mercredi 28 octobre 2026

2775 - La parisienne

Je ne vois voler que des oiseaux au plumage commun par chez moi, depuis les simples moineaux jusqu'aux hiboux hautains, en passant par les appétissantes bécasses du coin. Ce qui ne m'empêche pas de croiser parfois des volatiles sortant de l'ordinaire.
 
Ainsi, un jour, j'eus la surprise de rencontrer une parisienne coiffée d'un chapeau à plumes. Une promeneuse extravagante en quête de chemins bordés de chardons et semés de pommes aigres, j'imagine. Une citadine oisive et fortunée, venue se perdre par pur plaisir dans mes broussailles quotidiennes.
 
Une belle oiselle parfumée en tout cas, se précipitant avec ferveur dans la boue de la cambrousse, comme je le suppose.
 
Bref, un pot de miel pour l'ours que je suis.
 
Voulant goûter à ce mets fin, je mis la main au popotin de cette potiche. Loin de demeurer insensible à ma trogne de phacochère, la mondaine m'invita à l'effeuiller afin de mieux la butiner. Ce que je fis. La demoiselle partie de Paris à la poursuite du grand frisson avait trouvé en ma personne le feu, la pierre et l'orage qu'elle attendait : mes grosses bottes, ma vaste barbe et ma gueule ogresque la faisaient fondre et brûler.
 
Elle en grogna d'aise.
 
La frivole rêvait d'un vrai épouvantail, un dur, un poilu, un lourdement armé. Elle en eut pour son compte.
 
Lassée des porteurs de semelles lustrées des quartiers chics de Paname, ma face de cauchemar et ma chair pas tendre du tout la dépaysèrent. Ces ébats de bête dans les herbes sauvages la rendirent furieusement éprise et de mon glaive de faune et de mon cœur de fauve. Mais trop jaloux de ma solitude pour accepter une compagnie aussi bavarde, je dus l’éconduire avec toute la brutalité qu'exigeait la situation. Elle s'éloigna de moi dans d'inutiles caquètements de protestation. Ma flamme de mâle dûment assouvie, je songeais plus sérieusement à mon âtre, à mes fagots, à ma tranquillité dans les profondeurs de la nuit.

C'est que mes appétits de loup ne suffisent guère à éclipser ma soif de lumière.

lundi 26 octobre 2026

2774 - Les grands jours

Parfois, au fond de ma retraite, des enclumes me tombent sur la tête, des gouffres ouvrent leur gueule à deux pas de mon ombre, des guerriers viennent me défier.
 
Je reçois les coups en pensant que ce sont des plumes. En ce qui concerne les abîmes, ils me procurent le vertige des hauteurs. Quant aux chercheurs de querelles, je ne leur laisse guère le choix des armes. J'avale tous les fardeaux, mange les lourdes pierres, digère les moindres épines et ne recrache que des mots pleins de légèreté.
 
Au coeur de ma solitude, j'accueille ces orages à bras ouverts. Lorsque le ciel, l'enfer, la brise du printemps ou bien le simple hasard vient déchirer ma porte, j'y vois une occasion de sortir de mon trou afin d'y voir plus clair.
 
Les grands jours, des chasseurs égarés s'assoient à ma table en déposant à mes pieds leurs carcasses de sangliers. D'autres, chargés de trophées aux faces encore plus effrayantes, boivent avec moi à la santé des femmes.
 
Les grands jours, le Soleil s'assombrit et les nuages s'éclairent. Et je fracasse le monde d'un seul regard. Je me sais vainqueur au centre de mon univers, loin de la multitude. Oublié de tous, connu seulement des garous, le siècle me toise. Ma réponse, terrible, est le silence des morts.
 
Qui donc entend ma voix qui monte au-dessus des agitations et vacuités du globe ?
 
Nul ne croit à mon existence, là dans ma demeure isolée, aussi riche qu'un rat, vêtu d'austérité, alimenté de pauvres feux. Avec mes allures de spectre des bois, d'épouvantail aux couleurs de paille et de cendre, d'homme aux semelles puantes issu des âges révolus, je passe pour un rêve, une cause mineure, une fumée.

En effet, personne n'ose imaginer que je suis réel parce que, les grands jours précisément, contrairement aux mortels qui pèsent tellement sur cette Terre, moi je suis heureux.

samedi 24 octobre 2026

2773 - Une sorcière

Je n'attendais ni bête ni humain et ne songeais qu'à ma solitude lorsqu'elle brisa le calme de mon existence : une inconnue aux allures de cauchemar vint toquer à ma porte avant que sonne midi en réclamant un peu de pain et de feu. En découvrant son visage de sorcière, je lui refusai tout net et le gîte et le couvert.
 
— Va t'en, la vieille ! Tu as une tête effrayante, un dos de carabosse et une voix affreuse, tu ne m'inspires rien de bon ! Je n'ai pas la moindre miette de nourriture à t'offrir et n'ai d'ailleurs aucune intention de te faire de cadeau, si ce n'est mon pied au cul !
 
Elle insista cependant. Quelle erreur elle fit là ! Face à tant de bêtise, je dus m'y prendre autrement : armé d'une bonne trique, je lui administrai une volée de coups bien placés entre les épaules. La vieillarde poussa des hurlements de douleur stridents qui me glacèrent les os. J'avais réellement affaire à une chouette de l'enfer. À travers ses cris de harpie, elle me parut encore plus coupable d'être ce qu'elle était : hideuse et méchante.
 
Je suppose que cette mégère des ténèbres avait humé de loin le contenu fumant de ma marmite. La mauvaise fée semblait dotée d'un flair de sanglier ! Attirée par l'honnête bombance que j'avais préparée en ce jour en l'honneur de ma précieuse personne, elle ne profita même pas de la vision béatifique de ce festin avorté : à peine arrivée au seuil de mon huis je la repoussai d'une juste bastonnade sans lui laisser le loisir de fourrer son nez à l'intérieur. Une fois parvenue à la source de cette odeur alléchante, elle dû aussitôt battre en retraite. L'importune aux traits ignobles ne méritait ni la chaleur de mon foyer ni le réconfort de ma table. Seulement la tendresse de mon talon et la caresse de mon bâton.
 
Je la poursuivis jusque dans les bois des alentours tout en continuant à la frapper avec la sévérité que les hommes de mon espèce doivent à la laideur : je voulais être certain que cette saleté ne reviendrait pas de sitôt me redemander l'aumône. Enfin, essoufflé par cet exercice qui me mit en appétit, je retournai vers ma demeure où finissait de mijoter mon repas. Après cet effort physique, je trouvai ma fricassée plus délicieuse que jamais.
 
Tandis que je terminais mon assiette, déjà repus, par la fenêtre j'aperçus un point noir disparaître dans l'horizon : l'horrible vagabonde s'en allait au diable.

D'un sourire moqueur, je levai mon verre à son souvenir. Ma journée s'annonçait aussi belle que possible.

vendredi 23 octobre 2026

2772 - Matins glorieux

Le jour se lève sur un temps automnal. Dehors tout est morne et humide. Ma maison sent la cendre froide, les murs transpirent la morosité, à travers ma fenêtre je contemple le visage pâle de novembre.
 
Rien ne se passe et pourtant cet univers sombre et sclérosé va bientôt s'illuminer.
 
La brume embaume mon royaume de solitaire et pétrifie le paysage. La rivière coule en somnolant. Dans le ciel, un océan de grisaille. Sur le sol, un tapis de monotonie.
 
Le silence écrase le monde, les êtres, les choses. Cependant, dans mon âme la fête se prépare.
 
Une branche se fracasse par terre. Massive, elle aurait pu tuer un homme. Une belle journée commence pour moi !
 
Les morts ouvrent les yeux, les ombres s'animent, des flammes remplacent les flots dormants. Mes pensées hurlent, mon sang s'avive, ma chair palpite.
 
J'ai faim de femelle, soif de vin, envie de foudre !
 
Ce matin encore, l'âtre éteint est devenu une tombe. Mais moi je demeure en ébullition. La pièce frissonne tandis que je m'enflamme.
 
Mon foyer a expiré depuis longtemps et je suis plus vivant que jamais. Debout au bord de la rive, je plonge la tête dans l'onde glacée, pousse un juron en direction des nues et puis pisse dans cette eau qui vient de me rafraîchir les idées !
 
Je me fais la promesse d'égorger le premier gibier qui osera défier ma barbe et de réchauffer la moindre demoiselle en crinoline qui tremblera de frayeur en me voyant ! Je ferai un festin de ces proies qui ont le tort d'exciter mes braises. Coupables ou innocentes, je croquerai crues ces biches et broierai avec délectation ces roses sous mes crocs. Ma gueule de sanguinaire est faite pour ces tendres morceaux dénués d'épines.
 
Et pour bien arroser ces douceurs, j'avalerai n'importe quel feu qui entrera dans mon gosier !
 
Je dois assouvir mes appétits d'ogre. Je n'ai pitié que de mon ventre qui réclame son dû, de ma virilité qui brûle de désir, de mon chapeau de loup qui rêve de trophées d'os ou de plumes !
 
J'attends la caresse du vent et le tonnerre des sommets.

Comme toujours, je me réveille avec l'esprit d'un astre paisible et la sève d'un volcan en colère.

mercredi 21 octobre 2026

2771 - Des yeux dans la nuit

À trois heures du matin, le silence vient de me réveiller.
 
Dehors, il y a les ténèbres, le froid, l'inertie.
 
Mais je devine également un souffle, je ne sais où exactement. Une flamme quelque part. Une lumière invisible.
 
Je sors vérifier qui est là.
 
Je ne vois personne à l'extérieur. Nulle âme, pas un seul animal, aucune silhouette. Et pourtant, impossible d'ignorer que des yeux sont grands ouverts. Ils observent. Ils me regardent. Ils me percent.
 
Une conscience tourne autour de mon logis.
 
Une présence hante les lieux et se fixe en ma direction. Je n'entends absolument rien. Je sens juste un regard, un visage qui me scrute. Il n'y a pas le moindre bruit.
 
Qui donc provoque ce boucan en pleine nuit ?
 
Tout demeure figé dans le noir et le calme. Qui se tient si près de ma maison au coeur de l'obscurité ? Un homme ? Une bête ? Une ombre ? Comment puis-je appeler cet être ? Il reste là, immobile, tout proche de moi.
 
M'attend-il ?
 
Il m'examine, écoute ma respiration, lit même dans mes pensées, j'en suis sûr. Je n'éprouve pas de peur, seulement de l'étonnement. Je m'interroge sur ce phénomène nocturne, sans parvenir à trouver une réponse.

Cette réalité inexplicable pénètre jusque sous mon toit. Et je n'ai plus qu'à refermer la porte. Une fois entré à l'intérieur de mon foyer, il semble s'être installé au pied de mon feu mourant. Je choisis de laisser les choses ainsi et de ne plus me poser de question.

Je pars me recoucher. 

Ce mystère sera-t-il encore là demain, planant au bord de ma cheminée ? Peut-être bien. Avec, pour unique témoin, la cendre.

mardi 20 octobre 2026

2770 - Sous la pluie

La pluie de novembre enchante mon asile de solitaire. Cette glace venue du ciel illumine mon univers plein d'or et de grisaille, elle fait étinceler mon toit et chanter la terre trempée.
 
Ses éclats frigorifiants ensoleillent mon âme de carnassier. Ma maison devient alors une grotte, et moi un ours.
 
Et je sors sous l'averse afin de m'enivrer de cette misère qui me tombe sur la tête, m'enrichissant de ces flots, de ces flaques, de ces pleurs de l'automne.
 
Et là, gorgé de rêves et assoiffé de lumière, débordant de sève, de sang et de flammes, je serais prêt à avaler une flambée de fagots, à bouffer des demoiselles et à croquer des rochers !
 
Dans ma poitrine de casanier bat un coeur de chêne. Je porte sur mon dos mille années de crépuscules, d'ombres et de feux secrets. Et tandis que mes pieds s'enracinent dans un sol aussi lourd que les nues, je m'envole dans des hauteurs connues de moi seul. Mes sommets ne sont point de ce monde : je m'abreuve de pensées grasses et brûle d'une virilité ogresque.
 
Qui donc, comme moi, aime autant les charmes funèbres de la grêle automnale qui endolorit les fronts et fait frémir les morts ?
 
J'entends le fracas des gouttes de verglas sur la rivière. Les feuilles sous mes semelles ont des sanglots spongieux. Les arbres dégoulinent de larmes. Tout frissonne et palpite autour de moi.
 
Dans cet espace aux apparences déprimantes où je patauge avec mes bottes de brute des bois, rien n'est sombre à mes yeux, tout est vivant.

Le temps m'apparaît clair, tranquille et beau.

lundi 19 octobre 2026

2769 - Ceux à qui je fais peur

Ceux qui savent que je demeure dans ce coin situé en dehors du monde, en général ont peur à la seule évocation de mon chapeau. La rumeur a fait de moi un épouvantail. Il est vrai que je me suis enterré loin des fièvres du siècle. Là, caché dans mon repaire de brumes et de ronces, je n'accorde d'importance qu'aux ragondins de la rivière. Ce qui reste proche de ma vue me comble de satisfaction et suffit à remplir mes journées. J'ai assez à faire avec les herbes folles et les ombres sages qui m'entourent. Nul besoin d'aller courir après des feux qui brûlent au-delà de mon toit.
 
Les lueurs de ma cheminée s'imposent si claires, si riches et si chaudes qu'elles accompagnent mes nuits, mes hivers et ma solitude. Rien ne me manque ici, tout m'est offert, surtout le meilleur : la beauté des épines, l'éclat du froid, la paix de l'isolement.
 
Sous mon ciel d'ermite j'apparais tel un géant au milieu des broussailles. Et devant l'âtre, je deviens une taupe au fond de son trou. Lorsque je regarde se consumer mes fagots, je me nourris de lumière. Ici mes rêves prennent l'ampleur des choses simples. 

Une fois que tout s'éteint, je me réveille. Ou me couche. Après la flamme, la récompense de la cendre. 

Mes joies sont celles des pauvres, des seigneurs et des esthètes. Le crépitement des bûches dans mon foyer est encore plus doux que le chant des oiseaux dans les branches : leurs ailes qui grillent sur la braise enchantent mon coeur d'angelot. Si en bien des occasions je garde une âme d'enfant, cela ne m'empêche pas d'avoir un ventre d'ogre, des appétits de bête et les pieds ancrés sur terre : quand on vit dans une tanière de loup comme la mienne, il faut ouvrir grand la gueule au soleil et sortir les crocs aux bons moments.
 
Mes repas de manant ressemblent à des menus de roi : je bouffe des astres crus, avale des tempêtes entières, croque des carcasses d'étoiles. Mon univers n'est pas un salon peuplé de mondains mais un horizon plein de corbeaux, de grêle et d'éclairs.

Et c'est pour cela que les sangliers, les pierres et les ténèbres m'aiment mieux que les hommes. 

samedi 17 octobre 2026

2768 - Pour venir chez moi

Rares sont les bipèdes qui parviennent jusqu'à ma maison, guidés par des raisons folles ou sages, obscures ou lumineuses, voire inconnues. Le chemin qui mène à mon foyer ressemble à un piège. Tortueux, semé d'épines, bordé de broussailles, il paraît sans issue. Simples égarés ou promeneurs audacieux qui s'y engouffrent prennent le risque de croiser le bouffeur de citadins et croqueur de poètes que je suis !
 
Certains me comparent à un arriéré inoffensif, d'autres à un saint aux crocs de carnassier. Peu importe. Ermite ou attardé, esthète ou sanglier, ascète ou butor, je demeure un hôte des bois. Une bête auguste au visage hirsute. Je ne fais peur qu'aux peureux en réalité, tandis que j'enflamme les courageux. Devant moi les rêveurs s'enfuient. J'attire surtout les bandits, les mal vêtus, les braconniers, les vagabonds, les aventuriers fauchés, les voyageurs des sentiers perdus.
 
En un mot, j'effraye les honnêtes gens. 

Je refroidis les tièdes âmes et éveille les drôles d'oiseaux. Il ne reste que les méchants volatiles pour me rendre visite.
 
Déconnecté de la modernité, retiré des affaires du monde, indifférent aux agitations de ce siècle, je n'intéresse que les fantômes et les rats, les esprits brillants et les porteurs de haillons, les explorateurs crasseux et les hiboux glorieux.
 
J'incarne à moi seul les brumes de l'Humanité.
 
Je plane au-dessus du sol, entre la pesanteur des cailloux et la légèreté de l'azur. J'effleure de mon orteil les bouses de vache et touche le ciel d'un doigt.
 
Tantôt je reflète la lourdeur de mes pieds, tantôt je m'élève dans les sommets de la beauté et brille comme un ange dans les nuages. Un jour je rase les ronces, le lendemain je m'envole.
 
Dans mon coin reculé, je me trouve au bout de toutes les terres et en fin de toutes les courses. Dans mon cas, on peut se fier aux apparences sans se tromper : ma direction n'est pas la paix du confort matériel mais bel et bien le vertige de la verticalité.
 
Qui donc oserait me suivre si haut ?

Pour découvrir mon repaire, il faut vraiment le chercher.

jeudi 15 octobre 2026

2767 - Le chêne

De l'autre côté du pont, à quelques pas de la rive, s'élève un chêne multiséculaire. Il constitue, au coeur de cet espace oublié du reste de la Terre, un point remarquable.
 
Plus massif et pérenne que le saule pleureur situé à proximité, il semble établi là depuis toujours, aussi immuable qu'une montagne. J'oublierais presque ce géant, tant sa présence est ancrée dans le paysage : l'arbre remplit le ciel et orne le siècle.
 
Bien avant ma naissance, ce roi imposait déjà sa loi, dominant les lieux de ses bras gigantesques, étendant son ombre de pyramide sur les fleurs, les hommes et l'humus. Seule la foudre peut, aujourd'hui encore, se mesurer à ses sommets, chercher à lui chauffer les sangs, tenter de le hérisser. Sans jamais réussir à l'ébranler, cependant.
 
Aucun mortel actuel ne lui survivra. Ses racines se prolongeront jusque dans un lointain avenir. Ce patriarche à la sève de roseau restera debout longtemps après l'éparpillement de nos os.
 
Il sera le grand gagnant parmi les sages qui respirent en silence sur la planète. Ces colosses de la Création observent le monde s'agiter autour d'eux, indifférents, tout en laissant leur carcasse monter en direction des nues. Ils trônent dans leur coin, prenant le temps de contempler l'horizon le jour et de compter les étoiles la nuit.

Si vaste et si proche de ma demeure, meublant ma solitude sans que je m'en rende compte, j'ai pris l'habitude de ne plus le voir. 

Mais à chaque fois que je passe sous ses ramures de monarque, il me remet à ma place : au pied de moi-même.

lundi 12 octobre 2026

2766 - La Lune à ma porte

Le globe lunaire resplendissait au-dessus de mon asile. Impossible de trouver le sommeil sous tant de lumière ! L'astre m'envoyait ses flammes à travers ma fenêtre. Je voulus sortir admirer sa beauté d'éther. Et, en ouvrant la porte, il m'apparut dans toute sa clarté, là debout devant moi.
 
Sa face ressemblait à un paysage de glace. Aucun sourire, nul signe d'émotion chez lui, pas la moindre marque de chaleur, juste des traits de marbre qui me fixaient.
 
Son regard de pierre dégageait une froideur terrible.
 
Et moi, par habitude de la solitude peut-être, je pris cette blancheur pétrifiante pour un feu d'amour. Et ce, en dépit de ses airs de statue.
 
Mais non, la Lune venue me rendre visite de si loin, déroutée de son orbite et à présent au pied de ma maison, si proche de moi, maintenait cependant ses distances. Avec ses allures hautaines, elle brillait tout en gardant le silence.
 
Pleine d'indifférence.
 
Je lisais sur son front autant de profondeurs que de légèretés. Elle demeurait figée dans une attitude théâtrale totalement compassée. Guindée comme une déesse sculptée. A quoi jouait donc cette vestale de régolithe ? Cherchait-elle à m'impressionner de ses éclats, moi le solitaire, moi l'homme épris d'authenticité ? Je ne savais pas comment accueillir cette hôte de rêve. Ses cratères ombrageaient son visage, ce qui lui conférait un réel mystère. L'entité avait un sacré caractère, à n'en pas douter !
 
Je n'eus pas l'occasion de me questionner plus longtemps : la visiteuse repartit bien vite de chez moi. Après ce bref arrêt au seuil de mon foyer, elle s'envola dans les nues.
 
Le satellite avait tout naturellement repris sa course céleste momentanément interrompue par ma curiosité. Et mon admiration.

Et je me retrouvai seul sur le pas de mon huis. Avec, dans un coin de mon coeur, un reste de ses rayons de mort.

dimanche 11 octobre 2026

2765 - Le saule pleureur

Au bord des flots qui coulent derrière ma maison, on peut admirer un magnifique saule pleureur. J'étais un tout jeune enfant lorsqu'il fut planté là, devant moi, sous forme de simple tige, par une sorte de sorcière. Elle l'avait fichue directement en cet endroit vaseux sans aucun soin, comme ça, d'un coup. Je me tenais debout face à elle, sur le côté opposé de la rivière, rien de son drôle de manège ne m'avait échappé. Et, miracle de la Création, la pousse s'était naturellement enracinée pour, très vite, se transformer en une vaillante gerbe de verdure.
 
En quelques années seulement le feuillu ombrageait déjà une bonne partie de l'onde coulant sous ses ramures. La vieille femme à l'origine de cette merveille botanique, je m'en souviens encore, ressemblait elle-même à une souche séchée. Toute ridée et vêtue de haillons, elle faisait peur à voir, bien qu'elle inspirât également les moqueries des morveux de mon âge. Cette vieillarde d'un autre temps venait, d'un geste fatidique, d'inscrire son nom dans le limon. La scène demeure incrustée dans ma mémoire. Soixante ans après avoir placé son bout de bois dans la boue, il est devenu une cathédrale.
 
Bénéficiant dès le départ de chance et incessamment nourrie de vase, son oeuvre involontaire rayonne aujourd'hui dans toute sa majesté. Cette espèce de carabosse avait jeté sa flamme dans ce bassin fertile. Jamais à l'époque, alors que je portais une culotte courte de bambin, je n'aurais pensé que cet acte d'apparence si anodine pût produire un fruit aussi considérable dont je parlerais jusque dans ma vieillesse. Ce tronc, ces branches, cette sève, cette vivante voûte, j'en suis certain, me survivront longtemps.
 
Je suis le seul mortel au monde à connaître ce secret.
 
La naissance de cet immense dôme végétal au-dessus de la rive, non loin de mon asile, remonte à ce jour de mon enfance où je vis la mégère au visage de cauchemar enfoncer son bâton dans l'eau.
 
L'arbre qui domine cet espace de sérénité a pris racine dans une légende de chair et de guenilles.
 
Je fus l'unique témoin de cette plantation.

Le plus incroyable dans cette histoire, c'est que j'ignore toujours le nom de cette horticultrice aux traits hideux.

samedi 10 octobre 2026

2764 - Les rails ensevelis

Là, juste derrière mon gîte, sur des terres abandonnées, des rails gisent sous la broussaille.

Jadis, une machine à vapeur déposait ses usagers non loin de là, dans une gare aujourd'hui disparue. Ces vestiges enfouis sous les ronces formaient autrefois une ligne secondaire desservant les coins les plus reculés de la campagne. 

Des voyageurs aux existences simples empruntaient ces trains qui bringuebalaient à travers bois et champs. Une époque de lenteur oubliée de tous. 

Nul wagon ne circule en cet endroit depuis un siècle.

Lorsque je marche aux abords de cette voie ferroviaire que l'on devine sous la mousse et les épines, parfois je crois entendre siffler une locomotive dans l'horizon. Il me semble alors qu'elle déversera bientôt des ombres humaines dans je ne sais quel arrêt fantôme situé quelque part dans la verdure.

Mais il n'y a que le silence autour de moi. 

Et en guise de panache de fumée dans le lointain, je ne vois que la blancheur des cumulus dans le ciel. 

Aucun tortillard n'apparaîtra en ce lieu. Pas le moindre passager ne descendra fouler ces herbes folles où j'erre et songe. Tout à mon rêve, je longe ce chemin de fer d'un pas triste, puis m'en retourne sous mon toit de solitaire. 

Demain, peut-être, je reviendrai constater que rien n'a changé, que tout demeure vide et désolé en cette place sans nom, si ce n'est la présence d'hôtes furtifs ou fixes -écureuils ou escargots- venus y trouver refuge.

vendredi 9 octobre 2026

2763 - Le pont

Non loin de ma demeure, un pont veille sur la rivière. 
 
Des générations d'hommes, de bêtes et de fantômes ont franchi ce passage. Aujourd'hui, plus personne ne l'emprunte, à part moi-même et quelques sangliers. Lorsque je pose le pied sur ces pierres, je voyage vers un monde ancestral qui m'emmène dans des âges âpres où les choses étaient rudes et simples.
 
L'on y avait froid en hiver, les chemins usaient les semelles tout en fortifiant les marcheurs, la pluie ne s'annonçait point comme une calamité et les amoureux soupiraient dès le mois de mai. Il y régnait un ordre brutal et sensé. La vie se montrait pour chacun plus dure et plus belle.
 
À chaque fois que je traverse cette arche qui tombe en ruine, je me dirige vers un ailleurs aux odeurs de foin, aux couleurs de terre, aux rugosités d'écorce. Il me semble que cette construction d'un temps révolu forme le dernier ancrage du passé dans ce siècle, le rempart contre les vacuités de notre époque, le symbole d'une résistance non pas utilitaire mais poétique.
 
Il faut prendre la peine de braver les épines qui envahissent ce coin sans nom pour mériter d'accéder à une porte donnant sur de vieux horizons. Aller de l'autre côté du cours d'eau équivaut à faire un bond de mille années en arrière. En foulant cet endroit qui fut témoin de présences trépassées, d'ombres vivantes ou mortes, de souvenirs qui n'ont jamais été écrits, ce sol pavé de tant d'histoires, de bien des légendes, de jours et de nuits oubliés, on parcourt une distance immatérielle.
 
Pour se retrouver à deux pas de chez soi, debout sous une lumière nouvelle, avec un regard clair sur le présent.
 
Alors on se sent un cœur de loup, une tête de roi, une peau increvable aux parfums de feu et de cendre.
 
Ce point crucial au-dessus de l'onde, enfoui sous les ronces, constitue un sommet dans ce trou perdu où je coule une existence sans bruit. Cet ouvrage d'art m'emporte systématiquement vers des nuages, des sentiers, des crépuscules ou des univers qui n'ont plus cours. Après un tel envol, en rejoignant ma tanière pleine d'obscurité et de poussière, je garde jalousement le secret de ce lieu au fond de mon chapeau de paille.

jeudi 8 octobre 2026

2762 - Les ténèbres

En automne, lorsque ma demeure disparaît dans des nuits sans lune et qu'elle se confond avec les profondeurs de la terre, du ciel et du néant, plus rien d'autre que les ténèbres n'existe sous mes pieds et au-dessus de ma tête. Je regarde par la fenêtre et ne vois qu'une immense obscurité. L'opacité des nuages ajoute une épaisseur oppressante à la sorgue. Je suis fasciné par l'horreur de ce gouffre.
 
Alors je sors de chez moi pour mieux contempler la marée noire qui engloutit l'Univers entier.
 
Là, au milieu des broussailles, loin de la clarté de ma chandelle, je pénètre dans l'ombre infinie du dehors. Le vide m'emporte, des ailes me soulèvent, ma carcasse devient une masse sombre qui s'élève et prend une envergure nouvelle. Je me sens aussi démesuré, fatal et fabuleux qu'une gargouille dans les airs.
 
Seul sous tant de choses impossibles à nommer, j'ai envie de me faire peur et poursuis ma progression vers ce vertige.
 
Je marche en m'éloignant de mon foyer et m'enfonce dans ce trou incommensurable. Le monde nocturne de novembre, plein de densité et de lourdeur, est une gueule cosmique qui avale tout, même les océans. En me plongeant volontairement dans cette nature privée de lumière, j'ai l'impression d'être parvenu au sommet d'une réalité lointaine : je fais face à un monstre au visage inconnu.
 
Sous mes semelles je devine un espace aussi vaste que les nues. Là, à trois heures du matin parmi les arbres et les ronces, écarté de mon logis, je me retrouve entre deux extrêmes obscurs : le haut et le bas, le céleste et le terrestre. Pour moi, ces horizons opposés ressemblent à des murs. Mais je sais qu'ils se rejoignent finalement au bout des chemins. Conscient de ma situation, heureux d'être ici précisément et pas ailleurs, je me considère comme un point invisible égaré dans l'impénétrable, ivre de ces abysses, de ces puissances, de ces mystères.
 
Et j'imagine la danse fantastique autour de moi des immensités drapées de grandeurs. En tremblant un peu de froid, je m'attarde jusqu'à l'aube dans ce théâtre inexprimable.

En ce lieu se joue, terrifiante et belle, la plus intense scène du réel.

mercredi 7 octobre 2026

2761 - La chute d'eau

Près de ma demeure coule une onde claire brisée par une modeste cascade.
 
L'écume qui y naît confère au lieu une atmosphère paisible. Je m'y rends souvent pour y tremper mes pieds puants, asperger ma face d'ogre des bois, me rafraîchir la peau ainsi que les idées.
 
Du bouillonnement de l'eau jaillissent des rêves de toutes sortes.
 
Je vois apparaître des images troubles et crois entendre des murmures qui me sont adressés. Quelles drôles d'histoires me chante la rivière ? Essaie-t-elle de m'endormir avec ses vagues fables issues de ses fonds vaseux ? Ou bien suis-je devenu déjà trop fou, trop vieux, trop solitaire et trop bête pour me laisser abuser par de telles sornettes ?
 
Mais enfin, si la plupart des hommes prétendent sans rire que les étoiles leur parlent tout personnellement, pourquoi l'humble courant ne me destinerait-il  pas les paroles limpides de ses pensées profondes ? Je choisis pourtant de ne jamais écouter les fadaises de ces flots, même si leurs chants m'amusent et me font passer le temps. Je me repose simplement là une heure ou deux, étendu sur la berge, bercé par le bourdonnement des remous.
 
Et lorsque je m'en retourne à mon foyer sous les clartés du crépuscule, je sens comme une ombre dans mon dos qui n'est pas la mienne. Elle a le poids d'un songe et le visage d'une légende. Elle m'accompagne jusqu'à l'âtre que j'allume dans la fatigue du soir.
 
Et dans les flammes de ma cheminée, cette fois je perçois plus nettement ses airs familiers et ses traits rassurants. Ce fidèle ami qui me fixe dans les yeux, on aurait pu le nommer "l'ennui du jour". Sauf que là, sous la forme volatile du feu, cet intrus dégoulinant de vérité qui émerge de la fumée s'appelle "mon imagination".

Et, désireux de poursuivre encore plus loin ma soirée tout en terminant cette affaire par un mot éloquent, je plonge dans cette chute.

2760 - Le chant des oiseaux

Dès l'aube, j'entends leurs concerts tout en becs et plumes.
 
Tandis que les oiseaux du matin chantent, je me lève en allumant la première flamme du jour. L'âtre s'anime, la fumée me pique les yeux, le feu réchauffe mon café. J'avale les gorgées de mon bonheur simple. Cet âpre réveil se fait comme d'habitude : sans sucre ni vain artifice.
 
Ma journée commence, je sors à la rencontre de ces voix venues des feuillages, des buissons et des ronces.
 
Je prête l'oreille à ces musiciens de la broussaille qui me racontent les histoires banales de leurs vies de volatiles. Quels insipides bavardages ! Ces piailleurs m'imposent toujours le même refrain. Et ma réponse ne varie pas : ils reçoivent à chaque fois mon jet d'urine matinal en échange de leurs stériles salutations.
 
Ils envahissent l'espace de leur propos de bistrot de la verdure. Ces buveurs de brumes n'en finissent pas de papoter pour des petits riens. L'écho produit par leurs gorges de menues pipelettes évoque un bruit de ciel et de chair mêlés : le croisement des anges de l'azur et des carcasses de la terre.
 
Ces concierges de l'éther ont des bras pour voler dans les airs et des gosiers pour répandre leurs potins dans les jardins. A mi-chemin entre la subtilité des nuages et l'épaisseur des patates.
 
Ces écervelés incarnent à merveille le paradoxe des lourdeurs et beautés du quotidien. En eux on trouve la réunion saugrenue de l'aile et de la platitude. Avec leur plumage de grisaille dans la proximité des nues, ils ressemblent à des envoyés de l'ailleurs aux allures ordinaires. Tout en finesses et pesanteurs. Ce sont des cailloux sur pattes dotés de peu d'esprit et de beaucoup de légèreté.
 
Leur chant entêtant parfois me met en appétit.

Pour mes repas d'homme, il m'arrive d'en piéger de bien gras et de les faire griller sur ma braise.

jeudi 1 octobre 2026

2759 - Les femmes sur mon chemin

Là où je demeure, il n'y a que des pierres et des ronces.
 
Ce qui n'empêche pas que, rarement, j'y croise des femmes.
 
Des roses, pas des vaches. Des libellules, non des coches. Des fines fleurs en un mot.
 
Je veux parler de celles qui passent et folâtrent, foulant les herbes folles avec toute l'insouciance de leurs pas peu pressés, loin des lourdeurs des marcheuses en prière.
 
Je me méfie des pieuses laideurs, des sages disgrâces, des vertueuses verrues : je les trouve suspectes, bien trop froides pour être honnêtes. Ces espèces de moniales ambulantes en route pour des ciels lointains ne m'inspirent que tristesse et ennui. Aucun de ces chardons dévotieux ne me fait ni rire, ni rêver, ni chaud au coeur.
 
Quand l'une de ces femelles flétries s'arrête sous mon toit en quête d'échange spirituel, de partage de pain, de noble amitié, je n'ai qu'une envie, c'est qu'elle reprenne le plus tôt possible son chemin de misère.
 
Ces sottes guenuches sont toujours assoiffées d'indigestes idéaux. Ai-je donc tant de temps à perdre à écouter leurs sornettes ?
 
Elles me prennent pour un vieux philosophe à visiter au fond des bois, alors qu'en réalité je suis là pour les dévorer. Sauf que n'étant point appétissantes, je les épargne.
 
Ces tristes pénitentes ont des physiques de crapaudes et des mentalités d'ânesses. Et pour mieux lustrer leur chasteté d'idiotes, elles se parent de voiles, de crucifix, d'allures dignes. Leurs mots mesurés et sans surprise m'endorment comme des chants monotones. Leurs propos d'enclumes sur pattes me pèsent autant que des livres de messe et leur parfum de fausseté empoisonne mon air. La venue de ces plâtres d'église dans mon ermitage ne m'a jamais enchanté.
 
Le laideron en marche se croit obligé de se sauver jusqu'à l'autre bout du monde. Tandis que l'incarnation de la beauté n'a nul besoin de parcourir autant de distance pour s'envoler : sa légèreté a des effets immédiats.
 
Ces promeneuses d'un jour, plus rayonnantes que les orties introverties, rôdent autour de mon antre et entrent dans mon trou. Que viennent-elles chercher dans cette ombre où je vis ? Je n'ai que ma flamme à leur offrir.

Ces esprits adorables non dénués de chair adorent se chauffer à mon feu.

mardi 29 septembre 2026

2758 - Mon ombre

Mon ombre est une aile dans mon dos.
 
Une tombe à la terre légère. Un air de déjà vu qui se manifeste à la moindre clarté. Un loup qui apparaît sous mes pas. Une forme étrange qui me ressemble.
 
Joyeuse, tressautante, espiègle, elle me fait penser à une flamme.
 
Je n'ai besoin que d'elle pour me tenir compagnie. Les mortels sont bavards, tandis que mon fantôme, lui, me laisse tranquille.
 
Je traîne ce double de moi-même avec bonheur, sans jamais me lasser de sa présence. Cette chimère ne me marche pas sur les pieds comme le font souvent les importuns de chair. Au contraire, elle m'offre partout toute la place disponible. Entre rêve et réalité, elle hante ma demeure, danse au milieu de mes quatre murs, se perche parfois sur les poutres lorsque je déplace ma bougie.
 
Ou bien se montre plus sage, une fois qu'elle se retrouve dehors.
 
Tantôt sous mon toit, tantôt sous le Soleil, proche et lointaine, elle trône à mes côtés. Et j'y accorde de l'importance. Cette fumée issue de ma silhouette garde mon foyer près de la chandelle et accompagne ma belle carcasse sous la Lune.
 
Ce singe au pelage de cendre ne m'effraie point. Il me divertit en m'imitant sans cesse, m'amuse de ses pitreries prévisibles.
 
Croyez-vous vraiment que je lui parle ? Évidemment que non. Certes, je vis une existence solitaire dans mon coin perdu, hors du siècle, exclus volontaire du monde et de ses déréglements.

Voilà précisément la raison pour laquelle je suis loin d'être fou.

dimanche 27 septembre 2026

2757 - Ma chandelle

Quand vient le soir, certains croient que je me morfonds au fond de mon antre. 
 
Et peut-être même que j'y péris à petit feu.
 
La taupe disparaît-elle dans son gouffre pour s'y éteindre ? S'enterre-t-elle pour cesser de respirer ? Quelle idée absurde !
 
Au contraire, une fois le Soleil couché, je plonge dans les marécages lumineux du repos.
 
J'assiste au théâtre de la nuit, avec ses grands voiles sombres et ses astres minuscules. Assis au bord de ma cheminée, entouré des ténèbres, je fais naître des étincelles. 
 
En agitant le foyer de mon tison, je ressemble à un roi qui de son sceptre commanderait aux étoiles de s'allumer.
 
Ma chandelle posée sur la table maintient le drap nocturne autour de moi et repousse les spectres dans les coins obscurs de la pièce. Je me retrouve au centre du monde, seul dans ce dôme de lumière, penché vers l'âtre.
 
Les murs de ma demeure sont noirs, je ne vois plus que la braise. Les heures coulent, ma bougie fond, l'ombre devient palpable.
 
Je suis loin. 
 
Je voyage entre le sol de terre battue et les poutres de ma maison. Je monte et vogue avec le filet de suie émanant de la cire qui se consume.
 
Et rejoins, le temps d'une fulgurance, le sommet de cet espace contenu dans le périmètre de mon logis.
 
Et tandis que l'humble flambeau continue de brûler, je pense aux hommes de ce siècle, aux fleurs, aux femmes, aux chardons, à de menus riens, à des bagatelles, à mon pain quotidien, à mes fagots, à la mort.
 
Et j'attends, avant d'aller dormir, que meure cette mince flamme qui me tient en éveil.

vendredi 25 septembre 2026

2756 - Flamme d'homme

Qui me verrait sous mes apparences misérables et jugerait mon existence malheureuse sans me connaître, se découvrirait bien médiocre en apprenant la vérité.
 
L'ombre qui m'habille et la poussière qui me recouvre font illusion : elles ne trompent que les âmes vulgaires. Seuls les gueux et les ascètes devinent mes marbres et mes éclats. Ils sont proches de mes pas, de mes jours, de mes brumes.
 
J'ai de l'estime pour les sangliers et les corbeaux, un peu de mépris envers mes frères bipèdes, pétrifiés dans les tiédeurs du siècle.
 
J'admire et respecte les aristocrates, les heureux fortunés, les belles gens, les hommes de rang, les curés tranchants et les demoiselles sulfureuses. Et vomis les esprits ayant sombré dans la moyenne, ces malpropres ni glacés ni brûlants, ni noirs ni blancs.
 
Ils me plaignent parce que je suis aux antipodes de leur paresse, de leur prudence, de leur ciel d'épiciers. Eux les indolents, moi le roc et la fleur. Ils prennent ma simplicité pour de la misère. Je me lave à la cendre et m'éclaire à la chandelle, me chauffe au bois et m'enivre des orages, me brûle les doigts dans la neige et m'éblouis de givre.
 
Ils ne comprennent pas que je suis un prince, l'enfant des pierres et de l'azur, eux les piètres moineaux au plumage incolore. Ils mangent à la table commune des concierges et ignorent la saveur des mets qui enchante les carnassiers.
 
Je dévore ces caniches de mon unique regard.
 
Mon cœur de loup a pitié de ces molles brochettes humaines. Certains de ces frileux volatiles, j'en suis sûr, m'auraient voulu pour ami, croyant avoir affaire à un indigent en mal de compagnie. Ils perçoivent mes haillons, non mes crocs. Ils se focalisent sur mon allure humble, ne se doutant guère que ma braise pourrait les dissoudre.
 
Ces animaux insipides, privés de griffes et de crête, brillent dans le monde.

Moi, je demeure une flamme loin d'eux, aussi glorieux et oublié qu'une pauvre étoile.

Liste des textes

2775 - La parisienne
2774 - Les grands jours
2773 - Une sorcière
2772 - Matins glorieux
2771 - Des yeux dans la nuit
2770 - Sous la pluie
2769 - Ceux à qui je fais peur
2768 - Pour venir chez moi
2767 - Le chêne
2766 - La Lune à ma porte
2765 - Le saule pleureur
2764 - Les rails ensevelis
2763 - Le pont
2762 - Les ténèbres
2761 - La chute d’eau
2760 - Le chant des oiseaux
2759 - Les femmes sur mon chemin
2758 - Mon ombre
2757 - Ma chandelle
2756 - Flamme d’homme
2755 - Repas solitaires
2754 - L’esprit trouble
2753 - Bête du matin
2752 - Riche de rien
2751 - Ma chambre pour toit
2750 - Épilogue
2749 - Ascète et jouisseur
2748 - Mon chemin de feu
2747 - Rêve de radin
2746 - Radin de rêve
2745 - Fruits de saison
2744 - Mes amis
2743 - Folle épargne
2742 - Le mendiant
2741 - Le parfum
2740 - Le Soleil se lève
2739 - Économie maritale
2738 - Lamentables poètes
2737 - Joyeux anniversaire !
2736 - Le chien
2735 - Sombre roi
2734 - Achat d’une voiture ?
2733 - Repas aux chandelles
2732 - L’orage
2731 - La maison
2730 - Le mariage
2729 - Les sourires de Violette
2728 - À la mer
2727 - Les pierres
2726 - Les frilosités de Violette
2725 - Les sauces
2724 - Les pâtes
2723 - Sous les étoiles
2722 - Comme les moineaux
2721 - Le ventilateur
2720 - Bébé d’avare
2719 - L’éclipse
2718 - Mes airs de roi et mes amis les rats
2717 - Mon asile de loup
2716 - Fantômes des poubelles
2715 - Mon pesant d’ordures
2714 - Aveu de feu
2713 - La norme masculine
2712 - Dans ma bergerie
2711 - Mes fringues de pingre
2710 - Voyage de noce
2709 - Pot de fleur
2708 - Après moi, la relève
2707 - Je suis un bon à rien
2706 - L’enjeu de la sobriété
2705 - Le sac à main
2704 - Mes habits de gueux
2703 - Mes mots en or
2702 - Les joies de la gratuité
2701 - Les cadeaux
2700 - Générosité de rat
2699 - Les profondeurs de ma chambre
2698 - Mireille Mathieu, quatre-vingt ans
2697 - Rat céleste
2696 - Gérer ma fortune
2695 - La fortune
2694 - La bague
2693 - Ce qui ne s’achète pas
2692 - L’amour qui compte
2691 - Crépuscule
2690 - Le combat pour l’économie
2689 - Le repas payé
2688 - Un vrai restaurant
2687 - Le restaurant gratuit
2686 - Radin, un métier
2685 - Le poids des pièces
2684 - Les lumières de ma piaule
2683 - Rapports sains
2682 - Les dangers de l’amour
2681 - Le prix d’une fleur
2680 - Le prix de l’eau
2679 - Ma fortune de ragondin
2678 - La chair ou l’argent
2677 - Les coiffeurs
2676 - Les lacets
2675 - Ces petits riens de grand prix
2674 - Veiller sur mon argent
2673 - Les rustines
2672 - Ciel d’avare
2671 - Argent de poche
2670 - Construire avec peu
2669 - Seul c’est moins cher
2668 - Vol de rat
2667 - Drague de radin
2666 - Aux fêtes foraines
2665 - Mes jours de rat
2664 - Temps épargné
2663 - En quête de trésors perdus
2662 - Avariseul
2661 - Bosse finale
2660 - Le feu dans le ciel
2659 - L’amour bête et beau
2658 - Cause suprême
2657 - Seuls avec eux-mêmes
2656 - Priorité d’avare
2655 - Vue sur la bosse
2654 - Premier contact
2653 - Deux pour toujours
2652 - Jeunesse au rabais
2651 - Engendrer un enfant normal
2650 - Naissance de l’avarice
2649 - L’antre de Pierre
2648 - Simplicité de l’amour
2647 - Choc public
2646 - La bosse comme une flèche
2645 - L’envol de Pierre
2644 - Carrière de bossu
2643 - Fort, fragile et lucide
2642 - Amant idéal
2641 - En dehors du monde
2640 - La lente montée des larmes
2639 - La chair qui complète l’esprit
2638 - Un petit qui devient grand
2637 - Pierre dans un nuage
2636 - La bosse et le phallus
2635 - La pierre et le ciel
2634 - La chair
2633 - Pensées du lendemain
2632 - Retrouvailles sulfureuses
2631 - Faux espoirs ?
2630 - L’infirmière
2629 - Les anges
2628 - Dérive verticale
2627 - Bêtise ou grandeur ?
2626 - Une flamme en plein jour
2625 - Fracassantes platitudes
2624 - Entre abysse et ciel
2623 - La soupe pour baume
2622 - L’épouvantail vainqueur
2621 - La bosse de la discorde
2620 - Point sensible
2619 - La rose et la pierre
2618 - La minute de vérité
2617 - Passeport pour l’amour
2616 - La gloire du polichinelle
2615 - Question de point de vue
2614 - Entre sol et ciel
2613 - Feux prudents
2612 - Deux astres
2611 - Choc en plein champ
2610 - Pierre "présente" l'apparition à ses parents
2609 - Elle parlait à un épouvantail
2608 - Bête et bossu ?
2607 - Campagne triste
2606 - Une chance sur mille
2605 - S’écraser ou s’envoler
2604 - Retour sur Terre
2603 - Loin
2602 - Le choc de la chute
2601 - L’amour loin du sol
2600 - Fantômes d’azur
2599 - Les rêves de Pierre
2598 - La hauteur du ciel
2597 - Le stage
2596 - Libération
2595 - La chair et l’esprit
2594 - Beauté de bossu
2593 - Dos de gnome et tête de rat
2592 - Un rêve d’amour
2591 - La femme de ménage
2590 - L’ascension de la bosse
2589 - Marcher pour s’envoler
2588 - Le trou pour gagner le ciel
2587 - Le prix du vrai
2586 - La punition
2585 - Au sommet du trou
2584 - Asile de bossu
2583 - Retraite éducative
2582 - Fuir la honte
2581 - La raclée
2580 - Bulle de verre
2579 - Deux étincelles
2578 - Etreinte
2577 - Des flammes et des ombres
2576 - La bosse au centre du débat
2575 - Choc des contraires
2574 - L’union de la discorde
2573 - La tare et la star
2572 - Première conquête
2571 - L’éclat de sa bêtise
2570 - Dur réveil
2569 - Première épreuve
2568 - Juvénile bêtise
2567 - Entrée fracassante ans l’adolescence
2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet