dimanche 15 mars 2026

2566 - Le bout de ma route

C'est ici que mon chemin va se poursuivre.
 
Pour moi seul, en dehors des regards extérieurs. Je laisse le lecteur à ces phrases ultimes. Je lui ai dit ce que j'avais à dire, je garde tout le reste secret.
 
Je vais poser la plume et m'envoler loin, haut, ailleurs.
 
Continuer de faire de mon existence terrestre un interminable voyage de la Lune au Soleil. Une longue distance du firmament aux mares. Une marche perpétuellement renouvelée des fleurs à la neige.
 
Je veux pousser ma route au-delà de ce livre.
 
Conquérir l'horizon tout en demeurant dans mon canton étriqué. Vivre mon idéal routinier. Progresser vers un ciel à ma mesure. Avancer en direction des brumes et lumières du lointain. Aborder les clairs rivages de mes jours troubles et rugueux. Voilà un but grotesque, irréalisable, imprudent pour notre époque, penserez-vous ! C'est fort possible. Mais je ne le perds pas de vue pour autant.
 
Ma folie n'est pas votre affaire. Mes semelles de vagabond des temps modernes ne regardent que moi.
 
J'arrive au bord d'une frontière, à un tournant de ma vie, au bout de mon parcours, à la fin de cette page où je disparaîtrai. Je repartirai dans l'anonymat, sans témoin. Vous qui avez lu mes histoires et n'en croyez pas un mot, oubliez moi et retournez aux artifices de votre siècle. Faites comme si je n'existais pas car je ne suis pas de ce monde en vérité. Ou alors si vous avez quand même un doute, ne retenez que le meilleur de cette lecture : les corbeaux, les rats et les sangliers.
 
Et peut-être aussi la mère Garbichon.
 
Ne vous souvenez que de l'essentiel : mon ombre. Après tout, qu'est-ce qui vous prouve que je suis réel ?
 
Des têtes de loups pareilles, des hommes tels que moi avec des gueules qui ressemblent à des souches, des bourricots des bois chargés de lapins refroidis, vous n'en reverrez pas de sitôt ! Ces bêtes-là, chaussées si lourdement et portant d'improbables chapeaux percés, on ne les rencontre que dans les fables.
 
Abreuvé d'étoiles, repus de mystères, comblé de flammes tangibles ou imaginaires, rassasié de ces nuits hantées par le silence, illuminé par ces ténèbres mêlées de rêves, je brille de l'intérieur. Et cependant, toujours assoiffé de nouveaux nuages et avide de bien d'autres tempêtes encore, j'achève mon évasion.

Le crépuscule s'allume, une éternité m'attend.

samedi 14 mars 2026

2565 - Quelques oiseaux sur une branche

Sur le bord du chemin j'aperçus à ma hauteur une poignée de moineaux posés sur une branche, alignés pareils à des enfants de choeur dans leur aube de plumes grises. Du haut de leur perchoir  ils gazouillaient à pleines gorges, queues frétillantes, becs allègres. Comme pour célébrer je ne sais quelle joyeuse messe champêtre.
 
Et je vis qu'ils s'adressaient à moi en réalité, juste sur mon passage !
 
Ils parlaient dans leur langue commune de vulgaires piafs. Pourtant je perçus bien autre chose que de simples chants d'oiseaux. Les petits êtres pleins de légèretés émettaient des mots plus que des piaillements... Du moins mon oreille sur le moment traduisait les sons sortant de leur jabot en phrases intelligibles. Cette grappe de turbulents volatiles semblait m'avoir attendu ici, au détour de cette route de poussière et de solitude, pour me livrer quelque secret.
 
A travers leurs pépiements je crus entendre ces paroles immortelles :
 
— Holà ! le vagabond ! Quel vent étrange te pousse à cheminer ainsi avec ton chapeau de paille, ta barbe d'ogre et tes bottes de loup ? Ainsi accoutré tu as l'air d'un épouvantail des champs mais tu ne nous effraie guère.
 
Interloqué je stoppai le pas et fixai cette brochette d'ailés aux cui-cui si éloquents... Ils reprirent :
 
— Tu sillonnes sentiers et herbages, bois et fourrés en quête de soupes chaudes et de rêves terreux. Tu ressembles à une ombre qui glisse dans le lointain, à un fantôme furtif entre les arbres, à une bête sombre dans la campagne. Et nous, nous te voyons aller et venir par tous les horizons. Nous savons que tu es le confident des sangliers, le prédateur des lapins et le compagnon de la Lune. Depuis les fils électriques, le sommet des cheminées ou les gouttières des clochers où nous posons nos pattes, nous t'épions, te suivons du regard sans que tu ne t'en rendes compte. Tu incarnes les nuages de l'âme et les bonnes graines de la Terre. Tu es un foutu prince des broussailles et nous t’aimons tel que tu es. Tu nous prends pour de banals hôtes des haies et des toits, mais sous nos apparences ordinaires nous sommes des anges en vérité. Et nous t'entourons de nos célestes attentions, te prodiguons nos bénédictions, crois-le !
 
A cet instant mon incrédulité fut à son comble. Quoi ? Comment ça , me dis-je ? Que me racontaient donc là ces espèces de poussins au terne plumage se balançant sur leur rameau ? Des représentants du Ciel, eux ? De blancs esprits descendus des sphères supérieures, ces voleurs de cerises, ces avaleurs de moucherons, ces si familières créatures ? Quelle blague !
 
J'écoutai plus attentivement cette volée de drôles de piailleurs, afin d'en avoir le coeur net. Mais cette fois-ci les "cui-cui" étaient parfaitement normaux.
 
Allons, pensai-je, j'ai dû être victime d'une hallucination auditive ! Le cidre ayant accompagné mon civet est assurément responsable de cette diablerie... Dépité et un peu honteux face à ces sornettes auxquelles par faiblesse je fus sur le point de croire, dans un ultime éclat de rire je chassai ce rassemblement impromptu d'importuns.
 
Trois secondes après, je ne riais plus : à peine envolés, les jaseurs furent aussitôt remplacés par une intruse venue de nulle part.
 
Une mésange.

Alors le message m'apparut aussi clair que la lumière de l'azur : MES ANGES !

vendredi 13 mars 2026

2564 - Pluie de joie

Certains jours propices où j'ai l'estomac calé et le coeur en fête après un énième festin composé d'un civet de lapin, je trouve belles les nues chargées de pluie. Alors que le reste du monde sort les parapluies, j'ouvre les bras vers les hauteurs.
 
En ces moments choisis je ne considère pas sottement les nimbus ainsi que de sombres et pesants océans flottant sournoisement dans les airs, prêts à répandre boue et déprime en bas. Je ne les reçois pas sur le dos en maudissant le sort, non...
 
Loin de moi cette idée de citadin !
 
Bien au contraire, ces masses de brumes célestes m'apparaissent aussi légères que des champs d'azur. Je les envisage intelligemment, les attends sans crainte et les célèbre avec toute la folie de mon âme faite pour la beauté.
 
Je les accepte dans ma vie pour ce qu'elles sont en réalité : de purs baptêmes de joie à accueillir sur mon front de vagabond assoiffé de rosée, de glace, de vent et de liberté !
 
Ces déluges réveillent en moi des flammes insolentes. Et l'intempérie qui transforme le sillon en cloaque devient à mes yeux un flot de plumes au lieu d'une averse d'enclumes. Sous la chute de tant de fraîcheur, d'abondance et de gratuité, je bénis tout à la fois la brise, l'orage, la giboulée, la neige, la grêle et la tempête !
 
Heureux d'être arrosé par des principes météorologiques plus grands que ma petite personne, je bois avec reconnaissance ce vin clair venu de si haut. Un breuvage aussi sain et limpide doit assurément provenir de l'Olympe... Je rends grâces à leurs dieux qui me pissent dessus !
 
Cette onde tombée du ciel prend pour moi des allures de bénédiction.
 
Et tandis que mes bottes pataugent dans des flaques de fange, ma tête est pleine d'éclat. Je me réjouis de ces gouttes d'eau qui font crépiter mon chapeau comme si c'étaient des larmes de lumière.
 
Et pendant que les frileux calfeutrés entre leurs murs s'affligent du mauvais temps, les nuages impassibles déversent leur lot habituel d'humidité sur leurs toits en pleurs. Et eux, bêtement, tirent leurs rideaux ou ferment leurs volets en espérant que ces cascades miraculeuses s'arrêteront bientôt. Jamais la pensée de profiter et de la douche et du spectacle qui leur sont offerts ne les effleure.
 
Et moi, égaré dans des fourrés, embourbé au fond des fossés, trempés jusqu'aux os, les semelles enlisées dans des trous aqueux, la gorge ruisselante et la barbe mouillée, je chante.

Infatigable, enivré d'oxygène, je marche à travers la campagne inondée, adressant aux altitudes pluvieuses mon bonheur de loup.

2563 - Polir Pierre

Pris en main de manière virile et responsable dans un cadre austère où son infirmité était perçue de front, sans façon, le gamin au corps tordu prit conscience à travers ces nouveaux regards non pas du poids de sa bosse mais de sa légèreté.
 
Ici pas question de perdre temps et énergie à des futilités : sa dérangeante protubérance ne serait jamais traitée avec des pincettes. On ne voyait pas dans la difformité de son anatomie un sujet sensible à amoindrir, aplanir, nier. On acceptait de dévisager sa disgrâce. Face à cette dure réalité on n'éprouvait nul besoin de détourner les yeux, encore moins d'adopter un discours hypocrite.
 
Au contraire on n'hésitait pas à l'appeler "le bossu" pour le désigner immédiatement dans le groupe, exactement comme on dit "le Noir" pour identifier un Africain mêlé à des Blancs. Dans cette institution religieuse on ne considérait pas injurieux le fait de nommer un chat un chat. Quoi de mieux pour forger les juvéniles tempéraments ?
 
C'est dans ce contexte que le coeur de Pierre put s'épanouir sainement et intelligemment.
 
Il se révéla un élève moyen.
 
Franchement médiocre en classe, il n'apprenait pas parfaitement ses leçons. Peu doué pour les études, il semblait assez paresseux, davantage intéressé par les images que par les livres secs, plus porté vers la rêverie que vers le travail. Son esprit lent et sa nature frivole l'empêchaient de progresser. Même en lui tapant sur les doigts, rien ne pouvait y faire : issu d'un ciel trouble plutôt que d'une terre ferme, il ne se destinait de toute évidence pas à devenir un garçon avec la tête et les pieds enracinés dans le réel.

Il était une étoile faite pour briller.
 
Ses percepteurs ne se faisait pas vraiment de souci pour son handicap, soupçonnant bien qu'il ferait de ce gouffre un véritable sommet. On sentait en lui un potentiel d'envol. Bien que l'invalide ne jouît guère d'une grande intelligence, il paraissait montrer des dispositions pour la conquête des nuages : assurément, il y avait des ailes chez cette tortue.
 
Il finit par savoir lire et écrire après de pénibles efforts et avec un certain retard. Il passa toute sa scolarité au sein de cet établissement exerçant sur les jeunes écoliers une discipline de fer. Il y fut guidé sur un chemin âpre et inflexible, entre des murs assez hauts pour qu'une influence délétère de l'extérieur n'y pût corrompre son âme.
 
Il fallait qu'un homme émerge de cet enfant au dos brisé. Autrement dit, qu'un papillon jaillisse de cette petite araignée.

Plus précisément, changer la pierre grossière en une incarnation reluisante.

jeudi 12 mars 2026

2562 - Redresser la barre

C'est dans ce contexte scolaire anti-pédagogique que Pierre faillit forger une personnalité déviante. D'un côté ses géniteurs le guidaient, de l'autre l'école l'égarait. A la maison on l'éduquait, en classe on l'abêtissait. Dans son foyer sa difformité était un sujet clairement nommé et assumé, chez les prétendus pédagogues de l'Instruction Nationale une source d'hystérie silencieuse.
 
Ses parents finirent par s'apercevoir de ce qui se passait dans cet établissement aux allures d'asile psychiatrique. Peut-être trop idéalistes au départ, ils se rendirent compte à travers cette expérience malheureuse que les choses ne seraient pas aussi faciles qu'ils l'avaient imaginé.
 
Ils retirèrent leur fils de cette institution publique pour le placer en de meilleures mains, crurent-ils : chez des religieux aux méthodes très strictes. Les mois qui suivirent leur prouvèrent qu'ils avaient eu bien raison ! Là, entouré d'un personnel enseignant plus ferme et davantage mature, Pierre redevint l'angelot qu'il n'aurait pas dû cesser d'être.
 
Si ses nouveaux précepteurs ne redressèrent point sa bosse, au moins ils remirent le petit infirme dans le droit chemin. Ainsi énergiquement pris en charge, en peu de temps son esprit cessa de se tordre.
 
Le bambin allait bientôt avoir cinq ans.

La partie mauvaise de sa nature fut vite étouffée sous l'influence salubre de cette éducation de fer. Dans cet encadrement inflexible, il retrouva un coeur sain. Ce que ce siècle refuse d'admettre, c'est que l'enfant qui naît génétiquement défavorisé n'a nullement besoin de mollesse autour de lui. Pour évoluer il lui faut non pas un univers en coton mais une structure qui puisse l'aguerrir. Au lieu de le maintenir dans des illusions d'égalité et de normalité faussement humanistes, n'est-il pas préférable de le faire grandir dans le feu éclairant de la vérité ?
 
Pierre ne sera jamais ni égal aux gens valides ni normal au sein de la société. Et ce, même si la plupart de ses concitoyens pétris de sentiments niaiseux nieront sottement ces évidences, se mentant confortablement à eux-mêmes tout en propageant dangereusement leurs idées puériles. Tant qu'il demeurera bossu, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, Pierre conservera ce corps de gargouille. Il traînera dans son ombre cette anatomie définitivement brisée. Que le reste du monde le veuille ou non.
 
Le fait d'entretenir de la sorte sa lucidité constituerait sa force.

mercredi 11 mars 2026

2561 - Mauvais garnement

Ainsi mis à l'honneur au centre de tous les regards, élu roi incontesté de sa classe en raison de sa bosse que nul n'aurait su voir, considéré comme l'élève spécial de l'école à traiter ostensiblement de la manière la plus neutre possible, au fil des semaines Pierre se révéla ingérable.
 
Dissipé, perturbateur, égoïste, mal-élevé, désobéissant, irrespectueux envers sa maîtresse, il devint vite un énorme problème. On se rendit compte alors avec stupeur que le jeune bossu était aussi un véritable monstre de quatre ans et demi.
 
Un horrible petit diable.

Loin d'être bête, au bout de quelques mois Pierre avait finit par comprendre le bénéfice qu'il pouvait tirer de son infirmité. Bien qu'il n'accordât pas la moindre importance à sa difformité, il découvrait avec étonnement que celle-ci exerçait une sorte de fascination sur les adultes du corps enseignant.

Trônant au premier rang derrière son pupitre, il abusait manifestement de son pouvoir.
 
Tel un tyran s'apercevant avec jubilation qu'on lui octroie un statut d'intouchable, ce mini monarque tordu n'en faisait plus qu'à sa tête. 
 
Dès son entrée à la maternelle on lui avait offert un royaume à la hauteur de sa couronne dorsale. Introduit dans une contrée nouvelle, sur un terrain de jeu où quasiment plus rien ne lui semblait interdit, il mesurait l'immensité de ce monde qui s'ouvrait hors du foyer parental.

Placé du jour au lendemain sur un piédestal, en un seul trimestre il tenait déjà fermement dans sa main le sceptre de tous ses caprices. Conscient de son rayonnement, ce soleil miniature brillait sans partage entre les murs de l'établissement scolaire. Plus le temps passait, plus il se sentait libre de se comporter en dictateur.
 
A la maison avec ses géniteurs il n'était qu'un enfant sage et inoffensif, sa malformation ne lui conférant aucun privilège.

Mais ici il avait l'envergure d'un souverain absolu en son palais de farces et attrapes. Tout devenait prétexte à rire et à semer le trouble dans ce contexte de liberté sans frein. L'autorité des grandes personnes s'étant aliénée à son handicap, Pierre trouva bon -tout à leurs dépens- de laisser s'épanouir sa nature mauvaise.

mardi 10 mars 2026

2560 - Au premier rang

La maîtresse d'école avait pris soin de placer Pierre au premier rang. Bien au centre de la rangée, face à elle.
 
A la place du roi.
 
Ne devenait-il pas ainsi le plus normal de tous les élèves de la classe ? En réalité les enfants de son âge qui l'entouraient n'accordaient plus d'importance à sa difformité, l'ayant intégrée plus vite, plus simplement et plus sainement que les adultes. Ces derniers, professeurs, personnel et directeur compris, demeuraient les seuls obsédés par le cas de Pierre.
 
Il fallait impérativement prouver noir sur blanc à qui accepterait de le croire que sa normalité se situait largement au-dessus de celle des autres écoliers. Et que sa bosse ne le définissait surtout pas. Faire comprendre coûte que coûte aux incrédules, aux esprits chagrins et aux rétrogrades de tout poil qu'il reflétait non pas le handicap mais l'anti-handicap. Le non handicap. L'invisibilité du handicap. L'absence du handicap. La négation du handicap.
 
La magie de l'apparence semblait opérer : trônant dans le groupe comme un souverain absolu, Pierre incarnait le triomphe de l'intégration dans la norme de ceux qui "sont-comme-tout-le-monde".
 
Il ne lui manquait plus que la couronne du monarque avec dessus l'inscription en lettres d'or fin : "dans ce sanctuaire scolaire où nul ne souffre de tare règne le bossu qui n'est pas bossu !"
 
Censé être invisible, sans plus aucune malformation à relever puisque "mis-au-même-niveau-que-ses-petits-camarades", le résultat déboucha sur l'exact contraire : on ne voyait plus que son anatomie tordue.
 
Il brillait de toute sa misère érigée en étendard de l'indifférenciation.
 
Sa présence éclatait tel un soleil éteint.
 
Ou une potiche cassée.
 
Mais cela ne suffisait pas encore.
 
Il était également urgent de lui prêter les vertus les plus hautes qui soient pour l'unique raison de son infirmité. Il y avait obligation morale de le trouver singulièrement beau précisément parce que sa laideur paraissait trop évidente.
 
Bref, à force de vouloir le faire ressembler à ceux qui sont "comme-les-autres", il passait pour un véritable monstre, même si on faisait semblant de ne pas s'en apercevoir.
 
Dans le noble but de cacher sa disgrâce on l'avait mis au coeur de toutes les attentions. En le mettant de la sorte en avant, on souhaitait le fondre dans l'anonymat. Elevé à la dignité de "gosse ordinaire différent" mais dont on ne devait cependant jamais remarquer la singularité dorsale, le pauvre gamin avait fini bien malgré lui par rendre fous les membres de cet établissement transformé en asile de schizophrènes !

lundi 9 mars 2026

2559 - Cachez cette bosse !

Dans son école Pierre se devait de ne pas recevoir d'attentions spéciales de la part de ses précepteurs. Sinon cela aurait scandaleusement confirmé l'évidence de sa tare. Or nul ne souhaitait enfoncer le clou.
 
On voulait effacer son handicap.
 
Il jouissait par conséquent du statut envié de "pareil que vous et moi". Ou pour le dire autrement, de "prioritairement normal". On le considérait en tous points semblable à n'importe qui.
 
Ce garçon personnifiait la plus parfaite normalité, il ne pouvait y avoir de débat là-dessus. Affaire entendue, chapitre clos, discussion définitivement fermée.
 
Pierre était indubitablement, très visiblement et très conformément NORMAL, qu'on le sache une bonne fois pour toutes !
 
Particularité intéressante à relever : cette vérité incendiaire s'exprimait toujours de manière implicite et non à haute voix. Ces choses-là ne se disent jamais ouvertement, l'important étant de se forcer à les penser afin de bien montrer qu'on y croit. Ce qui permet, dans ce contexte, d'éviter de réveiller la mentalité rétrograde des méchants éducateurs d'autrefois qui, les infâmes, appelaient un chat un chat...
 
L'urgence consistait à essayer de convaincre le monde entier que le petit tordu était un enfant ordinaire. Et ce, par tous les moyens maladroits et artificieux possibles, contre toute apparence et en dépit du moindre bon sens.
 
Dans le corps enseignant on regardait donc Pierre à l'égal de Jean, Jacques, Ahmed ou Kévin.
 
Immodérément identique à eux, supérieurement situé à leur propre altitude, presque au-dessus de leur niveau, le malformé élevé au rang de créature admirable brillait de toute son ombre.
 
Officiellement on le voyait comme la copie conforme de chaque individu du groupe dans lequel il était censé se fondre. Aucune différence entre lui et le reste de la classe. Il devait absolument passer inaperçu.
 
Certes, derrière son pupitre il apparaissait démesurément différent. Telle une verrue dans une roseraie, il éclatait de laideur. Ou plutôt ce blasphème incarné qu'il représentait disparaissait sous les belles figures droites et harmonieuses, écrasé par la norme.
 
Pour autant, on faisait tout pour le percevoir artificiellement à la même hauteur que les autres écoliers, bien que sa tête fût, de façon morbide, placée nettement plus bas du sol que celles de ses camarades.
 
"NORMAL", voilà le qualificatif qui le définissait le mieux, disions-nous.
 
Pourtant ce mot, particulièrement tabou, inacceptable aux oreilles éduquées de ces messieurs-dames les pédagogues, ne devait être ni murmuré ni suggéré à son sujet. Quant à "anormal", n'en parlons pas. Ce terme renfermait les pires pestes idéologiques du siècle. Inconcevable à leurs yeux qu'il pût être encore répertorié dans les dictionnaires !
 
Dans les faits Pierre-le-normal bénéficiait de multiples traitements de faveur, sans que ces derniers ne fussent avoués.
 
Il ne fallait surtout pas faire sentir la présence de sa bosse dans les regards, les esprits, les institutions, même si en réalité tout était fait pour provoquer le contraire. Pas un seul professeur ne parlait de son infirmité. Et paradoxalement tous ne cessaient de l'évoquer. Indirectement, entre les lignes, à travers des formulations de contournement et des périphrases aseptisées, par mensonges interposés.
 
Le triomphe de la langue de bois. Le royaume de la négation institutionnalisée.
 
Les silences des plus lucides de ces taiseux se croyant à la pointe de la pédagogie ne traduisaient rien d'autre que des cris fracassants lancés à la face de l'hypocrisie générale : "Pierre est difforme ! Pierre est inesthétique ! Pierre est monstrueux !"
 
Ils martelaient avec obscénité ce qu'ils désiraient cacher.
 
Chacun des adultes dans l'établissement entendait résonner à longueur de temps et fort distinctement cette cloche invisible, ces sons fêlés, cette odieuse injure à la sensibilité moderne, ces deux syllabes interdites enfin que personne n'osait prononcer : BOSSU.

dimanche 8 mars 2026

2558 - Rigide hypocrisie

Pierre n'était à la vérité ni pire ni meilleur que les autres garnements de son âge.
 
Simplement, il ne prenait nullement en considération sa bosse dans ses interactions avec ses semblables. Totalement inconséquent, ce qui est dans l'ordre des choses pour un enfant de quatre ans, il agissait comme un vrai diable quand certains adultes attendaient de lui un comportement d'ange sans tache.
 
Pour ne pas dire de victime à chérir.
 
C'est exclusivement dans ce rôle "acceptable" que, de manière consciente ou non, ces belles âmes lui accordaient le plus de crédit. Perçu depuis l'extérieur et loin de tout réalisme, à travers le prisme de l'hypocrisie générale, Pierre apparaissait nécessairement beaucoup plus beau, plus droit, plus normal qu'il n'était en réalité. Aux yeux de ces idéalistes stupides et immatures qui s'ingéniaient à ne surtout jamais regarder en face sa monstrueuse infirmité, il jouissait du statut flatteur de divinité à protéger par-dessus tout.
 
Ces esprits superficiels lui prêtaient ainsi maintes vertus imaginaires.
 
Lui ne se voyait pas en tant que cible innocente de l'injustice, il vivait en ce monde tel un parfait idiot en liberté. Pareil à un petit chat espiègle livré à lui-même. A-ton déjà vu des chatons estropiés s'interroger sur une patte perdue, une queue coupée, une oreille manquante ? Ils jouent, en toute ignorance et indifférence. Uniquement occupés à expérimenter leur légèreté d'être, ils ne se consacrent qu'à l'essentiel : leurs jeux.
 
Les grandes personnes de valeur évitaient obsessionnellement de lorgner sur la partie culminante, prétendument inexistante, de cette anatomie débile. Elles dirigeaient leurs regards ailleurs que sur ce dos de monstre.
 
Même s'il était flagrant que là se concentrait le point central de leurs pensées, en aucune façon elles n'auraient su le voir.
 
Elles continuaient de faire les raides autruches autour du galopin tordu.

samedi 7 mars 2026

2557 - La montagne de Pierre

Pierre avait naturellement intégré sa bosse depuis sa venue au monde.
 
Comme tous les invalides de naissance de la Terre, cette injustice qu'il portait dans sa chair faisait partie intégrante de son anatomie, de son être. Il ne se posait aucune question sur la présence incongrue de cette disgrâce. L'esthétisme ne le préoccupait guère, ses priorités d'ingénu se trouvant ailleurs. Sa différence ne constituait à ses yeux qu'une réalité très secondaire.
 
Pour ce Quasimodo en modèle réduit sa malformation ne signifiait quasiment rien.
 
Il voyait cette grosseur avec un étonnement plus ou moins amusé, sans y accorder plus d'importance. Il ne percevait pas le moindre drame à travers son hypertrophie dorsale. Dans ses jeux puérils, il la palpait même en se contorsionnant dans des éclats de rire. Il ne parvenait à la toucher que du bout de ses doigts.
 
Impossible de se prendre au sérieux à propos de sa difformité !
 
Ce qui n'était évidemment pas le cas de la majorité des individus découvrant son infirmité : pour eux il s'agissait d'un véritable choc. Jamais de leur vie ces pauvres gens n'avaient été témoins d'une chose aussi dérangeante.
 
Et lui, rieur, le coeur léger, les regardait sans comprendre, parfaitement inconscient de leur malaise. Certains de ces adultes faisaient des efforts terribles pour surmonter leur trouble, tentant vainement d'afficher une apparence sereine.
 
Ils adressaient alors des sourires forcés au garçonnet qui, ingrat, répondait à leur gentillesse par une grimace. La gêne n'en était que plus suprême. Ainsi le petit tordu semblait être un morveux mal élevé. Et peut-être méchant, mauvais, égoïste, loin de l'image angélique que d'emblée, et fort sottement d’ailleurs, ces inconnus se forgeaient de lui...
 
Qui a dit qu'enfant bossu se traduisait fatalement par "belle âme" ?
 
Visiblement ces grandes personnes avaient encore beaucoup à apprendre... Stupides et naïves, elles se comportaient en mièvres et maladroites figures parentales face à l'osseux monticule de Pierre.
 
A n'en pas douter, la laideur de ce jeune corps allait faire couler bien des larmes et grincer pas mal de dents !

2556 - Mes feux de joie

Au bord de mes chemins d'éternel pèlerin, il m'arrive d'allumer des feux. Tout en méditant, je me repose et me réchauffe auprès de ces confortables bûchers de brindilles mêlées de bouts de bois.
 
Quelle joie dans les fossés, au pied des mares et au fond des fourrés !
 
Des âmes naïves pourraient croire que ces pétillements secrets équivalent à mes chastes prières de vagabond. En réalité ces étincelles qui montent au ciel pour y dessiner d'éphémères arabesques de lumière me donnent le goût des terrestres délices...
 
Et là sous mes yeux mis en appétit, les flammes se transforment en femmes. Je rajoute du combustible pour entretenir la danse des images.
 
Le foyer que je viens faire naître de quelques branches mortes devient subite source d'ivresse. Il crépite et m'étourdit.
 
Ces folies alimentent impunément mes fièvres impies et emportent vers je ne sais quel olympe peuplé de muses érotiques mes brûlantes pensées...
 
Et finissent par provoquer l'écume du vieux chameau que je suis ! Alors mes mots de bénédiction adressés aux braises ne sont plus que des jurons de désir et des crachats de bête assoiffée de chair !
 
Oui, dans les fumées lascives de ces flambées improvisées je ne cesse de voir les formes opulentes de l'épouse du notaire, les lignes affolantes du corps de la mère Lalune et même de vagues ventres de danseuses orientales, tout cela dans des parfums d'herbes grillées...
 
Et en attendant que la cendre remplace l'ardente lueur, je continue mes rêves d'homme.

L'incendie ne s'apaisera véritablement que lorsque, plus tard, se lèvera sur mes charnels vertiges l'angélique astre lunaire.

2555 - Les regards

C'est surtout à la sortie de la classe que Pierre se faisait remarquer. Les parents d'élèves découvraient ce bambin bossu dont leur avaient parlé leurs propres enfants aux premiers jours de la rentrée. Evidemment, pour ces adultes éduqués il fallait impérativement "faire semblant".
 
Feindre de ne pas voir. Faire croire à une indifférence civilisée. Afficher une froideur policée par rapport à cette inesthétique anomalie.
 
Pas un ne semblait avoir repéré l'infortuné. Alors qu'on ne voyait rien que lui. Impossible, en effet, d'ignorer cet énorme crapaud au milieu des fleurs !
 
Pour autant, pas question pour eux de jeter des regards appuyés ainsi que le font leurs petits diables innocents et décomplexés. Ces grandes personnes ne pouvaient pas se permettre cette ingénuité.
 
Les réactions de ces témoins directs devaient être pudiquement contenues. Ils se forçaient à considérer cette réalité avec retenue, à adopter une attitude réservée. En définitive, ils produisaient la preuve flagrante de leur franche hypocrisie. Mais sans qu'ils ne s'en rendent compte eux-mêmes, individuellement. Secrètement, chacun pensait se cacher derrière son son jeu personnel. En se persuadant que les autres jouaient médiocrement. Et trahissaient leur malaise.
 
Tous se trompaient car tous montraient leur comédie.
 
La fin de l'école devenait un théâtre gênant de mauvais rôles. Nul ne se l'avouait ouvertement, mais il était évident que l'attention générale se déviait imperceptiblement vers le monstre. Quoi de plus humain ? Voilà bien un comportement universel, fort naturel, et qu'on ne saurait raisonnablement condamner. Sauf qu'aucun d'entre eux n'aurait osé admettre ni publiquement ni intérieurement cette vérité.
 
La politique du coin de l'oeil leur paraissait socialement plus acceptable. Comment le leur reprocher d'ailleurs ? L'essentiel est que tout partît de bons sentiments : au fond de leur coeur ils souhaitaient épargner des maux supplémentaires à ce monde de misères.
 
Face à cette odieuse injustice, certains plaignaient les géniteurs avec un mélange de pitié et d'horreur, mesurant leur chance d'avoir engendré de beaux fruits, rassurés et fiers de pouvoir présenter à leurs semblables des merveilles qui ne ressemblaient pas à ce ratage, des oeuvres de valeur contrastant avec cet ignoble barbouillage.
 
Quelques-uns, dégoûtés à la vue de ce Quasimodo miniature, tentaient d'arborer des mines parfaitement impassibles. Leur maladresse ne les empêchait cependant pas d'être sincères. Et contrairement ce qu'on pourrait s'imaginer, ces âmes étaient peut-être les plus généreuses de toutes...
 
Les plus mal à l'aise voulaient absolument faire étalage de leur humanisme de façade. Eux ne détournaient pas décemment la tête, ils la plongeaient dans le visage du gamin avec une totale vulgarité. Exagérément démonstratifs, ils trouvaient mignon, charmant, exceptionnellement chanceux et gracieux ce garçon affligé de la pire des infirmités. Comme si à leurs yeux sa bosse n'existait pas.
 
On aurait dit des arachnophobes notoires s'extasiant ostensiblement, et non sans mièvrerie, sur les joliesses supposées d'une affreuse araignée.
 
Combien parmi ces gens, trop lâches ou trop lucides, étaient dupes de leur numéro suspect ?
 
Le cirque de l'Humanité commençait véritablement sur le dos brisé du gosse.

vendredi 6 mars 2026

2554 - Première école

A quatre ans, Pierre entra à l'école le plus normalement du monde.
 
Entouré des autres enfants de son âge, son infirmité ne lui posait guère de problème.

Les véritables difficultés devaient apparaître avec les adultes seuls, non avec les écoliers. Mais nous y reviendrons plus tard...

Sujet de curiosité pour ses petits camarades, de rire pour lui, il voyait cette bosse qu'il portait sur le dos comme une simple bagatelle, une chose dérisoire. A ses yeux elle était l'égale d'une fleur poussée dans un jardin, lui-même ne semblait pas s'étonner plus de cette anormalité. En fait, encore bien trop jeune pour mesurer l'ampleur de son malheur, il ne prenait évidemment pas du tout conscience de l'outrage du sort.
 
Son innocence le protégeait de son drame.
 
Assez vite sa silhouette singulière fit partie du décor. Dans la classe sa protubérance s'effaça progressivement dans les regards. Tout naturellement, l'habitude avait fini par lisser cette excroissance superflue. Sans devenir absolument invisible, la présence de ce furoncle équivalait à celle d'une ombre.
 
Aussi heureux et insouciant que n'importe quel bambin pris au hasard sur cette Terre, il jouissait simplement de l'aveuglement de son état puéril. Avec la complicité du Ciel, sans y penser, de manière innée, il se considérait dans un des espaces du paradis. Mais ni plus ni moins que le reste de l'Humanité en culottes courtes.
 
Dénué d'oeillères et de carapace, seulement doté d'ailes, il se sentait tel un oiseau sur sa branche, à hauteur des anges, en pleine lumière sans vraiment le savoir, au même titre que tous les gosses ordinaires autour de lui. En cela nulle différence avec ses frères de jeux.
 
Dans la cour de récréation il était ce pantin tordu mêlé à la norme, ce qui ajoutait une fantaisie supplémentaire aux activités ludiques des élèves.
 
Ça n'allait pas plus loin que cela.

Sa vie de bossu commençait dans les molles illusions de l'ignorance.

jeudi 5 mars 2026

2553 - Les mares

Les mares sont les derniers paradis oubliés de la Terre.
 
Elles ponctuent mes traversées champêtres comme autant d'îlots de paix hors du temps, loin de tout, proches de mes semelles. Avec ces flots crépusculaires, je me sens profondément ancré dans mon univers de vagabond.
 
Au bord de ces cloaques, à mes yeux aussi beaux que des oasis, je me repose en pensant à mes fabuleux voyages à travers le canton. Ces surfaces troubles entourées de verdure constituent mes refuges intimes et chaleureux au coeur de la campagne.
 
Elles incarnent à la perfection les trous ultimes du bout du monde. Elles personnifient la modestie du bonheur étriqué à portée de mes bottes, la proximité immédiate d'un ciel fait de fange et de crapauds.
 
Leur visage, brouillé mais authentique, est formé par le croisement de la boue qui s'y dépose et de l'azur qui s'y reflète.
 
Elles symbolisent la dualité de la Création : en leur sein la misère débouche sur la gloire et l'insignifiance y côtoie le sublime. Des têtards y naissent et des légendes en jaillissent. Parfois des têtes y plongent et n'en ressortent jamais. Des rêves y meurent et des flammes s'en échappent. La puanteur qui y remonte se mêle aux parfums des fleurs éparpillées tout autour.
 
Pourriture et lumière y jouent ensemble un théâtre de mille couleurs changeantes.
 
Elles chantent sous les nuages ou pleurent dans le soir, sèchent sous le soleil ou gonflent sous les pluies, moisissent à l'automne ou blanchissent en hiver.
 
Ces flaques sombres, souvent suspectes, sont les miroirs des grandes et petites choses : le matin en me levant j'y vois apparaître ma trogne, la nuit le firmament. La première effraie, le second émerveille. L'une est burinée, l'autre illuminé.
 
Il y a dans ces parcelles d'eau croupissante assez de place pour y loger à la fois tout l'horizon de ma face de rat et tout l'infini stellaire.
 
Là, l'homme et les nues croisent leurs regards, le profane et le divin se touchent. D'autant plus idéalement que l'onde y est bien noire.
 
L'obscurité de ces fluides stagnants accentue les différences, mettant merveilleusement en valeur ce qui ordinairement est caché, révélant ce qu'on ne perçoit pas en plein jour.

Ces bassins dans lesquels se vautrent les batraciens et pataugent les canards sont en réalité des sommets où se rencontrent les immensités.

2552 - Petite bosse

Malgré les graves circonstances, le temps était aux anges. L'enfant avait l'âge des sourires éthérés, des jours aériens, des babillages sans péché.
 
Il baignait encore dans ce ciel qui venait de le déposer dans sa crèche. Pour l'heure, le petit corps tordu brillait tel un diamant au fond de ses langes. La larve humaine dans son état puéril présentait un aspect enchanteur et était plutôt belle à regarder, son infirmité ne se manifestant qu'en germe.
 
Certes on voyait la difformité, cependant les risettes de l'infortuné l'éclipsaient partiellement. L'astre se levait sur le monde : il éblouissait spontanément les regards posés sur lui. Cette prime lumière suffisait à rendre momentanément invisibles ses cratères noirs.
 
Les parents vivaient le meilleur, en attendant le pire.
 
Au fil des mois, cette chose précieuse se ternirait, ses rondeurs et mollesses se changeraient en angles secs, en lignes grotesques, en disgrâces osseuses. Définitivement. La bosse apparaîtrait de plus en plus évidente. La dysharmonie anatomique s'accentuerait, ils le savaient. Le bourgeon se transformerait en ronce, ils s'étaient préparés à cette fatalité. Puisque l'étoile devait bientôt pâlir, autant profiter de son éclat éphémère.
 
Finalement ils se rendirent compte que leur drame prenait progressivement des apparences acceptables. De manière rassurante, l'épreuve semblait tourner à la routine. Le malheur qui s'invite ainsi dans les vies, se logeant entre les murs et s'installant dans les habitudes, devient naturellement supportable, contre toute attente.
 
Les plus cruelles injustices ne sont pas si mal faites que l'on croit... Elles renferment en elles les ténèbres et le flambeau, le gouffre et le sommet, l'amertume et le miel, le poison et son antidote. Le glaive du sort transperce les êtres tout en leur proposant une parade. Il fracasse ses victimes et leur offre une armure tout à la fois. Il provoque la blessure et puis il la panse. On devine qu'un sens est caché dans les profondeurs de la nuit, que des hauteurs couvent dans l'abîme.
 
Pierre grandira. Il sera bossu, meurtri, laid,
 
Accablé par la naissance, il ne sera nullement épargné au cours de son existence. Ou il avancera, ou il reculera. Il décidera lui-même ce qu'il fera de sa différence : soit un naufrage, soit une réussite. Mais peut-être aussi, une insipide aventure. Ou même rien du tout.
 
Son choix le concernera lui seul.
 
Et pauvre de ses tares et misères, riche de ses rares feux, comme chacun de nous sur cette Terre, il devra trouver son chemin.

mercredi 4 mars 2026

2551 - Devenir parents

Pour les parents, le temps était au réalisme. Leurs rêves passés ne tenaient plus la route. Il fallait désormais faire face à la crudité des choses et avancer sous un ciel aux ombres immenses.
 
Paradoxalement, la pesanteur de leurs jours présents et à venir leur donnait des ailes.
 
L'épreuve à affronter s'annonçait terrible, injuste, cruelle. Mais la tourmente se révélait pleine de majesté, chargée d'un sens nouveau : ils savaient qu'ils jouaient dans la cour des grands. Propulsés dans ce théâtre, ils se retrouvaient au pied d'un sommet. Devant eux se dressait un géant à gravir. La cause les dépassait, le vertige qui les gagnait prenait des allures supérieures.
 
Leur drame devenait glorieux.
 
Ces coeurs qui battaient dans leur jeune poitrine semblaient faits pour les bagatelles de l'amour. Mais de toute évidence leur âme de haute nature était forgée pour la guerre. Le fruit débile de leur union avait effacé leurs insignifiances, fortifié leurs bases et fait jaillir leurs flammes latentes.
 
Le rideau de leur vie s'ouvrait avec fracas sur le monde, exposant leur petit Pierre à la vue de tous. Leur aventure commençait. Austère mais noble. Grave mais gratifiante. En traînant ce berceau où palpitait un oisillon aux apparences de malédiction, ils entraient dans des profondeurs augustes.
 
Bien qu'écrasés par le sort, il se sentaient cependant aussi considérables que des montagnes.
 
Avec une rare intelligence ils avaient choisi la meilleure alliée qui soit pour les aider dans ce chemin de croix : la simplicité.
 
Dotés de cet unique glaive, tout pouvait leur arriver.
 
Leur horizon d'albatros les flattait presque. Ils ne voulaient considérer sérieusement que l'essentiel, prêts à envisager héroïquement chaque lever de soleil comme un défi.

Leur premier véritable ébranlement et combat initial, pitoyable, fut de supporter les cris du bébé bossu qui braillait dans son landau.

mardi 3 mars 2026

2550 - Naissance

Il avait été conçu dans un printemps intemporel.
 
Un jour d'avril radieux, au début de cette saison aux promesses d'éternité, dans le trouble des sèves séminales. Un mois floral avec son lot ordinaire de légèretés et d'illusions. Pour venir au monde au cœur de l'hiver. Fatalement. Comme un rêve qui devient une réalité brutale.
 
L'accouplement devait demeurer inoubliable, entre vertige et tragédie, à la manière d'une rose empoisonnée. Après le frisson, les conséquences. Après l'idéal, le concret. Après l'ivresse, la consistance du quotidien. Passant de l'éphémère au durable, la vie pour les amants pouvait vraiment commencer. Dans sa vérité et ses lourdeurs. Le couple avait le regard pur, les pieds sur terre, l'âme ouverte.
 
Le fruit de leur flamme ressemblait à un outrage. Il incarnait la laideur enfantée par la beauté. Une grimace adressée au Soleil.
 
Le bébé était difforme. Tordu. Rompu.
 
Ce sera donc un bossu.
 
La Création parfois a la main lourde et ses cadeaux ont le prix de l'enfer.
 
Bien sûr les parents avaient consulté une multitude de spécialistes en médecine, passé tous les examens hospitaliers imaginables. Mais le corps médical ne laissait aucun espoir : cette naissance serait leur calvaire.
 
Qu'importe ! L'enfant jeté malgré lui dans leurs bras par la décision divine vagissait sous leurs yeux, réclamant sa part d'amour. Plus possible de reculer. Inopérable mais parfaitement viable, la petite carcasse brisée pour toujours méritait cependant la lumière.
 
Au même titre que n'importe quel autre être vivant.
 
Dès son premier souffle et avant toute conclusion définitive, il avait fallu donner un prénom au nouveau-né. Les géniteurs ne réfléchirent pas longtemps pour le bénir. 

Ils voulurent nommer leur malheur, le désigner d'un mot unique, l'identifier tout en l'allégeant.

Acceptant totalement le sort imposé par le ciel, ils baptisèrent fort adéquatement cet innocent privé de grâce, ce précieux fardeau issu de leur union, cette rocaille céleste, cette chose venue de si haut, ce caillou de chair, ce poids tombé sur leur tête.

Ils l'appelèrent Pierre.

lundi 2 mars 2026

2549 - Roi des pissenlits

En authentique vagabond que j'incarne, je ne passe jamais inaperçu dans les champs et les prés que je traverse. Avec mon chapeau de paille pour couronne, mon habit de loup pour manteau de lys et mon bâton de marche pour sceptre, j'ai l'air d'un mage venu des mares. Entouré de pâturages semés de bouses, je trône sur mon royaume champêtre, un pays de rêve plein de paix.
 
Tapissé de pissenlits.
 
Cette plante que l'on ramasse sans rien débourser constitue le trésor du déshérité. Je m'en fais des festins quasi quotidiens. De quoi remplir mon assiette de légèretés pour ma vie entière.
 
Les vaches qui m'observent aussi bien que les hommes qui m'écoutent en sont témoins : je suis un colporteur de fables doublé d'un avaleur de salades.
 
Je ramène mes cueillettes à la mère Garbichon qui les arrange à sa manière en y ajoutant diverses étoiles sucrées et deux ou trois flammes fromagères. Ces repas de peu de choses qui me mettent en appétit me font désirer des marmitées de lapins !
 
Heureusement lorsque je me rends chez ma vieille amie avec ma récolte d'herbe fraîche, je l'accompagne toujours d'une besace alourdie d'un bon gibier de braconnage. J'accepte de jouer à l'ascète herbivore pour cultiver le folklore local et éblouir les notables naïfs du coin, mais si je veux tenir debout toute la journée j'ai quand même besoin d'un minimum de bombance.
 
Il ne faudrait pas non plus me prendre pour un illuminé ! Reconnaissons-le, cette verdure ne tient guère au corps.
 
Je ne suis nullement adepte d'une existence d'idéaliste des bois au discours creux et au ventre vide. Ma spécialité avant tout, c'est le piégeage. A la vérité le ramassage de tiges comestibles, c'est surtout pour agrémenter le civet.
 
Et si quelques grenouilles croisent également mon chemin, elles passent elles aussi à la casserole !

Et finalement, aux antipodes de ces maigres crudités, je suis plutôt le roi incontesté des fricassées.

dimanche 1 mars 2026

2548 - Secrets de chemins

A force d'avaler la poussière des mille chemins du canton, de faire valoir la hauteur de mon chapeau à travers les moindres clochers et de tremper mes bottes dans toutes les boues locales, j'en vois des choses !
 
Je découvre inopinément les aventures inavouables de certaines bigotes prenant rendez-vous avec le loup au fond des bois. J'aperçois par inadvertance de vagues connaissances qui à la faveur de la nuit trafiquent de la gnôle clandestine, de la poudre d'on ne sait pas trop quoi et bien d'autres trésors du terroir aussi lucratifs qu'illicites. Je devine sans le faire exprès des ombres de chasseurs qui vendent sous le manteau de la viande de maints gibiers protégés. Je capte à la volée des échanges officieux entre de foutus porteurs de képi et de futés bandits du dimanche.

Sans parler d'épouses infidèles tantôt à la chair faussement chaste, tantôt à l'âme franchement immodeste. Je ne livrerai pas un seul nom.

J'entends tant de demi-mots aux odeurs de souffre, de paroles plus brûlantes que le feu, de soupirs qui en disent beaucoup sur des coeurs ordinairement si peu éloquents... Sous les arbres se dressant loin des places publiques, au bord des champs selon le sens du vent et même au ras des flots au passage de telle ou telle barque, à la longue aucune de ces fumées cachées ne m'échappe.

Je connais également un curé, je ne préciserai pas lequel, prompt à abriter de la dentelle sous sa soutane. Quant aux maires... Je préfère encore garder pour moi deux ou trois eaux troubles que je déverserai à la dérobée dans le caniveau de leur mairie en temps voulu.

Je file par ce sentier et reviens sur mes pas ici et là, un jour sur cette route, le lendemain ailleurs. J'avance, glisse et vole, furtif comme un chat, un oeil derrière moi, l'air de rien sur les côtés, l'oreille partout, poursuivant droit devant, me rendant invisible quand il le faut.

Je ne confie qu'à la mère Garbichon ces hauts faits de cette campagne confidentielle. En me réchauffant à la flamme de sa cheminée, je lui en raconte de belles ! Ha ! Quelles soirées pimentées je passe en sa compagnie, entre un plat de patates-saucisses et une bolée de cidre, riche de ces nouvelles piquantes ! Ma complice m'écoute religieusement, se délectant de mes histoires, la face éclairée par toutes ces révélations sur ses voisines, amies ou ennemies. 

Et tandis que les bûches crépitent dans l'âtre, je jette un à un mes secrets à la braise.

jeudi 26 février 2026

2547 - Le temps des giboulées

Les joyeuses giboulées prolongent les dernières blancheurs de l'hiver sur les champs.
 
Elles font également étinceler mon manteau de leur éclat éphémère. Avec toutes ces étincelles de givre sur le dos, j'ai l'air d'un croque-mort en fête. Ma silhouette couverte de glace fondue s'allège dans le paysage. Je ressemble bientôt à un loup poudré de cristaux. Et je m'enflamme sous les grains de neige tout en frissonnant de froid.
 
Mon âme éprise des beautés austères de la Création s'éclaire sous la bourrasque qui me fouette la face. J'admire en pur esthète le spectacle de la nature embellie par la mortelle averse.
 
Les grêlons m'effraient et m'enchantent en même temps avec leur fracas électrique et leur morsure féroce. Mon chapeau récolte l'écume de la tourmente et cela me fait une couronne de minuscules diamants. Je me prends pour le roi du mois de mars.
 
Le ciel paraît fragile, il a l'air de se déliter sous le dégel. Les nuages semblent se briser comme du verre. Rien de tout cela me rend triste. Je veux être trempé par la saison, brûlé par la grêle, foudroyé par ces perles tranchantes, réveillé enfin par la clameur de la planète qui en réalité ne fait que tourner le plus normalement qui soit au rythme de la vie.
 
Seuls les sots s'en étonneront.

Et moi, les talons dans la glèbe je poursuis mon chemin, frigorifié jusqu'aux os et heureux après ce déluge d'ombres, de clartés et de feu.

Liste des textes

2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet