jeudi 16 mai 2024

2168 - Les roses

Les roses sur le mur forment une tapisserie de ciel et d'épines, une ramification de rêves et de ronces, un rideau de fleurs et d'amertume.
 
Elles sont le croisement de la beauté et de l'austérité, de la caresse et de la brûlure, du baiser et de la gifle.
 
Les pétales de cette plante de prestige s'allient à merveille avec les crocs dont ses tiges sont également dotées, et si l'on veut humer le parfum de l'Eden, il faut prendre le risque de la morsure du loup. C'est ce qui donne tout son prix à cette futilité.
 
Lorsque je m'approche de ces dangereuses ingénues pour y respirer l'air céleste, soit je suis récompensé par une éphémère ivresse, soit j'y laisse une goutte de mon sang !
 
Le rosier est un firmament d'azur et de feu grimpant sur la pierre. Un jardin de délicatesses accroché au roc. Une nuée d'étoiles mêlées de barbelés.
 
Pour toucher du doigt le visage des anges, l'on doit effleurer les piqûres du diable. Et moi, maladroit, fébrile, empressé, bien souvent je m'élance comme un fou dans ce feu floral !
 
Et là, telle une amante versatile, tantôt le végétal m'embrasse sur les lèvres, tantôt son aiguillon me perce le coeur...
 
A chaque fois j'attends de cette déesse éclose le meilleur ou bien le pire : je reçois alors ou son affection ou son infection.
 
Ou je me pâme de son esthétique et je m'envole, ou elle me pique et mon index enfle.
 
Bref, j'aime les éclats venimeux de ces douloureux ornements qui enchantent et empoisonnent mes heures choisies.
 
Ces trésors entourés de verrues m'inspirent les plus doux élans de l'âme, mais aussi parfois les pires flammes vengeresses.

C'est pour cela que je trouve ces silencieux arbustes beaucoup plus savoureux que les bruyantes et inodores potiches féminines !

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samedi 11 mai 2024

2167 - Perdu en mer

Après la tempête et le fracas des flots contre son embarcation, le plaisancier se retrouve perdu en pleine mer.
 
L'inexpérience, l'insouciance, l'inconscience, puis la panique, l'ont précipité dans le drame.
 
Désormais incapable de contrôler les évènements, il est à la dérive entre l'infini du lointain et le néant qui l'entoure. Il se sait condamné.
 
Sans plus de moteur sur son bateau, le paradis de l'océan lui est devenu un mauvais rêve. Il doit affronter la peur, la soif, la faim, le désespoir. Faire face au pire des cauchemars pour, au final, sombrer dans cette immensité liquide, tombeau impassible où depuis des milliers d'années gisent des naufragés sans nom, sans histoire, sans épitaphe. Il sera un oublié de plus parmi tant d'autres.
 
Cependant, pas encore résigné à son sort funeste, il se bat comme une brindille dérisoire emportée par l'implacable destin. Il n'est plus qu'une fourmi noyée dans un espace incommensurable. Loin de toute civilisation, se sentant minuscule face aux éléments, seul au monde, il ne lui reste plus que la prière.
 
Et justement, à force d'invoquer le Ciel, ce dernier semble lui avoir répondu, enfin. Après des jours et des jours d'épreuves et de survie, il aperçoit une île.
 
La lumière revient en lui, il exulte de joie !
 
Son calvaire va se terminer, il entrevoit le bout de sa route, la fin du voyage, le soulagement de ses souffrances.
 
Ce rivage est un mirage. Ou plutôt, une toute autre réalité avec laquelle il va bientôt entrer en contact.

Mais il ne le sait pas.
 
Lui, il est heureux et vient s'échouer sur le sable blanc avec le ravissement inexprimable de ceux qui se savent sauvés !
 
C'est au moment où il accoste cette terre radieuse qu'il rend l'âme, épuisé.

Cet ultime refuge qui vient de lui apparaître est en fait un nouveau continent qu'on appelle "la mort".

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2166 - Un jeune heureux

A vingt ans il se retrouve avec les mains vides.
 
De sa brève existence, il n'a encore rien engrangé. Et a même échoué dans tous les domaines importants de sa vie qui débute. Une scolarité bancale, non diplômé, sans aucune ambition professionnelle et vivant toujours chez ses parents : il a accumulé les pires handicaps que l'on puisse concevoir ! Dénué de ressources, il n'a devant lui qu'un sombre destin d'assisté social sans envergure. Son cas semble désespéré.
 
C'est un pauvre moineau attardé dans son nid, totalement désarmé pour affronter le sort. Aucun fruit dans son bec pour démarrer un futur prometteur, bien au contraire : c'est un fétu de stérilité et d'incompétence définitivement à l'écart des enjeux de l'emploi. Un oublié des tempêtes du système.
 
Autour de lui ses amis ont mieux réussi : bardés de médailles rutilantes, indépendants financièrement, engagés dans des activités valorisantes, affamés de lauriers et de prospérité, ils foncent vers des horizons radieux comme des loups aux crocs acérés !
 
Ils ont le même âge que notre naufragé croupissant dans son misérable refuge. Eux, riches de leurs connaissances universitaires, de leurs qualifications techniques, de leurs bagages pratiques et intellectuels. Lui, parfaitement démuni en ces cruciaux domaine.
 
Jamais ce jeune homme, pétrifié dans sa funeste inactivité, ne pourra s'offrir le plus basique de ces biens qui stimulent tant ceux de sa génération. Du fond de sa chambre, il n'entrevoit pas la moindre perspective de décoller en ce sens.
 
Eux les vainqueurs, lui le perdant.
 
Reclus dans sa triste piaule d'éternel adolescent, incapable de voler de ses propres ailes, il considère néanmoins sa situation comme la plus enviable qui soit... Et pour rien au monde il n'aimerait changer sa place de déplumé économique contre celle de cette jeunesse dorée.
 
En effet, il a pleinement conscience que, s'il ne jouit certes pas de tous ces avantages matériels, culturels et financiers qui font rêver et courir les gars de son siècle, il a cependant l'essentiel.
 
Ce trésor qui vaut infiniment plus à ses yeux qu'une belle situation, qu'une grosse bagnole, qu'un appartement et que des congés payés, et que n'ont pas les autres, le rend plus heureux que tout !
 
C'est que, voyez-vous, dans les bras d'une blonde, il vient de trouver l'amour.

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vendredi 10 mai 2024

2165 - Le vagabond

On le croit follement épris de liberté, ami du vent, le coeur dans les nuages...
 
En réalité le vagabond  préférerait mieux les chaînes du confort aux chimères de ces piètres rêveurs qui gardent leurs pieds au chaud !
 
On s'imagine que l'égaré des chemins court après un idéal qui dépasse notre quotidien d'embourgeoisés, qu'il poursuit des étoiles qui ressemblent à des flambeaux, détaché de toute pesanteur temporelle, assoiffé de pluies, ivre de voyage vertical...
 
En vérité, la meilleure chose qu'espère le pauvre hère des rues, loin de ces fadaises qu'on lui prête, c'est de se retrouver entre quatre murs, bien au sec, dûment chaussé de pantoufles et délicieusement vautré devant une télévision !
 
On le surnomme "âme bohème"," frère des bêtes" ou "sage des routes et des bois"... Quelle erreur ! En fait, il déteste ses errances de rat, les animaux sont les pires ennemis de sa triste vie de gueux et il est fatigué de ses allées et venues entre le vide de ses jours et le néant de ses nuits.
 
Son existence lamentable n'est qu'un ennui sans fin, une marche sans but, une stagnation sans fruit : il tourne en rond autour de sa solitude, de sa misère, de son chapeau crasseux.
 
La prochaine fois que vous le croiserez, assis sur un banc public ou bien méditant au bord de l'onde, le regard lointain, n'écoutez plus ses sornettes de faux philosophe à barbe blanche ! Il n'adhère certainement pas aux fables qu'il vous raconte ! Cela n'est qu'enfumage.

Tout ce qu'il voudrait, bien caché derrière ses mensonges le faisant passer pour un personnage solaire qu'il n'est définitivement pas, c'est échanger ses vieux croquenots pourris de gros sanglier puant contre votre grand lit douillet et votre belle bagnole rutilante de nanti heureux !

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jeudi 9 mai 2024

2164 - Un ogre

Ce monstre des forêts pue du matin au soir, crache partout, mange comme quatre, bave autant qu'un crapaud, chie dans les roses !
 
Bête comme ses pieds, il est néanmoins chaussé de bottes de peaux de bêtes. Il est stupide mais pas fou et sait très bien qu'un animal de son espèce sera plus crédible avec des semelles de brute plutôt qu'en petits souliers...
 
Son travail consiste en l'abattage d'arbres. Notre homme des bois est donc un bûcheron. Ce qui ne l'empêche nullement d'aller en ville pour s'enivrer à moindre coût dans des bars crapuleux. Et, accessoirement, pour s'enfiler des femelles pour pas un rond. Ce loup de la nuit paye ses saillies douteuses en nature : soit il offre à ces dames du gibier, soit il se propose de retourner leur jardin à coups de pelles. Costaud comme il est, le labeur ne l'effraie guère.
 
Son coeur est une pierre, il déteste les effusions de tendresse. Lui, il cogne au lieu de faire dans la dentelle. Il n'a pas de temps à perdre avec des délicatesses. Ce qui l'intéresse, ce ne sont pas les fleurs mais la viande fraîche, la barbaque, la chair à croquer. Et la gnôle qui va avec.
 
Il est heureux comme ça, ce bestiau !
 
Il vit dans son antre, une grosse cabane quelque part dans les tréfonds forestiers, isolé du reste du monde, aussi solitaire qu'un sanglier.
 
Il schlingue du lever au coucher, piétine les violettes, avale des quartiers de chevreuils, postillonne à la face des fées et se torche le cul avec des feuilles de salade !
 
Mais attention, cet ours préhistorique est particulièrement attentif à vos mots, malgré tout.

Si vous lui faites remarquer qu'il ronfle comme un rossignol, il risque de pleurer comme un enfant.

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mercredi 8 mai 2024

2163 - Brigitte

On vous appelle la "première dame de France".
 
Mais peut-être êtes-vous surtout le dernier drame de notre pays... La reine des riens dans l'arène des apparences.
 
La seule femme de président à nous montrer l'envers de son décor, à nous laisser entrevoir l'ultime secret de son drôle de corps, à nous faire entrer dans l'enfer des paillettes sous les ors du palais présidentiel.
 
Vos allures à l'Elysée ont l'ambiguité des cygnes qui ressemblent aux canards. On ne sait tout à fait qui vous êtes : une épouse avec des ailes ou bien un authentique cerf en gros sabots qui, voulant arborer des yeux de biche, ne serait devenu guère plus qu'une vieille bique ?
 
Avec vous Brigitte, faut-il mettre les points sur les "ils" ou faire semblant de croire en "elle" ?
 
Moi, voyez-vous, je me fie plus à la vérité de vos traits qui en disent long sur ce qui se cache derrière, qu'aux évangiles officiels débitant leurs belles fables à destination des pigeons de tous poils qui veulent bien les entendre.
 
A propos de poils, je trouve vos pattes bien sèches et votre démarche un peu lourde, pour une oiselle qui se voudrait aussi légère que possible, comme si vous aviez du plomb dans les gènes.
 
Des relents d'étrange virilité en vous me font hésiter à m'adresser à votre estimable personne en termes tranchés. Est-il incongru de vous appeler "Monsieur la première dame de France" ou bien "Madame le deuxième Monsieur de France" ?

Et que ce soit l'un ou l'autre, ce sera de toute façon toujours de l'art autant pour vous que pour moi.
 
Bon, moi je veux bien vous nommer encore Brigitte, mais alors il faudra que vous me disiez si je dois signer cette délicatesse que je vous ai écrite du venin de mon dard ou de la caresse de ma plume...

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2162 - Les gens simples

Moi j'aime la compagnie des coeurs simples.
 
Les autres m'ennuient.
 
Les natures tourmentées, les esprits complexes, les têtes débordantes d'idées noires peuvent aller se faire voir !
 
Je ne veux que des gens heureux à mes côtés !
 
Des êtres sains, des hommes sans histoire, des destins paisibles. Je ne supporte que les oiseaux d'honnête augure sous mon toit.
 
Je ne souhaite côtoyer que des humains au visage franc, aux pensées droites, aux regards nets avec qui partager le bonheur d'une existence limpide. Je n'invite à ma table que des mangeurs de pain frais et buveurs d'eau claire !
 
Et, à la rigueur, quelques rats des champs ou vagabonds des chemins en friche, ces quêteurs de miettes aux moeurs rustiques. Je les aime aussi car ils débitent des vérités à ma portée, parlent de grandes et petites choses avec des mots de tous les jours. Ce sont là des visiteurs de choix. Peu difficiles, un bol de soupe et un feu de bois suffisent à les contenter.
 
Je ne laisse entrer que de l'air pur dans mon foyer : la brise légère du printemps, le vent des bonnes nouvelles, la caresse du quotidien et la douceur de vivre.
 
Je n'accepte que l'authentique, l'essentiel, le beau devant ma cheminée.
 
Rien que des adeptes de la joie en face de moi ! Et surtout, sans aucune prétention intellectualisante ! Pas de blabla chez moi mais de vraies salades bien consistantes dans l'assiette !
 
Je mets dehors tous les colporteurs de savantes sornettes et ronflants mensonges, les doctes sots gonflés de vide, les pédants qui cherchent à briller avec leurs rutilantes pesanteurs, les porcs de la stérile cérébralité  qui se goinfrent d'abstractions ! Je laisse à ma porte ces nuisibles qui se nourrissent de cendres de la vie.

Je suis l'ami non des lourdes statues de ce siècle mais des âmes riches dépourvues de vacuité intellectuelle, ces personnes brutes en grosses bottes qui elles, volent vraiment.

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mardi 7 mai 2024

2161 - L'azur de Warloy-Baillon

Un nouveau jour se lève sur ma jeunesse : j'ai quinze ans et suis enraciné à Warloy-Baillon. J'ouvre les yeux sur un monde de bonheur et de lourdeurs, de beauté et d'ennui, de clarté et de grisaille.
 
L'aube est pleine de glace et de lumière, la journée peuplée d'ombres et de visages, le crépuscule chargé de flammes et de souvenirs.
 
Les heures sont cruciales mais trop jeune encore pour en mesurer la portée, je ne m'en rends pas vraiment compte. J'ai l'âge de l'insouciance et le coeur de l'idéaliste. Je me trouve au centre de l'Univers mais n'en ai nullement conscience. Sans le savoir, je vis la genèse d'une éternité.
 
Sous les nuages éblouissants de ce village banal, des ailes prolongent mes bras. Je deviens un oiseau des espaces oniriques et me perds dans les hauteurs de mon être. Tout s'éclaire, tout s'élargit, tout prend une dimension verticale.
 
En pleine nuit je fouille dans les poubelles de la pharmacie d'en face et de quelques-uns des voisins de la rue, et j'y découvre des éclats éphémères, des babioles au prix du rêve, des trésors périssables et d'autres petits riens inoubliables.
 
J'entrevois des étoiles au fond de ces ordures.
 
J'entre dans une profondeur inhabituelle et une ivresse inédite me gagne. Je m'étonne de ce qui m'arrive, là au bord des sacs éventrés débordants de détritus, à trois heures du matin.
 
L'aventure est statique mais fulgurante. C'est l'odyssée de l'esprit qui s'éveille. L'itinéraire brillant de l'âme qui entame son chemin mythique.
 
Les déchets étalés par terre me montrent une réalité cachée, insolite, riche, palpitante. Face à ces immondices colorées et multiformes, je m'émerveille comme un ange. Curieux, enchanté, je me sens léger devant ce tas d'étranges diamants.
 
Cette exploration nocturne des rebuts ménagers du voisinage déclenche en moi la fièvre de l'or.
 
Je me surprends à être heureux.
 
Et je m'envole, là au pied des sacs-poubelles crevés, tandis que les villageois dorment lourdement.
 
Pour moi tout cela est une nouveauté. Le quotidien se transforme en un voyage intérieur. C'est mon tout premier décollage vers un ciel que je ne parviens pas à nommer.

Et tant d'années après cet événement, je ne suis toujours pas redescendu de ce clair sommet.

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dimanche 5 mai 2024

2160 - Cause majeure

Vous qui m'écoutez, vous qui durant deux minutes de votre vie prêtez une oreille à ces paroles que je vous destine, ce que vous allez entendre résonnera longtemps dans vos mémoires.
 
Je vais vous parler non de choses loin de vos natures, non de sujets hors de vos portées, non de concepts en vogue ou faussement proches de vos préoccupations et qui en réalité ne vous concernent nullement, mais plutôt de cette flamme qui ne vous touche pas encore et qui pourtant murmure au fond de vos existences, ici sur Terre.
 
Aux antipodes de vos éclats de toc, de vos positions sociales flatteuses, de vos impératifs superficiels que vous prenez pour des trésors sans prix.
 
Vous avez tous oublié de vivre pour les bonnes raisons. Et la clarté des jours tombe sur vos têtes sans que ne vous rendiez compte que vous êtes endormis. Vos rêves ne dépassent pas la hauteur de vos semelles, vous qui avez des pensées de plomb.
 
Vos chemins sont brillants, croyez-vous. Il vous mènent certes vers des horizons nets, vifs, clairs, immenses...
 
Mais invariablement horizontaux.
 
Et vous prenez cette platitude qui s'étend devant vous pour le ciel.
 
Vous pensez que le meilleur est à venir, alors qu'il est déjà présent, là sous vos yeux, à deux pas de vous-mêmes, au sommet de vos coeurs, à deux doigts de vos pieds, au bout de vos nez, au creux de vos mains.

Vous qui avez sans cesse couru après vos mirages matérialistes, trop pressés d'arriver à vos futilités, vous avez manqué le plus précieux.

Ce feu sacré à côté duquel vous êtes souvent passé, ce bonheur impalpable mais essentiel qui vous a toujours échappé, cette ultime légèreté de l'âme qui donne des ailes aux éléphants et même aux lourdauds bipèdes que vous êtes, cet air pur qui dès maintenant fera de vous des oiseaux et non plus des enclumes pour peu que vous preniez la peine de le respirer, cet astre enfin que vous n'aviez jamais perçu auparavant, sachez que ce n'est qu'un seul mot.

Une lumière que je viens de vous allumer.

Cet azur se nomme tout simplement "POÉSIE".

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jeudi 2 mai 2024

2159 - Je n'ai aucune élégance

Sur le plan vestimentaire, je ne ressemble à rien. Pourtant on me compare souvent à un épouvantail. Ou à un vagabond, ce qui revient un peu au même, paraît-il.
 
Je suis le dernier des péquenauds. Le prince des gueux. Le roi des ploucs.
 
Ne sachant pas m'habiller, je mets n'importe quoi sur ma tête, pose sur mon dos ce qui me tombe sous la main, couvre mes épaules avec des chiffons trouvés sur les chemins ou des misères tombées du ciel.
 
Je ne peux jamais apparaître avec de corrects apparats : soit que j'ai la tête dans les nuages et je marche dans de la bouse de vache, soit que j'ai le coeur dans les roses et je perce mes pantalons aux mauvais endroits !
 
Quoi que je fasse ou ne fasse point, il faut toujours que je mêle de l'ordure à mes chaussures ou que je montre mes fesses ! Et sans le faire exprès encore, c'est ce qui est le plus fort chez moi.
 
Je n'ai nul sens des convenances sociales. J'ignore les règles les plus élémentaires de bienséances, trop absorbé que je suis par mes idées hors-sol, mes rêves  profonds, mes pensées lunaires.
 
Je me vêts tel un chiffonnier et me chausse comme un lourdaud, me présente aux inconnus avec des taches d'encre sur le nez et de la boue séchée sur mes chemises mitées, des éclats de sauce tomate sur mes cols, des fientes d'oiseaux dans mes cheveux.
 
Parfois je sors même carrément en slip dans la rue sans m'en rendre compte.
 
Totalement dénué d'élégance, je n'ai aucun souci de respectabilité apparente. Pas la moindre allure.
 
Je ne parviens décidément pas à ajuster mes haillons aux goûts des autres : quoi que je porte, je déplais aux mondains à peu près autant qu'à mes voisins.
 
Avec mon froc troué et ma défroque de charlot, personne n’ose m’approcher. Je ne fais ni bonne impression auprès de ceux qui aiment se faire bien voir, ni assez sérieux aux yeux des gens qui s’étonnent en me regardant passer. Pas un parmi eux ne m’accorde du crédit.

De tout cela je m'en moque finalement puisque, loin des villes et de leurs vacuités, dans mes légèretés d'éveillé comme dans mes bottes de bouseux, je suis un authentique rat des champs.

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lundi 29 avril 2024

2158 - La rivière

En ce jour de novembre la rivière me plonge dans des abysses de pensées creuses où se noie mon ennui dominical.
 
Elle coule à mes pieds et je la fixe bêtement, le coeur vide, l'âme assoiffée non de pluie mais d'azur.
 
Je déteste cette onde qui ne m'emmène nulle part. Tout en reflétant, comme pour mieux me narguer, ce ciel que je désire tant.
 
Il paraît que le sage trouve la paix au fond de cette chose aussi limpide que muette. Moi je n'y vois que du bleu ! Rien que du feu... Nul réconfort, tout au contraire, je ne perçois que de la mortelle léthargie dans cette eau trop plate à mon goût !
 
Il me faut non de la flotte mais des bulles, non du liquide mais de l'air, non de l'aqueux mais des ailes. Je veux non du lourd mais de l'or !
 
Le courant de ce lit bien fade m'entraîne vers un sommeil banal, alors que les nuages m'emportent dans des rêves ultimes.
 
J'aimerais pouvoir m'extraire de ce pesant présent afin de m'élever jusqu'au Soleil, mais il est trop tard : je m'endors bientôt, hypnotisé par le flux monotone des flots de l'automne. Et dans ma narcose de grisaille, je ne songe plus à la lumière mais au tombeau.
 
Lorsque je me réveille, la Lune éclaire le monde et dans ce miroir fluide qui s'étend devant moi, je vois brûler sa triste flamme.

Oubliant mes idées noires, je ne pense plus à la mort mais à l'amour.

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dimanche 28 avril 2024

2157 - Il n'est pas raciste

Ce louable citoyen de la France moderne aux idées scrupuleusement calibrées sur l'air du temps n'est pas raciste du tout.
 
Le voici propret, digne, exemplaire, tel un bel oiseau au vol autorisé qui emprunte les rails horizontaux des références officielles...

Il a l'allure appropriée des belles âmes éclairées : lisses mais bienveillantes, plates mais si humanistes, creuses mais tellement fraternelles... Ce qui lui permet d'arborer l'air tranquille et souverain de ceux qui se savent dans le camp adéquat.

Il incarne superbement l'être bien conformé repus des bons sentiments en vogue, l'homme de son siècle adhérant sans rechigner aux toutes dernières valeurs inculquées !
 
Il aime tout le monde, indistinctement. Surtout ceux qui le méritent le plus à ses yeux : les indésirables. Il leur trouve même des vertus à ces nouveaux arrivants, nécessairement supérieures à celles des honnêtes gens installés depuis mille ans...
 
Il estime que les étrangers méritent tout sans condition et que les français aux souches profondes ont bien tort de s'attacher ainsi à leurs racines et de vouloir défendre un passé révolu... Selon ses critères d'infini générosité, un migrant sans papier, sans diplôme, sans argent, mais plein d'espoir à revendre (et accessoirement, de shit), a toute sa place dans notre société pour y être choyé, honoré, glorifié.
 
Et prioritairement, pour y être assisté aux frais de ces sales égoïstes haineux qui la peuplent depuis bien trop longtemps !

Nullement ségrégationniste, il est si épris de justice universelle qu'il veut accueillir sans restriction tout ce qui tombe du ciel sur notre sol national. Et tant pis - ou plutôt tant mieux ! - si les chutes régulières de cette manne africaine aux richesses inouïes cassent nos têtes blondes !
 
L'important pour ce bienfaiteur de l'Humanité, ce n'est pas de préserver la pureté de nos sillons trop clairs, trop ethnocentrés, et donc suspects à son goût, mais de métisser jusqu'au dernier de nos gaulois pour bien prouver notre progressisme.

Il s'oppose avec noblesse à la discrimination raciale. L'antiracisme chez lui est une seconde peau. A tel point qu'il déteste ouvertement les Blancs, c'est-à-dire ceux de sa race.

Et vénère comme un exalté les populations lointaines dont les cultures, les terres, l'Histoire, les moeurs, selon lui, valent bien mieux que celles de son pays natal.

Son ouverture d'esprit est totale.

Il est si peu borné, étriqué, replié sur lui-même, si débordant d'amour pour la planète entière, que dans ses veines coule le sang des autres, assure-t-il.

Mais certainement pas, quelle honte pour lui, celui de ses ancêtres !

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dimanche 21 avril 2024

2156 - Elle me fait peur

Certes, elle est blonde, mince, belle... Mais elle a le sourire noir, le regard sombre, l'âme lourde.
 
Cet astre radieux me fait peur.
 
Ses dents sont faites pour mordre, ses lèvres pour médire, ses ongles pour faire saigner. Ses paroles, aussi aigües que des lames, valent des meurtrissures. Ses sentiments, plus féroces que ceux d'une louve, n'ont rien de beau.
 
Il n'y a que de l'égoïsme, de la méchanceté, de la cruauté gratuite dans ses ricanements. Elle fait souffrir les faibles, ridiculise les petits, piétine les infirmes. Ses pensées affreuses répandent la  tristesse. Ses espoirs de sorcière étincelante se nourrissent des larmes qu'elle fait naître chez les crapauds. Cette fée nuisible s'enrichit des blessures qu'elle occasionne, se réjouissant du mal qu'elle sème.
 
Et son corps, pour se maintenir en vie, aussi flatteur soit-il, se gave des ordures du monde.
 
C'est une éclatante et parfaite statue, vue de l'extérieur. Avec des formes magnifiques, des lignes idéales, un charme puissant. Mais pleine de désirs horribles.
 
Cette créature dorée rêve de choses laides.
 
Cette femme est une araignée. Un cafard. Un furoncle.
 
Désirable mais mortelle.
 
Elle incarne tout ce qui brille et effraie !
 
Cette vipère couverte de vernis crache son venin dans les coeurs. Je l'observe, fasciné et pétrifié. Je me garde bien de toucher à cette bombe sordide maquillée en petite chatte... Je crains trop de me brûler à cette flamme. 

Les yeux de cette poupée toxique se plaisent à se poser sur le malheur. Elle se repaît des pleurs, se moque des cris, se divertit de la douleur.
 
Insensible aux maux des autres, elle ne pense qu'à son bonheur de diablesse.
 
Bref, de cette admirable potiche émanent les putridités d'un être mauvais, abject, maudit.
 
Pourrie de l'intérieur, séduisante en surface, cette fleur empoisonnée me fait trembler, vomir, cauchemarder.
 
J'ai une furieuse envie de l'écraser, de la détruire, de l'oublier !

Et pourtant, Dieu seul sait par quel mystère, je l'aime.

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mardi 16 avril 2024

2155 - L'horloge

Je connais le secret des horloges.
 
Ce sont les gardiennes de nos jours mortels, de nos pensées arrêtées, de nos rêves figés : pendant que cheminent leurs aiguilles fatidiques, nous les fixons en regrettant nos vies monotones, en ressassant nos rendez-vous ratés, en méditant sur la pluie qui tombe ou sur les dimanches d'ennui qui s'étirent, interminables.
 
Nous avons tous sous nos toits des cadrans qui nous observent de leur face impassible, et que nous croyons sans âme. Quelle erreur !
 
En réalité, ces confuses présences respirent à chaque instant, à notre insu, sous leur carcasse de métal et leur visage de mystère.
 
Je viens de percevoir cette insoupçonnable étincelle à travers leurs palpitations mécaniques.
 
Leurs savants engrenages en disent long sur ce qu'elles nous cachent.
 
Je sais désormais que la pendule accrochée au mur de ma chambre est vivante, que son coeur bat du matin au soir, et que la nuit elle veille encore, tandis que je dors.
 
Sa trotteuse infatigable marche à pas saccadés comme un insecte de fer.
 
Petit à petit, elle compte les minutes de mon destin sans jamais se lasser. Et dans sa course raisonnée, n'en perd pas une seule. Réglée avec minutie selon l'autorité cosmique, soixante fois de suite à chaque plombe qui passe, humblement mais sûrement elle recommence sa route. Tout en en retranchant à mon existence, proportionnellement à sa progression.
 
Bref, le temps tourne en rond dans sa tête.
 
Et dévore tout.
 
Elle engrange inexorablement les heures, restitue en permanence le vide d'un passé qui s'évanouit au rythme de ses tic-tac et creuse un gouffre de néant tout en se dirigeant vers un horizon débordant d'avenir

Futur qui sera, lui aussi, condamné à mort. D'un coup sec. D'une seule saccade, seconde après seconde. Sans retour en arrière possible. Telle est la loi de ses rotations.

Perdue dans ses immuables calculs chronologiques, elle patiente au-dessus de mon lit, l'air de rien. En vérité, elle regarde s'écouler l'éternité. 

Et me tue à petit feu.

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dimanche 14 avril 2024

2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean

Dans la boulangerie de Mont-Saint-Jean, commune des Alpes Mancelles si proche des nuages, j'ai découvert des chaussons aux pommes célestes. Confectionnés avec de la farine issue de sillons gorgés d'azur et des fruits provenant de vergers divins.
 
Cuits à point dans un four à bois, ces merveilles croustillantes nourrissent mes jours de leur saveur rustique et enchantent mon âme de leur nature simple.
 
Ces humbles oeuvres pâtissières suffisent à mon bonheur dépouillé. Je fais un festin de cette manne paysanne. Quelques gerbes de bon blé mêlé de beurre et de vague compote, et me voilà heureux comme un rat repus !
 
En dévorant ces trésors du terroir, je n'avale rien de superflu mais croque dans le meilleur, m'alimente des hauteurs terrestres, me rassasie de lumière caramélisée, m'enivre d'arômes dorés.

Alors, plein de miettes au bord des lèvres et de clartés dans la tête, je m'en retourne vers mon foyer retrouver la chaleur de l'âtre, rêvant déjà de poursuivre ma soirée en contemplant la lueur lunaire, méditant à n'en plus finir sur le beau mystère de la Création qui permet de faire sortir ces miracles savoureux du feu du boulanger à partir de quelques épis et pépins...

samedi 13 avril 2024

2153 - L'écologiste, ce primitif

En voulant préserver son environnement, le fou d'écologie refuse de raser la forêt superflue. Résultat : la friche envahit son espace vital, la vermine prolifère au détriment de ses intérêts, les nuisibles prospèrent dans les sillons de sa bêtise.
 
Pendant que le loup capitaliste épris de vrai humanisme, celui qui concerne sa personne et non une idéologie abstraite, bien plus avisé et pragmatique, coupe judicieusement et sans état d'âme la végétation en excès. Afin de faire place nette sur la terre qu'il domine et remodèle à sa guise et selon ses besoins.
 
L'adepte de la vie crue est un va-nu-pieds qui s'appauvrit pour faire triompher ses chimères d'écologiste déconnecté du réel.
 
Le carnassier opportuniste, quant à lui, s'enrichit en transformant la boue de la Création en or, tout préoccupé qu'il est de son sort personnel, de son confort, de sa jouissance.
 
Le bouffeur de verdure croit qu'il est né pour servir Gaïa, pour se faire l'esclave des éléments, pour se laisser ensevelir par les arbres.
 
Au contraire l'apôtre de la civilisation sait qu'il a été créé pour être le roi du monde, pour déraciner le chêne et faire un trône de sa souche, pour transformer les coins les plus sauvages en jardins paisibles bien carrés, pour remplacer les épines par des fleurs aux parfums délicats et des fruits aux saveurs nouvelles.
 
L'amoureux des herbes folles culpabilise de vivre. Il ne veut laisser aucune empreinte de son passage sur le globe, ne se reconnaissant nul droit de faire de l'ombre à la moindre brindille.
 
Le dévoreur de Soleil, lui, souhaite semer des pyramides à sa gloire jusqu'au fond des déserts afin que même les galaxies se souviennent de son nom. Il est sur la planète non pour subir la loi féroce et stupide de la faune et de la flore mais pour imprimer son génie depuis le sol d'où il déploie ses ailes, jusqu'au ciel s'il le peut. Il considère que ses oeuvres humaines, originales, valent mieux que les banales répétitions de la nature.

Le premier n'est qu'une larve sans avenir qui par adhésion aux idées en vogue se voue au néant. Le  second est un papillon rayonnant qui par amour de son essence divine brise les illusions de son siècle pour accéder à l'éternité.

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vendredi 12 avril 2024

2152 - Madame Junon

Je connaissais Madame Junon de nom.
 
Je savais, par les rumeurs, que cette superbe célibataire arborait des appas fracassants, ce qui, irrémédiablement, attirait à elle maints prétendants plus ou moins honnêtement inspirés, mais surtout assez maladroits puisque pas un n'avait pu accéder à ses trésors convoités.
 
Le jour où elle me reçut dans son salon, je fus immédiatement ébloui par sa gorge solaire. Cette créature méritait, de toute évidence, des feux de qualité. Aussi, du haut de ma noble sensibilité d'aristocrate, trouvai-je judicieux de lui destiner mes ardeurs naissantes.
 
La sachant lassée des assauts répétés, frontaux et sans surprise de la gent masculine, trop habituée à recevoir d'incessants et pesants hommages à l'endroit de ses deux opulences, je me fis un devoir d'agir en contournant les grossiers écueils attendus.
 
Ne redoutant point d’employer les grands moyens à ma portée afin de la séduire en finesse, je lui proposai de m'accompagner nocturnement pour doctement étudier les beautés cosmiques du radieux ciel d'août.
 
Naturellement ouverte aux sciences naturelles, curieuse des mystères de l'astronomie, elle accepta mon enseignement, enchantée par la perspective de cette sortie sous les étoiles.
 
La nuit suivante nous nous retrouvâmes sous la voûte céleste. Là, je lui désignai solennellement la Voie Lactée. Extasiée face à ces merveilles stellaires, elle ne voyait plus les lourdeurs terrestres. Emportée par les ailes de la découverte, oubliant les pudeurs de la civilisation, elle jubilait, se perdait dans le firmament, le regard égaré dans l'infini du Cosmos...
 
A peine se rendit-elle compte que je venais de l'enlacer. Les heures qui suivirent furent pour moi un vertigineux voyage dans les profondeurs de son corsage.

Au petit matin, je me réveillai avec, en guise d'abstraites constellations dans la tête, près de mon oreiller deux astres lactescents bien consistants.

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vendredi 5 avril 2024

2151 - Chemins de pluie à Clinchamp

Le crachin à Clinchamp ressemble à des crachats de ciel dans les champs, avec plein de mornes éclats dans les chemins.
 
Ce sont alors, en ces terres tristes, des jours ternes qui brillent comme des lanternes dans la brume.
 
Rien ne brûle ni ne s'éclaire dans ce monde où règnent et l'onde et l'ombre.
 
Et moi, ivre de mélancolie, je respire avec délices l'air sombre de ces journées sans Soleil, sans vie, sans fleurs. Je marche entre les fossés et m'enfonce vers de vastes impasses champêtres... Je sais qu'au bout de la route, je serai emporté par l'océan de l'ennui. Bercé par le vent ou par le rêve. Enchanté de cet envol vers la folle atonie. Heureux de mes ailes démesurées.
 
En partance pour l'azur, par la seule force de ma plume, loin des horizontalités du sol.

Oui, la pluie fine qui voile cet univers d'une magistrale grisaille me fait l'effet de l'éther : au contact de la molle intempérie, perdu dans mes pensées supérieures, je m'évade dans les hauteurs célestes, là où les nues palpitent sous des formes nouvelles et rendent belles les heures lourdes d'en bas.

Je vogue ainsi dans les sphères vertigineuses d'une autre réalité, tel un oiseau à l'élan majeur quittant soudainement l'attraction terrestre pour atteindre les nuages. 

Au lieu de m'alourdir l'âme, bien au contraire la bruine l'allège, l'éclaircit, la rend joyeuse, comme si c'était finalement de la lumière.

L'eau fine qui plonge dans un silence de mort ce clocher enterré de la Haute-Marne est ma  plus pure source de joie.

Ces flots lents et monotones de brumaille et de platitudes tombant sur les toits muets, les espaces ordinaires et les têtes vides de ces lieux chantent en moi comme des violons lumineux.

C'est dans ces moment précis que je communie avec les hôtes les plus précieux et les plus élégants de Clinchamp qui restent à portée de ma vue : les vaches.

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samedi 23 mars 2024

2150 - Voyage vers Mars

Projetons-nous dans un futur prometteur, difficilement imaginable en termes de progrès scientifiques mais finalement pas si lointain que cela dans le temps. Disons en l'an 21...
 
En cet âge avancé de l'Humanité, les techniciens de la Terre ont enfin acquis la maîtrise des dieux. Ils sont devenus des magiciens : à force d'efforts et de patience, de sacrifices et de perspicacité, leurs oeuvres savantes ont atteint de nouveaux sommets.
 
Désormais l'homme est capable de prodiges. Sa technologie éprouvée lui permet d'envisager presque tous les rêves, bien des folies, maintes aventures audacieuses... Et, en plus, de faire briller sur le monde quelques étincelles d'espoir.
 
Bref, je suis l'unique bipède à voyager vers Mars. Une expédition en solitaire, pour des raisons spécifiquement techniques et logistiques inhérentes à l'ingénierie de ce siècle lumineux où je suis né.

Emprisonné dans mon habitacle pour un long mois, je file vers l'inconnu, emportant avec moi l'enthousiasme de tous les habitants de la planète.

Me voilà lancé dans le vide sidéral, plongé à une vitesse vertigineuse dans ce fameux trou sans fin, sans forme, sans lumière qui émerveille et effraie à la fois et que l'on appelle l'espace.

L'espace : le rêve ultime des uns, le cauchemar absolu des autres.

Sillonnant le vide immense qui sépare les deux globes frères du système solaire, seul avec moi-même, je médite sur le mystère de toute chose. 

Bousculé par l'océan de ténèbres qui m'entoure, je m’éveille à des causes jusqu'alors insoupçonnées, songe à des mystères qui avant cela m'avaient simplement effleurés, prête attention  à des sujets plus essentiels que ceux qui me préoccupaient d'habitude.

Captif de ma bulle d'acier voguant dans le néant, embarqué dans une extraordinaire odyssée,  emporté vers un horizon mythique, rare humain à tenter d'accoster un rivage fabuleux, je prends conscience de mon extrême isolement, de ma chute vers l'infini, de mon destin hors norme.

Après avoir quitté la terrestre attraction, me trouvant si éloigné de mon asile natal, livré aux profondeurs de mes pensées, déraciné de tout ce qui faisait mon univers, je ne suis plus le même, j'ai changé. 

Ce n'est plus un terrien qui va marcher sur le sol martien. Mais une particule divine qui va s'étendre en mon âme, un feu sacré qui va cheminer en moi, une flamme spirituelle qui va se communiquer aux autres êtres.

L'important n'est pas mon pied qui laissera bientôt son empreinte éphémère sur la poussière de ce royaume encore inviolé que je suis sur le point d'aborder, non. Le plus glorieux n'est pas l'exploit mais la contemplation. 

C'est d'être parvenu au bout de la route intérieure.

Ca y est, j'ai atterri. Mon engin s'est posé. Je sors du vaisseau. Le paysage, magnifique, effrayant, aussi mortel que fascinant, m'illumine.

Face à ce spectacle de pierres à perte de vue, à ce théâtre de vaste désolation, sinistre, grandiose, si triste et si beau, pour la première fois de ma vie, tandis que je me retrouve si loin de Gaïa, je me mets à prier.

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mardi 19 mars 2024

2149 - Galaxies

Elles dorment, étendues dans l'infini, telles des géantes de feu aux rêves éblouissants.
 
Bercées par les flots lents des temps immémoriaux, plongées dans les abysses du silence cosmique, elles étreignent l'éternité de leurs bras paresseux.

Indifférentes à nos minuscules échelles de fourmis qu'elles ignorent, à l'usure de nos pierres qu'elles surpassent d'un clignement d'étoile, à nos civilisations trop brèves qu'elles survolent d'un coup d'aile, elles côtoient l'illimité, ne visent que  l'inconcevable, n'attendent que ce qui n'a point de fin.

Dans toute la Création, rien n'est plus vaste que leurs chevelures de déesses. Même les moindres de leurs replis demeurent incommensurables.
 
Chacune d'elles incarne l'océan des océans qui déborde de l'Univers.
 
Les siècles à leurs yeux sont des secondes. Les millénaires peuplés de flammes et chargés de matières en mouvement leur paraissent aussi furtifs et insignifiants que le sont pour nous les vols de moucherons. Et les millions d'années qui passent et repassent, interminables, sans cesse recommencées, ont la légèreté des papillons. Pour peser l'équivalent de l'ombre d'une plume à côté de ces monstres, il faut avoir une pensée de montagne. A leurs pieds, nous ne sommes que des particules. Des atomes de fumée.
 
Chez elles, tout se compte en vertiges et mystères : c'est la mesure des dieux, non des hommes.
 
Et ici mes mots ne parviennent plus à être assez grands pour décrire ce qui dépasse nos vues étriquées de mortels. Nous vivons cent ans, elles brillent plus longtemps que le souvenir de la poussière de nos os.
 
Seules nos âmes sont plus durables. Mais tout le reste, elles l'écrasent et l'ensevelissent.

Les galaxies, aussi démesurées soient-elles, ne sont pourtant que des grains de sable éparpillés dans l'immensité céleste.

Chacune de ces insondables, gigantesques, incalculables nébuleuses ne constitue qu'un des atomes composant le fragment d'un simple cheveu de Dieu.

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samedi 16 mars 2024

2148 - Je suis de la droite honteuse

Moi je ne fais pas dans la finesse : mes idées politiques sont très arrêtées.
 
Et même primaires, archaïques, dépassés, périmées, rétrogrades, selon mes adversaires.
 
J'assume le fait d'appartenir à l'espèce la plus haïe de ce siècle.
 
Je ne renie rien de ce que je suis, de ce que je crois, de ce que je pense, de ce que je ressens. Et surtout pas mes outrances idéologiques, mes préférences aristocratiques, mes pensées d'un autre âge, mes émotions élitistes.
 
Je fais honte aux droitards de tous bords. Et cela ne me regarde pas s'ils rougissent de me voir si peu soumis à leurs codes d'eunuques. Si ces caniches estiment que je dessers leur cause par mes propos francs, c'est leur problème. Pas le mien. Moi je mords sans fioritures, pendant que ces trouillards bien trop civilisés se contentent de mesurer prudemment leur langage.
 
Ces proprets en cols amidonnés parfumés à la lavande, véritables poltrons du verbe n'osant pas employer les termes justes et vrais, authentiques castrés en cravates soucieux de donner d'eux une image lisse, ont fait le choix de la langue aseptisée, des attitudes de chiots et des batailles de salon en dentelles. C'est leur affaire, pas la mienne.
 
Moi j'ai des crocs, du panache, plein de flamme, de la hauteur et des valeurs.
 
Chacun est libre de m'admirer ou de me prendre pour un fou. Je ne force personne à accepter d'admettre les évidences les plus âpres.
 
Je déplais aux coeurs édulcorés, horrifie les natures frileuses, choque les sensibles, contrarie les hypocrites, tous incapables d'admettre les terribles vérités que j'ose défendre sous leurs yeux.
 
Chacun a le droit de me qualifier comme il veut : raciste, fasciste, homophobe, transphobe, grossophobe, sexiste, xénophobe, brutal, égoïste, négationniste, complotiste, affreux jojo, anti-égalitariste, antiféministe, dur, insensible et définitivement infréquentable...
 
Et peu importe que je me trompe, que je sois de bonne ou mauvaise foi, que je nage à contre-courant de la société, de l'époque, de mes voisins de palier : moi au moins je l'ouvre grand et rugis tel un lion, fracassant et lumineux, plein de crinière et de force, d'âme et de feu !
 
A la différence de ces larves peureuses et policées qui surveillent leurs mots en tremblant et qui préfèrent lâchement se taire, amoindrir leur discours, ne pas faire de vague, se cacher dans leur trou à rat...
 
J'ai de la poigne, de l'envergure, de l'éclat, pendant qu'eux sont mous, soumis, passifs. Même dans leurs positions d'attaque, ils ont perdu toute virilité !
 
Bref, je suis de la droite radicale, extrême, ultime, pour la totale liberté de pensée, d'expression, pour le droit d'être ce que l'on est, d'aimer ou de haïr ce que l'on veut, qui l'on veut.
 
Un honnête homme normal, en somme.

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vendredi 15 mars 2024

2147 - Les écrivains sont des poids morts

Les hommes de plume sont les pires oiseaux de la société.
 
Pas drôles du tout, ils prennent très au sérieux leurs légèretés.
 
Leurs ailes inutiles ne les font monter que dans les platitudes du néant.
 
Gonflés de la vacuité des inactifs de haute volée, ces parasites guindés se croient indispensables à l'Humanité. Alors que ce sont les rois du vent, de doctes nullités, des illusionnistes du vide, d'habiles et fructueux verbeux !
 
De leurs dix doigts ils ne savent faire que des mots !
 
Ils ne servent qu'à tuer mollement les heures. Avec eux les lecteurs perdent leur temps, sont distraits de leurs occupations, oublient de vivre.
 
Pour se rendre intéressants ils cherchent à capter l'attention des sots, leur inventent des histoires pour les empêcher de dormir, imaginent des livres pour les tenir en haleine, leur écrivent des rêves éveillés pour mieux les endormir...
 
Bref, ils ne produisent que de la fumée, du bavardage sur papier, des phrases à n'en plus finir, rien que des oeuvres creuses, des lignes tortueuses, étalées en long, en large et en travers jusqu’à en remplir d’épais volumes...
 
Ils se prennent pour des êtres supérieurs. Imbus de leur don de donner la parole aux chimères, de rendre visibles les courants d'air, de faire parler les murs, ils s'en donnent à coeur joie pour faire sonner leurs cloches dans la tête des gens !
 
Ils les assomment avec leurs pavés.
 
Avec fierté ils remplissent des bibliothèques entières de leurs logorrhées scripturales : l’ennui est leur gloire et la poussière leur lustre.
 
En vérité les écrivains sont des êtres superficiels qui de la première à la dernière page de leurs bouquins ne font que baratiner, palabrer, blablater... Ils sont tellement effrayés par la feuille blanche qu’ils en ont des idées noires et préfèrent encore pondre des sornettes plutôt que de se taire. Et ils s'égarent sans cesse dans leurs pensées folles, incapables qu’ils sont de faire preuve d’un minimum d'esprit.
 
En effet, eux ne fabriquent que des mirages avec leur encre : rien que des lettres exposées à tous les regards et qui seront finalement oubliées.
 
C’est-à-dire, jetées par les fenêtres.

Moi je dis que les rats laborieux qui génèrent de concrètes enclumes sont préférables à cette oiseuse engeance plumée !

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mercredi 13 mars 2024

2146 - L'héritage de Clinchamp

A Clinchamp j'ai maintes fois perçu des aubes porteuses d'ombres n'ayant d'autre espoir que d'aboutir au naufrage de soirs sans gloire, vu des aurores moroses se conclure par d'accablants crépuscules, ouvert les yeux sur des matins aussi sombres que des jours de deuil, été éclairé par des levers de Soleil n'aboutissant qu'à l'ennui de journées dénuées d'éclat, emprunté des chemins sans surprise menant à des déceptions attendues, gravi des monts insignifiants débouchant sur des platitudes, voyagé vers de mornes impasses pour échouer dans des heures parfaitement statiques.
 
Mais aussi, et cela n'en est que plus remarquable, été emporté dans les cieux par des ailes blanches, ultimes, éthérées. D'autant plus haut que le sol fut bas, lourd, noir.
 
Bien qu'entouré de bouses et de lourdeurs, de sabots et d'épaisseurs, je suis monté jusqu'au sublime, porté par l'esprit véritable des lieux, faisant abstraction des communes apparences, débarrassé des brumes de l'intelligence strictement horizontale et des voiles de la pensée purement pragmatique.
 
En effet, dans ce banal clocher de la Haute-Marne règne, en réalité, toute la beauté du monde. La sobriété du paysage reflète l'essentiel de la Création : c'est à travers la modestie des choses, l'aspérité du visible, l'humilité des moyens que se manifeste le miracle du quotidien sans cesse renouvelé.
 
Un horizon fade, une terre obscure, un ciel opaque, des hommes aux fronts ternes et quelques vaches beuglantes, une ambiance de marbre, des dimanches comme des tombes, rien de plus motivant pour aller de l'avant ! Voilà bien une incitation à progresser vers des espaces lumineux.
 
C'est même la porte ouverte à l'évasion. Une aventure pour l'âme, une expédition vers un ailleurs subtil, un bonheur d'accès facile, la découverte de nouvelles clartés, la merveilleuse expérience de la légèreté intérieure, la vraie liberté des êtres détachés de l'écorce du réel.
 
Et à travers le prisme de mon regard d'esthète je vois les béotiens du village semblables aux astres qui brillent dans une verdure sidérale, leurs bétails de cornus tels des pégases voltigeant dans un azur mythologique, les mares aux canards pareilles à des flaques de pureté où se mire le firmament.
 
Bref, face au poids de l'ordinaire, en guise de fuite vers la ville illusoire, les mirages et vulgarités de ce siècle ou les pesanteurs matérielles, il y a la course concrète vers le beau !

Le véritable trésor que j'ai trouvé à Clinchamp s'appelle LE RÊVE.

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lundi 11 mars 2024

2145 - Clinchamp, une histoire sans fin

En ces terres mystérieuses de Clinchamp où depuis mille ans tant de secrets ont été aperçus, entendus, imaginés, et d'autres jalousement préservés de la curiosité du monde, que restera-t-il une fois ce présent chapitre refermé ?
 
Quelles autres graines pourraient donc germer, que ces mots semés aujourd'hui dans ces pages consacrées à un si humble village ? Ces semences oniriques iront-elles d'ailleurs réellement refleurir, aussi modestement que ce soit, dans ces lointains lendemains que l'on devine sans plus de gloire qu'hier ?
 
Dans ce clocher où tout demeure profondément enfoui dans les ténèbres des jours plats, enraciné dans la simplicité la plus brute, il serait vain et naïf d’espérer voir apparaître des vagues plus hautes que sa girouette rouillée.
 
En ces espaces anonymes et bornés de la Haute-Marne qui ont été survolés par une multitude d'oiseaux ordinaires ou étranges, visités par quelques rares esthètes, hantés par des légendes plus ou moins tangibles et même peut-être ébranlés par on ne saura combien d'autres rêves sages ou fous, que retiendra le futur engagé sur de bien plus vastes chemins que les sentiers étroits de cette minuscule contrée ?
 
Ne nous leurrons pas : l'oeuvre des siècles peu à peu effritera même les montagnes et tout retournera au silence des tombes. Hommes et pierres seront à égalité dans l'ensevelissement général.
 
Après les fracas du vent et le passage du temps, il ne règnera que l'ombre des choses.
 
Bref, ces histoires seront rendues à la poussière comme tout ce qui existe sur la planète.
 
A moins que, ici et là, par banal hasard ou par pur amour, les âmes de quelques lecteurs ayant le goût de l'aventure, le pressentiment de l'éternité, la certitude de la survivance de la poésie, n'emmènent avec elles les flammes que ma plume a allumées, pour les rendre immortelles, inextinguibles, brûlantes, longtemps après leur mort physique.

Afin que le mythe de Clinchamp ne connaisse jamais de fin, je leur demande d'emporter avec eux, jusqu'au paradis, mais rien qu'au paradis, le souvenir de cette providentielle lecture.

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Liste des textes

2610 - Pierre "présente" l'apparition à ses parents
2609 - Elle parlait à un épouvantail
2608 - Bête et bossu ?
2607 - Campagne triste
2606 - Une chance sur mille
2605 - S’écraser ou s’envoler
2604 - Retour sur Terre
2603 - Loin
2602 - Le choc de la chute
2601 - L’amour loin du sol
2600 - Fantômes d’azur
2599 - Les rêves de Pierre
2598 - La hauteur du ciel
2597 - Le stage
2596 - Libération
2595 - La chair et l’esprit
2594 - Beauté de bossu
2593 - Dos de gnome et tête de rat
2592 - Un rêve d’amour
2591 - La femme de ménage
2590 - L’ascension de la bosse
2589 - Marcher pour s’envoler
2588 - Le trou pour gagner le ciel
2587 - Le prix du vrai
2586 - La punition
2585 - Au sommet du trou
2584 - Asile de bossu
2583 - Retraite éducative
2582 - Fuir la honte
2581 - La raclée
2580 - Bulle de verre
2579 - Deux étincelles
2578 - Etreinte
2577 - Des flammes et des ombres
2576 - La bosse au centre du débat
2575 - Choc des contraires
2574 - L’union de la discorde
2573 - La tare et la star
2572 - Première conquête
2571 - L’éclat de sa bêtise
2570 - Dur réveil
2569 - Première épreuve
2568 - Juvénile bêtise
2567 - Entrée fracassante ans l’adolescence
2566 - Le bout de ma route
2565 - Quelques oiseaux sur une branche
2564 - Pluie de joie
2563 - Polir Pierre
2562 - Redresser la barre
2561 - Mauvais garnement
2560 - Au premier rang
2559 - Cachez cette bosse !
2558 - Rigide hypocrisie
2557 - La montagne de Pierre
2556 - Mes feux de joie
2555 - Les regards
2554 - Première école
2553 - Les mares
2552 - Petite bosse
2551 - Devenir parents
2550 - Naissance
2549 - Roi des pissenlits
2548 - Secrets de chemins
2547 - Le temps des giboulées
2546 - Quand je traîne...
2545 - Les poires
2544 - Les clochers
2543 - La vieille cabane
2542 - Les granges
2541 - Les villageois
2540 - Mes bottes
2539 - Rencontres dans mes nuages
2538 - Vagabond au printemps
2537 - Dimanches de mars
2536 - La chandeleur chez les Garbichon
2535 - Mon royaume de petits riens
2534 - Soirs de pluie
2533 - Une amitié de fer et de feu
2532 - Monsieur le maire
2531 - Mes vertiges de vagabond
2530 - Expédition nocturne avec la Garbichon
2529 - Une flamme dans ma poche
2528 - La Garbichon, ma chère chevêche
2527 - Les nids de corbeaux
2526 - Jours de tempête
2525 - Matins de brouillard
2524 - Mes chemins de poussière
2523 - Là où m’emportent mes bottes
2522 - La douleur de mon âme ?
2521 - Mon manteau
2520 - L’envol de mon chapeau
2519 - Lalune, une femme de roc
2518 - L’imbroglio des conflits du Moyen-Orient
2517 - Chez Mademoiselle Lataupe
2516 - Mes riches chemins
2515 - Extase
2514 - Jour de pluie
2513 - Seul dans mon coin
2512 - Mon pain quotidien
2511 - Ma route de nuages
2510 - La paille ou la soie ?
2509 - Chez monsieur le curé
2508 - Les corbeaux dans mon sillage
2507 - Mes amies les vaches
2506 - Mes braconnages
2505 - Mes chères cheminées
2504 - Perché sur mon pommier
2503 - Mes jours de joie
2502 - La femme du notaire
2501 - Mes nuits de rêve
2500 - Mes voyages
2499 - J’ai la peau dure
2498 - Qui est-il ?
2497 - Mes lits de ronces
2496 - Les épouvantails
2495 - Un oiseau déplumé
2494 - L’endive Dunord
2493 - La mère Garbichon
2492 - A travers champs
2491 - Heureux comme un rat !
2490 - Fin de peine
2489 - Un fou dans le noir
2488 - Mon testament
2487 - Sur mon lit de mort
2486 - Mon sort carcéral
2485 - L’aventure de mon vide
2484 - J’attends la fin
2483 - Derrière les murs, il y a Dieu
2482 - Je perds mes forces
2481 - Mon cinéma
2480 - Sinistre andouille
2479 - Mon secret
2478 - Mes vues ultimes
2477 - Après la peine, la paix
2476 - Tristesse en fête
2475 - La tache
2474 - La marche des secondes
2473 - Déliré-je ?
2472 - Vieillesse
2471 - Le tour de ma cellule
2470 - Qui me croira ?
2469 - Mon avenir lointain
2468 - Mes amis les rêves
2467 - Grise nourriture
2466 - Je m’enfonce dans la nuit
2465 - Loin des femmes
2464 - Du néant vers la lumière
2463 - Mes trésors dérisoires
2462 - Aucune visite
2461 - Des ombres me parlent
2460 - Une porte s’ouvre
2459 - Les passages du temps
2458 - Le train des jours
2457 - Le directeur
2456 - Au pied du mur
2455 - La loi du plus “fer”
2454 - Ma maison
2453 - Poussière
2452 - Les larmes de la nuit
2451 - Mutisme
2450 - Mon fantôme
2449 - Hallucinations
2448 - Je compte les jours
2447 - Vie de flamme
2446 - De vagues souvenirs
2445 - Les étoiles s’éloignent de moi
2444 - Eclats de joie
2443 - Je parle aux murs
2442 - La marche des matons
2441 - Sainte à l’air
2440 - À l’ombre de ma vie
2439 - Ma geôle sans sucre d’orge
2438 - Des ombres
2437 - Les feuilles
2436 - Quelle issue à mon chemin ?
2435 - Des ailes dans la nuit
2434 - Éclat d’ange
2433 - Le temps me tue
2432 - Les flammes du silence
2431 - Plus de Lune
2430 - Un jour de plus
2429 - Mes rêves
2428 - Une journée ordinaire
2427 - Reine d’un monde
2426 - La pluie
2425 - Je perds pied
2424 - Un oiseau à ma fenêtre
2423 - L’évadé
2422 - Les barreaux
2421 - Eclats et monotonie de la prison
2420 - Les clés
2419 - Espérance
2418 - A travers la fenêtre
2417 - Les années passent
2416 - Une lettre mystérieuse
2415 - Le psychologue
2414 - La douche
2413 - Je tourne en rond
2412 - L’anniversaire
2411 - Quelques visites
2410 - Insomnies
2409 - La promenade
2408 - Mes repas
2407 - Mon lit
2406 - Les printemps
2405 - Solitude de fer
2404 - L’ennui
2403 - Tête de taulard
2402 - La fouille
2401 - Passe-temp
2400 - Les gens libres
2399 - Prière
2398 - Les heures
2397 - La mouche
2396 - La porte
2395 - Le plafond
2394 - Nulle compagnie
2393 - Bientôt fou ?
2392 - Départ
2391 - Mes geôliers
2390 - L’enfermement
2389 - Quatre murs
2388 - Des mots en guise d’ailes
2387 - Mon trou
2386 - Connexion céleste
2385 - Une flamme de l’azur
2384 - Seigneur cinglant
2383 - L’âme en l’air
2382 - Flamme verte
2381 - Au feu les plumes sombres !
2380 - Sombre forêt
2379 - Emportés par le vent
2378 - Un homme des nues
2377 - Courage de Bayrou
2376 - Un chemin sans fin
2375 - Mon univers infini
2374 - Je ne suis pas de la ville !
2373 - Seul parmi les arbres
2372 - Au bout des chemins
2371 - Mon trésor
2370 - Les cumulus
2369 - Qui donc m’observe ?
2368 - Le loup
2367 - Cauchemar
2366 - Un peu de foin
2365 - Bain de crépuscule
2364 - Voyage sous un arbre
2363 - Ma solitude de roi
2362 - Le silence
2361 - Aubes de plomb
2360 - Mes anges les corbeaux
2359 - Vertueuse verdure
2358 - Le parachute
2357 - Au bord de l’eau
2356 - J’y suis et j’y reste !
2355 - Ma soupe
2354 - Les fées n’existent pas !
2353 - Le bon air de mon exil
2352 - Un jour ordinaire
2351 - Vie de rêve
2350 - Ma solitude
2349 - Je découvre une tombe
2348 - Le randonneur
2347 - La nuit
2346 - Le braconnier
2345 - A l’ombre des arbres
2344 - Une belle journée
2343 - L’intruse
2342 - La chasse à courre
2341 - Les vers luisants
2340 - L’hôte qui pique
2339 - Dans la pénombre
2338 - Le ballon
2337 - Ma lanterne
2336 - La barque
2335 - Le chemin creux
2334 - Les deux chasseurs
2333 - Flamme noire
2332 - Deux corbeaux dans un arbre
2331 - Insomnie
2330 - Cris des corbeaux
2329 - Papillons de nuit
2328 - Froid et pluies
2327 - Les ronces
2326 - Chemins de boue
2325 - Tristesse de la forêt
2324 - Provisions de bois
2323 - Dans les buissons
2322 - Pluie matinale
2321 - Les grands arbres
2320 - Terribles crépuscules
2319 - Les rats
2318 - Un ami frappe à ma porte
2317 - Entouré de rusticité
2316 - Le sanglier
2315 - Mon sac
2314 - Le renard
2313 - Ma marmite
2312 - Des bruits dans la nuit
2311 - Les lapins
2310 - Un signe sous le ciel
2309 - La Lune vue de mon toit
2308 - Une gauchiste explosive
2307 - Sortie nocturne
2306 - Le vent sur la forêt
2305 - Un air de feu
2304 - Rêve dans les branches
2303 - L’écolo
2302 - Les papillons
2301 - La corneille
2300 - Les patates
2299 - L’escorte des souches
2298 - Un orage au dessert
2297 - Nulle femme dans ma forêt
2296 - Indispensables pommes de pin
2295 - Promenade
2294 - La pluie sur mon toit
2293 - A la chandelle
2292 - Un soir de brume
2291 - Vie de feu
2290 - La rosée matinale
2289 - Dans l’herbe
2288 - Par la fenêtre
2287 - Ma cheminée
2286 - Mes chemins d’ermite
2285 - Au réveil
2284 - Les cailloux sur mes chemins
2283 - Mes sentiments de bûche
2282 - Nuit de pleine lune en forêt
2281 - Ivresse de femme
2280 - Loin de ma grotte
2279 - Tempête dans mon trou
2278 - Baignades d'ermite
2277 - Un hibou dans la nuit
2276 - Mes ennemis les frileux
2275 - Ermite aux pieds sur terre
2274 - Mon jardin d’ermite
2273 - La récolte des fagots
2272 - Un étrange visiteur
2271 - Ma demeure d’ermite
2270 - Un homme clair
2269 - Un foyer au fond de la forêt
2268 - Les raisons du peintre
2267 - La célibataire
2266 - Les femmes
2265 - Une femme
2264 - France sous les étoiles
2263 - Un homme hors du monde
2262 - Homme de feu
2261 - Rencontre du troisième type
2260 - Voyage
2259 - Déprime
2258 - Fiers de leur race
2257 - La fille lointaine
2256 - Le Noir méchant
2255 - L’attente
2254 - J’ai entendu une musique de l’an 3000
2253 - Le modèle
2252 - Blonde ordinaire
2251 - Mâle archaïque mais authentique
2250 - La femme et la flamme
2249 - Voyages au bout de la terre
2248 - Ma chambre
2247 - Le vieil homme entre ses murs
2246 - L'ovin
2245 - Vous les mous, les mouches, les mouchards
2244 - Mon humanisme fracassant
2243 - Ma cabane sur la Lune
2242 - Les marques rouges du ciel
2241 - Je reviens !
2240 - Une fille de toque
2239 - La légèreté de la Lune
2238 - Janvier
2237 - Elena Yerevan
2236 - Oiseaux de rêve ?
2235 - J’irai vivre à la campagne
2234 - Fiers de leurs péchés
2233 - Deux faces
2232 - Le soleil de la jeunesse
2231 - Dans les bois
2230 - Nuit de vents
2229 - Mon fauteuil de lune
2228 - Le sourire d’une marguerite
2227 - Je ne suis pas antiraciste
2226 - Qui est-elle ?
2225 - L’arc-en-ciel
2224 - Je suis parti dormir sur la Lune
2223 - La sotte intelligence
2222 - Leurre ou lueur ?
2221 - Clinchamp, cet ailleurs sans fin
2220 - La tempête Trump
2219 - Femme de lune
2218 - Une plume de poids
2217 - Douches glacées
2216 - Les arbres et moi
2215 - Je pulvérise le féminisme !
2214 - J’aime les vieux “fachos”
2213 - La surprise
2212 - Promenade en forêt
2211 - Je vis dans une cabane
2210 - Plouc
2209 - Je suis un mâle primaire
2208 - Musique triste
2207 - Ma cabane au fond des bois
2206 - Hommage à Christian FROUIN
2205 - Installation sur la Lune
2204 - Barreaux brisés
2203 - Affaire Pélicot : juste retour de bâton du féminisme
2202 - L’abbé Pierre, bouc-émissaire des féministes
2201 - Par tous les flots
2200 - Votre incroyable aventure !
2199 - Je ne suis pas en vogue
2198 - Jadis, je rencontrai un extraterrestre
2197 - Dernière pitrerie
2196 - Alain Delon
2195 - Je déteste les livres !
2194 - L’esprit de la poire
2193 - Je ne suis pas citoyen du monde
2192 - Ma cabane dans la prairie
2191 - Devant l’âtre
2190 - Plus haut que tout
2189 - Pourquoi la femme vieillit si mal ?
2188 - Je prends l’avion
2187 - Sous la Lune
2186 - La pourriture de gauche
2155 - L’horloge
2154 - A la boulangerie de Mont-Saint-Jean
2153 - L’écologiste, ce primitif
2152 - Madame Junon
2151 - Chemins de pluie à Clinchamp
2150 - Voyage vers Mars
2149 - Galaxies
2148 - Je suis de la droite honteuse
2147 - Les écrivains sont des poids morts
2146 - L’héritage de Clinchamp
2145 - Clinchamp, une histoire sans fin
2144 - Vent de mystère à Clinchamp
2143 - Ma cachette à Clinchamp
2142 - Randonnée à Clinchamp
2141 - Eclipse de Lune à Clinchamp
2140 - Un arc-en-Ciel à Clinchamp
2139 - Clinchamp sous l’orage
2138 - J’ai rêvé de Clinchamp
2137 - Jour de l’An à Clinchamp
2136 - Vacances d’été à Clinchamp
2135 - Attente à Clinchamp
2134 - Un jour ordinaire à Clinchamp
2133 - Or de France
2132 - La compagne des esseulés
2131 - Loup de lumière
2130 - Spleen
2129 - Le pitre
2128 - Les corbeaux de Clinchamp
2127 - Un homme heureux à Clinchamp
2126 - Le mouton
2125 - Des lutins à Clinchamp ?
2124 - Je suis fort !
2123 - Paroles prophétiques
2122 - L’égalité entre les hommes est injuste !
2121 - L’idéaliste de gauche
2120 - La femme est la monture de l’homme
2119 - Clinchamp sous la neige
2118 - Le Nord et le Sud
2117 - Pourquoi j’aime Clinchamp ?
2116 - Convaincre Blandine
2115 - Un couple de vieillards à Clinchamp
2114 - Le facteur de Clinchamp
2113 - Tristesse et beauté à Clinchamp
2112 - L’Art
2111 - Botte à l’oeuf
2110 - Les bûcherons de Clinchamp
2109 - Le coucou de Clinchamp
2108 - BFMTV : l’écran de la vérité
2107 - Lettre anonyme
2106 - Je ne suis pas amoureux de Paris !
2105 - Un jour d’hiver à Warloy-Baillon
2104 - La femme soumise brille comme une casserole
2103 - Les chouettes de Clinchamp
2102 - Quand la tempête s’abat sur Clinchamp...
2101 - L’aile et la pierre
2100 - Mes amis les maudits
2099 - Le brouillard de Clinchamp
2098 - Artiste de gauche
2097 - L’éternité dans la tête
2096 - Toussaint à Clinchamp
2095 - Chagrin échappé
2094 - Clinchamp-sur-Mystère
2093 - Les cafards
2092 - Loup des airs
2091 - Le loup de Clinchamp
2090 - En latin, c’est plus beau !
2089 - Les patates de Clinchamp
2088 - L’enfant des airs
2087 - Ciel de France
2086 - Thaïs d’Escufon
2085 - Les tomates de Clinchamp
2084 - Jérôme Bourbon
2083 - Les chats de Clinchamp
2082 - Poupée d’ailleurs
2081 - Pierre de feu
2080 - Les champs de Clinchamp
2079 - L’éclosion
2078 - Vacuité des bouquinistes
2077 - Les toits
2076 - Freud
2075 - Sport
2074 - Le simplet de Clinchamp
2073 - Les oiseaux de Clinchamp
2072 - Je ne suis pas cartésien
2071 - Au cimetière de Clinchamp
2070 - Le Panthéon pour Hugo, l’évasion pour Izarra
2069 - Les rats de la France
2068 - Le curé de Clinchamp
2067 - Mon trou à Clinchamp
2066 - Saint-Léonard-des-Bois
2065 - Les cloches de Clinchamp
2064 - Un épouvantail à Clinchamp
2063 - Les rêves de Clinchamp
2062 - Je suis raciste
2061 - L’injustice sociale ne me choque pas
2060 - Les femmes de Clinchamp
2059 - Les jours vides de Clinchamp
2058 - Une grand-mère
2057 - Clinchamp vers 1970
2056 - La femme de soixante ans
2055 - Sale temps à Clinchamp
2054 - Un grand voyage en forêt
2053 - L’ailé et l’aliéné
2052 - Souvenirs lointains
2051 - Domestication d’une greluche
2050 - Déprime à Clinchamp
2049 - L’amour à Clinchamp
2048 - Les Droits de l'Homme, c'est la négation de l'homme !
2047 - Les hivers de Clinchamp
2046 - Les chemins de Clinchamp
2045 - Seul au monde
2044 - Ne me parlez pas d’amour
2043 - Tristesse de l’été
2042 - Jour de fête à Clinchamp
2041 - Monsieur Lecon
2040 - Châtelain
2039 - Les ailes de Clinchamp
2038 - Tremblement de terre
2037 - Nuit d’amour
2036 - Pluie de joie à Clinchamp
2035 - Les gauchistes
2034 - Clinchamp sous les clartés lunaires
2033 - Henri d’Anselme, héros hétéro rétro
2032 - Les hirondelles
2031 - Retraite dans la forêt
2030 - Mon bosquet
2029 - L’or de Clinchamp
2028 - Sur le chemin
2027 - La souche
2026 - Clinchamp, ce voyage sans fin
2025 - Sardines à l’huile
2024 - Les fantômes
2023 - Le silence de la forêt
2022 - Les arbres
2021 - Les joies de Clinchamp
2020 - La merde républicaine
2019 - Les ailés
2018 - Les soirées de Clinchamp
2017 - Parasite
2016 - Clinchamp, les routes de l’ennui
2015 - Moi français, je déteste les migrants !
2014 - Répugnante
2013 - Les complotistes
2012 - Je déteste les livres de philosophie !
2011 - Le bossu de Clinchamp
2010 - La lumière de Clinchamp
2009 - Les crépuscules de Clinchamp
2008 - Les nuits à Clinchamp
2007 - Les aubes de Clinchamp
2006 - Je suis un oiseau à Clinchamp
2005 - Les rats de Clinchamp
2004 - Les papillons de Clinchamp
2003 - Les richesses de la normalité
2002 - Le Rimbaud des bobos
2001 - Les vaches de Clinchamp
2000 - La folle de Clinchamp
1999 - Mon ego solaire
1998 - Vague Lune
1997 - Ma cabane à Clinchamp
1996 - Moi, IZARRA
1995 - Mais qui donc est Dardinel ?
1994 - La Dame Blanche de Clinchamp
1993 - Le Dalaï-Lama
1992 - Pluie à Clinchamp
1991 - Je suis sexiste
1990 - Les flammes du printemps
1989 - Le rustaud de Clinchamp
1988 - Les larmes d’Amsterdam
1987 - Clinchamp, terre d’envol
1986 - La Joconde de Clinchamp
1985 - Face cachée de Clinchamp
1984 - La clocharde de Clinchamp
1983 - Je suis un extraterrestre
1982 - Clinchamp sous les éclats de novembre
1981 - Clinchamp au bord des larmes
1980 - Les fantômes de Clinchamp
1979 - Les pissenlits de Clinchamp
1978 - Clinchamp : fin et commencement de tout
1977 - Amsterdam
1976 - J’habite sur la Lune
1975 - Secret de Lune
1974 - Les ailes de la Lune
1973 - Voir Clinchamp et sourire
1972 - La pierre et l’éther
1971 - Clinchamp, au bonheur des larmes
1970 - Clinchamp, mon dernier refuge
1969 - Croissant de Lune
1968 - Mais d’où vient donc la Lune ?
1967 - Lune lointaine
1966 - Lune éternelle
1965 - Sandrine, notre voisine
1964 - Rêve de Lune
1963 - Lune des rêves
1962 - La Lune dans le bleu
1961 - Lune ultime
1960 - Les tourmentés
1959 - Clinchamp, paradis des ombres
1958 - Lune absente
1957 - Je raffole des commérages !
1956 - Clinchamp : royaume des humbles
1955 - La Dame dans le ciel
1954 - Palmade : de la gloire au gouffre
1953 - Evasion
1952 - Tatouages, ces marques de faiblesse
1951 - L’égalité est un enfer !
1950 - Repas sur l’herbe à Clinchamp
1949 - Escale à Clinchamp
1948 - Beauté morbide de la Lune
1947 - J’ai dormi dehors à Clinchamp
1946 - Les humanitaires sont des parasites !
1945 - Sur les routes de Clinchamp
1944 - Une année à Clinchamp
1943 - Tristesse du printemps
1942 - Bulle de Terre
1941 - Jour de joie à Clinchamp
1940 - L’inconnu de Clinchamp
1939 - Le ciel de Clinchamp
1938 - Les éclats de Clinchamp
1937 - Le voyageur
1936 - Fête triste
1935 - Les antiracistes
1934 - Jean Messiha
1933 - Coeur gelé
1932 - Romantisme de pierre
1931 - La femme est sous mes pieds
1930 - Burcu Güneş, un air léger
1929 - Je déteste les pauvres !
1928 - Quand mon coeur s’allume
1927 - Intègre, entier, râpeux
1926 - Le cheval
1925 - Homme mauvais
1924 - Un trou sous le ciel
1923 - Hauteur de la Lune
1922 - Nulle part, là-bas, ailleurs
1921 - Belle Lune
1920 - Salades lunaires
1919 - Lettre à Reynouard
1918 - MARGUERITE OU L’HISTOIRE D’UNE VIEILLE FILLE
1917 - Récoltes lunaires
1916 - Je suis français de souche
1915 - Lune mortuaire
1914 - Clinchamp, cité des oubliés
1913 - Clinchamp, l’air de rien
1912 - Clinchamp, sommet du monde
1911 - La pollution, c’est la vie !
1910 - Seule au monde ?
1909 - Le Ciel et la Terre
1908 - Lune de haut vol
1907 - La Lune s’allume
1906 - Nuit sombre
1905 - Soupe de Lune
1904 - Puretés raciales
1903 - Lune-pizza
1902 - La grande question
1901 - Amiens
1900 - Pleur de Lune
1899 - Rêve d’amour
1898 - Vive le patriarcat !
1897 - La libellule
1896 - L’eau qui m’éclaire
1895 - Une question de clarté
1894 - La Lune dort
1893 - Les artifices du spirituel
1892 - Lune normale
1891 - Ni chauffage ni travail
1890 - Lune de fer
1889 - Molle Lune
1888 - Insensible aux malheurs des autres
1887 - Mon visage de vérité
1886 - Amante russe
1885 - J’écris
1884 - Lune martiale
1883 - Je suis un incapable
1882 - Lune creuse
1881 - 1975
1880 - L’éclat d’un fard
1879 - Amour impossible
1878 - Femme au foyer
1877 - L’esprit de la Lune
1876 - Ingérence féministe
1875 - Cratères lunaires
1874 - Lune d’effroi
1873 - Lune des chats
1872 - Les athées
1871 - Lune d’or
1870 - Lune carrée
1869 - Lune de miel
1868 - Folle lune
1867 - Jour de joie
1866 - SMARPHONES : abrutissement des masses
1865 - Sombre lune
1864 - Les mouches
1863 - Ma vie simple
1862 - Clinchamp, terre lointaine
1861 - Je suis un conservateur
1860 - Lune de glace
1859 - Le lac
1858 - Qu’est-ce que la beauté ?
1857 - Lune blanche
1856 - Lune de mer
1855 - Lune de feu
1854 - Présence immortelle
1853 - Surprenante Lune !
1852 - L’éclat de la Lune
1851 - Epis lunaires
1850 - L’autre Lune
1849 - L’amie des cheminées
1848 - Lune morte
1847 - Lune Parmentier
1846 - Lune fatale
1845 - Amour céleste
1844 - Grâces et disgrâces
1843 - Ma maison, c'est la Lune
1842 - Poids de la Lune
1841 - La morte visiteuse
1840 - Ma cabane sous la Lune
1839 - Bleu ciel
1838 - Histoire de lune
1837 - Suc de Turque
1836 - Stéphane Blet
1835 - Ciel bleu
1834 - Bonheur de rat
1833 - Redneck
1832 - Sur le rivage
1831 - Attraction lunaire
1830 - Je suis anti-féministe radical
1829 - Mais qui est-il ?
1828 - Je veux des frontières !
1827 - Les francs-maçons
1826 - Folies lunaires
1825 - Alunir, en un mot
1824 - “Comme ils disent”, chanson d’Aznavour
1823 - Lune tiède
1822 - Globe de rêve
1821 - Effroi
1820 - Vangelis
1819 - L’air de la Lune
1818 - La campagne
1817 - Lune tombale
1816 - Les cailloux
1815 - Je déteste Paris !
1814 - Boules de neige
1813 - Je n’ai pas peur
1812 - Parler vrai
1811 - Les hommes simples
1810 - Quand la Lune panse
1809 - Régine : extinction d’un feu
1808 - Morte veilleuse
1807 - Coeur de pierre
1806 - Noir
1805 - Mystère de la Lune
1804 - Jackson Pollock
1803 - En pleine lumière
1802 - Harmonie des sexes
1801 - Dix ans dans l’azur
1800 - Pluie d’avril
1799 - Le gueux
1798 - Les pommes de pin
1797 - Voyage vers la Lune
1796 - Mystère d’une nuit
1795 - Une lumière turque
1794 - Sans coeur et avec écorce
1793 - Envolé !
1792 - Galante ou l’abcès crevé
1791 - La lumière du Bosphore
1790 - Claude Monet
1789 - Rat aristocrate
1788 - Ukraine : sortez de vos ornières mentales !
1787 - Tranche de ciel et plumes de la Terre
1786 - Les sots écolos
1785 - L’astre turc
1784 - L’Ukraine, je m’en fous totalement !
1783 - Vive la guerre !
1782 - Réponses à un coatch
1781 - Droite pure
1780 - Vains hypersensibles
1779 - Mes valeurs vives
1778 - Le secret
1777 - Force et lumière
1776 - De l’herbe à l’aiguillon
1775 - Jusqu’à la mort
1774 - Zemmour et les journalistes de gauche
1773 - Dur et juste
1772 - La flamme et le marbre
1771 - Mon chat est mort
1770 - Les frères Bogdanoff
1769 - J’ai rêvé de Natacha
1768 - Technologie
1767 - Vers la Lune
1766 - C’était la guerre
1765 - La “tondue de Chartres”
1764 - Dans le métro
1763 - Naissance d’un virus
1762 - Zemmour est-il un de Gaulle ?
1761 - Je suis grand
1760 - Jour de gloire
1758 - Une muse du Bosphore
1758 - Je suis un extrémiste
1757 - Les éoliennes
1756 - Femme terminale
1755 - Autoportrait
1754 - Je suis un sanglier
1753 - Faux fou
1752 - Les affaires
1751 - Octobre
1750 - Le fantôme
1749 - Les écrivains
1748 - Sauvez la France !
1747 - Mes sentiments de pierre
1746 - Une araignée raconte
1745 - Un coeur clair
1744 - Phallocrate
1743 - Les vaches
1742 - Les faibles sont mauvais
1741 - Les sans-visage
1740 - Le trouillard de gauche
1739 - Léonard de Vinci enfant
1738 - Mes froideurs sublimes
1737 - Le romantisme, c’est la décadence
1736 - La Joconde
1735 - La tour Eiffel
1734 - Le Soleil
1733 - Une boule de mystère
1732 - Les masqués
1731 - Burcu Günes, l’or turc
1730 - Léa Désandre
1729 - Le père Dédé
1728 - “Blanc lumière” de Pollock
1727 - Les kikis et les cocos
1726 - Les funérailles de Belmondo
1725 - Pôle Sud
1724 - Vierge au mariage
1723 - La forêt
1722 - Le réveil des clochers
1721 - En septembre
1720 - Extraterrestre
1719 - Ni cagoule ni sérum
1718 - L’astre des morts
1684 - Enfants du monde
1679 - Vie d’élite
1328 - Je suis apolitique
115 - Le cygne
114 - Le spleen de Warloy-Baillon
113 - Les visiteurs
112 - La Lune
111 - L’amant des laides
110 - Mémoires d’un libertin
109 - Une existence de pompiste
108 - Lettre à mes amis des listes sur Internet