mercredi 29 juillet 2026

2702 - Les joies de la gratuité

J'exposai mes bonnes raisons de radin à travers un beau discours que je voulus aussi pédagogique qu'éblouissant :

— Violette, toi que j'apprécie, je souhaite en ton nom ne jamais dilapider mes économies pour des artifices achetés à ta gloire. Ces derniers ne seraient à ton égard que des offenses et non des faveurs. Tu vaux infiniment mieux que des babioles vendues toujours trop chères et même que de l'or que l'on acquiert à grands frais. Tes grâces sont des dons divins et méritent mes louanges intarissables plus que le contenu limité de ma tirelire. Aussi, je préfère t'offrir toutes ces belles choses qui ne se monnayent point plutôt que ces bêtises qui valent des énormités et que l'on oublie d'ailleurs assez vite généralement. Pour toi, Violette, j'irai cueillir les éclats du ciel. Ils ne pèsent rien dans mes poches et peuvent aisément se multiplier par la seule magie de l'imagination. Pas la peine d'enrichir je ne sais quel marchand d'âneries pour te plaire et t'honorer. Pourquoi devrais-je m'appauvrir pour te contenter passagèrement avec une bague qui finira par te lasser, un chapeau à plumes qui se démodera ou une soirée au restaurant que tu digéreras puis évacueras, quand je peux avantageusement te faire le cadeau de mes mots immortels, de mes pensées inextinguibles ou de mes rêves impérissables ? Je dépose à tes pieds la beauté des nuages, l'immensité de l'azur, la lumière du soleil. Vois-tu, je n'ai pas besoin de payer ces trésors qui, je n'en doute nullement, te font plaisir. En plus, ils sont immédiatement accessibles. Je te les destinerai chaque jour de ma vie, sois-en certaine. Et pour te prouver l'importance que j'accorde à la gratuité de ces bienfaits de la Création (sujet sur lequel je m'engage devant toi aujourd'hui à demeurer fidèle), je te prie d'accepter ce magnifique bouquet d'étoiles qu'il m'a suffi d'aller chercher dans le firmament. Il en reste encore des milliards d'autres pour toi, de toutes sortes. Tu n'en manqueras pas une fois. Elles ne me coûtent pas le moindre rond et je t'aime.

2701 - Les cadeaux

Je savais pertinemment que Violette réclamerait sa part de cadeaux divers, qu'ils soient occasionnels ou réguliers. Fataliste, je me préparais à gérer cette dure réalité et réfléchissais sérieusement à toutes les occasions qui allaient permettre de me tirer d'affaire à moindres frais.
 
Il me faudrait accepter ces sacrifices de toute façon, autant agir le moins possible en donnant l'illusion de tout offrir. Ma vraie marge de manoeuvre se situait surtout au niveau psychologique. Afin de limiter les dépenses, je devrais reculer les échéances (dans l'espoir de les voir disparaître dans les brumes de l'oubli), alléger habilement ses demandes, faire semblant de perdre la mémoire sur mes promesses...
 
Je devrais affronter les inévitables anniversaires, les fêtes fatidiques, les souvenirs obligés, les coups de coeur imprévisibles, etc. Le pire m'attendait. Heureusement, je pourrais abuser de tous les prétextes pour tenter de contourner ces routes usuelles de la vie commune. Je lui ferais miroiter les avantages d'une existence de dépouillement, lui proposerais de flatteurs détours par la sobriété, l'emmènerais dans des chemins de déserts extraordinaires, lui chanterais l'exotisme de l'économie extrême...
 
Une envie de sac à main ? Je lui sortirais un discours sur la vacuité des contenus que les femmes transportent sur elles à longueur de journées... J'insisterais alors sur la liberté de mouvement apportée par la légèreté des biens matériels. Et si mes mots ne la convainquaient pas, je lui chercherais une vague vieillerie en cuir garnie de dorures dans les poubelles en la faisant passer pour une antiquité. Enfin, ce genre de chose pouvant me sauver la mise.
 
Ces préoccupations financières ne m'empêchaient pas de demeurer lucide sur moi-même. Je me rendais compte que j'en étais là dans ma situation d'avare, au plus bas que l'on puisse imaginer, sordide, mesquin, insensé, complètement fou ! J'avais éminemment conscience de cette image de misère que je présentais aux regards extérieurs. Je continuais cependant à considérer mon avarice comme mon plus grand trésor. Ma pingrerie m'enrichissait sur des points principaux : je sentais que je devenais une personne réellement importante, aussi bien sur le plan bancaire que spirituel.

Dans le contexte de mon couple avec Violette, mon travail consistait non pas à ouvrir davantage ma bourse mais à fermer la vanne de ses souhaits féminins.

lundi 27 juillet 2026

2700 - Générosité de rat

Dans cette relation, Violette jouissait du statut unique de "privilégiée sous condition".
 
J'assurais le strict minimum, elle finançait le futile.
 
Notre union s'instaurant tant dans la durée que dans la profondeur, il était temps pour moi de contribuer concrètement à l'assise économique de notre couple. Je reculais sans cesse l'échéance, calculant les moindres avantages de ce retard volontaire. Chaque décision remise au lendemain était un jour d'économie de gagné. Je trouvais systématiquement un prétexte pour retarder la mise en œuvre de mon projet de vie commune.
 
Pourtant il fallait bien, à un moment donné, que sonnât l'heure de l'action.
 
À contrecœur, j'ouvris donc mon coffre, autant dire la porte de mon paradis d'avare, afin de mettre des moyens de subsistance à disposition de ma conjointe. Impossible d'y échapper, à moins de retourner à mon célibat. Dans les deux cas, je devais payer d'une manière ou d'une autre. Soit je restais seul avec la bourse toujours pleine, soit je partageais mon lit moyennant allègements réguliers de mon épargne.
 
Si l'amour n'a pas de prix, il a un coût et j'acceptais ce sacrifice. Sauf que cela me faisait mal tout de même.
 
Je ne pouvais pas être bénéficiaire sur tout en allumant le feu de la joie conjugale. Fatalement l'accès à la lumière induisait d'abandonner une existence de sobriété dans l'ombre. De toute façon, je n'avais nullement l'intention de devenir un dépensier furieux au contact de Violette, loin de là.
 
J'allais seulement tourner légèrement plus le robinet des dépenses domestiques, en espérant que ce petit surplus de débit donnerait l'illusion d'une opulence. Je n'y croyais guère à la vérité, j'essayais malgré tout. Je voulais tenter d'éblouir Violette avec le moins de ressources possibles. 

Mon but consistait à détourner ses pensées de mon argent. Je m'efforçais de lui faire tourner la tête en l'emmenant dans mon manège : ce théâtre de radin était, il est vrai, dénué d'enchantements matérialistes.

Mais bourré de promesses de verres d'eau plate et de rêves de thésaurisation.

2699 - Les profondeurs de ma chambre

Nous dormions tantôt chez elle dans sa coquette alcôve de demoiselle, tantôt dans ma chambre de hibou-grigou pleine de vieilleries. Lorsqu'elle pénétrait dans mon antre, la délicate se sentait comme dans une caverne un peu inquiétante, remplie de trésors archaïques, peuplée de spectres immobiles aux visages rouillés, garnie de choses incongrues et vaguement identifiables issues des abysses de dépotoirs.

Ces présences métalliques apportaient de la légèreté aux murs et ajoutaient de la lourdeur dans les coeurs : elles matérialisaient les ombres de ma vie de radin.
 
Et constituaient également l'âme de mon refuge.
 
Ma pauvre piaule ressemblait à un gîte de vieillard. Et j'y vivais heureux, surtout avec cette jolie fleur à mes côtés nommée Violette.

Ma fortune nouvelle ne devait rien changer à ce décor d'un autre monde. Tout y était authentique et irremplaçable, unique et sans prix.

Là gisaient mes découvertes de roi de la récup' ! Une galerie des horreurs ordinaires à faire rêver et trembler les jeunes filles de son espèce. Dans ma cellule de moine des poubelles, ça transpirait le vrai, le vieux, le prodigieux : un royaume de ferraille et de trouvailles, de luxe piteux et de lustre dérisoire.

Tout le charme de ma tanière d'avare !

J'incarnais l'ogre des lieux, elle représentait l'élégance du siècle.

Moi l'épouvantail, elle la poupée.

Devant elle j'assumais sans la moindre honte mon statut d'explorateur des ordures. Une vocation improbable consistant à plonger la tête au fond des épluchures et à mettre la main sur des pots brisés.

Tandis que j'admirais la splendeur de ses traits de porcelaine, elle promenait ses regards sur le plafond de mon triste asile couvert de toiles d'araignées.

dimanche 26 juillet 2026

2698 - Mireille Mathieu, quatre-vingt ans

Vous êtes devenue une vieille dame.
 
Quatre-vingt ans, n'est-ce pas l'âge de la grisaille, de la poussière et de la cendre ? Vous aviez vingt-cinq printemps, jadis. Avec la beauté pour certitude, le monde à vos pieds, une sorte d'éternité dans le regard.
 
Vous avez traversé plusieurs générations, telle une flamme.
 
On vous a vue briller, monter, voler, semblable à une lumière proche du siècle, pareille à un éclat enraciné dans les jours. Puis ressemblant à une étincelle de loin en loin. Brûlante au début, bleue ensuite, invisible à la fin.
 
Blanche cependant.
 
De plus en plus abstraite. Peut-être spectrale pour le futur. Présente, toujours.
 
Aussi dérangeante qu'un cierge.
 
Pieuse et repoussante pour les uns, lumineuse et en vogue pour les autres. Vous êtes passée du Soleil aux brumes de l'horizon. Pour disparaître lentement hors du ciel de France. Avec votre face de vierge et votre corps de femelle, j'ignore si vous incarnez un ange ou bien une femme, une ailée ordinaire ou un visage d'ailleurs.
 
Mais je sais que vous demeurez sous ces nues royales que je fixe encore.
 
Française de naissance, chanteuse à vie, croyante jusqu'à la mort.
 
Au bout de ce texte très trouble, un peu vague, parfois lunaire, il ne me restera qu'un mot à écrire, un seul : l'amour.

samedi 25 juillet 2026

2697 - Rat céleste

Ces pointilleuses questions d'argent instauraient entre Violette et moi des rapports d'horlogerie fine : les moindres détails du quotidien étaient pesés, calculés, comptés au centime près. Il fallait par conséquent tout considérer prioritairement sous l'angle pécuniaire. Elle semblait prendre ces affaires sérieuses comme un simple jeu, une drôle de singularité découlant de mon obsession de l'économie : une chose essentielle pour moi, qui paraissait risible à ses yeux.
 
Je voyais bien qu'elle avait tendance à regarder mon avarice avec une certaine légèreté, préférant affronter ce sujet sensible avec le sourire plutôt qu'avec lourdeur et austérité. Je comprenais d'ailleurs parfaitement son point de vue, sans pour autant le partager.
 
Si elle estimait que le feu de l'épargne me brûlait jusqu'à la folie, je pouvais tout aussi pertinemment penser que la sottise ordinaire de la dépense l'aliénait jusqu'à la déshumaniser. Au moins je lui offrais des fleurs non pas sèchement achetées mais cueillies avec amour. Ma pingrerie avait le mérite d'embellir la vie autrement qu'à travers l'aspect financier. Il permettait l'éclosion de richesses oubliées : mon indéniable qualité d'avare consistait à rétablir la vraie valeur des relations humaines.
 
Mon vice recélait des trésors de vertus.
 
Au lieu de mettre la main au portefeuille pour tout régler froidement et rapidement, au contraire j'allumais des braises au fond des âmes, apportais des flammes différentes au monde, révélais des nouvelles lumières, proposais d'autres parfum à humer.
 
Je laissais monter les pensées, s'épanouir les sentiments, naître les rêves, s'envoler les êtres. Mes bouquets floraux sortaient non pas de chez le fleuriste : ils poussaient directement dans la terre. Loin des tiroirs-caisses de ces boutiques inutiles.
 
Plus exactement, ils tombaient du ciel.

Violette n'était pas insensible à l'éclatant paradoxe de mon radinisme, même si je la soupçonnais de deviner mes raisons profondes... Ces prétextes flatteurs justifiaient plus facilement mes excès, certes. Sauf que j'oeuvrais, en finalité, pour le triomphe du Beau.

vendredi 24 juillet 2026

2696 - Gérer ma fortune

Désormais définitivement à l'abri du besoin, mon seul souci consistait à surveiller et gérer ma fortune. C'est-à-dire, à y toucher le plus légèrement possible.
 
N'étant plus une charge pour mes parents, je devenais libre de mener sereinement ma vie au rabais. J'en profitai pour restreindre au maximum mes appétits dans le louable dessein d'accumuler un maximum d'économies. Mon but n'était nullement de commencer à dépenser mon bien mais d'en limiter les pertes.
 
Loin de toute mesquinerie domestique, je consentais à consacrer une partie de mon héritage à l'entretien de Violette puisque dorénavant nous formions un couple installé dans la durée. Bien entendu, ce serait pour elle une aide extrêmement raide. Elle pourrait se régaler sans restriction à mes dépens de tout ce dont elle était en droit de réclamer, selon mes critères : avec moi elle ne mourrait pas de faim.
 
Sauf qu'elle devrait y mettre du sien.
 
Tant que son alimentation demeurerait élémentaire, raisonnable, composée des produits les moins chers qui soient, elle jouirait de tout ce qu'elle voudrait.
 
Pour résumer, je lui offrais le pain et l'eau. A satiété.
 
Si cette base ne lui suffisait pas, si elle avait des envies de gâteaux, de chocolat, de limonade, l'accord entre elle et moi était qu'elle se payât avec son propre argent ce que j'estimais être son "luxe".
 
J'assurais le strict nécessaire, elle assumait financièrement le superflu.
 
Il y avait une clause dans ce contrat implicite : lorsqu'elle ferait le choix du futile et que cela n'entraînerait pas obligatoirement de recevoir l'essentiel, alors je me permettrais très légitimement ne pas lui céder le minimum promis.
 
J'anticipais une aberration qui s'apparentait à du pur gaspillage.
 
Par exemple, quand elle déciderait de manger de la brioche à ses frais au lieu d'une miche de blé ordinaire généreusement accordée de ma part, elle n'aurait plus la nécessité d'ingérer cette dernière. Rassasiée par sa pâtisserie, elle se contenterait ensuite de boire jusqu'à plus soif les verres d'onde fraîche que je lui servirais afin d'achever honnêtement son repas.
 
Ce qu'elle n'avalerait pas sur mon compte serait autant de gagné pour moi.
 
L'affaire s'annonçait équitable pour nous deux.

jeudi 23 juillet 2026

2695 - La fortune

J'allais avoir vingt-trois ans et une pluie d'or se déversa sur moi.

Du jour au lendemain je me retrouvai à la tête d'un héritage providentiel. Je reçus ce cadeau immérité du ciel avec incrédulité et reconnaissance. Je n'avais rien entrepris de sérieux de ma vie et venais de gagner une fortune d'un seul coup, sans bouger le moindre doigt.

Ce qu'il faut pour subvenir à mes besoins et à ceux de Violette pour un siècle.

Je passai subitement du statut de vautour se vautrant dans les poubelles à celui d'aigle planant au-dessus des nuages.

Vivant encore chez mes parents, je ne représentais plus un motif de soucis pour ces derniers mais une bonne raison de ne jamais désespérer des causes que l'on croit perdues...

Le choc de cette richesse soudaine fut immense.

Je ne changeai cependant pas mon existence. Je demeurai dans ma chambre déclassée et continuai mon train-train d'économe avisé.

Je peux même dire que tout s'empira : mon avarice, loin de s'effacer face à cette immensité de ressources, se renforça à la hauteur de mon compte en banque. J'avais là non pas de quoi me débarrasser de ma pingrerie mais au contraire le meilleur argument au monde pour accentuer mon vice : cette montagne d'argent engrangée sans effort matérialisait l'énormité de mon problème : je restais un radin d'envergure fabuleuse. J'entrai dans la légende de roi des rats.

Cette manne judicieusement placée faisait des petits sans que je n'entame le capital d'un centime. Mon patrimoine financier me rapportait des bénéfices mensuellement que je redéposais au fur et à mesure. Un roulement incessant qui me poussait à ne pas toucher à la poule aux oeufs de si grand prix.

Un placement de ladre sordide.

Certes j'avais à ma disposition un impressionnant tas de cocos tous chauds qui augmentait régulièrement, sauf que je me refusais de me mettre à table. Moins je mangeais mon bien et plus celui-ci prenait du poids.

Je maigrissais mais mon trésor grossissait. L'un s'allégeait, l'autre s'alourdissait. Sachant qu'un vin accroît sa valeur si on ne le boit pas, je m'interdisais d'ouvrir mes précieuses bouteilles.

Mon système absurde m'emportait dans des fonds vertigineux.

mercredi 22 juillet 2026

2694 - La bague

Le ciel me tomba sur le dos ce jour fatidique où Violette suggéra que je lui achète une bague, c'est-à-dire deux semaines après notre première rencontre.
 
Elle souhaitait recevoir de ma part un anneau d'or...
 
Cette minuscule chose tellement commune et légère sur le doigt dont le coût s'annonçait d'emblée exorbitant... Cette idée saugrenue de lui payer une alliance à grands frais afin de fêter notre union se tenait si loin de mon esprit qu'elle ne l'effleura pas une fois. Bref, je fus pris au dépourvu. Que répondre à un tel séisme ?
 
Je devais de toute urgence lui faire changer d'avis. Si je cédais à son caprice, il était évident que la totalité de ma bourse y passerait. Je savais que je pouvais éviter cette catastrophe, même si le défi s'avérait difficile : j'avais en face de moi une femme, autrement dit la pire des créatures engloutisseuses d'argent.
 
Il fallait simplement que j'eusse le courage de ne plus alimenter ce panier percé et que je trouvasse n'importe quel prétexte pour annuler cette pensée de sa tête. Et toutes les autres de ce genre qui viendraient éventuellement s'y implanter. J'essayai de la persuader de l'inutilité d'une telle dépense :
 
— Violette, le plus pur joyau que je puis t'offrir s'appelle l'amour et il est logé au fond de mon coeur. Nul besoin d'aller chez le bijoutier pour te prouver que cette flamme me brûle et m'éclaire de l'intérieur. Ces mots que tu entends de ma bouche devraient te suffire, non ? Ce n'est pas quelques onces de je ne sais quel métal précieux qui apporteront davantage de poids à mes paroles. Ce qui compte, sois-en certaine, c'est la qualité de l'âme, non celle de ces onéreux artifices qui ne brillent que de l'extérieur !
 
Contre toute attente, elle fut éblouie par mon piètre argument. Je ne croyais pas tant que ça moi-même à cette entreprise désespérée, mais n'ayant rien à perdre je voulais absolument tenter le coup. Et cela avait marché ! J'estimais m'en être bien tiré.
 
Avec une facilité surprenante, je venais d'échapper de justesse à l'anéantissement de mes économies, ce trésor de ma vie. Alors que je redoutais de devoir mener une longue et épuisante bataille intellectuelle pour défendre ma cause...
 
Elle avait renoncé à ce cadeau hors de prix. Mon soulagement fut à la hauteur de la cherté de ce futile ornement...
 
Ainsi je découvris, à mon bénéfice, que son point faible résidait dans sa propension à se laisser désarmer par le lustre relatif de mon verbe.

Pour l'avenir je pourrais mettre à profit cet avantage et limiter la casse en lui destinant les jets spontanés de ma verve.

mardi 21 juillet 2026

2693 - Ce qui ne s'achète pas

Dans ma relation avec Violette, j'avais des vues sages, sobres, sèches même. J'acceptais tout, sauf l'excès dans le sens de l'ouverture. Toute porte qu'elle poussait vers l'extérieur constituait pour moi un danger de dépenses inconsidérées. Pour me sentir en sécurité j'avais besoin, au contraire, de retenue et de fermeture. Je devais mettre des freins partout où elle voulait m'emmener.
 
Avec elle je marchais sans cesse en restant en permanence sur mes gardes. Un de ses pas en direction d'un magasin équivalait à un bond vers une tentation. Son attention qui s'orientait vers une vitrine alléchante déclenchait en moi une alarme rouge. Il me fallait guider notre couple tout neuf sur des chemins déserts, austères, durs.
 
Je faisais mon possible pour rendre gratuit ce que ce monde mercantile monnayait sous tous les prétextes.
 
Si par exemple son regard se posait sur l'étal d'un fleuriste, afin de tuer son idée dépensière dans l'oeuf, je l'invitais aussitôt à aller cueillir gratuitement des marguerites délaissées ou des pissenlits rustiques dans les champs, sur les bords de route, loin des présentoirs rutilants de ces vendeurs d'artifices. Je lui expliquais que ce qui faisait la réelle valeur de ces bouquets issus de ma propre récolte, c'était leur caractère brut, sauvage, naturel, au lieu de ces produits formatés et emballés sous cellophane, confectionnés par une main impersonnelle, autre que la mienne.
 
N'importe quel imbécile consumériste pouvait, en sacrifiant un billet, sortir bêtement de la boutique avec des roses déjà coupées, assemblées, dénuées d'épines... Cultivées industriellement. Quelle imbécillité ! Moi je ne voulais pas ressembler à ces acheteurs sans âme : je tenais à ramasser moi-même ces offrandes parfumées, avec humanité et amour, en les payant non avec de l'argent mais avec mes efforts .
 
Un geste fort qui en disait long sur l'authenticité de mon coeur.
 
Un désir de pommes, de poires, de cerises ? Hop ! Un tour en forêt, en campagne ou aux abords des jardins de mes voisins et je lui offrais des fruits tombés directement des arbres !
 
Emporté par mon inlassable enthousiasme à boire l'eau de pluie, manger le pain rassis éhontément jeté, jouir des bibelots brisés descendus du ciel, préférer le spectacle des nuages et le concert des oiseaux aux onéreuses places de cinéma, j'allais jusqu'à lui proposer de m'accompagner dans mes fêtes âpres et crues au pied des poubelles, à la recherche joyeuse de butins sans prix ! 

Aux antipodes de ses originelles aspirations, en réalité.

Au risque de choquer sa sensibilité de citadine sophistiquée, je la bousculais sur mon terrain de jeu. Ma nature brutale d'avare reprenait le dessus. Aussi réprimai-je bientôt ma flamme : la prudence me dictait de la ménager sur ce point.

dimanche 19 juillet 2026

2692 - L'amour qui compte

Ainsi que toutes les femmes, Violette rêvait de diamants, de luxe et d'artifices, et je crois que pour elle, j'incarnais une forme de ce lustre convoité.
 
Mon avarice représentait à ses yeux un bijou à part entière, un jouet unique, une rareté à exhiber avec fierté. J'étais sa parure, son habit de sortie, son joyau sans égal. Il me semblait qu'elle donnait du prix à ma misère, et en ce sens, me disais-je, elle tenait à moi, sachant la valeur inestimable de ce personnage qu'elle avait déniché au fond d'une poubelle.
 
Elle voulait faire de moi, pensais-je, un objet en vogue, d'une certaine manière. Elle se distinguait de ses semblables non en affichant un collier étincelant sur sa poitrine, mais en tenant un radin à son bras. Un trésor qui avec le temps vaudrait cher de soirée en soirée, de salon en salon, et qui serait très demandé en ville, peut-être.
 
À travers ces folies que j'imaginais à son sujet, n'y avait-il pas une part de vérité ?
 
Moi-même, ne considérais-je pas cette Violette comme une rose à montrer, un faire valoir, une belle image sociale ornant ma vie de rat ? Bien sûr que oui !
 
Chacun de nous tirait bénéfice de cette union hors norme. Après tout, n'étions-nous pas deux bêtes curieuses, opposées, qui venaient de se rencontrer sur Terre ? Moi issu des ordures, elle venue d'un champ de verdure.
 
Nous n'étions pas du tout faits l'un pour l'autre. Et c'est cela qui nous avait réunis. Moi le jeune grigou, elle la jolie mondaine. Moi si près de mes sous, elle si loin de ses mesquineries.
 
Je l'aimais aussi fort que possible cependant.
 
Je désirais ardemment être et sa flamme et son ombre, tout en refusant farouchement de devenir son tiroir-caisse. J'estimais avoir assez donné lors de l'épreuve du restaurant. Plus question de perdre mon argent de la sorte.

Mes calculs se précisaient : je souhaitais à présent non plus dépenser en son nom, mais compter pour elle.

samedi 18 juillet 2026

2691 - Crépuscule

La brume tombe sur la forêt et le clair de lune blanchit ma peau entre les feuillages.
 
Les étoiles sont pâles et les premiers oiseaux de nuit hantent les airs. Mon âme pleine de langueur ne sait pas s'il faut que je rêve ou que je pleure. Ce crépuscule ressemble à une fête triste sous des lampions mourants.
 
Les heures à venir sont chargées de promesses sombres et mélancoliques. L'ennui se mêle à la légèreté et l'humidité alourdit les cailloux. Je m'éveille dans ce théâtre comme un mort qui sortirait de sa tombe.
 
Des spectres à plumes volent au-dessus de ma tête. Ce soir d'octobre fait frissonner les hérissons, chanter l'humus, briller les crapauds. Et je suis le seul clown à contempler ce cirque de chouettes et de broussailles, de chauves-souris et de chandelles célestes, d'hôtes nocturnes et de flammes oniriques.
 
Je ressens un certain bonheur en ce lieu, même s'il a le visage du spleen et qu'il m'adresse un regard funèbre. Ce fantôme glacial fait battre mon cœur au milieu des arbres.
 
La sylve noire m'ensevelit.

Je disparais du reste du monde pour m'enflammer lorsque sonnera minuit.

vendredi 17 juillet 2026

2690 - Le combat pour l'économie

Violette pouvait être fière de moi.
 
Pour elle, je m'étais délesté d'une partie de mes économies. Certes, elle ne m'avait nullement rendu moins avare, comme elle en avait émis le souhait, mais au moins je m'étais, pour une fois, surpassé.
 
Je venais, en son nom, de réaliser un exploit dont je me croyais incapable. Non pas que j'envisageasse de renouveler cette prouesse, loin de moi cette idée. Je me glorifiais seulement d'avoir accompli l'impensable, tout en me maudissant secrètement pour ce gaspillage inconsidéré de finances.
 
Bien sûr, j'aurais pu tenter de convaincre Violette de renoncer à ce restaurant, mais je risquais, j'en avais éminemment conscience, de la décevoir au point de détériorer notre relation. Disons que ce plat, payé au prix de mes larmes de rat, constitua un préjudice nécessaire.
 
Le seul que j'aurais à faire, je l'espérais.
 
Il me fallait absolument, et le plus vite possible, amener "Violette la dépensière" à la hauteur de mes vues, sous peine que j'y abandonnasse d'autres plumes pour ses beaux yeux.
 
J'acceptai, bien entendu, de perdre un peu d'argent pour la garder, mais pas trop quand même. Vider toute ma bourse en futilités équivalait à y laisser ma peau. J'aimais follement Violette et refusais de dilapider mon bien en échange de ses faveurs.
 
D'ailleurs, elle comprenait parfaitement que je cherchais l'amour gratuit, et c'est cela également qui l'avait séduite chez moi : l'authenticité de mon radinisme.
 
Mon plus grand espoir était que Violette partageât mes valeurs, compatît à ma souffrance à dépenser et finît par devenir économe, elle aussi.
 
Après ce fait d'armes de la fricassée, je voulais briller non plus par l'artifice de la prodigalité, mais par le sacrifice de l'épargne.

2689 - Le repas payé

Le jour fatidique était venu : je me décidai à inviter Violette au restaurant.
 
Une sorte d'officialisation festive de notre relation amoureuse. Seulement, j'avais posé des conditions strictes, qu'elle accepta devant mon insistance. Violette m'avait vu paniquer à l'idée de ce repas à mes frais, aussi s'était-elle montrée conciliante. Je pense qu'elle ne souhaitait pas trop me contrarier sur ce point sensible.
 
Bref, je l'avais suppliée de ne prendre qu'un seul plat, le principal, qui est également le plus consistant. Celui qui allait la nourrir, satisfaire son appétit, lui caler le ventre une bonne fois pour toutes !
 
Par conséquent, elle ne devait succomber ni aux boissons ni au dessert. Elle aurait de quoi boire à satiété dans la carafe mise gracieusement à disposition des clients. Pourquoi avaler des breuvages onéreux quand on peut se désaltérer gratuitement avec de l'eau ? En ce qui concernait les aliments en eux-mêmes (ceux que je devrais dûment payer, et au prix fort encore), nul besoin, lui avais-je expliqué, d'ajouter des mets supplémentaires à ce qu'elle allait manger.
 
Un pot-au-feu est assez copieux en soi pour contenter un mangeur. Les autres couverts qui gravitent autour de cette assiette essentielle sont, dans ce contexte gastronomique, parfaitement superflus.
 
Et puis j'avais aussi prétexté le maintien de sa ligne.
 
On nous servit donc une fricassée chacun. Avec, heureuse surprise, une corbeille de pain bien remplie. Nous passâmes un agréable moment en face à face. La marmitée, délicieuse, monopolisa amplement notre sujet de conversation.
 
J'essayais de paraître serein, cependant mes pensées s'agitaient. Les serveurs passaient et repassaient près de nous avec les bras chargés de gâteaux somptueux, de crèmes parfumées et de cocktails multicolores. Violette allait-elle rompre sa promesse, se laisser tenter et finalement commander à la volée un de ces délices, allongeant la note que j'aurais à régler ?
 
Je faisais le maximum pour détourner son attention de ces fruits du paradis.
 
Et, afin de de lui couper la faim, je lui parlais de choses répugnantes, entre deux bouchées. Je lui racontais avec forces détails mes histoires de bêtes crevées trouvées au milieu de victuailles totalement comestibles, de vomissures recouvrant parfois des pizzas quasi intactes, d'excréments de chiens mêlés à des sandwichs, enfin toutes ces horreurs qu'il m'arrivait de découvrir au fond des poubelles. J'exagérais autant que possible mes aventures de rat d'égout. L'effet de mes fables fut convaincant, je crois : en m'écoutant elle réduisait le nombre et la cadence de ses coups de fourchette. Mon affaire se déroulait dans le sens congru.
 
Par ailleurs, je l'incitais à plonger régulièrement la main sur le petit panier d'osier plein de morceaux d'excellente baguette fraîche... Cet accompagnement placé d'office sur la table ne me coûtait rien, je lui faisais comprendre qu'elle pouvait en profiter sans compter.
 
Je craignais toutefois que mes efforts ne suffissent pas : le ballet des garçons de salle devenait étourdissant. Impossible de ne pas voir les trésors sucrés qu'ils acheminaient vers les gourmands.
 
Je surveillais les regards de mon invitée, j'avais peur qu'ils ne se posassent sur une pièce montée ou une coupe de glace lui effleurant les narines. Je mesurais l'ampleur du danger. Tout cela risquait de lui provoquer des envies de pâtisseries. Il fallait se dépêcher, mettre un terme à ce péril et partir.

Je m'acquittai de l'addition en ne rechignant nullement. Je voulais jouer au grand seigneur auprès du restaurateur. Il demeura indifférent.

En sortant de l'établissement, je me sentis revivre. 

Meurtris par le montant de la facture de ce menu mais soulagé malgré tout d'avoir réussi cette épreuve du feu, je respirai profondément : je venais de franchir le cap le plus difficile de ma nouvelle vie de couple.

jeudi 16 juillet 2026

2688 - Un vrai restaurant

Après cette expérience culinaire désastreuse, en compensation de sa déception Violette me demanda de lui offrir un "vrai restaurant".
 
Sous-entendu, un établissement où l'on déguste une cuisine officielle : raffinée et joliment présentée. Des mets à savourer, si possible du bout des lèvres. Et sans faire de taches sur la nappe, s'il vous plaît !
 
Moi je n'entendais pas nécessairement la chose en termes de plats "meilleurs" que les miens sur le plan gastronomique, ou simplement plus copieux, non. Je voyais les faits de manière plus essentielle : le problème se posait pour moi sous l'angle purement économique.
 
La véritable question était : combien son caprice allait-il me coûter ?
 
Avec son souhait impérieux de l'inviter à une table payante, je me retrouvais du jour au lendemain au coeur de la tourmente, tout en sachant par ailleurs que je n'aurais de toute façon pas pu y échapper. Alors, me dis-je, autant affronter ce moment pénible au lieu de repousser stérilement l'échéance.
 
Violette aurait donc son repas d'opérette à prix d'or, elle en serait contente et l'on irait de l'avant.
 
Inutile de tenter de contourner la tempête, même si j'avais prévu maints stratagèmes afin de l'éviter. Je devais y passer, un point c'est tout. Et le plus tôt serait encore le mieux. Ensuite, débarrassé de cette onéreuse étape sur le chemin de la relation amoureuse, je pourrais l'éloigner de ces lieux de restauration. Elle ne pourrait pas me reprocher de lui avoir refusé ce que personnellement je considérais comme une folie.
 
Mon unique espoir au cours de cette épreuve était que, enfin rassasiée et satisfaite, elle ne repenserait pas à y retourner de sitôt. Quel soulagement pour moi ! Et ma pire crainte était qu'elle y prenne goût.
 
Un risque inévitable à prendre. Je n'avais guère le choix. Je savais pertinemment qu'en partageant mon existence avec une compagne, j'engageais fatalement et ma personne et, possiblement, ma bourse.
 
Comment faire autrement ? À ma charge dans un second temps de tout entreprendre pour limiter les dépenses. La solution judicieuse consistait non pas à la priver de son plaisir de manger à mes frais (cela aurait été contre-productif : ses envies frustrées de se restaurer en ville seraient revenus sans cesse), mais à lui servir ce qu'elle voulait pour, une fois son ventre plein, vider son esprit de ses mauvaises idées.
 
Ainsi je pourrais facilement détourner son attention vers d'autres nourritures, évidemment moins chères. C'est-à-dire, à digestion légère en ce qui me concerne mes finances.

Bref, je lui fis la promesse de l'emmener chez un restaurateur. Il s'agissait de crever l'abcès. La grande aventure allait commencer. J'en tremblais par avance.

mardi 14 juillet 2026

2687 - Le restaurant gratuit

Ma relation amoureuse avec Violette débutait. J'apparaissais par conséquent sous mon meilleur visage. Je lui offrais les faveurs de mon avarice comme la plus belle de mes richesses. 

C'est d'ailleurs avec cet argument que j'invitai la jolie fleur au "restaurant gratuit", un concept révolutionnaire inventé spécialement en son honneur. 

Il s'agissait en fait de se restaurer dans ma chambre sans laisser de facture, étant donné que tout serait payé par les poubelles. Un repas entièrement confectionné avec les résidus alimentaires ramassés dans les ordures, cette manne disponible en permanence dans chaque rue. 

Quant aux boissons, les verres d'eau seraient accessibles à profusion. Avec l'heureuse possibilité, selon les aléas de la pêche aux trésors, de boire bien mieux que de la simple flotte : des restes de jus d'orange, des canettes à moitiés bues, des reliquats de sirops oubliés au fond des flacons... Et pourquoi pas, des bouteilles de vin non terminées ? 

Je ne garantissais pas la diversité des breuvages, cela dit on pouvait être certain qu'au pire on étancherait sa soif sans limite : avec l'onde issue du robinet. De ce côté-là, la chose était réglée. 

En ce qui concerne les plats à proprement parler, il fallait faire confiance à la providence des dates de péremption de la plupart des produits de consommation courante. Plusieurs jours après avoir dépassé cette échéance, la nourriture demeure encore bonne, parfois excellente, rarement mauvaise. Le problème ne consistait nullement à récolter les éléments épars de ce festin (il me suffisait simplement de me servir dans les bennes débordantes), mais de les rassembler pour les apporter à Violette sur un plateau d'idées pertinentes. Un menu judicieusement enrobé de pensées flatteuses mêlées de sentiments authentiques, histoire d'aider à le rendre brillant. 

En bref, lui expliquer les vertus morales et les avantages économiques de la récupération de ces calories gaspillées par notre société. Sans compter ja jouissance des qualités gastronomiques réelles d'une partie de ces cadeaux de ce siècle d'opulence. 

Contre toute attente, Violette n'émit pas de réticences. Elle fut immédiatement enthousiasmée par mon projet Ma tâche en fut grandement facilitée. En s'asseyant à ma table improvisée près de mon lit, elle écarquilla les yeux devant la simplicité du banquet, visiblement déçue.

S'attendait-elle donc à des agapes royales présentées dans des couverts d'argent ? 

Le résultat de mes explorations de déchets comestibles prenait ici des allures misérables et même calamiteuses pour une demoiselle aussi délicate. Sur la nappe s'étalait un mélange anarchique de vagues portions entamées de pizzas, de frites diversement cuites dont l'aspect allait du jaune doré au marron grillé. On y découvrait également des parts inégales de gâteaux écrasés dont la crème semblait douteuse, des bouts de fromage divers depuis les plus frais jusqu'aux plus rances... Et surtout, des fruits en abondance : certains verts, d'autres presque pourris.

Elle préféra ne rien manger. 

Je tentai de lui montrer l'exemple en avalant avec appétit ces mets que je trouvais savoureux pour ma part. Je ne la forçai cependant pas. Mon "restaurant gratuit" ne l'avait pas séduite finalement. Peu importe, je ne perdais de toute façon pas un de mes précieux sous puisque tout venait de mes trouvailles. Et puis je me gardais le surplus pour le soir.

Violette me regardait désormais avec un œil davantage affiné : j'étais devenu pour elle un rat plus avisé qu'elle ne l'avait imaginé.

lundi 13 juillet 2026

2686 - Radin, un métier

Ainsi Violette voulait changer le crapaud en prince.
 
N'était-ce pas plutôt à moi, dans l'ordre cohérent des choses, de l'amener à voir de l'or dans ce que le siècle nommait ordure, et de lui apprendre à y puiser son bonheur simple, brut, accessible ?
 
Je savais ma position difficile et la tâche quasi insurmontable. J'avais l'essentiel de Violette : sa beauté. Le reste demeurait secondaire. Mon intégrité de radin comptait uniquement. Les dépensiers pouvaient dilapider leurs biens, leur folie ne me touchait guère. Cela permettait d'ailleurs de progresser dans l'économie, puisque précisément une partie de mon épargne provenait de la captation du gaspillage extérieur.
 
Je profitais allègrement de l'inconséquence de mes contemporains. Grâce à leurs pertes et désinvoltures consuméristes, ils contribuaient à ma situation. Je ramassais non seulement leurs miettes, mais également leurs ratages, leurs errances, leurs erreurs et leurs modes éphémères. Ces repus qui se lassaient vite de leurs excès matériels enrichissaient mon terrain de jeu.
 
Leurs poubelles se remplissaient d'étoiles et de plomb, de lumière et de merde, de diamants et de néant. Je n'avais plus qu'à y plonger la main pour faire le tri. J'étais le roi de ce pays de rêve. Sauf que j'étais aussi le seul à le savoir.
 
On me prenait pour un malheureux, un cas psychiatrique, un égaré. Génie de la récupération, véritable rat des caniveaux dorés de cette société d'opulence, je collectionnais toutes les flammes qui n'éclairaient plus les âmes engraissées, alourdies, émoussées. Au fond des sacs puants que j'éventrais, palpitaient des résidus de vie, gisaient des kilos de joie, surgissaient des flots de fraîcheur.
 
Et même, recélaient des miracles d'amour : c'est en sortant ma tête d'un de ces paradis ignorés qu'un ange m'apparut.
 
Les détritus que je chérissais immodérément m'avaient tout donné jusqu'à maintenant : ma fierté d'épargnant, mes modestes richesses du jour, un emploi du temps bien rempli, des voyages extraordinaires dans l'intimité et les habitudes de mes voisins et d'inconnus, des horaires de patron avec la gratuité universelle pour tout salaire.
 
Depuis ces amas de rebuts de toutes sortes où je pataugeais gaiement, je jouissais d'une vue privilégiée sur le monde : j'y respirais l'air de la vraie liberté.

Et mon joyau s'appelait Violette.

dimanche 12 juillet 2026

2685 - Le poids des pièces

La demoiselle ne rêva guère longtemps.
 
Ce charme désuet de ma chambre peuplée de spectres rouillés, d'ombres gisantes et de pensées poussiéreuses lui fit certes de l'effet, mais juste le temps de s'envoler avec moi jusqu'au niveau des toiles d'araignées du plafond.
 
Elle redescendit presque aussitôt après à la hauteur de mon pantalon raccourci et de mes semelles percées.
 
Sa première impression passée, plutôt flatteuse, de voyage et de mystère se dégageant de ma personne, elle voyait à présent en moi une espèce de chauve-souris aux ailes sinistres, aux vues mesquines et aux calculs sordides.
 
Loin d'être sotte, elle avait prit conscience de la réelle démesure de mon avarice. Ce phénomène extraordinaire que j'incarnais semblait dépasser tout ce qu'elle avait imaginé au début. Cela ne lui déplaisait cependant pas, elle était simplement interloquée. Je ne représentais nullement un repoussoir à ses yeux, seulement un nouveau monde à explorer, une vivante curiosité à sonder.
 
En fait ma folie d'économe radical l'amusait. Non comme une stérile moquerie mais comme un défi à relever : elle pensait pouvoir m'aider à devenir moins rapiat à son contact. Elle se figurait que sous son influence elle réussirait l'exploit de m'ouvrir à la dépense domestique ainsi qu'aux futilités du siècle. Belle ambition...
 
Elle appelait cela "m'améliorer", me "faire progresser"... Alors qu'en réalité je me situais précisément au sommet de mon évolution de radin, du moins selon mes critères personnels.
 
Sur ces points précis, elle me connaissait bien mal. Je la laissais espérer dans le vide et me parler avec conviction des avantages dont je pourrais bénéficier en me délestant régulièrement de mon argent. Je l'écoutais sagement, non en vertu de sa raison mais de sa beauté.
 
Je ne croyais évidement en rien en ses paroles.
 
Elle m'expliqua longuement que l'allègement de ma bourse me rendrait encore plus heureux. Sauf que dans mon état de pingre assumé, je nageais déjà dans une mare d'ivresse. En outre je l'avais trouvée, elle. Elle qui personnifiait mon second trésor sur Terre, après l'épargne. Par conséquent, mon bonheur n'était-il pas double ?
 
Je ne voulais pas la contrarier. Je souhaitais la garder auprès de moi tout en conservant mes précieuses économies.
 
Elle était si légère, si jolie, si séduisante...

Cette Violette valait finalement quasiment autant que mon pot rempli de piécettes !

samedi 11 juillet 2026

2684 - Les lumières de ma piaule

Elle était assise sur le coin de mon lit, heureuse, me semblait-il, d'écouter mes histoires dénuées de toute allusion consumériste.
 
Je lui racontais mes aventures de chercheur de vieilles casseroles et autres joyaux corrodés se déroulant loin des lieux d'achats, mes chemins semés d'idées démodées et mes ivresses de buveur d'eau.
 
À ses côtés, je me sentais proche de mon ciel. C'est-à-dire, des égouts dorés et des dépotoirs rutilants où gisaient mes rêves de radin. 

Moi le rat, elle le papillon.
 
Le décor dans ma chambre reflétait mon idéal de vie frugale : les vieilleries récupérées, les trucs obsolètes accrochés aux murs, le mobilier hétéroclite issu de mes collectes, tout respirait les fonds de poubelles et les trésors dérisoires de mes expéditions d'un siècle révolu.
 
Grâce à l'exposition de ces si maigres choses, je crois que je la faisais voyager.
 
Elle paraissait ébahie, admiratrice devant ces modestes découvertes ramenées des boîtes à ordures et qui, selon moi, méritaient la place du roi dans le sanctuaire de ma piaule.
 
Les objets rouillés qui m'entouraient prenaient à ses yeux un éclat inédit. Le peu était mis en valeur. Rien de pompeux ou de cher chez moi : juste des bricoles brisées, des reliques à réparer, des rebuts à faire reluire.
 
Elle observait avec plus d'attention que la veille mon royaume de bric et de broc, partagée entre malaise et fascination.
 
À vingt-deux ans, j'avais une mentalité de vieillard pitoyable, et pourtant avec ces misères d'avare accumulées dans cette pièce où nous venions de passer une nuit d'amour, je parvenais quand même à provoquer l'émerveillement chez Violette.

À travers ce terne attirail, elle voyait des diamants venus d'un monde lointain, d'un ailleurs qui n'a pas de nom. Et tandis que je la tenais dans mes bras dans mon château de clodo resplendissant de bouts de ferraille et de menues trouvailles, je remarquai que son regard n'en finissait pas de briller.

2683 - Rapports sains

Si je voulais revoir Violette en gardant le coeur serein et la bourse toujours aussi pleine, il fallait absolument que je m'efforce de maintenir cet état d'esprit salubre de la sobriété et ne pas me laisser envahir par les pensées sombres des éventuelles dépenses. Même si je savais pertinemment qu'à un moment donné il faudrait que je lui offre son premier cadeau.
 
Mon but immédiat se résumait à retarder au maximum cette échéance.

Cependant, j'entretenais malgré tout l'espoir, certes mince mais non nul, qu'elle ne m'exprime aucune demande d'achat. Après tout, j'avais peut-être affaire à une fille portée sur l'épargne ? Nos routes ne s'étaient-elles pas croisées sous le signe de l'économie, au pied de poubelles ? Bien que je n'y crusse pas vraiment à la vérité, cette idée que Violette partageât avec moi la flamme de l'avarice me suggérait un goût de bonheur suprême.

Pour l'heure la relation demeurait dans les saines et strictes limites de l'amour désintéressé. Je n'avais rien à regretter ni à me plaindre, les deux verres d'eau du robinet ayant servi de remparts à toute autre soif onéreuse. Je ne souhaitais évidemment pas faire naître chez la jolie fleur des appétits d'ogresse qui dès le début m'auraient coûté de toute façon beaucoup trop cher. 

Pour notre seconde rencontre, dans ma chambre comme la veille, j'envisageais de reproduire, en l'améliorant, ce stratagème consistant à détourner son attention des futiles tentations. Afin d'éteindre dans l'oeuf chez elle le désir de breuvages de luxe inutilement sucrés et aromatisés, j'eus l'audace folle et judicieuse d'ajouter des glaçons au liquide. Quoi de plus simple et de plus authentique ?

Limpidité et fraîcheur devaient suffire, me dis-je, pour chasser de sa tête de fortuites envies que je jugeais inappropriées.

Lorsque nous nous réunîmes au bord de mon lit, je ne détectai point d'avidités impies sur son visage. Du moins pas à ce stade de notre histoire. Elle semblait même indifférente aux récipients que je venais de consciencieusement remplir d'artifice givré... Cela m'apaisait considérablement, je pouvais lui parler de ciel bleu, de rêves, de pluie...

Ces choses gratuites, accessibles, non monnayables.

Elle irradiait de beauté et je la désirais.

Avec un peu de chance il m'était encore possible de lui proposer, en guise de bague ou de restaurant, une belle soirée sous les étoiles.

Liste des textes

2702 - Les joies de la gratuité
2701 - Les cadeaux
2700 - Générosité de rat
2699 - Les profondeurs de ma chambre
2698 - Mireille Mathieu, quatre-vingt ans
2697 - Rat céleste
2696 - Gérer ma fortune
2695 - La fortune
2694 - La bague
2693 - Ce qui ne s’achète pas
2692 - L’amour qui compte
2691 - Crépuscule
2690 - Le combat pour l’économie
2689 - Le repas payé
2688 - Un vrai restaurant
2687 - Le restaurant gratuit
2686 - Radin, un métier
2685 - Le poids des pièces
2684 - Les lumières de ma piaule
2683 - Rapports sains
2682 - Les dangers de l’amour
2681 - Le prix d’une fleur
2680 - Le prix de l’eau
2679 - Ma fortune de ragondin
2678 - La chair ou l’argent
2677 - Les coiffeurs
2676 - Les lacets
2675 - Ces petits riens de grand prix
2674 - Veiller sur mon argent
2673 - Les rustines
2672 - Ciel d’avare
2671 - Argent de poche
2670 - Construire avec peu
2669 - Seul c’est moins cher
2668 - Vol de rat
2667 - Drague de radin
2666 - Aux fêtes foraines
2665 - Mes jours de rat
2664 - Temps épargné
2663 - En quête de trésors perdus
2662 - Avariseul
2661 - Bosse finale
2660 - Le feu dans le ciel
2659 - L’amour bête et beau
2658 - Cause suprême
2657 - Seuls avec eux-mêmes
2656 - Priorité d’avare
2655 - Vue sur la bosse
2654 - Premier contact
2653 - Deux pour toujours
2652 - Jeunesse au rabais
2651 - Engendrer un enfant normal
2650 - Naissance de l’avarice
2649 - L’antre de Pierre
2648 - Simplicité de l’amour
2647 - Choc public
2646 - La bosse comme une flèche
2645 - L’envol de Pierre
2644 - Carrière de bossu
2643 - Fort, fragile et lucide
2642 - Amant idéal
2641 - En dehors du monde
2640 - La lente montée des larmes
2639 - La chair qui complète l’esprit
2638 - Un petit qui devient grand
2637 - Pierre dans un nuage
2636 - La bosse et le phallus
2635 - La pierre et le ciel
2634 - La chair
2633 - Pensées du lendemain
2632 - Retrouvailles sulfureuses
2631 - Faux espoirs ?
2630 - L’infirmière
2629 - Les anges
2628 - Dérive verticale
2627 - Bêtise ou grandeur ?
2626 - Une flamme en plein jour
2625 - Fracassantes platitudes
2624 - Entre abysse et ciel
2623 - La soupe pour baume
2622 - L’épouvantail vainqueur
2621 - La bosse de la discorde
2620 - Point sensible
2619 - La rose et la pierre
2618 - La minute de vérité
2617 - Passeport pour l’amour
2616 - La gloire du polichinelle
2615 - Question de point de vue
2614 - Entre sol et ciel
2613 - Feux prudents
2612 - Deux astres
2611 - Choc en plein champ
2610 - Pierre "présente" l'apparition à ses parents
2609 - Elle parlait à un épouvantail
2608 - Bête et bossu ?
2607 - Campagne triste
2606 - Une chance sur mille
2605 - S’écraser ou s’envoler
2604 - Retour sur Terre
2603 - Loin
2602 - Le choc de la chute
2601 - L’amour loin du sol
2600 - Fantômes d’azur
2599 - Les rêves de Pierre
2598 - La hauteur du ciel
2597 - Le stage
2596 - Libération
2595 - La chair et l’esprit
2594 - Beauté de bossu
2593 - Dos de gnome et tête de rat
2592 - Un rêve d’amour
2591 - La femme de ménage
2590 - L’ascension de la bosse
2589 - Marcher pour s’envoler
2588 - Le trou pour gagner le ciel
2587 - Le prix du vrai
2586 - La punition
2585 - Au sommet du trou
2584 - Asile de bossu
2583 - Retraite éducative
2582 - Fuir la honte
2581 - La raclée
2580 - Bulle de verre
2579 - Deux étincelles
2578 - Etreinte
2577 - Des flammes et des ombres
2576 - La bosse au centre du débat
2575 - Choc des contraires
2574 - L’union de la discorde
2573 - La tare et la star
2572 - Première conquête
2571 - L’éclat de sa bêtise
2570 - Dur réveil
2569 - Première épreuve
2568 - Juvénile bêtise
2567 - Entrée fracassante ans l’adolescence
2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet