était à la fois admirable et pitoyable à voir. Un spectacle fascinant et dérangeant. L'union contre nature d'une espèce de fée blanche avec un arlequin grotesque. Elle, grande, belle, élégante, digne, marchait d'un pas fluide et formel. Lui, petit, courbé, trapu, le corps désarticulé, la face sans attrait, ressemblait à un insecte.
 
Elle passait amoureusement son bras de sirène autour de la taille de ce tétrodon claudiquant. Le contraste entre cette lumière accrochée cette ombre choquait manifestement les témoins, qu'ils fussent horrifiés ou amusés. 

Pierre et Marie formaient un navrant et idéal duo de dos opposés, des amoureux aussi merveilleux que ridicules... Ces deux êtres si différents l'un de l'autre ne manquaient pas de faire réagir. Sur leur passage même les impassibles se retournaient. Ils faisaient penser à des saltimbanques s'adonnant à un numéro de cirque. Affligeant, morbide, captivant. Sans que l'on sache s'il était destiné à faire rire ou à faire peur.

La déesse et le clown exécutaient leur chorégraphie piteuse et touchante sur une piste dénuée d'étoiles.
 
Les gens assistait à travers cette paire non harmonieuse à une sorte de farce moderne grandeur irréelle. Un show pathétique et sublime sur la voie publique. Un cauchemar d'amour hors norme. Une fable éveillée à la vue de tous, un rêve perdu dans les brumes du monde.

Leur couple peu ordinaire déclenchait moqueries, pitié, ahurissement, consternation. Et plus rarement, admiration. 

Ils incarnaient le malaise sur Terre, le choc du chaud contre le froid, la beauté agenouillée au pied de la laideur.

lundi 8 juin 2026

2646 - La bosse comme une flèche

À son travail, Marie incarnait l'infirmière totale. Nul ne l'imaginait sans sa blouse blanche, tant elle se résumait à cette image exclusive. Irréprochable dans son rôle, elle remplissait son office tel un ange guérisseur. C'était une âme véritablement désintéressée. En cette femme aux apparences si sérieuses palpitait un cœur ingénu et sommeillait une chair infernale. Elle se comportait comme une sainte dans ses rapports avec les patients, consciencieuse, attentive, investie.
 
Elle œuvrait avec toutes les ressources à sa portée : médicales et spirituelles. Elle avait une approche à la fois hautement technique et profondément mystique de son métier. Elle pouvait, par exemple, associer ses plus ferventes prières à l'action d'un sérum.
 
À ses yeux, il s'agissait de deux formes de réalités qui ne s'opposaient pas. Cela dit, consciente de la frilosité de ce siècle à l'égard de cette conception de la médecine, elle se gardait bien de faire part de ses méthodes aux malades et à ses confrères. Elle préférait passer pour une froide et très compétente technicienne, sans provoquer de vague.
 
Une fois sous les draps, auprès de Pierre, la professionnelle scrupuleuse se transformait en amante insatiable, caressante et docile, se mettant à étreindre furieusement la bosse de ce loup venu la pourfendre, la déchirer, la dévorer sans retour en arrière possible.
 
La soignante et le bossu s'accouplaient pour un départ définitif, un engagement radical, ils le savaient. Loin de s'en effrayer, ils recherchaient au contraire à resserrer ces chaînes qui les unissaient. Même si Marie devait briser cette statue pieuse à laquelle elle s'apparentait et qui la définissait dans une grande mesure, elle l'assumait avec bonheur. Non pas qu'elle reniât cette partie flatteuse d'elle-même, simplement elle se donnait sans compter dans ce nouvel aspect de sa personnalité.

Le monde sulfureux des sens s'ouvrait au-dessus de sa claire auréole. Ses gémissements montaient au ciel, son souffle devenait une flamme, son hymen un autel en feu.

Sous le phallus de Pierre, la dévote aux pensées sages se changeait lumineusement en tête explosive.

2645 - L'envol de Pierre

Cela ne l'empêchait pas cependant d'être perçu par la plupart des gens comme un jeune homme brisé, inachevé et malchanceux. Ces regards extérieurs posés sur sa bosse ne cherchaient nullement à se montrer méchants, ils se voulaient simplement lucides. Sauf que tous ces observateurs se trompaient : sous ses dehors chétifs Pierre était un roc. Il avait l'âme d'un loup et le coeur d'un guerrier.
 
Il est vrai qu'avec ses allures de petit rapace déplumé il présentait des aspects grotesques dans son rôle d'amant, ses épaules rapprochées et anguleuses dépassant de son échine voûtée ne plaidant guère en sa faveur. Cet oiseau déclassé semblait être né pour patauger dans les mares à canards. Comment, selon ces esprits si avisés, pouvait-il paraître crédible devant une femme ?
 
Peut-être est-ce ce contraste improbable entre sa pitoyable apparence et la hauteur de sa flamme qui lui conférait un charme supplémentaire aux yeux de Marie.
 
Il jouait au cygne avec ses ailes d'épouvantail.
 
Cela suffisait pour faire naître de nouveaux rêves, des chemins parallèles, de folles perspectives. Ce théâtre de cour des miracles fonctionnait parfaitement avec l'infirmière qui captait de la beauté, du moins une forme peu ordinaire de merveille, là où beaucoup d'autres ne voyaient que de banales misères.
 
Avec cette admiratrice inespérée le bossu avait trouvé son public tout en touchant son salaire immérité de roi, contribuant à sa gloire intime et à sa légende personnelle. Payé avec la monnaie de la vérité, il n'en demandait pas plus : il recevait l'amour en échange de sa laideur. Vu de loin, on le plaignait. En réalité il jouissait pleinement de la grâce du destin.
 
À travers les eaux troubles de ses désirs fantasques, il avait su se construire un palais à l'échelle de ses feux intérieurs.
 
En compagnie de Marie, Pierre se débarrassait de ses lourdeurs, décollait de terre, brûlait dans le ciel.

La gargouille égarée avait rencontré sa cathédrale.

dimanche 7 juin 2026

2644 - Carrière de bossu

Quel chemin parcouru depuis la montée en puissance de sa bosse !
 
Parti du plus bas, Pierre se retrouvait à présent au sommet, lui le cabossé uni par l'âme et la chair à une femme de prix. Il allait avoir vingt-deux ans et son destin ressemblait à un livre incertain peuplé de mauvaises fables, rempli d'histoires joyeuses et navrantes, hanté par des fantômes tantôt sombres, tantôt éclatants.
 
Il se revoyait marcher et trébucher lors des étapes sinueuses de sa vie, progressant avec autant de troubles que de rires vers son but actuel. Il se repassait dans la tête le roman misérable et fracassant de son sort si singulier. De prétendu perdant-né, il arrivait sans crier gare au statut envieux d'amant à la virilité éprouvée. N'avait-il pas précisément tiré sa force de sa faiblesse ? Ses pesanteurs congénitales ne lui avaient-elles pas donné des ailes providentielles ? Autrement dit, son malheur génétique n'avait-il pas directement contribué à son bonheur d'ailé ?
 
Il remonta au plus loin dans les ombres et lumières du passé. Il se souvenait parfaitement de ces folles années où, se croyant grand en dépit des évidences, les faits le réduisaient à un individu minuscule. Son horizon visuel immédiat se limitait lamentablement au sol. Sans cesse courbé, le monde se présentait à lui sous un angle étriqué.
 
Enfant, il portait cependant son infirmité avec toute la légèreté de son innocence. Il se remémorait les cabrioles qu'il faisait en s'aidant de son dos arrondi, insouciant et heureux, ignorant de son drame futur. Puis son entrée à l'école où autour de lui les adultes semblaient hystériques, tandis qu'il demeurait paisiblement assis à son pupitre. Il sentait cette muette agitation à son sujet de la part des enseignants aux discours édulcorés si suspects, mais également venant de certaines grandes personnes importantes aux attentions artificielles...
 
Il grandissait ainsi, prenant de la hauteur avec les ans tout en fléchissant un peu plus, paradoxalement. Il s'apparentait à une larve et s'imaginait naïvement qu'on le percevait comme un être privilégié, remarquable. Une sorte d'espèce rare à préserver, sous prétexte de sa différence. À cette époque il prenait sa misère pour une immensité. Il ne voyait que du feu en réalité. Ceux qui voulaient l'épargner en tentant de valoriser son handicap le trompaient sur son état réel. De bonne ou mauvaise foi.
 
Ils se mentaient à eux-mêmes, construisant un avenir illusoire à ce bossu médiocrement éveillé qu'il était alors, et cela en toute bonne conscience. Lui, il continuait sa route. Bêtement, déraisonnable et optimiste, sans trop s'occuper de ce qu'on pensait de la direction de ses jours. Pierre savait surtout une chose essentielle : nul ne songeait qu'il chercherait à s'envoler. On l'attendait sur un terrain horizontal. 

Il retraça les souvenirs de ses échecs, de ses maladresses, de ses audaces, partagé entre consternation et amusement. Il se réjouit d'avoir subit tant d'orages de sang en pension, ce qui lui permit de s'éloigner des fatales mollesses. Enfin il évoqua le nom de ses précédentes conquêtes, Rose, Marguerite, Estelle, et quelques autres plus anonymes, initiations nécessaires pour son entreprise amoureuse finale...

Aussi tordu fût-il, sous les étreintes de Marie il venait d'atteindre l'âge d'homme.

samedi 6 juin 2026

2643 - Fort, fragile et lucide

Pierre avait besoin d'une femme avec des ailes, envie d'une femelle à la chair éclatante et aux légèretés d'azur, d'une putain terrestre aux yeux célestes. Et Marie voulait un mâle stellaire, une massue brutale enrobée d'éther, une virilité de loup sous une peau d'homme, une nature de feu dans un corps fait pour l'épreuve.
 
Ils se complétaient tout en s'opposant. L'infirmière semblait être née d'un nuage, tandis que le bossu paraissait issu d'une rocaille. Tous deux s'aimaient en dehors des critères ordinaires du siècle, loin des sensibilités communes, si proches de ces oiseaux du crépuscule planant entre flammes et brumes.
 
Marie n'éprouvait nulle honte à s'afficher en compagnie du jeune infirme. Elle ne cherchait ni à se cacher de cette relation ni à la revendiquer, simplement à demeurer ce qu'elle était en vérité : une âme consciente de son hymen. Une lune paisible en quête de soleil brûlant.
 
Quant à Pierre, il tirait une réelle fierté de sa conquête aux éclats de plâtre. Celle-ci représentait la contrepartie de sa bosse, la preuve vivante de sa gloire, le sommet ostensible de son bonheur présent et futur. Elle venait dans sa vie comme la réparation de ses humiliations passées. Après la retentissante raclée reçue quelques années auparavant sur la place publique (on en parlait encore), il n'avait plus vraiment osé sortir dans les artères principales de sa ville, limitant ses déplacements furtifs à quelques rues aux alentours. Il souhaitait se faire oublier, mortifié, honteux d'avoir été fessé devant tout le monde par le père de Rose.
 
Désormais il pouvait envisager de se forger une réputation nouvelle auprès d'une autre population, ailleurs que dans sa cité natale. Pour cela il devait éviter de croiser ces gens qui jadis avaient posé leurs regards amusés sur son postérieur déculotté, rougi, meurtri. Certes cette union profonde avec Marie le consolait grandement de ce souvenir cinglant, pour autant il préférait ne pas revenir sur les lieux où il fut si cruellement crucifié.
 
Aussi ne sortaient-ils jamais ensemble là où on risquait de le reconnaître : selon la rumeur il passait pour celui à qui l'on zébra notoirement le fessier.
 
Pierre avait ses grandeurs, ses fulgurances, son panache et ses charmants mystères, mais également ses fragilités, ses blessures et ses misères.
 
Il se sentait souvent vainqueur, invincible, brillant. Et se montrait parfois tellement audacieux, ou irresponsable, qu'il estimait être protégé par la Providence, tel un élu du ciel. Mais se savait, à travers certains aspects de sa personne et de son histoire, grotesque, lourd, déplorable, insignifiant.
 
Il n'ignorait pas que ces faiblesses en lui, du fait de son handicap et de sa laideur, rendaient les humains indulgents à son égard. N'en profitait-il pas pour tenter de forcer un peu le sort ? Ne tenait-il pas son courage de cette situation avantageuse ? Assurément, il récoltait des bénéfices de son dos disloqué. On le raillait tout en l'épargnant charitablement. Entre humanisme de façade et secrète hypocrisie. Il ne s'en formalisait aucunement, "coupable" d'appartenir lui aussi à cette humanité imparfaite.

Féroce avec lui-même, il se permettait de rester lucide avec la société, son époque, les réalités de l'existence.

Et riait volontiers de sa naissance sous la baguette de Carabosse.

vendredi 5 juin 2026

2642 - Amant idéal

Leur relation, pour fulgurante qu'elle fût, n'en était qu'à son début. Aussi Pierre logeait-il encore dans le foyer familial, lorsqu'il ne dormait pas la nuit chez son amante.
 
Là, dans sa chambre où désormais il passait le plus clair de son temps, il regardait longuement son dos hideux et sa face ingrate dans le miroir, satisfait de l'oeuvre divine malgré tout, heureux de n'être pas plus laid, pas davantage infirme, et peut-être même amusé de se découvrir si saugrenu dans sa peau de bossu. De manière impromptue, jouant volontiers de sa difformité, il lui arrivait de mimer quelque monstre imaginaire devant sa glace. Il se contorsionnait en grimaçant et en poussant des cris inquiétants. Il se trouvait souvent comique, d'autres fois mauvais comédien. Mais tout cela n'avait guère d'importance : une cause supérieure le faisait palpiter. L'essentiel se nommait "Marie". Le reste avait bien peu de poids.
 
Il attendait fébrilement l'heure ou le jour où il pourrait voir l'infirmière, étant donné que cette dernière devait remplir ses obligations professionnelles. Dans cette partie de sa vie, elle prenait le visage tiède des statues d'église. Et ressemblait à un cierge. Dans l'intimité amoureuse, elle brûlait comme une torche.
 
Il allait parfois la rejoindre le soir à la sortie du centre médical où, pour la récompenser de sa dure journée de travail, il lui offrait tantôt un bouquet d'orties, tantôt une gerbe d'épines. Il considérait que les fleurs, les bonbons et douceurs de ce genre, c'était bon pour les âmes flasques. Lui, il se mettait ostensiblement au niveau des dévoreurs de flammes, des avaleurs de sabres, des cracheurs de feu.
 
Pierre avait pris soin de ramasser lui-même, avec patience et amour, ces présents naturels qui en disaient long sur la sincérité et la profondeur de ses sentiments. Il choisissait les meilleures tiges pour sa bien-aimée, celles qui touchent, piquent et enfièvrent. Il voulait que ses cadeaux fussent mémorables, au lieu d'être anodins et insipides. Marie appréciait beaucoup ces attentions sortant de l'ordinaire, tellement romanesques et délicieusement viriles !
 
Le conquérant de son hymen ne manquait ni de panache ni de piment. Avec son humour féroce, sa verge de demi-dieu et sa bosse d'animal, le méchant loup plaisait follement à la "voleuse de sang" !
 
Celle-ci se pâmait sans cesse en évoquant les trésors inavouables de son amant. Afin de combler sa féminité de diablesse en blouse blanche, il lui fallait non pas un banal prince de conte de fées mais plutôt une bête de lit à l'anatomie hors norme.

Et à l'esprit à hauteur des nuages.

jeudi 4 juin 2026

2641 - En dehors du monde

Le couple était formé, cimenté par la chair et les larmes.
 
Les semaines passèrent et les amants s'enracinèrent dans une affolante routine. Ils se voyaient tous les jours, sans habiter ensemble cependant. Chacun pour le moment vivait encore sous son propre toit. La période était aux découvertes préliminaires et aux aventures nocturnes, non à l'installation durable dans un foyer commun. Ils voulaient faire durer l'ivresse des hauteurs en attendant de s'embarquer vers l'horizon fatidique d'une longue route conjugale les menant jusqu'à la tombe.
 
Ils cultivaient savamment cet éloignement, choisissant de s'attarder un peu dans les délices de ce théâtre nuptial avant un rapprochement plus formel. Ce jeu statique de présences et d'absences contrôlées constituait leur voyage de noce à eux. Ces distances volontaires qu'ils maintenaient entre eux par intermittences entretenaient le feu de leurs retrouvailles quotidiennes.
 
Bref, leurs corps s'embrasèrent et leurs âmes s'envolèrent. Et leur bonheur ne correspondait pas du tout à celui des autres humains de leur siècle. Ils ne désiraient aucunement la reconnaissance de la société, la respectabilité temporelle, la conformité avec les institutions religieuses ou laïques. L'authenticité de leur hyménée et la vérité de leurs regards leur suffisaient.
 
Seule comptait la valeur de leur flamme.
 
Le reste ne concernait en aucune façon les gens ordinaires de la Terre. Le choc de la rencontre, le vertige des sens, l'or de leurs nuits, leurs cris charnels et leurs chants de bêtes ne regardaient qu'eux.
 
Ils souhaitaient juste être en accord avec la clarté du ciel, l'immensité de l'Univers et le secret de leur alcôve.
 
Pour autant, ils ne cherchaient nullement à heurter l'opinion, à choquer les bonnes moeurs. Au contraire ils préféraient vivre cachés plutôt que sous les projecteurs du scandale, tant que possible.
 
Pierre deviendrait donc pour le restant de sa vie l'ombre de l'infirmière, son spectre officiel. Et Marie serait la lumière définitive du bossu. Ainsi se présentaient les choses pour le futur. Hautement conscients de la singularité extrême de leur union, tous deux savaient qu'ils se trouveraient au coeur de toutes les attentions, surtout au début. L'affichage public de leur duo amoureux disparate allait fatalement susciter des étonnements, des railleries, des sarcasmes, des sentiments de pitié, et ils le comprenaient parfaitement.
 
Officieusement, la blouse blanche et la bosse s'épousèrent. Bien à l'abri des yeux du monde. Avec pour unique témoin, la pudeur.

mercredi 3 juin 2026

2640 - La lente montée des larmes

Les amants se retrouvèrent dans les jours suivants pour mieux se découvrir. Plus finement et plus paisiblement. Après les feux de la chair, les profondeurs de l'esprit. Une fois bien établi dans les douceurs de l'alcôve, Pierre raconta sa triste vie à Marie qui la trouva brillante.
 
Ses échecs, essais et épreuves semblaient être non pas de pitoyables expériences aux yeux de l'infirmière, mais au contraire des sortes d'exploits initiatiques dignes d'une réelle admiration. Elle voyait les choses selon son prisme personnel, différent de celui de la société.
 
Le bossu brillait entre ses bras.
 
Sous ses caresses, son infirmité se changeait en un signe de gloire, telle une cicatrice de guerre dont il pouvait être fier. Il avait affronté les vicissitudes de l'existence pour partager cet instant précisément où il jouissait avec elle des lauriers de l'amour.
 
Elle considérait sa bosse comme une preuve de fécondes souffrances. La forme tangible, chaude et palpable d'une fragilité humaine forgeant les tempéraments. Tout le charme de Pierre tenait dans sa rugosité. Il avait la virilité âpre, rare et sauvage des loups blessés. Le sort l'avait durement outragé sur le plan esthétique et merveilleusement gâté en le gratifiant d'une mâle vaillance hors norme.
 
Dans les tendresses des confidences, Pierre ouvrait progressivement son âme à Marie, heureux de sentir les mains de l'aimée posées avec sérénité sur son dos. Il lui confia les humiliations subies, les conquêtes gagnées puis perdues, les nuits de solitude brûlées sous des lunes froides et les heures de marche consacrées à chercher l'impossible lumière. Il déposait ainsi ses pensées secrètes à ses pieds, lui le pauvre garçon crucifié dès la naissance. Il se laissait aller à ces paroles de délivrance, se vidait intérieurement, se délivrait de ses poids cachés au fur et à mesure qu'il lui parlait. Marie écoutait, attentive, grave et silencieuse.
 
Pierre continuait à déverser ses flots de mots sur le coeur de Marie.
 
Bientôt des sanglots les remplacèrent. Il n'avait plus rien d'autre à exprimer. Les larmes prenaient le relais et coulaient naturellement. Durant toutes ces années, jusqu'à ce qu'il rencontre Marie, Pierre s'était fait croire à lui-même qu'il était fort dans le malheur, insensible aux coups, léger sous le calvaire. Certes une cuirasse le protégeait manifestement des heurts. Son optimisme lui conférait une envergure morale d'aigle royal, lui qui présentait un physique de rampant. Il endurait l'adversité avec héroïsme. Il décollait plus souvent qu'il ne rasait le sol. Cependant ses ailes restaient fragiles.
 
Alors qu'il se comportait depuis toujours en guerrier indompté sur ces questions sensibles de son handicap, il redoublait ses pleurs sans vraiment savoir pourquoi.

Il se consola longuement sous les étreintes émues de Marie.

mardi 2 juin 2026

2639 - La chair qui complète l'esprit

Marie de son côté avait le sentiment de vivre un ébranlement total de sa féminité. Et tout à la fois un essor vertigineux. Entrée de façon percutante et scandaleuse dans un univers aux antipodes de ses aspirations premières, elle avait immédiatement pris goût à ces flammes. S'y étant jetée avec délices, elle voulait y retourner sans regret. Cette infirmière de nature si réfléchie, de moeurs si chaste et socialement si distante était tombée dans les bras de Pierre sur une simple illumination passagère.
 
Ces choses, si loin d'elle, s'opposaient radicalement à ce qu'elle incarnait depuis sa naissance. Elle rejetait l'idée que cette affaire pût constituer une quelconque offense morale tant au monde qu'à sa personne, mais acceptait par-dessus tout la délectable brûlure que cela lui procurait. Même si ses rêves de toujours se situaient dans des sphères poétiques et spirituelles aussi élevées qu'élégantes, paradoxalement les saillies brutales avec cette espèce de sanglier lui semblaient aller de soi, son corps et son âme ayant glissé naturellement vers le jeune monstre aux épines si séduisantes... Après tout, quelle force aberrante aurait pu interdire ces feux innés, pourvu qu'ils demeurassent dénués de crime ?
 
De quel droit la société jugerait-elle indécent le fait qu'une femme de sa valeur puisse aimer un tel satyre ?
 
Consciente du caractère hors norme de la situation et surtout de l'image ahurissante qu'elle pouvait donner d'elle-même, elle préférait encore assumer sa chute sociale pour pouvoir continuer son envolée personnelle. Seule comptait la hauteur de son ciel, non les vagues du siècle.
 
Éprise de son amant, son unique choix consistait à aller de l'avant, non de refréner ses transports.
 
Qui se douterait d'une telle folie en la voyant manier ses seringues ? Jamais elle ne s'était comportée de la sorte auparavant. Elle avait agi de manière volcanique, et peut-être avec une certaine puérilité, ce qui ne lui ressemblait décidément pas. Dans sa blouse blanche impeccable, elle paraissait fiable, imperturbable, irréprochable. Une vraie adulte responsable, le stéréotype parfait de la soignante à la tête froide, à la chair glacée, aux pensées âpres.
 
Dans sa vie intime elle venait de se découvrir un autre visage, fulgurant : celui d'une gazelle avide des crocs de ce drôle de lion. La proie consentante cherchait à se faire dévorer toute crue par ce bossu doté d'une virilité de fauve. Elle allait donc volontairement bouleverser son existence après avoir succombé au charme de Pierre-le-laid.

Pierre, cet être tellement étrange, malformé, ridicule, petit et définitivement disgracieux... Et pourtant capable de faire mentir les plus solides certitudes.

lundi 1 juin 2026

2638 - Un petit qui devient grand

Les parents ne purent s'empêcher de rire de leur fils qui, le plus naturellement du monde, leur envoyait ces paroles lustrées. Le jeune bossu adoptait une attitude grave qu'ils ne lui connaissaient pas d'habitude. L'amour lui faisait employer un bien pompeux passé simple. Il leur avait dit "elle croisa un polichinelle au glaive vaillant" en parlant de lui. À travers ces mots "elle croisa" dans sa phrase, il endossait un costume trop grand pour ses épaules de nabot.

Pierre se montrait aussi touchant que ridicule dans cette peau simiesque empruntant des airs si augustes... Se prenait-il lui-même au sérieux ? Voulait-il jouer avec le drame de son handicap ? Cherchait-il à l'alléger en le tournant en dérision en cette circonstance cruciale de sa vie ? En abordant ainsi ce sujet délicat, tout chez lui planait dans un vague déconcertant, entre les légèretés de son esprit et la lourdeur de son dos. Visiblement, il badinait avec sa bosse, s'ingéniant à en faire une pièce de théâtre grandeur nature, comme pour tenter d'éblouir un public restreint. D'abord les deux témoins de son foyer, peu convaincus. Ensuite sa compagne d'alcôve, davantage accessible à son jeu.

Face aux rires de ses géniteurs Pierre demeurait de marbre. Il devait tenir son rôle jusqu'au bout. Marie, sa véritable admiratrice du moment, semblait captivée par ce personnage qu'il incarnait. Cela lui suffisait pour qu'il se sente porté par des ailes. Devant son père et sa mère, il passait surtout pour une gargouille congénitale, tandis que son amante voyait en lui une sorte d'ange prisonnier d'un corps de rat. 

Pour Marie, le disgracié était avant tout un être ailé aux apparences sombres qui lui procurait un plaisir quasi céleste. 

Le numéro fonctionnait à merveille. Pierre se donnait en spectacle, il brillait. Le seul fait d'avoir su rendre heureuse cette femme légitimait sa posture de supériorité. Il paraissait certes grotesque, tant physiquement que sur le plan comportemental. D'un autre côté il était parfaitement crédible puisqu'il avait avantageusement agit sur la chair femelle. Sa pose, aussi puérile et risible fût-elle, s'appuyait sur le réel, le tangible, non sur des rêves.

C'est ce qui faisait toute sa force. Il le savait pertinemment. À partir de là, il pouvait se permettre toutes les comédies, de la plus pitoyable à la plus solennelle.

La tournure utilisée "elle croisa un polichinelle au glaive vaillant" avait provoqué une certaine hilarité. En même temps, elle annonçait avec fracas l'arrivée d'un héros en forme de singe sur la scène humaine.

samedi 30 mai 2026

2637 - Pierre dans un nuage

Pierre annonça à ses parents la bonne nouvelle :
 
— Mon existence va changer, j'ai définitivement fait la conquête de l'oiseau rare : une admiratrice pour ma bosse !
 
Sa manière de voir ainsi la réalité ne surprit pas ses géniteurs. Ils savaient pertinemment que cette élue qu'ils ne connaissaient pas encore n'admirait pas spécifiquement l'infirmité de leur fils et que ce dernier cherchait surtout à montrer que son dos de bête n'était finalement pas un obstacle à une rencontre amoureuse et qu'au contraire cet état de fait lui permettait de décupler sa motivation pour accéder au privilège d'un hymen de choix.
 
Son père demanda :
 
— Est-elle belle au moins ? C'est important tu sais !
 
La question paternelle méritait de recevoir une ferme réponse. Avec ses traits ingrats et sa silhouette de chauve-souris, Pierre se trouvait dans l'obligation de viser plus beau que sa face de cafard, de dépasser son misérable sommet dorsal.
 
— Assez pour que l'on s'étonne de la différence entre elle et moi : elle est blanche, elle est haute, elle est loin. Son nom est "Marie".
 
— Que veux-tu dire, répondit sa mère ?
 
— Cette femme est un nuage attiré par la pierre !
 
Tout était exprimé en peu de mots. Ils avaient compris l'essentiel : Pierre venait vraiment de rencontrer celle qu'il attendait depuis qu'il avait pris conscience du poids pesant entre ses épaules.
 
Évidemment le jeune homme contrefait qui avait séduit la virginale femelle aux apparences de plâtre ne leur raconta pas le feu de leurs ébats, le ciel ayant brûlé leur chair, leur nuit de lumière déchirée et d'étoiles ébranlées. Il leur laissa entendre cependant que leur enfant bossu, hier ingénu, valait désormais autant qu'un ogre insatiable, qu'un loup sanguinaire. En termes charnels, humains, spirituels. Et même poétiques : il s'enflammait aussi bien pour les rats que pour l'azur, éprouvant un amour universel à l'égard de toute chose et de tout être de la Création.
 
Il ajouta :
 
— C'est une infirmière. Elle a pris mon sang et je lui ai offert mon âme. Elle rêvait trop dans sa vie monotone, j'ai brisé ses résistances. Je crois qu'elle espérait un prince charmant. Et moi je suis arrivé au bon moment. Pour elle la surprise fut de taille : en guise de galant porteur d'inoffensive épée dorée, elle croisa un polichinelle au glaive vaillant.

Liste des textes

2655 - Vue sur la bosse
2654 - Premier contact
2653 - Deux pour toujours
2652 - Jeunesse au rabais
2651 - Engendrer un enfant normal
2650 - Naissance de l’avarice
2649 - L’antre de Pierre
2648 - Simplicité de l’amour
2647 - Choc public
2646 - La bosse comme une flèche
2645 - L’envol de Pierre
2644 - Carrière de bossu
2643 - Fort, fragile et lucide
2642 - Amant idéal
2641 - En dehors du monde
2640 - La lente montée des larmes
2639 - La chair qui complète l’esprit
2638 - Un petit qui devient grand
2637 - Pierre dans un nuage
2636 - La bosse et le phallus
2635 - La pierre et le ciel
2634 - La chair
2633 - Pensées du lendemain
2632 - Retrouvailles sulfureuses
2631 - Faux espoirs ?
2630 - L’infirmière
2629 - Les anges
2628 - Dérive verticale
2627 - Bêtise ou grandeur ?
2626 - Une flamme en plein jour
2625 - Fracassantes platitudes
2624 - Entre abysse et ciel
2623 - La soupe pour baume
2622 - L’épouvantail vainqueur
2621 - La bosse de la discorde
2620 - Point sensible
2619 - La rose et la pierre
2618 - La minute de vérité
2617 - Passeport pour l’amour
2616 - La gloire du polichinelle
2615 - Question de point de vue
2614 - Entre sol et ciel
2613 - Feux prudents
2612 - Deux astres
2611 - Choc en plein champ
2610 - Pierre "présente" l'apparition à ses parents
2609 - Elle parlait à un épouvantail
2608 - Bête et bossu ?
2607 - Campagne triste
2606 - Une chance sur mille
2605 - S’écraser ou s’envoler
2604 - Retour sur Terre
2603 - Loin
2602 - Le choc de la chute
2601 - L’amour loin du sol
2600 - Fantômes d’azur
2599 - Les rêves de Pierre
2598 - La hauteur du ciel
2597 - Le stage
2596 - Libération
2595 - La chair et l’esprit
2594 - Beauté de bossu
2593 - Dos de gnome et tête de rat
2592 - Un rêve d’amour
2591 - La femme de ménage
2590 - L’ascension de la bosse
2589 - Marcher pour s’envoler
2588 - Le trou pour gagner le ciel
2587 - Le prix du vrai
2586 - La punition
2585 - Au sommet du trou
2584 - Asile de bossu
2583 - Retraite éducative
2582 - Fuir la honte
2581 - La raclée
2580 - Bulle de verre
2579 - Deux étincelles
2578 - Etreinte
2577 - Des flammes et des ombres
2576 - La bosse au centre du débat
2575 - Choc des contraires
2574 - L’union de la discorde
2573 - La tare et la star
2572 - Première conquête
2571 - L’éclat de sa bêtise
2570 - Dur réveil
2569 - Première épreuve
2568 - Juvénile bêtise
2567 - Entrée fracassante ans l’adolescence
2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet